C'est tout juste le contraire de ce qui est
ni. ^
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pour faire des instruments de mathématiques et qu'ils ont trouvées préférables au noyer et au buis, sans parler de nombre d'autres avec lesquelles nous avons essayé avec succès de faire des planches, du merrain, des douves de tonneau, etc.
J'ai remarqué qu'il n'y avait pas d'arbres qui ne portassent des fruits, fruits qui nous étaient inconnus; mais les singes* [maques] se chargeaient de les déguster pour nous, et, quand nous les voyions en manger, nous n'hésitions pas à faire comme eux.
Toutes les vallées qui avoisinent la mer et où coulent des cours d'eau, sont remplies de lataniers nains [ScUraiia ou Hyphœne coriaced]. Quand on pratique dans un de ces arbres une petite incision avec un couteau ou une hachette, il en sort, au bout d'un quart d'heure ou môme en moins de temps, une liqueur très agréable au goût et saine, qui rappelle le vin blanc et enivre comme lui, mais qui, au bout de deux jours, aigrit et fait de bon vinaigre.
Il V a, en outre du latanier nain, un autre arbre qui s'en distingue à peine, mais qui donne un fruit que nous appelions le coco de mer. J'ai rapporté quelques spécimens de ce fruit, dont l'amande, dit-on, a des vertus analogues à celles du bézoard-.
Il ne faut pas que j'oublie l'arbre admirable auquel nous avons donné le nom A' arbre-chair. C'est sur cette plante, qui ressemble tout à fait à de la chair vivante, que je voudrais voir s'escrimer ceux qui aiment à transpercer les hommes de leurs lances et à repaître leurs yeux du sang répandu; car, si l'on frappe cet arbre d'un coup de sabre, l'incision ressemble à une blessure faite dans la chair vive et laisse écouler une sève rouge
1. Il n'y ;i pas de singes à Madagascar; ce sont des maques ou lémurs.
2. Le coco de mer est le fruit d'un grand latanier originaire des îles Seychelles et non point de iMadagascar.
qui a toute l'apparence du sang humain'. Nous avons supposé que le sang-de-dragon dont les indigènes nous ont apporté une grande quantité, provient de la sève de cet arbre.
Les orangers et les citroniers abondent à Madagascar; c'est nous qui y avons les premiers découvert ces arbres fruitiers, quoique nos compatriotes connaissent et visitent l'île depuis plus de trente ans. Ayant par hasard montré aux indigènes un citron desséché qu'un de nos hommes, l'agent-comptable George Gosnell, avait dans sa poche, nous en reçûmes le lendemain une grande quantité, beaucoup plus que nous ne pouvions en consommer. Nous avons aussi montré aux Malgaches du poivre, des clous de girofle et des muscades; ils nous ont fait comprendre par gestes qu'ils connaissaient ces diverses graines qui, d'après eux, poussent dans l'intérieur de l'île, à quatre ou cinq journées de marche.
Le bétail y est le plus beau et le plus gros du monde. Les bœufs sont gras et portent sur leurs épaules une grosse bosse de chair semblable à celle que le chameau a sur le dos; j'ai vu quelques-unes de ces bosses qui pesaient plus de trente livres et qui étaient si curieusement entrelardées de graisse que nous les considérions comme des morceaux de choix. Les moutons y sont également en grandes quantités; ils sont plus gros et plus gras que les nôtres, mais ils ont une laine plus grossière et ils ont une queue énorme qui pèse quelquefois plus de vingt livres. On y voit aussi beaucoup de chèvres. Tous ces animaux sont très doux et vivent au milieu même des indigènes avec lesquels ils sont, pour ainsi dire, élevés.
Les naturels du pays nous amenaient chaque jour des trou-
1. Il y a bien dans la baie de Saint-Augustin une plante {Hydnora) qui a sous terre des racines ou tiges dont il s'échappe une sève rouge lorsqu'on les brise, mais ce n'est pas un arbre.
peaux entiers de ces divers animaux, si bien que nous en avons acheté plus que nous ne pouvions en consommer, et nous avons dû en confier à leur garde un certain nombre, qu'ils nous ont rendus à notre départ.
On trouve des porcs sauvages [sangliers] dans les bois de Madagascar et nous en avons tué quelques-uns ; mais les indigènes n'en élèvent pas. Quant aux lions, aux tigres et autres fauves, nous n'en avons pas vu et n'en avons jamais entendu parler; je crois qu'il n'y en a pas dans l'île, car le bétail reste jour et nuit dans les pâturages, sans être jamais inquiété. Les plus grands ennemis des animaux domestiques sont les crocodiles qui vivent dans les rivières et les attaquent parfois quand ils viennent s'y abreuver, mais ils ne sont pas nombreux [!] et on arriverait facilement à les détruire, si les indigènes avaient plus d'intelligence et plus d'habileté.
Il y a des oiseaux de toutes sortes, sauvages et domestiques, les uns appartenant à des espèces que je connais fort bien, les autres qui me sont inconnus. Parmi ceux dont je puis donner les noms, je citerai les coqs et les poules, les pintades, les paons % divers perroquets, les perdrix sauvages et domestiques, les cygnes-, les oies, les canards, les courlis, les hérons, les grues, les flamants, dont nous avons une fois tué une douzaine d'un seul coup de fusil, etc.
Les rivières de Madagascar renferment d'énormes quantités de poissons de toutes sortes, qu'il serait fastidieux d'énumérer; nous prenions d'ordinaire, d'un seul coup de filet, cinq cents mulets et autant d'individus d'espèces diverses.
Les habitants de Madagascar sont généralement sociables et très affables; pendant les trois mois que nous avons séjourné
1. Il n'y a pas de fraons à Madagascar, ni aucun oiseau qui y ressemble.
2. Il n'y a pas de cygnes à Madagascar; ce sont des Sarcidiornis.
dans leur pays, nous y avons joui d'une liberté et d'une sécurité aussi grandes que si l'île nous eût appartenu. Quand nos gens, errant à l'aventure, avaient perdu leur chemin, ils nous les ramenaient sans leur avoir fait aucun mal (voir plus loin, p. 99). Us agissent toujours avec équité, ainsi que nous en avons fait l'expérience; chaque jour, en effet, comme nous l'avons déjà dit plus haut, ils nous amenaient une telle quantité de bétail qu'à cause de la modicité du prix nous en avons acheté plus que nous ne pouvions en consommer et qu'à la fin nous nous sommes trouvés à la tête d'un troupeau d'une centaine de bœufs dont nous avons confié la garde à un indigène, sans grand espoir de le revoir jamais; mais au moment oii nous allions partir, lorsque tous nos hommes et toutes nos provisions étaient déjà à bord, notre berger arriva sur le rivage avec tout le troupeau et nous aida à l'embarquer. Dans tous nos échanges avec eux, nous n'avons pas perdu même une perle de verre. A Madagascar, le vol est puni de mort; le père ayant le droit de vie et de mort sur ses enfants, nous avons vu un jour un père tuer d'un coup de lance sa propre enfant, une fillette d'une dizaine d'années qui avait volé deux ou trois perles [!j (voir plus loin, p, 99).
Les Malgaches sont vigoureux et de haute taille, car la plupart sont plus grands que nous ; ils ont le teint brun ou cuivré. Tous, hommes et femmes, portent les cheveux longs d'environ un pied, et ils les tressent comme nous tressons la crinière de nos chevaux. Ils mettent dans leurs cheveux et aux oreilles, surtout les femmes, des perles de cornaline ou de verre, des coquillages ou des morceaux de cuivre, et ils ont, en outre, autour des bras, des bracelets formés de petits morceaux de bois odorants, de coquillages ou de pièces de cuivre ou de laiton de bonne qualité. Les femmes se parent aussi de colliers de perles de verre ou de cornaline, de morceaux de bois odorants, de
coquillages ou d'autres objets que leur suggèrent leurs caprices. Souvent les hommes portent pendus au cou leur rasoir, leur cure-dent, des pinces pour s'épiler, car ils ne laissent pas croître leur barbe, et aussi les baguettes de bois qui leur servent à allumer le feu. J'ai rapporté des spécimens de ces divers objets que je puis montrer à qui voudra.
Hommes et femmes vont tout à fait nus; les gens mariés seuls enroulent autour de leur taille une petite pièce de cotonnade de leur fabrication, large de deux mains et longue de dix, qu'ils font passer entre leurs jambes et attachent par derrière. Cette nudité des indigènes ne nous incitait nullement à des pensées indécentes; au début, nous les avons examinés avec une certaine curiosité oii certainement la chasteté n'avait rien à voir, mais, au bout d'une semaine, nous les regardions comme nous regardons notre bétail, et, à vrai dire, je crois que les femmes habillées ont plus d'attrait que les femmes nues.
Les indigènes de Madagascar sont pour la plupart indolents. Ils ne font ni plantations ni semailles; en été, ils se nourrissent des fruits que la terre produit naturellement et, pendant toute l'année, ils vivent surtout de laitage; le plus souvent, comme ils n'ont pas de vases, ils tettent les vaches comme de grands veaux [!j. Au lieu de pain, ils mangent du « cuscus » [sorgho ou gros mil] et des « gravances » [« garbanzos » ou pois chiches {lojo ou voanemba, petits haricots ronds)] qui, je crois, poussent naturellement à Madagascar. Ils ne tuent aucun animal sans en avoir avisé le roi ou le chef, qui attribue à chacun sa part suivant l'importance des familles. C'est à cette occasion que je me suis rendu compte de leur organisation communale et de leur esprit de justice.
Ils sont continuellement en guerre les uns contre les autres, principalement dans le but de conquérir des puits ou abreuvoirs.
CONCERNANT MADAfiASCAU 55
Pendant notre séjour, nous leur avons demandé de nous montrer leur manière de combattre, ce qu'ils ont fait à notre grande joie. Voici comment ils ont escarmouche : s'étant partagés en deux groupes, chacun d'une cinquantaine d'hommes, tous armés de sagayes et de dards, ils ont traversé, moitié courant, moitié sautant, et en faisant un vacarme terrible, le terrain qui les séparait et ont lancé leurs dards, que le parti adverse a plus ou moins adroitement évités ou saisis et leur a renvoyés. Pendant ce temps, les femmes et les enfants s'empressaient de ramasser les armes de l'ennemi, qu'ils portaient à leurs maris et à leurs pères.
Lorsqu'ils nous virent débarquer et dresser des tentes que surveillaient deux sentinelles, ils s'imaginèrent que nous venions nous installer dans leur pays, et leur roi Andrapela [Andriampela] et sa suite , qui comprenait une centaine d'hommes, se rendirent auprès de notre capitaine Weddell et déposèrent respectueusement leurs sagayes à ses pieds, qu'ils baisèrent, lui demandant de les prendre sous sa protection, eux, leurs femmes, leurs enfants et leur bétail, et de les défendre contre leurs ennemis, ce à quoi consentit le capitaine. Andrapela [Andriampela] nous parla alors des guerres sanglantes qu'ils avaient en ce moment avec les Massagores [Masikoro ou habitants de l'intérieur] ', leurs voisins immédiats, avec lesquels, du reste, ils redevinrent bons amis avant notre départ.
Un jour, je ne sais si c'était par un motif politique ou par nécessité, les indigènes vinrent trouver notre capitaine en poussant des cris lamentables et disant que les Massagores [Masikoro] les avaient attaqués et leur avaient volé leur bétail; si nous ne venions pas de suite à leur secours, clamaient-ils, ils
1. Les habitants de la région occidentale de Madagascar se divisent en habitants des côtes ou Vezo [marins et pêcheurs] et habitants de Tintérieur, Masikoro [agriculteurs ou chasseurs].
allaient être tous tués ou faits prisonniers. Nous réunîmes deux cents de nos hommes et, une demi-heure après, nous partions en armes, tambour en tète et bannière au vent, prêts à combattre leurs ennemis. x\près avoir marché sous bois pendant un mille ou deux, nous débouchâmes dans une clairière oîi le roi avait fait amener trois ou quatre moutons gras et d'autres vivres qui firent les frais de notre repas. C'est tout ce que nous vîmes en fait d'ennemis.
Lorsque nos compatriotes sont venus pour la première fois à Madagascar, il y a environ trente-sept ans, en 1G06', ils n'avaient aucune marchandise à donner aux indigènes en échange de leur bétail; ceux-ci ne voulaient pas accepter de piastres en paiement, mais cependant, ayant un jour remarqué le sifflet et la chaîne du maître d'équipage, ils manifestèrent un vif désir de les avoir, si bien que les Anglais purent acheter un bœuf pour un pied de cette chaîne -.
Le voyage suivant, nous avons apporté des chaînes d'argent pour trafiquer avec eux, mais, quand nos gens leur eurent montré des perles en cornaline, ils s'en engouèrent et ne voulurent plus de chaînes, si bien que nous-mêmes rachetâmes toutes celles que nous leur avions vendues pour quelques « samsams » [petites perles de verre de couleur rouge]. Pendant notre séjour, ils nous ont amené, chaque matin, au moins de deux à trois cents têtes de bétail de toutes sortes : bœufs, moutons et chèvres. Pour les bœufs les plus gros et les plus gras, nous donnions cinq ou six de ces perles allongées qu'ils appellent
1. C'est en 1007 que le premier atterrissage d'une Hotte an4i;laise sous les ordres de David Middleton, a eu lieu dans la baie de Saint-Augustin (voir t. I, p. 402), mais James I.ancaster avait déjà atterri à l'île Sainte- Marie et dans la baie d'Antongil en 1601 (voir t. I, p. 276).
2. Ce n'est pas aux Anglais, mais aux Hollandais qu'est arrivé le fait que rapporte ici W. Hamond (voir t. I, i). 2'.»3-294).
Arangos [haranga, cornalines rougeâtres taillées en forme de longs fuseaux], qui, dans l'Inde, ne nous revenaient pas même à deux pence [0 fr. 20] la pièce. Ces cornalines sont les bijoux qu'ils estiment le plus, car, comme je l'ai déjà dit, étant nus et n'ayant pas d'habitations fixes, ils ne recherchent que ce qu'ils peuvent pendre à leur cou et à leurs bras et ils sont très fiers de ces babioles qui constituent toutes leurs richesses. Le menu bétail se payait d'après un tarif analogue. Les indigènes de Madagascar ne vendent pas volontiers leurs vaches, qu'ils conservent pour l'élevage et aussi pour avoir du lait qui sert à leur alimentation et à celle de leurs enfants.
La première fois que nous sommes venus chez eux, nous avons constaté qu'un même Raja ou chef ne réunissait pas sous ses ordres plus de quatre à cinq cents individus — tout compris, hommes, femmes et enfants — , et, depuis, nous nous sommes assurés qu'il n'y en a pas qui ait un plus grand nombre de sujets. Les indigènes venaient nous rendre visite, armés de lances et de dards artistement travaillés; ce sont les seules armes qu'ils connaissent. Sur le conseil de notre Président, maître Richard Wild, qui s'inspirait de considérations politiques, nous leur avons acheté toutes leurs armes au prix de quelques perles de verre, si bien que, pendant les deux mois qui ont suivi cette acquisition, il leur restait à peine entre eux tous une vingtaine de lances, car, quoiqu'ils n'aient pas d'autre industrie que de fabriquer leurs armes, il leur faut, à cause du manque d'outils, au moins quinze jours pour en faire une.
En longeant la côte avec notre barque, à une vingtaine de lieues au Nord de la baie Augustin [baie de Saint-Augustin] où nos navires étaient à l'ancre, nous avons rencontré une grande rivière d'eau douce [le Manombo?] *, aussi large que la Tamise à
1. Les seules rivières qui existent au Nord du Saint-Augustiu (dont
Lee; nous l'avons remontée pendant quatre à cinq lieues; le pays que cette rivière arrose est le plus fertile que j'aie jamais vu. Ayant jeté la sonde tout en voguant, nous n'avons jamais trouvé moins de quatre à cinq brasses de profondeur; ce cours d'eau est donc navigable pour les navires [!]. Les riverains, qui nous A'^oyaient pour la première fois, usèrent de tous les moyens qui leur vinrent à l'idée, cris, signaux, gestes de toutes sortes, pour nous inviter à débarquer, ce que nous fîmes à la fin. Nous n'étions qu'une vingtaine, chacun de nous armé d'un mousquet; ils nous accueillirent avec des marques d'un profond respect, nous offrant des fruits, des gommes odoriférantes et divers autres objets, et ils nous firent signe de les accompagner jusqu'à leur ville, ce à quoi nous consentîmes.
Ils nous escortèrent, au nombre d'une centaine, tous armés à leur mode; ils nous firent d'abord traverser un grand bois, large d'au moins un demi-mille, entièrement formé de lataniers nains et de tamariniers; puis, nous arrivâmes à une vaste plaine herbeuse, pâturage aussi bon que les meilleurs de l'Angleterre, oij paissaient de nombreuses têtes de bétail. Au-delà de cette plaine, dans un petit bouquet d'arbres, se trouvaient leurs maisons qui sont construites avec des branches et des nattes et qui sont assez semblables aux tonnelles de nos jardins. Ce fut là qu'ils nous donnèrent l'hospitalité, chantant et dansant devant nous, nous apportant leurs jeunes enfants pour que nous les prenions dans nos bras; nous fîmes cadeau à ces enfants de quelques perles de verre et, de leur côté, leurs parents nous donnèrent des agneaux, du lait, des œufs et autres choses semblables. Ils offrirent de nous vendre leurs boeufs, leurs chèvres et leurs
l'embouchure est par 2.3° .34), sont le iMlierenana (par 23° 20'), le Manoinbo (par 22'';jl>'), le cours d'eau qui se jette au fond de la baie de Fanemotra (par 22" 12') et le Mangoka (dont ranciennc onil)ouchure est par 21'^' '12').
moutons contre des perles de verre, à moitié prix de celui que nous payions dans la baie Augustin [baie de Saint- Augustin]. Nous avons constaté à ce sujet, et nous avons eu occasion de le constater une autre fois, combien grande était l'astuce d'Andrapela [AndriampelanaJ ; en efTet, il n'y avait pas un mois que nous étions installés chez lui que, la nouvelle de notre arrivée s'étant répandue au loin, les habitants de l'intérieur du pays amenèrent de l'autre côté de la rivière de gros troupeaux de bétail pour nous les vendre, mais Andrapela [AndriampelanaJ, voulant nous empêcher de trafiquer avec ces nouveaux venus, commença par nous expliquer par signes que c'étaient des anthropophages, puis, quand il vit que nous tenions absolument à entrer en relations avec eux, il nous devança et conclut luimême les marchés, se réservant la moitié des prix de vente, comme nous l'avons appris plus tard.
Quand, en retournant en Europe, nous avons relâché à la baie Augustin [baie de Saint-Augustin], nous avons découvert à une lieue de là une baie ou crique profonde où nous avons vu beaucoup d'excellentes huîtres poussant ou plutôt se cramponnant sur les racines et les branches d'arbres [palétuviers] qui, je n'ai pas besoin de le dire, poussent dans l'eau salée; elles étaient grandes et grosses et ne le cédaient guère à nos huîtres anglaises.
Au point de vue de la religion, les indigènes, si toutefois ils en ont une, sont, autant que nous avons pu nous en rendre compte, musulmans. La croyance de l'Islam leur est venue des Arabes, avec lesquels ils ont de nombreux rapports; cette secte, qu'on peut comparer à une lèpre contagieuse, a infesté presque toutes les régions orientales et méridionales du monde. Nous avons remarqué qu'ils pratiquent la circoncision. Leurs prêtres venaient souvent nous rendre visite et assistaient parfois à nos
dévolions, gardant une attitude très respectueuse. Ils nous ont montré leurs livres, quisontfaits avec du parchemin, c'est-à-dire avec de la peau de mouton séchée au soleil, et qui portent des caractères ressemblant aux hiéroglyphes égyptiens' et représentant des objets divers, tels que des poissons, des arbres, des fleurs, des bêtes, etc., et ils nous en ont lu quelques passages, mais avec peine et en hésitant beaucoup; c'était, nous ont-ils dit, une invocation à Dieu. A notre tour, nous leur avons montré un des nôtres; quand ils l'eurent bien examiné et retourné dans tous les sens, ils nous le rendirent en nous priant de lire ce qui y était écrit; ils écoutèrent cette lecture avec une grande attention, sans d'ailleurs nous comprendre plus que nous ne les avions compris nous-mêmes.
Au point de vue des richesses naturelles et des productions d'un pays, que peut-on désirer de plus que d'avoir en abondance à sa disposition toutes les bonnes choses nécessaires à l'existence? Or quelles sont ces choses dont l'homme a besoin? Ce sont, disent les prédicateurs : l'eau, le feu, le fer, le sel, le blé, le miel, le vin, l'huile et le vêtement. Or, toutes ces choses, Madagascar les fournit naturellement et en grande quantité. Quant à son climat, il est très tempéré et la terre y est vierge, car ni la charrue ni la bêche ne l'ont encore violée. Nous avons vu entre les mains des indigènes de l'or, de l'argent, du cuivre, du laiton, du fer, tous métaux qui se rencontrent en masse dans le pays, mais auxquels ils n'attachent aucune valeur, sauf au fer que la nécessité leur a appris à extraire des roches et à fondre pour en armer les pointes de leurs lances et de leurs dards. Nous n'avons aucune notion au sujet des autres minéraux ou
i. Ces livres venaient certainement des Antanosy ou des Antaimorona (i|ui habitent le S.-E. de Madagascar) et étaient écrits en caractères arabes, avec de nombreuses figures cabalistiques.
des gemmes que peut renfermer le pays. Nous ne savons pas davantage quelles gommes et drogues précieuses y croissent. Un jour, par hasard, les indigènes nous ont apporté une sorte de gomme rouge qui avait l'odeur du baume et qui, jetée sur des charbons ardents, a dégagé un parfum excellent, meilleur que celui du benjoin; nous en avons rapporté une grande quantité et j'en possède encore quelques spécimens. Cette gomme, réduite en poudre, guérit immédiatement, ainsi que j'ai eu maintes fois l'occasion de le constater, les blessures et les ulcères sur lesquels on l'étend : c'est une sorte de sang-dedragon. L'aloès pousse en grande abondance tout le long de la côte, à tel point que, sur mon ordre, un de nos hommes en a réuni en deux ou trois jours un demi-quintal; cette récolte a été vendue à raison d'un noble [8 fr.] la livre à Sadler, droguiste à Buklersbury, qui a déclaré qu'il était meilleur que celui qui vient de Socotora. Le même Sadler m'a donné par écrit pour les voyages futurs des instructions sur la manière de préparer ce produit; on pourrait certainement récolter à Madagascar cent tonneaux d'aloès par an, si l'on en avait le débit. La canne à sucre et le gingembre y poussent aussi naturellement et en grande abondance. Pour ce qui est des vers à soie, je puis affirmer sous serment, et faire confirmer le fait par des témoins, que, pendant nos promenades à travers les bois, nous nous sommes trouvés pris au milieu de tils de soie brute si solide que nous avons eu quelque peine à nous en dégager.
D'après ce que je viens de dire, le lecteur impartial peut juger combien il serait facile et utile pour notre pays d'installer des plantations à Madagascar et combien il serait glorieux pour notre royaume et avantageux pour ses habitants de coloniser cette île. Je dis que ce serait une entreprise facile parce que les indigènes, avec lesquels nous faisons le commerce depuis une qua-
rantaine d'années, connaissent fort bien notre caractère et ont apprécié notre manière d'être à leur égard. D'autre part, je dois faire remarquer que la traversée pour se rendre à Madagascar n'est que les deux tiers de celle pour aller dans l'Inde, et il ne faut point perdre de vue qu'aujourd'hui, grâce aux voyages qu'on fait chaque année dans ces parages, nos marins sont plus habiles et plus expérimentés qu'autrefois. Après avoir dépassé les îles Canaries, on navigue toujours vent arrière sur une mer calme et tranquille, hors de l'atteinte des pirates turcs, de sorte que les dames elles-mêmes, comme Lady Sherley, Lady Hawkins et beaucoup d'autres anglaises, ont pu sans crainte faire ces traversées et aller jusque dans les parties les plus reculées de l'Inde.
Il est certain qu'il y aurait un immense avantage pour notre pays à posséder une colonie dans cette île qui semble nous convenir si bien et qui nous a été réservée jusqu'à ce jour! Le noble capitaine Bond, son gouverneur, a à lutter contre des obstacles nombreux et considérables pour tenter de fonder une colonie anglaise dans cette île riche et fertile, et cependant c'est pour l'honneur du Roi et du royaume et dans le but de propager la foi chrétienne parmi ces pauvres êtres sauvages qu'il fait cette entreprise.
Notre commerce dans l'Inde est exposé à la tyrannie et à la jalousie des Arabes, qui, sous le moindre prétexte, cherchent querelle à nos commerçants, confisquent leurs biens, les jetlent en prison et les menacent à tout instant de leurs terribles c/iaiobucks [tchoubofiq (bàtons)j ou fouets, leur extorquant des sommes énormes d'argent pour des motifs futiles ou même sans raison. Que l'on songe en outre aux immenses trésors que les Anglais et les Hollandais portent chaque année à ces mécréants, recevant seulement en échange des fleurs et des feuilles, c'est-à-
dire du coton et de l'indigo ; or le coton pousse naturellement à Madagascar, et je ne sais si l'indigo y pousse aussi, mais je le crois ; en tout cas, on pourra y en importer facilement des graines de l'Inde, les y semer et faire venir des ouvriers pour les cultiver. L'aloès, comme je l'ai dit précédemment, s'y trouve en abondance. On a, en outre, la possibilité d'y construire des bateaux ou des péniches, et les navires qui font les voyages dans ces parages peuvent s'y ravitailler à l'aller comme au retour, ce qui est très avantageux pour les vaisseaux qui vont aux Indes et en Perse, car, quand les bœufs de Madagascar sont tués avec soin et leur viande bien salée et pressée, on peut la conserver en barriques pendant plus d'une année; le sel du reste n'y manque pas, car, sans parler de celui qui se dépose naturellement sur les rochers, on peut facilement y aménager des salines. On m'objectera peut-être que, si cette île de Madagascar possédait toutes les richesses et les avantages que je lui attribue, les Portugais s'y seraient depuis longtemps installés, comme ils l'ont fait en de nombreux points de l'Afrique et de l'Inde. A cela je répondrai que, quand les Portugais ont doublé pour la première fois le Cap de Bonne-Espérance, allant à la découverte des royaumes de Cambaye et de Calicut qu'on désigne aujourd'hui sous le nom d'Inde Orientale, ils ont longé le continent africain et ont atterri à Mozambique, où ils ont établi une colonie en vue du ravitaillement de leurs navires venant d'Europe; c'est là en efïet que leurs bâtiments renouvellent leurs ])rovisions, après quoi ils se dirigent sur le port de l'Inde où ils veulent aborder, car c'est dans l'Inde que les Portugais ont cherché à étendre leurs conquêtes et à établir leurs plantations, et ils n'ont utilisé leur colonie de Mozambique que comme une simple hôtellerie, un lieu de refuge où se reposent et se ravitaillent leurs navires venant de l'Europe ou y retournant; par
suite ils n'avaient pas d'intérêt à fréquenter Mailag^ascar. D'autre part, ni les Espagnols ni les Portugais ne peuvent invoquer un droit quelconque sur cette île où ils n'ont jamais eu d'établissement fixe et, du reste, nous n'avons pas à craindre qu'ils nous créent des difficultés, car ils ont déjà, dans l'Inde, plus de forteresses qu'ils n'en peuvent défendre, sans compter que leur commerce se trouve aujourd'hui presque annihilé depuis que les Anglais et les Hollandais fréquentent ces mers.
Que l'on songe, en outre, comment quelques Portugais ont su, en près de deux cents ans, se fortifier dans l'Inde, par exemple à Cambaye, à Gogo, à Daman, à Mascate, à Dabull (voir la note 2, p. 133), à Goa, à Calicut, à Malacca, à Macao et ailleurs, et se maintiennent encore aujourd'hui dans ces divers lieux, malgré les Arabes qui sont si puissants et si courageux. Je n'ai pas besoin de parler d'Ormouz, qui est une île stérile ou plutôt un rocher de sel, et qui pourtant, en quelques années, est devenu le plus grand marché du monde grâce à l'industrie des Portugais qui y ont attiré de force le commerce indien.
Je dirai en terminant que l'île vierge de Madagascar invite amicalement et amoureusement, par mon entremise, notre nation à prendre en pitié sa nudité, sa pauvreté et sa simplicité; elle nous prie instamment et affectueusement de la délivrer du misérable esclavage dans lequel elle gémit sous la tyrannie de Satan, afin qu'elle s'unisse à nous dans l'église chrétienne.
RELÂCHE D'UN NAVIRE DANOIS A TAOLANKARANA [FORT-DAUPHIN ACTUEL], en 1043'.
1" Relation dk Gauche. — « Ayant appris [en mai IG43] à Mannhale [Manalo, dans les hauts de la rivière Fanjahira] oiî
d. C'est en 1012 qu'a été fondée à Copenhague, sous la protection du roi de Danemark Christian IV, une Compagnie dans le but de faire le corn-
était ma résidence, dit François Gauche, qu'un vaisseau était sous voile à la rade voisine..., je partis pour l'aller découvrir et, m'étant mis dans une pirogue avec quelques nègres [Malgaches], je sortis par l'embouchure de la rivière de Ranne-fouche [Ranofotsy] et entrai dans le port des Galions [baie de Ranofotsy], d'oii, ayant fait une lieue en mer, j'accostai le vaisseau dont le commandant, ayant reconnu que j'étais Français, me fît monter auprès de lui avec beaucoup d'amabilité. Ce vaisseau [qui venait des Moluques] portait en poupe les armes du Danemark, soutenues par deux lions ; les pavillons étaient arborés et flottaient, le rouge, qui est celui de la guerre, sur la poupe, le blanc, qui est celui de la paix, au sommet du mât de hune, et le drapeau du Danemark au haut du beaupré. S'étant informé auprès de moi de l'état du pays, oîi il hésitait à s'arrêter malgré le grand besoin qu'il avait de se ravitailler, son navire allant au Gap de Bonne-Espérance qui est distant du Sud-Est de Madagascar de 600 lieues', et apprenant que le port voisin [ou Fausse baie des Galions], que les indigènes appellent Itolangare [Taolankarana] ^, était à l'abri de tous les vents, fors de celui de la mer, il y vint ancrer et y séjourner deux jours en attendant qu'il eût trouvé un port meilleur. Ses gens, ayant rôdé autour des rades voisines, lui vinrent dire qu'à deux lieues plus haut vers le Nord ils avaient trouvé un port fermé par deux caps [rade de Fort-Dauphin], où leur vaisseau serait abrité de tous les vents,
merce aux Grandes Indes, compagnie formée au capital de 250 000 rixdal- 1ers [1362 500 francs], divisé en 250 parts. Quatre ans après, elle envoya quelques navires dans l'Inde, oii elle construisit une forteresse à Tranquebar sur la côte de Coromandel. Après des alternatives de succès et de revers, elle a été en pleine prospérité vers 1640, mais ses transactions commerciales se faisaient plutôt dans l'Orient même qu'avec la mère patrie.
1 . Il y a en réalité plus de 3000 kilomètres, soit 700 lieues de 25 au degré.
2. La Fausse baie des Galions est à l'Ouest de la presqu'île de Taolankarana ou Fort-Dauphin.
à l'exception de celui du Sud-Est qui est le moins dangereux de tous. Aussitôt le navire leva l'ancre et y alla mouiller ; il y séjourna six mois, y attendant la saison de partir, qui est de janvier à mars.
« J'étais dans ce vaisseau, d'oii je fus mis à terre aussitôt qu'il y eut jeté l'ancre.... Je donnai six bœufs, deux moutons, deux chèvres, des chapons et du riz en cadeau au commandant danois, qui écrivit à Regimond [capitaine du navire de la Compagnie française des Indes Orientales, le Saint Laurent] une lettre pour l'inviter à le venir voir. Regimond me reprocha d'avoir donné à ces Danois connaissance des ports et de l'état de l'île; je lui répondis que je n'avais pas d'ordre à recevoir de lui puisque je n'étais pas de son équipage et que, étant chrétien, je me croyais obligé de secourir mes coreligionnaires.
« Trois jours après, vinrent au port de Sainte-Luce [Manafîafyj dans une ciialoupe les commis du commandant danois avec quatre matelots; l'un de ces commis qui parlait français dit qu'ils venaient prier Regimond de leur vendre ou d'échanger contre celles qu'ils avaient à bord des marchandises propres à Madagascar, s'ils n'aimaient mieux de l'argent. Regimond leur promit son aide et dit qu'il irait faire visite au commandant danois, les renvoyant très satisfaits avec des présents.
« Cinq jours après, Regimond fit équiper sa barque dans laquelle il mit une bouteille de rososol, sorte d'eau-de-vie distillée avec de la canelle et du sucre qui est excellente pour fortifier l'estomac, des confitures sèches et liquides, plusieurs bouteilles de vin d'Espagne, des jambons, un baril de sel, cent milliers de rassades [verroteries] de diverses sortes, quatre tonneaux de riz et un baril de bière. J'entrai dans cette barque avec seize hommes, au nombre desquels étaient Regimond et Jacques Pronis, maître de l'habitation de Saint-Pierre.
« Nous arrivâmes, le même jour que nous partîmes du port de
Sainle-Luce [Manafiafy], en celui d'Itolangare [Taolankarana], qui n'en est qu'à quatre lieues. Les Danois firent en nous apercevant branle-bas de combat, pavoisant de rouge leur vaisseau jusqu'aux hunes S mais, dès qu'ils nous eurent reconnus, ils manifestèrent leur joie en nous donnant l'accolade et nous con viant à un festin où l'on nous servit des petits cochons, des oies et des canards amenés vivants des Moluques. Après le repas, le commandant fit don à Pronis d'un cerf et d'une biche en vie, qui venaient aussi des Moluques et qui sont semblables aux nôtres, dans la pensée qu'ils se reproduiraient et se multiplieraient dans l'île de Madagascar; il en garda deux couples pour les montrer en Danemark. Regimond fit de son côté présent au commandant de tout ce qu'il avait apporté avec lui et que nous avons énu méré plus haut, plus dix billes d'ébène, longues chacune de six pieds et épaisses d'un demi-pied, et deux barils de biscuit.
« En échange, le commandant danois lui donna plusieurs jarres persanes remplies, les unes de sucre candi ou de cassonade blanche, les autres de gingembre ou d'oranges et de citrons confits, et des sacs contenant les uns tlu poivre ou des clous de girofle, les autres des noix muscades ou de la cannelle, plus un pot de fleurs d'oranger confites, deux pièces de vingt-cinq aunes chacune de damas de soie, l'une violette, l'autre rose, deux pièces de tafl'etas double de Chine de la même longueur, une de satin blanc et une de gros de Naples noir, six bas de soie de couleur, six chemises de batiste, quatre bonnets de nuit brodés de soie blanche, deux paires de caleçon à la persane tombant jusque sur les souliers, deux paquets d'une centaine
1. Lorsqu'on s'apprêtait à combattre, il était à cette époque iFusage de tendre tout autour du navire, au-dessus des bastingages, une étofTe rouge large de 1 m. 20, afin de cacher jusqu'à la tête les personnes qui étaient sur le pont ; on en mettait aussi au-dessus des hunes pour empêcher qu'on ne vît les gabiers faire les manœuvres des voiles.
de cannes d'Inde de plusieurs couleurs, tant petites que grosses, un service entier de porcelaine et une cruche faite avec de la terre prise près du tombeau de Mahomet [alcarrazas], oiî l'eau exposée au soleil se rafraîchit au lieu de s'échauffer.
« Pendant deux jours que nous avons séjourné à Itolangare [Taolankarana ou Fort-Dauphin], nous l'avons jugé plus propre à être le lieu de notre résidence que Sainte-Luce [Manafiafy] et Sainte-Claire [Mananivo]; aussi avons-nous fait couper des bois dans la montagne voisine et construire une maison, à quoi les Danois nous ont aidés.
« J'aidai de mon côté les commis du navire danois à trafiquer avec les indigènes et j'allai avec l'un d'eux par toute la province des Mallegasses [de Matakasy (Anosy)], oii nous achetâmes 80 bœufs et 6 barils de sel de roche contre des rassades [verroteries] » (Gauche, Relations véritables et curieuses de Cile de Madagascar, 1631, p. 93-100).
2" Relation de Flacourt. — « Il arriva [en 1G43] à Tholangharen [Taolankarana ou Fort-DauphinJ un navire danois, venant des Moluques et de la Chine, qui, n'ayant pu doubler le Cap de Bonne-Espérance, relâcha dans cette baie. Il y avait quatre ans qu'il était parti du Danemark et il était chargé de riches marchandises; il n'était pas fort d'équipage et, qui plus est, le navire était vieux.
« Etant parti du port de Tholangharen [Taolankarana ou Fort-Dauphin], il doubla le Cap de Bonne-Espérance en décembre, mais, comme il commençait à faire beaucoup d'eau, il alla relâcher à Pernambouc oii il chargea ses marchandises sur un navire hollandais qui fut pris peu après par les Biscayens. Toutefois, les Danois ne perdirent rien de leur cargaison ; ils allèrent à Saint-Sébastien et retournèrent dans leur pays » (Flacourt, Histoire de Madagascar, 1658, p. 197).