CHAPITRE in
Des deîfoirs du gous^ernement dans les réactions
contre les idées*
Si, dans les réactions contre les hommes., le gouvernement a surtout besoin de fermeté, dans les réactions contre les idéçs , il a besoin surtout de réserve. Dans les unes, il faut qu'il agisse; dans les autres, qu'il maintienne. Dans les premières, il iiriporte qu'il fasse tout ce que la loi ordonne ; dans les secondes, qu'il ne fasse rien de ce que la loi ne commande pas.
Les réactions contre les idées portent, si?r des institutions bu sur dçs opinions. Or, les institutions ne demandent que du temps, les opinions que de la liberté. ^
Entre les individus et les individus , le gouvernement doit naetlre une force répressive ; ent,re les individus et les institulionSi une force conservatrice ; entre les ipdividus et les opinions» y il n'en doit omettre aucune.
Lorsque vous avez établi un,ç institution , ne vous irritez pas de ce qu'on la désapprouve. Ne cherchez pas à empêcher qu'on nç déclame contredite: n'exigez la soumission que d'après les formes et devant la loi. Ignorez l'opposition ; supposez Tobéissaace ; main-
tenez rin^tittition : avec la loi , les formes elle temps, ririMilution triomphera*
Lorsque tous avez ^ je ne dirai pas établi une opi* nion , Dieu vous préserve d'en établir , mais renversé la puissance de quelque opinion qui fut jadis un du^^nie , ne vous effrayez pas de ce qu'on la regrelte ; lie |)roliihez pas l'expression de ces regrets; n'allez ])<is lui dtverner les liorineurs'de rinlolérance : fei* {^w.T d'ignorer son existence même ; opposez a son iinporlanre voire' oubli ; laissez /i qui le voudra le , soin de la rornballre ; il se présentera des combat* tans, n en douiez pas , lorsque Todieux du pouvoir lie rejaillira plus sur la cause. Ne comprimez que les aclions , et bientôt l'opinion, examinée^ appréciée, jtfgée , subira le ^ort de toutes les opinions que la persérulion n'ennoblit pas, et descendra pour jamais de Ml dignité de dogme.
La justice prescrit au (gouvernement cette conduite ; la prudence encore la lui presçril.
Le» réactions contre les hommes n'ont qu'un but, la vengeance, et qu'un moyen, la violation de la loi; H* gouvernement n'a donc à prévenir que des déliu preri-rs d'avance. Mais les réactions contre les idé<« MMil variées à TinHui, et les moyens sont plus varies encore. Si le gouvernement veut élre actif, au lieu d'être simplement préservateur , il se condamne à w\ travail sans fin ; il faut qu'il agisse contre des nuances : il se dégrade par tant de roouvemens pour df s objets presqu'imperceptibles. Ses efforts , renouvelés sans cesse ^ paraissent puériles : vacillant dans son syfit(*me , il est arbitraire dans ses actes : il devient in|uslc, parce qu'il est incertain; il est trompé, parce qu'il eU injusle.