La latitude exacte de Sofala est
2, Le mot cent a été certainement omis; il faut 165 et non pas 65..
toute pleine d'isles et de roches et de baptures. Massambie [Mozambique] est ung bon port et est par les seize degrez de la haulteur du polie antartique S en la haulteur de Tisle Saincte Hélène. Le Roy de Portugal a icy ung chasteau à cause du bon port pour le retraict de ses navires, pour raison que en ceste coste les ventz durent six moys d*un cousté et six moys de 1 aultre ; et quant les navires ne peuvent passer, ilz se reciieuillenticy et attendent jusquès à Taultre année. Les mutations des ventz sont en ceste manière, que depuys le moys de mars jusquès au moys de septembre, qui est leur esté, les ventz sont tousjours devers le TEst-Nord-Est de la bize. Et s*ilz ne peuvent passer allant ou venant, ilz se recueuillent icy, et leur est baillé leur provision par le facteur du Roy de Portugal. Le port et chasteau est fort malladeux [malsain], à cause qu'il y foict grand challeur, et que la terre est basse, plenne d*isles. Icy a forces ellefans, les plus grandz de tout le monde, et forces aultres bestes saulvages; je y ay veu dent d*ellefant pesant deux cens cinquante et trois cens livres {Cosmographie . universelle de Jehan AUofonsce et Raulin Secalart, composée pour faire service au Roy, 1545, Ms. français de la Bibl. Nation., n** 676, fol. 128 [recto et verso] et 129 [recto et verso]).
LE CAPITAINE PEYROT MONTLUC ENTREPREND UN VOYAGE EN AFRIQUE, vers 1543.
Presque tous les historiens du xvi* siècle s'accordent à croire que le capitaine Peyrot, qui s'en est allé chercher fortune sur les côtes d'Afrique, voulait pousser jusqu'à la grande île de Madagascar... Des divers témoignages de la Popelinière, de Fr. de Bel-
1. La latitude exacte est 15*'3'24\ Quant à Tile Sainte-Hélène, qui est, comme Ton sait, dans TOcéan Atlantique, elle est, en effet, comprise entre 15<»54' et lô-l'lô" de latitude Sud.
leforest, de d*Aubigné, de Scipion Dupleix et de De Thou, on peut conclure qu*il n'avait pas un plan bien arrAté et qu*il ignorait Iui«méme si rétablissement qu'il projetait de fonder sur les côtes d'Afrique serait en Guinée, au Congo, à Madagascar, i Mozambique ou ailleurs. Ce qu*il voulait,c*était de créer une concurrence
redoutable ausc nations rivales de la France et son expédition
devait plutôt être une aventure de guerre qu'un voyage pacifique,... aussi « pour cest efTect il appresta un équipage de tous les plus mauvais garçons de la Guyenne » *. Les Montluc n'étaient pas riches, mais, comme le Maréchal l'écrivait à Catherine de Médicis [voir ses Commentaires^] y « ils ne sont si lasches de cœur qu'ils veullent demeurer simples cadets de Gascogne et se contenter de manger la soupe grasse auprès de leur père, ains veullent prospérer tant en biens que honneurs et, pour y parvenir, veullent libéralement bazarder leurs personnes et vies, comme j'ay faict; autrement je ne les estimerais mes enfants, ni mes frères leurs neveux ».
Après de nombreuses péripéties et difficultés, le capitaine Peyrot Montluc réussit à réunir une somme d'argent avec laquelle il arma et équipa six navires ; ces navires quittèrent Bordeaux pour l'Afrique, le 23 août 1566, et se joignirent dans le golfe même de Gascogne à une flotte de seize vaisseaux anglais avec lesquels Peyrot Montluc vogua de concert vers Madère, où, attaqué traîtreusement par les Portugais qu'il força cependant à battre en retraite, il trouva la mort en pleine victoire avant d'avoir commencé sa visite à la côte Sud-Est de l'Afrique (P. Gaffarei, Revue historique, t. IX, janvier-avril 1879, p. 291, 292, 295, 311 et313).
1. Aubigné, Histoire de France, t. I, liv iv, § 20, p. 247 (édit. 1616).