PAR RICHARD BOOTHBY, MARCHAND DE LONDRES
Faisant connaître la salubrité, la fertilité, la richesse et tous les agréments de cette île, qui est comparable, sinon supérieure, à tous les pays d'Orient, qui est un vrai paradis terrestre, qui est le meilleur endroit où les Anglais puissent fonder une colonie et qui vaut mieux que toute autre partie du monde connu ; faisant aussi connaître la condition des indigènes, leurs habitations, leur caractère affable, leur costume, leurs armes et leurs mœurs ; faisant connaître les vivres qu'on y trouve en abondance, tels que bœufs, poissons, volailles, oranges, citrons, sucre ; faisant connaître qu'on peut s'y procurer, à bien meilleur compte que dans l'Inde et que partout ailleurs, de l'ambre gris, de l'or, de l'écaillé, de nombreuses drogues précieuses et beaucoup d'autres produits utiles très recherchés par les Européens ; faisant encore connaître le commerce qui se fait de port à port dans l'Inde et dans l'Asie, ainsi que les grands profits qu'on peut tirer de Madagascar, qui est le lieu le plus propre du monde à enrichir ceux qui sont en relations avec l'Inde, la Perse, l'Arabie, Sumatra, la Chine et les autres contrées de l'Extrême-Orient, car cette île est l'entrepôt naturel pour le commerce entre l'Europe et l'Asie et elle l'emporte sur toutes nos possessions d'Amérique; faisant enfin connaître la manière dont les colons doivent s'y établir et la facilité qu'ils avaient à se procurer dans l'Inde tous les vivres et les vêtements qui leur seraient nécessaires au quart du prix de ce que coûtent ces mêmes objets en Angleterre; ils y trouveront du reste des bœufs fort gras, des moutons, des chèvres, des porcs, des volailles, du riz, du hlé, de l'orge, etc., à an prix très bas, et, pour 1 shilling [/ fr. 25], ils pourront acheter aux indigènes ce qui dans notre pays vaudrait de 5 à 7 livres sterling [de 1 23 à 173 fr,\ ce qu'on ne saurait trouver da)is n'importe quel autre pays.
1. Publié à Londres, en 1646, sous le titre : A br'iefe Discovery or Description of the most famous Island of Madagascar or Saint- Laurence, in Asia, near unto the East-Indîes, nnth a relation of the Hcalthfuiness, Pleasure, Fertility and Wealth of that country, comparable to, if not transcending ail the Eastcrn parts of the World; a very earthly Parad'ise; a most sitting and délicate place to settle an English Colony and Plantation there, rather than in any other part of the Known World. Also, the condition of the natives their Inhabiting, their Affability, Habit, Weapons and Manner of Living ; the Plenty and Cheapness of Food, Flcsh, Fish and Fowl, Oranges and Lemons, Sugar, Ambergris, Gold, Tortoise-Shells, Drugs and many other Coinmodities, fit for Trade and Commerce, to be had and gotten there at chcaper rates than in India or elsewhere. Also the Trading from Port to Port ail India and