DESCRIPTION DE MADAGASCAR PAR OLIVIER DAPPER
Dapper a publié en 1668 vlïïq Description des pays de f Afrique et une Description des îles de r Afrique; ces deux ouvrages ont été traduits en français et réunis en un seul volume (paru en 1686). C'est un simple extrait des voyages et descriptions de cette partie du monde publiés avant lui; comme il n'a fait que décrire et disposer dans un ordre géographique ce que les auteurs précédents, surtout Flacourt, avaient publié, il n'y a pas lieu d'en donner la traduction ici.
RELÂCHE D'UN NAVIRE FRANÇAIS, « LE SAINT-LUC », ET D'UN NAVIRE ANGLAIS, ■• LE EENHORN ", À MAURICE, en 16(iS.
Un navire français, le Saint-Luc, est arrivé le 18 mars 1668 à Maurice venant de Madagascar et a jeté l'ancre dans le port du Sud-Est rie Grand-Port], auprès de l'établissement de la Compagnie hollandaise des Indes, dans le but, disaient ses officiers, de se ravitailler et d'aller ensuite à l'île Mascarinas [Bourbon], mais les Hollandais habitant Maurice ont pensé qu'ils étaient venus pour se rendre compte de la situation de leur Compagnie et en conséquence ils ne les ont pas laissés se renseigner à cet égard.
Plus tard, on s'est aperçu que des palmiers avaient été coupés dans le port du Nord-Ouest [le Port-Louis actuel], ce qui prouvait que des navires y avaient relâché ainsi que ce fut le cas du bateau anglais, le Eenhorn [The Unicom], qui, venant de la côte de Coromandel et se rendant en Angleterre, s'y est arrêté le 26 juillet 1668; ce bateau, après quelques jours de repos, avait continué son voyage, laissant à terre son constable et un matelot qui vinrent à l'établissement de la Compagnie, disant qu'ils s'étaient égarés en chassant dans la forêt; ils demandèrent la
permission de séjourner dans la susdite baie jusqu'à l'arrivée d'un autre navire qui devait suivre de près le leur et y faire escale. Les Hollandais, craignant que les Anglais ne tirassent parti d'un séjour prolongé de leurs compatriotes au port du Nord-Ouest [le Port-Louis actuel] pour faire valoir un droit de possession sur ce port, les expédièrent au Cap à bord du petit yacht le Voerman; de là, ils sont allés avec le navire Poitlorun à Batavia, oîi ils sont arrivés en mars 1670.
A cette époque la situation à Maurice était bonne; l'accord régnait entre tous les habitants et le nouveau commandant en chef, George Fredrick Wreden, fondait de grandes espérances sur l'agriculture et l'exploitation des forêts d'ébéniers, en même temps que sur la pêche et l'élevage des porcs, dont il pensait pouvoir envoyer au Cap tous les ans un minimum de 1 000 têtes [Darjh-Register Gehouden int Casteel Batavia, 1670-1671 [Batavia, 28 mars 1670], pp. 37 et 38).