‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 49 sur 108 · SUR LA CÔTE EST D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA CÔTE EST D'AFRIQUE

À MADAGASCAR ET À MAURICE en 16G2.

Il n'y a que les Portugais qui trafiquent sur la C(jte orientale d'Afrique, entre le Cap de Bonne-Espérance et la Mer Rouge, où ils ont la forteresse de Sofala, sur la côte du royaume de Monomotapa, des factoreries et de petits forts à Kilimane, à Angoxa et au Cap Corrientes, d'autres maisons fortes aux entrées des rivières de cette côte, la ville et la forteresse de Mozambique, le grand village de Sena l^sur le Zambèse] dans l'intérieur, le fort de Saint-Marc à l'entrée de la rivière Quama Rovoumaj, le fort de Mombaz et, non loin, sur la côte de Malindi, les villages et factoreries de Pata, de Monfiagen ber Ampasso [Mafia?j, et d'autres lieux de moindre importance.

Ils touchent quelquefois à la côte occidentale de Madagascar. On dit qu'ils ont le dessein de bâtir un fort dans l'île Maurice (Thévenot, t. I, 1691, en tête de la 2« partie).

DESCRIPTION DU DRONTE DE L'ILE MAURICE PAR JOHN NIEUHOFF, en 1662.

Il existe à l'île Maurice un certain oiseau, appelé par les habitants Dronte [Didus ineptus] et par les Hollandais Dodaers

[oiseau somnolent]'. Par sa taille, il tient le milieu entre une autruche et une grosse dinde; il a du reste une certaine ressemblance avec ces deux oiseaux sous le rapport des plumes et de la queue.

Sa tête est grosse et rappelle un peu celle des coucous, sauf qu'elle est entièrement recouverte par une peau nue; les yeux sont grands et noirs; le cou est recourbé et très gros; le bec est très long et épais, d'une couleur bleu pâle, excepté au bout dont la partie supérieure est foncée et la partie inférieure jaunâtre; ces deux parties sont recourbées et tranchantes.

Il a le corps très gros et tout rond, couvert de plumes molles d'une couleur grise, comme celles des autruches; le ventre et le derrière sont tellement gros qu'ils traînent presque à terre, ce qui explique pourquoi il se laisse prendre si facilement. Des deux côtés, il a, au lieu d'ailes, de petites plumes d'une couleur jaune pâle, et, au lieu de queue, il })orte cinq plumes frisées de cette même couleur. Ses jambes sont courtes et épaisses, avec quatre grosses griffes.

La chair du Dronte, surtout celle de la poitrine, est grasse et assez savoureuse ; cent personnes peuvent faire un bon repas

1. Nous avons omis dans le tome II de mentionner qu'un nommé Emmanuel Altham, embarqué à l)ord du Hopewell, l'un «les six navires envoyés d'Angleterre aux Indes en 1620 avec Sir Dodmore Cotton, ambassadeur en Perse, et Sir Robert Sherley (voir t. II, p. 370, note), a écrit en date du iî) juin 1628 une lettre à son frère contenant ce passage : <( Il y a dans l'île de Maurice beaucoup de chèvres, de cochons, de bœufs, et des oiseaux fort étranges que les Portugais nomment Dodos, dont, en raison de leur rareté, puisqu'ils n'existent nulle part ailleurs dans le monde, je vous ai envoyé un exemplaire vivant par M. Perce qui a passé ici le 10 de ce mois sur le William ». A. Newton, qui a communiqué cette lettre à la Société Zoologique de Londres (Proc. Zool. Soc. of Lonclon, 16 juin 1874, p. 447-449, et Trans. Roy. Soc. of Arts and Sciences of Manritiris, t. IX, 1876, p. 33), dit que, malgré toutes ses recherches, il n'a trouvé aucune preuve que ce Dodo soit arrivé vivant ou mort en Angleterre (voir t. Il, p. 404 et 470).

avec trois ou quatre de ces animaux. Dans son estomac, on trouve parfois une pierre poreuse et dure (John Nieuhofî's Voyag^es and Travels to tiie East-Indies, in ChiirchiWs A Collection of Voyages and Travels, t. II, 1732, p. 313, avec une figure du Dodo, p. 312.)

Page 1