DES INDES ORIENTALES
Nous sommes partis des Dotons en Angleterre le 10 février 1612*
Le 27 juin, à neuf heures du soir, nous aperçûmes la terre de Madagascar par 24^8' de lat. S. et 23'' de long. E. du Gap de
1. Le texte de Purchas porte par erreur l^année 1611 ; il est facile de voir en lisant tout le chapitre, que le départ d*Angleterre a eu lieu en 16i2.
CONCERNANT MADAGASCAR 48i
Bonne-Espérance'; la variation était de IS'^IO' et, le lendemain matin, elle fut de 15''0'. Â quatre lieues de la côte, entre la pointe de la baie et les Iles, il n'y a pas de fond par 60 ou 80 brasses.
Le 28 dans la nuit, nous avons jeté Tancre dans la baie de Saint-Augustin par 5 brasses et, au jour, nous nous sommes rapprochés de Tembouchure de la rivière; Tune de nos ancres était par 35 brasses et Fautre par 10. On peut, si Ton veut, mouiller en eau moins profonde, car le chenal est très étroit. C*est une excellente rade où nous avons passé vingt jours, et où la mer n*est pas à craindre parce qu*on est à Tabri des récifs et des coraux.
Le 18 juillet, nous avons mis à la voile pour Bantam (Java), et, en quittant la rivière, nous avons gouverné au N.-O. afin de passer auNorddesilots(Purchas,^t$P%W9iie«,t.1, 1625, p. 441).
RELÂCHE DE L'AMIRAL HOLLANDAIS VERHUFF À L'iLE MAURICE ET DANS LA BAIE DE SAINTE-LUCE,
À MADAGASCAR, en 1611-1612.
Parti de Bantam (Java) le 11 octobre 1611, Tamiral Pierre- Guillaume Verhuff traversa le détroit de la Sonde et fit voile
vers l'île Maurice Le 2 novembre, il arriva en vue de Tile
Saint-Rodrigue [Rodrigues], île déserte où les poissons et les oiseaux sont en abondance et où Ton peut par conséquent se procurer facilement des vivres Le 7 novembre, il atterrit à Tîle
Maurice qui est à 74 milles [milles géographiques, soit 550 kilomètres*] de nie Saint-Rodrigue [Rodrigues] et où était mouillé
un navire hollandais parti le 1*' juillet du Château de Nassau
Le 15 décembre, le navire hollandais Banda et la pinasse La Demi-Lune arrivèrent sur cette même rade
1. La différence de longitude, entre la côte Sud-Ouest de Madagascar et le cap de Bonne-Espérance varie en effet de 25 à 20*^.
2. Le mille géographique, de 15 au degré de Téqualeur, mesure 7422 mètres. — La distance entre ces deux îles est de 588 kilomètres.
MauHoe eét une belle et grande !le, qui a trente millçs de tour [soit 222 kilomètres]. Elle n*est pas habitée, mais il y a beaucoup de tortues, de chèvres et d piseaux, et les poissons v sont en telle quantité que lés Hollandais en prenaient souvent d*un seul coup de (ilet assez pour le repas des deux navires.
Les tortues de terre et de mer y abondent ; il y en a tant que, de quelque côté que Ton aille, on en trouve partout soit paissant, soit dormant en troupeaux comme chez nous les moutons. Leur grandeur est telle que trois hommes peuvent s'asseoir sur leur carapace et néanmoins elles continuent à marcher comme si de rien n*était (voir la planche, p. 243 bis).
Les oiseaux y sont extrêmement nombreux : tourterelles \ perroquets au plumage cendré *, poules des champs *, francolins \ corbeaux nommés par les Portugais lîabos forcados [Oiseaux à la queue fourchue '^J, etc. Il faut surtout citer un certain oiseau qui a la taille d'un cygne, dont la tête est conrime coifTée d'un capuchon et qui n'a pour ainsi dire ni ailes, ni queue; il a à la place quatre ou cinq petites plumes frisées, de couleur cendrée. Les Hollandais leur ont donné le nom de Toterses [DodaerseUy ou oiseaux somnolents] et de Walckvôgel [oiseaux dégoûtants]. Les matelots en prenaient chaque jour un grand nombre à la main et ils les mangeaient; ils prenaient toutefois soin de
1. Ncsœnas Mayeri Marchai (colombe à corps et queue d*un nm*' vineux, dont la chair est réputée vénéneuse, et qui est très rare aujourd'hui), Turtur picturatus^ Alectrœnas nitidissima (pigeon au corps bleu, à la queue rouge et à la collerette blanche, espèce éteinte aujourd'hui .
2. Lophopsittacus mauritianus, gros perroquet voisin des cacatl»^•s, dont la tête était ornée d'une touffe de plumes et dont les ailes très courtes étaient presque impropres au vol (espèce éteinte à la fin du xvii® siAcle).
3. Aphanapleryx Brœckei, la poule rouge à bec de bécasse de Gauche (espèce éteinte). Il y en a une figure sur vélin de 1610 (Bibl. Emp. Autrich«^i.
4. Rallide et non francoUn (Erythromachus sp. (?) [espèce éteinte').