Médecin et philosophe grec du Bas-Empire
9. Erudit hollandais (1550-1633), qui a annoté les Voyages de Linsckot aux Indes Oricnifdes, Son vrai nom était Bernard Ten Broeke. •
comme par exemple Tabernœmontanus'; quant i Jean Léon S il exprime une idée différente dans sa < Description de TAfrique », où il dit qu'il existe dansTocéan un poisson d*une dimension formidable qu*on nomme Ambara et que c*est lui qui produit Tambre. D^autres pensent que c'est le fruit d'un arbre qui pousse dans les profondeurs de la mer. Sylvaticus' cite dans ses Pandectes des opinions analogues; nous ne les mentionnerons pas ici. Voir aussi sur ce sujet Mathiolus^ {Commentaire de Dioscoride^ liv. I, chap. 20) et Garzius (Historia Aromaiumy liv. I, chap. i) '.
Toutes ces opinions, si différentes qu'elles soient, s'accordent néanmoins sur ce point que l'ambre vient de la mer et que c'est l'ambre gris qui est le meilleur, tandis que l'ambre noir est le plus mauvais et le moins utile.
Voyons maintenant ce que les cosmographes et les grands explorateurs qui ont l'habitude d'étudier les pays lointains et leurs principales productions en pensent.
Le grand voyageur portugais Edouard Barbosa' raconte dans sa relation de voyage, ainsi qu'André Thevet dans sa Cosmographie (t. I, p. 101), qu'ils ont appris de la bouche des iirabes de l'ile Palandura [!lot de Mozambique] et des habitants des îles Ucique qui sont situées près de Madagascar [îles de Bazarouto
i. Médecin et botaniste allemand (1515-1590), auteur du Souvel Herbier complet^ qui, pendant plus de deux siècles, a fait autorité en botanique.
2. Jean Léon TAfricain, géographe arabe (1483-1552), auteur d'une Description de C Afrique.
3. Savant médecin italien du xiii* et du xiv^" siècle, auteur de VOpm Pandectarum Medicinas, dictionnaire de médecine (1474).
4. Pietro-Andrea Mattioli, médecin italien, auteur d'un Commentaire de Dioscoride.
5. Garcia da Orta (Garzius ab Horto, en latin, et Garcie du Jardin, en français), médecin portugais du xvi* siècle. Voir note 1, p. 458.
6. Duarte Barbosa, navigateur portugais qui a donné une description de nie de Ai(adagascar (1516); voir plus haut, p. 53 et 54.
dans le canal de Mozambique, au Sud de ^ofala, auprès du cap Saint-Sébastien] que Torigine de Tambre est la suivante :
Il existe dans les dites îles une espèce d'oiseau étrange, de la taille de nos oies, qui a une tète grosse comme le poing, toute garnie de belles petites plumes vertes et grises et un peu noirâtres, et que les indigènes appellent Aschibobuch^ c*est-'à-dire Toiseau à huppe. Cest lui qui produit Tambre. Son plumage est fort beau, très bigarré, vert et gris clair comme celui de la tète, d*un brun foncé au milieu du corps. Il se tient habituellement dans les déserts et les solitudes, loin des habitations ; la nuit il se retire sur les hauts rochers ou au sommet des récifs. Ces oiseaux vivent généralement en grandes troupes conime les grues chez nous, et ce sont leurs déjections, qu'ils laissent tomber sur les rochers, qui forment le véritable ambre naturel. Cet ambre est ensuite cuit pai* le soleil, purifié par la lune et affiné par Tair subtil des montagnes. L*ambre reste sur les rochers jusqu'à ce que, lors d'une tempête, les vagues de la mer remportent et le rejettent sur les rivages environnants, à moins que quelques poissons ne l'avalent, mais, comme ceux-ci ne le peuvent pas digérer, ils sont forcés de le vomir. Il existe trois espèces d'ambre : celui qui ne reste pas longtemps sur la mer et qui est promptement rejeté sur la plage; c'est l'ambre gris, le meilleur de tous. Il est d'une couleur blanchâtre ; les habitants l'appellent Porabat. L'ambre qui est resté longtemps à la surface de la mer est un peu plus foncé; on l'appelle Puabar; il est encore bon, quoique d'une qualité inférieure au premier. La troisième espèce est tout à fait noire, lourde, toute tachée, et n'a pas un bon parfum ; on l'estime peu ; c'est le Minabaryy qui a été avalé, puis vomi par les baleines qui ne le peuvent digérer.
Les indigènes attribuent l'excellent parfum que répandent les excréments de cet oiseau à son genre particulier de nourri-
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ture. L'Aschtbobuch mang;e les fruits d'uD arbre vénéneux appelé Assagaraoni, qui sont gros comme un œuf de pigeon ; l'homme qui en mangerait un seul en mourrait. 11 se nourrit aussi de bestioles grosses comme une sauterelle, dont la chair a
un goût agréable et que les sauvages appellent Lorpin. II a, en outre, l'habitude d'aller de côté et d'autre dans la montagne jusqu'à ce qu'il rencontre un animal extrêmement venimeux appelé par les uns Aldafarcard et par d'autres Algelouim; cet animal a d'ordinaire sous le ventre, près du nombril, un abcès ou ulcère, qui lui démange fort, de sorte qu'il l'ouvre à force de se gratter; ce qui sort de cette plaie a un parfum extrêmement agréable, et l'oiseau Aschibobuch, qui a une sympathie naturelle pour cette bâte, va auprès d'elle et lui suce complètement son
abcès, aspirant ainsi cette humeur odorante, qui forme une grande partie de sa nourriture. Ce que nous venons de dire sur Torigine de lambre est représenté sur la figure ci-jointe ^ On peut aussi consulter à ce sujet la Cosmographie de François de Belleforest, t. III, p. 1782 et 1783.
Les vertus médicinales de Tambre sont multiples; son parfum est utile pour les yeux que le froid rend malades, il dégage le cerveau, il fortifie la mémoire, il réconforte le cœur, il empêche les palpitations et les évanouissements occasionnés par le froid; il arrête la dysenterie et soulage ceux qui souffrent d*épilepsie et qu*on fait revenir à eux en jetant de Tambre et de la corne de cerf sur de la braise et en leur faisant respirer cette fumée par le nez et par la bouche; pris par en bas, il empêche la déviation de la matrice ; pris par en haut, il en empêche la chute; à cause de sa siccité, il dissipe les humeurs superflues de Testomac; il est salutaire aux personnes d'un tempérament flegmatique ainsi qu*aux hypocondriaques et aux paralytiques. Que ceux qui veulent en savoir plus long à ce sujet consultent les médecins, notamment Christophe Acosta^ {Hisioria Aromaium, p. 331, ex versione Caroli Glusii).
Chapitre YII. — De la fertilité et de la richesse de l*ile de Saint-Laurent et de toutes les sortes de végétaux, fruits et MÉTAUX qu*elle PRODUIT. — Nous avous dit plus haut que Tile de
1. Tous les détails que donne Megiser sur l^oiseau fantastique Aîchibobuch et sur la bête Aldafarcard, qui est non moins chimérique, sont, ainsi que la planche, copiés textuellement dans le livre IV de la Cosmographie universelle d'André Thevet, 1575, p. 100-102. — Cette planche se retrouve dans Touvrage intitulé Ambrœ historiam exhibet J,'F. Klobius, Wittenberg, 1666, avec Ténumération, p. 40-43, de tous les anciens auteurs qui ont parlé de Tambre de Madagascar.
2. Médecin portugais du xvi^ siècle dont Clusius (Charles de Lécluse, 1524-1609) a publié en 1574 VAromatum inorientali Indid nascentium lAber.
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Saint-Laurent est très fertile et qu*elle produit en abondance tout ce qui sert à la nourriture des hommes. Nous allons maintenant donner à ce sujet quelques détails. Il est bon de savoir tout d*abord qu1l y a une grande quantité de gibier de plume et que les animaux domestiques, ainsi que les animaux sauvages, les poissons et les oiseaux, y abondent; nous en avons déjà parlé. Il y a aussi une foule de végétaux utiles, de fruits, de légumes, etc., car Madagascar produit sans peine beaucoup de riz, de Forge [!], des oranges, des limons, des citrons et d*autres fruits et céréales que nous ne connaissons pas en Europe. Les indigènes recueillent de grandes quantités de miel sur les arbres des forêts. La canne à sucre est très commune dans toute Tlle, mais ils ne savent pas la manipuler et en extraire le sucre, comme on fait en Espagne et en Italie.
En fait de légumes ordinaires, il y a trois espèces de fèves et une racine appelée igname qui ressemble beaucoup à. notre carotte, mais qui ne se termine pas en pointe et qui est un peu plus grosse; elle est en dedans très blanche et croît dans la terre comme Tarachide; les gens des campagnes en sont très friands; soi t bouillie, soit rôtie, elle a un goût très agréable et constitue pour eux la nourriture quotidienne. On mange de la même façon les patates, qui sont des racines analogues, mais un peu plus sucrées.
Les melons ou courges [calebasses] deviennent à Madagascar tellement énormes qu*un homme arrive à peine à les étreindre avec les deux bras; ils sont de trois couleurs, jaunes, rouges ou blancs, et sont bien meilleurs que les nôtres. Les indigènes en font des vases, qu'ils appellent salabareii{!).
Il y a beaucoup de tamariniers dans Tile ; ce sont de grands et beaux arbres que les habitants du pays appellent Quille [Kily], et qui portent des fruits ]deuxfois par an. Ces fruits ont presque la forme de nos grandes fèves, mais ils croissent sur des arbres
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très hauts; tout d'abord verts, ils deviennent gris en mûrissant et ont une écorce dure» en dedans de laquelle il y a trois ou quatre fèves dans une pulpe brune assez semblable comme goût aux prunes. Ces fruits rafraîchissent le foie et les reins (voir Garzius ab Horto, Hisioria Aromaium^ chap. 28) '.
Le gingembre pousse i Madagascar en grande quantité ; les indigènes rappellent sequarivo [sakaviro] et ils le mangent
à Tétat frais, car ils ne le font pas sécher et ne savent pas le conserver. Ils ont aussi le safran, qui porte comme fleurs des lis blancs, et qui est très aqueux; lorsqu'on y mord, on ne sent tout d'abord rien et ce n'est qu'après quelque temps qu'on éprouve un fort picotement (voir Garzius, liv. I, chap. 39). Les bananes ou figues indiennes, que les Arabes appellent Musa [Moûz] sont délicieuses à Madagascar ; on les mange soit crues, soit cuites, ou bien on les fait sécher avant qu'elles soient mftres. En ce qui concerne leur vertu, on peut consulter l'ouvrage de Garzius, liv. II, chap. 10. Il faut encore citer un fruit gros comme une noisette, dont les feuilles ont le parfum du girofle [/îamVitoara]'. Il croît dans cette lie, naturellement et sans culture, une herbe appelée Enget \Engiira]y d'où Ton tire la précieuse couleur de l'anil (ou indigo) ; c'est une plante peu élevée, qui pousse comme le thym. On fait sécher ses feuilles qui ressemblent à celles du romarin* et, lorsque plus tard on veut teindre du coton ou un tissu quelconque, on les mouille et on les écrase
1. Garzius ab Horto ou Garcia da Cria est un médecin portugais du \vi« siècle qui a écrit le célèbre traité intitulé Coloquios dos simples e drogas da Indiay imprimé k Goa en 1563. On j trouve, p. 56, le passage suivant ayant trait à Madagascar : « Le peuple très barbare qui habite Tile de Saint- Laurent, montre aux marchands qui y sont portés, un certain fruit de la grosseur d'une aveline, lequel sent les girofles [fruit du Ravintsara] ». Il y a une traduction française de Touvrage de « Garcie du Jardin » de 1619.
2. Les Malgaches nomment ces branches d*indigo qui sont séchées et liées en paquet pour être utilisées à l'occasion, fatoira.
dans un mortier et il se forme une belle couleur bleue (Garzius, liv II, chap. 26).
Quant i Tambre, qui est si précieux et si odorant, et qu'on trouve auprès de Madagascar, nous en avons déjà parlé en détail plus haut.
11 existe des forêts entières de santal rouge; il y a même des régions où tous les arbres et arbustes sont des santals, si bien qu'on n'y attache pas de prix. Le santal a la vertu de rafraîchir les malades en proie à la fièvre; son parfum est agréable et fortifie le cœur.
Le coton croît en grande quantité dans les forêts, sur de petits arbrisseaux. Il y pousse des noix dinde [cocos] et d'autres plantes, herbes et simples, qui sont fort utiles, sei*vant à la fois comme aliment et comme médicament, mais la plupart nous sont inconnues, et il est inutile de les décrire. Ce que nous venons de dire suffit à montrer combien cette terre est fertile.
Madagascar possède, en outre, une foule de mines d'argent, de cuivre et surtout de fer, mais il ne renferme pas d'étain, métal que les insulaires estiment à un plus haut prix que l'argent.
Chapitre VIII. — Des événements qui se sont passés dans l'Ile DE Madagascar ou de Saint-Laurent autant qu'on peut le savoir. — Au commencement de cet opuscule, nous avons dit que l'tle de Madagascar faisait partie du Nouveau Monde, car elle ne fut découverte qu'il y a cent ans, et elle était à peu près inconnue des anciens. En effet, tout ce que Ptolémée en a su, était qu'elle se trouvait auprès de l'Afrique, et, comme nous l'avons mentionné plus haut, beaucoup de fables se sont glissées dans le récit que nous en a laissé Marco Polo, qui en a entendu parler, il y a trois cents ans. Ptolémée ne parle pas des événements qui s'y sont passés. Tout ce que nous savons de son
histoire se trouve dans la Cosmographie d'André Thevet (liv. IV, chap. iv), où il prétend avoir appris de la. bouche d*habitanU de nie ce qu'il en raconte.
Dans le canal qui sépare l'Afrique de Madagascar, et où aujourd'hui il y a tant de bancs de sable et de récifs dangereux, il existait au temps passé, disent les insulaires, une très belle tle, de plus de 60 milles de tour, qui s'est depuis abîmée dans la mer; de nombreux rochers dépassent encore aujourd'hui le niveau de l'eau, ils sont pointus et on en compte plus de douze mille. Ce fait n'est pas incroyable, car nous avons plusieurs exemples d'îles que la mer a englouties, et, en l'an 1S32, un fait analogue s'est passé dans les Pays-Bas.
Un cataclysme semblable a eu lieu à Madagascar dans l'antiquité, au dire des insulaires, c'est du moins ce qu'ils ont appris de leurs parents qui, eux, le savaient de leurs ancêtres, car les sauvages n'ont pas de chroniques écrites.
Dans l'ancien temps, disent-ils, une terrible inondation ou déluge s'est tout d'un coup abattue sur l'Ile, à cause des vices des habitants et des grands péchés qu'ils commettaient. Tout le pays fut sous l'eau et tout ce qui avait vie se noya, à la seule exception de quelques individus qui s'étaient réfugiés sur la montagne la plus élevée de l'Ile appelée Bussara et qui se tirèrent d'affaire comme ils purent. Les eaux restèrent vingttrois jours sur Ttle avant de s'écouler.
Quelques mois plus tard, la terre étant redevenue sèche, plusieurs navires abordèrent par hasard à Madagascar avec des marchands du royaume de Géfala [SofalaJ qui se trouve sur le continent africain à environ 250 milles. Ces Céfaliens [Sofaliens], étant descendus à terre, trouvèrent toutes les villes et villages détruits et tous les hommes et animaux morts, ce dont ils furent fort effrayés. Ayant appris des quelques gens qui
s*étaient sauvés sur la montagne ce qui s*était passé, ils retournèrent dans leur pays et firent connaître au roi de Céfala [Sofala] le pitoyable état dans lequel était Madagascar.
Ces nouvelles s*étant répandues dans 1* Afrique orientale, les deux rois de Céfala [Sofala] et de Mozambique ordonnèrent d'équiper des navires et de transporter dans Tile trois ou quatre mille personnes afin de la repeupler. Le général de cette (lotte, qui était païen et né a Céfala [Sofala], s'appelait Albergra ; par la suite, son nom fut donné a Ttle qui, avant le déluge, s appelait Pacras à cause de la grande quantité de tortues qu'on y trouve.
Bien longtemps après, lorsque Ttle fut à nouveau peuplée et eut retrouvé son ancienne splendeur et richesse, un roi puissant, appelé Menuthia Alphily y régna et lui donna son nom; mais, comme il était un tyran redouté, il fut tué, ainsi que ses conseillers, ses fonctionnaires et ses courtisans, dans la cinquième année de son règne, et dévoré par ses sujets, qui ont l'habitude de traiter do la sorte leurs ennemis.
Après cette révolution, les habitants de Madagascar n'eurent plus de roi pendant cent quatre-vingt-six ans, choisissant leurs chefs à leur gré.
Plus tard, les rois de Magadaxo [Mogdicho, sur la côte orientale d'Afrique] et de la côte d'Adel partirent avec une grande flotte portant de vingt-cinq à vingt-six mille hommes dans le but d'envahir la riche Ile de Taprobane ou Sumatra; mais une tempête les jeta hors de leur route et les fit atterrir sur les côtes de l'ile d'Albergra [Madagascar]. Ayant constaté combien le pays était beau, fertile et riche, ils eurent envie de s'en emparer, et ils y débarquèrent leurs soldats et prirent de force la région côtière où ils séjournèrent pendant huit mois jusqu'à ce qu'un vent favorable leur permit de con-
tinuer leur route. Mais, avant de partir, ils firent ériger en divers points de Ttle huit colonnes ou pyramides sur lesquelles ils gravèrent en langue chaldéenne les mots suivants : c Ce beau et puissant royaume a été conquis et placé sous le pouvoir de notre grand roi de Magadaxo [Mogdicbo] et les habitants ont été contraints de jurer qu'ils ne reconnaîtraient jamais aucun autre roi que lui et qu*ils n'appelleraient plus Tile autrement que Magadaxo ». Plus tard, ce nom fut,. par corruption, changé d'abord en Magadascar et puis en Madagascar^ nom qui lui a été conservé jusqu'à ce que les Portugais lui en aient donné un autre.
C'est là tout ce qu'on sait de l'hii^toire ancienne de Tile de Madagascar, ainsi que le rapporte Thevet d'après les indigènes eux-mêmes. Je reproduis ce récit en en laissant l'entière responsabilité à son auteur. Fides hujus rei su pênes Authorem !
Chapitre IX. — De la découverte de l'Ile de Saint-Laurem, n DE CE QUE les PORTUGAIS Y ONT FAIT. — Eu co qui touche Is découverte de Madagascar par les Portugais, Osorius (liv. IV et V) et Jean de Barros (liv. I, décade II) \ entre autres, ont écrit que, l'an 1506, les capitaines du roi Emmanuel de Portugal Fernan Soares, Rodrigues [Ruy] Freire et d'autres découvrirent, en revenant des Indes avec leurs navires, un pays inconnu qu'ils ont appelé par la suite l'Ile de Saint-Laube!(t, mais que tout d'abord ils ne crurent pas être une Ile à cause de son étendue et parce qu'ils n'en voyaient pas la fin.
Lorsqu'ils atterrirent, ils constatèrent qu'il y avait dans ce pays de belles forêts et aussi de grands troupeaux de bétail. Une foule de nègres, tout nus, vinrent à leur rencontre sur dix