‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 86 sur 108 · Comme il est dit dans la Vie de Wfdte (p · texte numérisé non relu

Comme il est dit dans la Vie de Wfdte (p

2. Fénérive est en réalité par 17°23'15"; si la latitude donnée dans ce récit était exacte, il faudrait identifier cet Ambonavoula avec Foulpointe (17°40'15"), qui est le « Hopewell » des pirates. Johnson (Hist. of Pyrates) et Hamilton [A Neio Account of the East Indies, t. I, 1727, p. 17} disent que

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blirent au milieu des indigènes, vivant comme des princes souverains.

Ils avaient laissé les prisonniers arabes à bord, avec les provisions nécessaires. North donna secrètement à leur maître d'équipag-e l'avis de profiter de la brise de terre qui souffle la nuit pour s'en aller, lui et ses compatriotes, dans leur pays avec les marchandises qui restaient dans le navire, le prévenant que, s'il ne le faisait pas, les pirates baieraient bientôt le bateau à terre, le déchargeraient complètement et qu'ils ne reverraient jamais plus leur patrie. En conséquence le maître d'équipage arabe suivit cet avis qu'il communiqua à ses compatriotes, sans leur dire, bien entendu, que c'était North qui le lui avait donné, et, profitant d'une nuit bien noire, ils levèrent l'ancre sans bruit et mirent à la voile.

Le lendemain matin, quelques-uns des pirates, qui se disposaient à aller chercher sur le navire du fer et divers objets dont ils avaient besoin pour trafiquer avec les indigènes, furent grandement surpris de voir la rade vide. Ils donnèrent l'alarme et s'en vinrent raconter le fait à North, qui leur répondit que c'était leur faute, car ils eussent dû laisser à bord assez d'hommes pour empêcher les Arabes de sen emparer, qu'il n'y avait d'autre remède à leur mal que la patience, car ils n'avaient aucun moyen de le poursuivre, à moins qu'ils ne jugeassent pouvoir le faire avec un simple canot.

Quelques pirates émirent l'idée que, le fond de la rade étant mauvais, le câble avait été probablement coupé par quelque rocher et que le navire avait été entraîné à la mer à la suite de cet accident. Mais, étant montés sur une colline, ils l'aperçurent voguant vers l'Est toutes voiles dehors!

les pirates Ilalsey, North, Burgess, etc., étaient établis à Foulpointe en 1704.

Ils leur fallut faire contre mauvaise fortune bon co3ur, puisqu'ils n'avaient plus d'espoir de le jamais revoir et, transportant leurs biens en des lieux situés à une petite distance les uns des autres, qu'ils choisirent pour s'y établir, ils défrichèrent une vaste étendue de terrain qu'ils plantèrent en manioc, en patates, etc., et achetèrent du bétail et des esclaves; ils vécurent ainsi en bon voisinage pendant cinq années.

Comme les indigènes au milieu desquels ils vivaient étaient en querelles et en guerres incessantes, les pirates interposèrent leur médiation et s'occupèrent de les réconcilier; North, qui avait un grand bon sens et qui était fort juste, était pris souvent pour arbitre et les raisons qu'il donnait pour expliquer sa sentence étaient si bien appréciées de tous que même le condamné s'en allait content.

Ce désir de paix dont étaient animés les pirates et leur exemple d'union confraternelle, car ils étaient convenus de ne se jamais quereller, mais de porter tous leurs différends devant North assisté d'un conseil de douze d'entre eux, donnèrent d'eux une haute opinion aux indigènes qui avaient au contraire de la rancune contre les Européens qui les avaient précédés et dont ils avaient eu beaucoup à se plaindre. Ils attachaient un tel prix à ce qu'il ne cessât de régner entre eux la plus parfaite harmonie que quiconque parlait à un de ses camarades d'un ton colère ou même simplement bourru était réprimandé par toute la Compag-nie, surtout si le fait avait eu lieu en présence d'indigènes, fût-ce d'esclaves. Ils pensaient en effet avec raison que l'union et la concorde pouvaient seules garantir leur sécurité, car les Malgaches, qui sont toujours prêts à faire la guerre pour un motif quelconque, ne manqueraient certainement pas de profiter de la moindre dissension qui s'élèverait entre eux pour leur tomber dessus, les massacrer et les piller.

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