‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 108 sur 117 · AU COMMENCEMENT DU XVII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU COMMENCEMENT DU XVII* SIÈCLE

Le roi antanosy Tsiambany a dit au capitaine portugais Rodrigués da Costa, qui a fait en 1613-1614 un voyage d'exploration aalour de Madagascar, qu*il avait des rapports avec les Hollandais, comme on pouvait du reste en inférer de divers objets que les indigènes avaient en leur possession, tels que chapeaux, paires de ciseaux, un pistolet, six à sept mousquets et des pièces d<e monnaie flamandes.

Il était évident que ce roi Tsiambany n'avait que du mépris pour nous autres Portugais, et nous fûmes très perplexes lorsque nous apprîmes qu*en allant aux îles de la Sonde et aux Moluques ou en en revenant, les Hollandais avaient depuis quelques années la coutume de s'arrêter sur la' côte Sud^Est, dans le port de Sainte-Luce, que les indigènes appellent Mangafé afé [Manaflafy]*, port qui est situé par 24 "" 1/2 de lat. S. et qui n'est distant que de 20 à 25 lieues de la rade où nous étions

1. L'amiral VerhulT, après avoir visité les lies de Banda, d'Amboine, de Buria [Boeroe], de Butlon [Boeton], de Cambaia [Kambaena] et de Thessalonica fSaleijer?], est arrivé le 26 juillet 1611 à File de Célèbes, qui est distante de Thessalonica [Saleijer?] de 15 milles [milles géographiques de 15 au degré de Téquateur, ayant une longueur de 7422 m.] et qui a environ 300 milles de tour et est très peuplée. Elle est gouvernée par six rois dont celui qu'on appelle le roi de Madagascar (ville éloignée de 30 milles de celle de Bantachaia [Bouthaïn] où les Hollandais font un grand commerce) est plus puissant que tous les autres auxquels il fait continuellement la guerre. Qu'est cette ville de Madagascar? (Supplementum nonx partis Indiœ OrienialiSy De Bry, auctore G. Arthusio, 1613, p. 15).

2. Le village de Manaflafy est en réalité par 24» 46' 30*^ de latitude Sud.

mouillés. Ce qui acheva de nous donner de Tinquiétude, c'est que les deux vaisseaux hollandais qui étaient alors à Sainte-Luce, instruits de notre arrivée par les indigènes, «nous envoyèrent une lettre, pensant que notre navire était le Branderburg de la C hollandaise des Indes Orientales. L'un de ces deux vaisseaux venait de Hollande, l'autre était une patache construite dans ce port même par d'autres Hollandais, dont le navire s'était mis à la côte Tannée précédente, en 1612.

Espérant effrayer nos ennemis , nous racontâmes aux indigènes, espérant bien qu'ils le leur rediraient, que nous étions l'avant-garde d'une flotte de quatre gros vaisseaux qui ne tarderaient pas à arriver. A cette nouvelle, qu'ils crurent vraie, les Hollandais s'empressèrent d'appareiller et de partir (R. P. Luis Mariano, Exploraçâo portuguesa em 1613-1614, Boleiim da Sociedade da Geographta de Lisboa^ 1887, p. 335).

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