‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 7 sur 117 · LES EUROPÉENS A MADAGASCAR · texte numérisé non relu

LES EUROPÉENS A MADAGASCAR

PREMIÈRE MENTION DE MADAGASCAR EN EUROPE PAR PIERRE DE COVILHAM, en 14891.

1° Relation de Jean Temporal. — Le roi de Portugal Jean II désirant grandement que ses caravelles allassent aux lieux où croissaient les épices, envoya trois personnes par terre pour procéder à une enquête à ce sujet, notamment Pierre de Covilham, en qui il avait une grande confiance et qu*il chargea d'aller savoir où résidait le Prêtre-Jean et d'où provenaient le poivre, la cannelle et les autres sortes d'épices, dont les Vénitiens faisaient un si grand et si lucratif commerce et qu'ils recevaient des Arabes.

Covilham visita Alexandrie, le Caire, Aden, Calicut dans l'Inde, où il trouva une merveilleuse abondance de gingembre et de poivre, qui y croissent spontanément, et où il devint « acertainé que les clous de girofle et la cannelle y étaient apportés d'assez lointaines régions », puis il se rendit à Goa,

1. Pour faciliter la lecture de ces anciens documents, où les noms de lieux et les mots malgaches sont écrits d'une manière très fantaisiste, n^.us les avons rétablis eu regard avec leur orthographe r.'elle et mis entre parenthèses.

•2 ^^lUGES ANCIENS

(ïoix il nt voile pour Zeil^ ; se joignant à quelques marchands arabes, il longealacôte orientale de TAfrique jusqu'à Sofala, « où il fut acertainé par quelques mariniers et par des Arabes que toute cette côte, dont on ne connaissait ni ne trouvait la (in, pouvait facilement se naviguer vers le couchant etquH y avait tout près une fie fort riche et spacieuse, contenant plus de 900 milles décotes, laquelle ils nommaient la Lune ^. Ce qu*ayant entendu, bien joyeux et content au possible, il s*en retourna à Zeila, puis à Aden, à El-Tôr, au Caire et au rovaume du Prêtre- Jean.... II avertit le Roi de ce qu'il avait vu et lui apprit Texistence de cette grande île » (Jean Temporal, 1556, De T Afrique, édit. 1830, t. III, p. 419-i24, et Purchas, His Pilgrimes, t. II, 1625, p. 1092).

2* Relation de Castarheda. — En mai 1487, Pierre de Covilham et Alfonso de Pawa de Santarem furent envovés en Orient par le roi Jean II; ils se séparèrent au Caire, et Covilham s'en fut dans un navire arabe à Cananore, à Calicut, qui était, à cette époque, la principale escale de Tlnde, et à Goa; de là, il se rendit à Sofala et à File qu'on appelle à présent de San Lourenço ^ et que les Maures appelaient ile de la Lutte ^ Puis il alla à Ormuz et retourna au Caire (Castanheda, Historia do descobrimento e conquista da India pelos Porlugueses, 1352, édit. de 1833, liv. I, ch. 1, p. 3 et 4).

3° Traduction de Gholchy. — Pierre de Covilham s'en alla en Inde dedans une nef de Mores de Cananore, puis il fut à Calecut et en File de Goa, où il s'informa amplement des épices qui croissaient dans Tlnde et de celles qui venaient du dehors, ainsi que des villes principales, desquelles toutes il mit les noms

1. Ce nVst pas El-Kamnr ou d'» la Lune qua lesAfricains nommaient cette il»\ mais Ko-moro (où il y a du feui. Voir la noie 1 de la pace xii.

2. C'f^st une erreur, car Covilham n'a point atterri à Madagascar.

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