‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 110 sur 117 · DOUZIÈME VOYAGE DES ANGLAIS AUX INDES ORIENTALES · texte numérisé non relu

DOUZIÈME VOYAGE DES ANGLAIS AUX INDES ORIENTALES

1* Relation de Walter Pkyton. — Le 16 janvier 1613, le navire The Expédition est parti de Gravesend pour Tlnde et le royaume du Grand Mogol, ayant à bord Tambassadeur de Perse Robert Sherley S accompagné de Thomas Powel et d*une dizaine de personnes *. Le 15 juin, ils arrivèrent en vue de File

1. La 11* flotte de la O^ anglaise n*a pas touché à Madagascar.

2. Robert Sherley, ayant suivi son frère Antoine en Orient, prit du service dans Tarmée persane en 1599 et épousa une Circassienne. Il quitta la Perse avec une mission du Shah Abbas et, après avoir parcouru TEurope, il arriva en Angleterre en 1612. 11 est retourné en Perse en 1613 et est revenu dans son pays en 1616 comme ambassadeur du Shah. Dans le tome II, on verra qu*il a touché de nouveau à Madagascar en 1626 avec Thomas Herbert.

3. En retournant en Europe, N. Dounton trouva en mai 1613, dans la rade de Saldanha en outre de VHector et du Thomas qui étaient sous les ordres du capitaine Saris, le navire VExpéditioTif commandé par le capitaine Newport, qui, parti de Londres depuis six semaines, se préparait à doubler le cap de Bonne-Espérance pour aller déposer Sir Robert Sherley et Sir Thomas Powell avec leurs femmes dans le golfe Persique (Purchas, His Pilgrimes, t. 1, 1625, p. 312; HisL gén, des Voyages, t. II, 1746, p. 89-90).

de Saint-Laurent et, le 17, ils mouillèrent en vue du port de Saint-Augustin; le jour suivant, après avoir fait des sondages et s*ëtre assurés de la direction du chenal, ils entrèrent dans la baie où ils. s*appro visionnèrent de bois et d'eau potable ; ils y péchèrent des poissons en assez grande quantité pour nourrir les équipages d'une douzaine de navires, mais ils ne purent se procurer de viande de boucherie; les indigènes, à qui ils inspiraient de la crainte, leur promirent quelques bœufs, probablement pour se laisser le temps d'emmener leurs troupeaux au loin , mais ils n'en amenèrent point. Furieux de ce manque de parole, les Anglais envoyèrent quarante soldats dans le bois voisin, afin de faire quelque butin, mais ce fut en vain, car ils ne trouvèrent que de pauvres huttes en roseaux où il y avait encore du feu, mais rien d'autre que des arêtes de poissons; ils virent les traces des troupeaux qui venaient d'être emmenés.

Ce port de Saint-Augustin est par 23"* 30' de lat. S., et la variation du compas y est de 15^40'. L'entrée ressemble à celle de Dartmouth ; pour y pénétrer, il faut gouverner de manière à avoir à l'Est-Nord-Est la montagne qu'on appelle Westminstei^- Hally à cause de sa ressemblance avec ce monument, et marcher droit à l'Est dans le Sud de la baie, où l'on trouve un bon fond par 10 à 7 brasses d'eau; en arrivant en dedans des récifs, on est en eau profonde jusqu'à ce qu'on soit au mouillage, où l'on jette l'ancre par 8 à 10 brasses. Mais si l'on va trop à bâbord jusqu'au-delà de la montagne qui ressemble à une vieille grange, on a alors de 35 à 40 brasses.

Le 23, le capitaine Crist. Newport mit à la voile et Gt route pour Mohelia [Mohély]. Le 3 juillet 1613, il aperçut l'tle Juan [Anjouan], qui en est à neuf ou dix lieues [marines] dans l'Esté

1. Soit 50 à 55 kilomètres. Il y en a, en réalité, environ 56.

Ce même jour» il atterrit à Mohély« où il 9e procura des provisions à bon marché, cinq bœufs en échange d'une épée, plusieurs chèvres et des poules, des oranges, des citrons, etc. Encouragé par le bas prix de tous ces objets, il acheta (à une piastre Tun) quarante bœufs et beaucoup d'autres vivres.

Celte tle est habitée par des nègres qui sont pour la plupart musulmans et auxquels sont mêlés des Turcs et des Arabes, lesquels les aident à faire la guerre fi Teurs, voisins les An jouanais et les Comoriens; le roi, dont le père, qui s'appelait PhanehomaleS était mort le jour même de l'arrivée des Anglais, était tout jeune, de sorle que c'était sa mère qui gouvernait le royaume avec l'aide d'une assemblée de notables que son père avait désignés.

Son beau-frère, accompagné de quelques hauts personnages, vint souhaiter la bienvenue aux Anglais ; il parlait assez bien le portugais, comme du reste beaucoup des habitants de cet;te tle, ce qui permit à Walter Peyton de causer longuement a%'ec eux et d'obtenir d'eux ce qu'il leur demanda.

Ces insulaires construisent des boutres avec lesquels ils vont faire le commerce sur la côte de Malindi et même jusquVn Arabie, portant en ces lieux des esclaves et les produits naturels du pays, qu'ils échangent contre de l'argent et des étoffes. Ils trafiquent aussi avec les Portugais.

Ils dirent aux Anglais qu'ils étaient les bienvenus et que toute l'ile était à leur disposition. Le beau-frère du roi nous montra un certificat que lui avait donné un commandant hollandais et nous pria de lui en laisser aussi un qu'il pût montrer aux Européens

1. Ce nom semble composé des deux mots malgaches Efa nomaly^ qui signifient : « Fini, mort hier ». Peut-être les Anglais ont-ils pris pour le nom du roi un mot indiquant seulement sa mort toute récente? Ce roi avait épousé l'une des deux filles du Chérif Abou-Bekr (voir p. 479).

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venant après nous et qui témoignât de la bonne et cordiale réception qu*il nous avait faite; Walter Peyton écrivit une lettre où, après avoir rendu hommage à la courtoisie des Mohéliens, il indiquait les prix des divers objets et donnait avis de se tenir néanmoins toujours sur ses gardes contre une trahison possible, lettre sur laquelle le capitaine Newport apposa son sceaux

Les Mohéliens parlent une sorte d^arabe, difficile à comprendre ; aussi les Anglais ne purent-ils causer longuement avec ceux qui ne comprenaient pas le portugais. Voici quelques-uns des mots utiles pour Tachât des vivres :

Gumbey [Ngonibe]^ bœuf; Buze [bouzi], chèvre; Coquo [kou- Aom], volaille; Tudah [tchounga], onnge; Démon [dimou]^ citron; Mage [magi], eau; Surra [$ourra]j sorte de liqueur; Quename [kiname], ananas; Seavoye [isiavoa], noix de coco; Figo [figo], bananes; Car tassa [karalasi], papier; Sinzano [sindaîiou], aiguille; Arenibo [arembou]^ bracelet; Soulan [Soullan], roi\

L*ile de Mohély est par 12^10' de latitude S. S et la rade a un bon fond par 40 brasses. Après s*être ravitaillés et avoir pris de Teau^les Anglais mirent à la voile le 10 juillet 1613 et passèrent Téquateur le 19, faisant route pour Socotora (Purchas, His Pilgrimes, t. I, 1625, p. 488-490; Indiw Orienialis duodecima pars \ 1628, De Bry fratres, p. 145-146).

2'' Relation du R. P. Luis Mariano. — Il venait de temps en temps de grands navires anglais dans la baie de Saint-Augustin.

Les indigènes de cette région connaissaient quelques mots

anglais Ils racontèrent aux Portugais qu*à trois reprises

différentes il était venu des navires anglais sur leur rade et

i. Tous ces noms sont des mots souahili, c*est-à-dire appartiennent à la langue qu*on parle le plus généralement sur la côte orientale d'Afrique.

2. La ville principale de Mohély, Fombony, est par 12^ 15' 36".

3. Ludovic Gotfried, qui a traduit en latin le récit de W. Peyton, fait mouiller les Anglais à Anjouan, au lien de Mohély.

que Tun d'eux avait prêté au roi du pays Aadriankomena quatre mousquetaires, pour lui donner de Taide dans une guerre qu il avait alors avec un de ses voisins et où il flt un grand carnage de ses ennemis... Il y avait diverses inscriptions gravées sur des arbres le 19 juillet 1613 *, dont Tune était : « Cristophoruê Neoportas anglus capilaneus » [Cristophe Newport], et une autre : « Dominus Roberlus Shurleiiis * cornes legalus Régis Persarum » [Robert Sherley] (P. Luis Mariano, ExploraçSio portuguesa em 161 3-1 61 4, Boleiim daSoc. de Géographie de Lisboa^ 1 887 , p. 330).

COLLOQUIA LATINO-MALAICA,

SEU VULGARES QUiEDAM LOQUENDI FORMULA,

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