‹ Collection des ouvrages sur le gouvernement représentatif et la constitution actuelle de la (volume 2)Chapitre 4 sur 53 · Tome UI^ b\ Partie · texte numérisé non relu

Tome UI^ b\ Partie

circonftfAnet. lU ne manqueront pa» k TuppeL fli •ont toiijouri là m #erf ice de qui len emploie ^ dii qu'il eit question de mettre de eôté le» loU ei te» formei.

Mii^ une foi» » au moini| prionn-lei» de faire crève h leur zèle, ei lai«ioni h liberté exister, quand eene serait que pour notitf convaincre qu'elle eu impo^ihle, Haui elle^ nous avons fait \ingt naufrages ; que paiitil nous arriver de pis avec elle? Et si par basard elle n'est pas impossible, bi découverte en vaudra le peine; car , et ceci mérite quelque attention , la jotûssanee de la liberté n'e^t pas imporuinte uniquement pour ceux qui paraissent en profiter de la manière la plus immédiate*

Il y a sûrement , parmi lei électeurs ^ des hommes Uen intentionnés, éclairés mémci qui, ne sentont pas l'étroite liaison de toutes les libertés entre elles , voient avec osses^ d'indifférence s'introduire des lot» d'exception qu'ils croient ne devoir jamais les atteindre. On leur a dit que la suspension de la bberté individuelle ne regardait que les conspirateurs ; ils ne conspirent pas ; que la violation de la liberté de la preaoe n'atteignaU que les écrivains j il» n'écrivent pas ; quo l'asservissement des journaux n'intéressait que Im journalistes ) ila ne rédigent point de journaux ; que lea Cours prévotales ne prononçaient qfie sur les oélii» commis k main armée) ils ne toucbent jamais unearme : ilsftont donc tranquilles; mais qu'ils ré(lécliiss<^ni. La auspensioo de la liberté individuelle ne reg/i^rdit paa seulement les r!ons|nrateurs , mais eeuft qu'au soupçonne d'être disposés k conapirer, et ceux p^r

^ 35 conséquent que des ennemis secrets d^noncsènt comme tels. Les resiriotions mises à la presse n'àttéigneni pas seulement les ëcrrraîns , maris ceux qui veulent écrire ou faire écrire pour exposer i l'autorité Suprême leurs réclamations!, ou pour se défendre devant l'opinion contre la calomnie. L'asservissement dès journaux n'intéresse pas seulement les journalistes , mais ceux qui n'ont de ressource que le ministère des jour-^ nalîstes pour donner à la rectification dé faits défigurés une publicité qui importe k leur réputation , à leur crédit , à leurs entreprises. Les Cours jwévotales ne jugent pas seulement ceux qui ont commis des délits à main arniée^ mais ceux qui sont accusés d'eVi avoir commis, ceux qui se sont trouvés dan^ un rassemblement et ne sauraient prouver que c'est par hasard , ceux qu'on a cru y apercevoir , quand ils n'y élaient pas : car tel est l'effet de l'abréviation des foroaes , que ce n'est pas la nature du délit qui prive un citoyen de cet^te sauve-garde, mais la nature de l'accusation. Or, un homme peut bien être sûr de ne jamais commettre un délit; mais nul ne peut être assuré qu'U ne sera jamais l'objet d'une accusation fausse. Nous ùe réclamons donc pas des libertés dont quelques-uns seulement jouissent , mais des libertés dont tous peuvent avoir besoin. Et ici une considération me frappe.

L'on prétend que ce n'est point après une révolution longue et violente qu'on peut appliquer avec scrupule les principes^constitutionnels, et quil faut à ^ de pareilles époques , investir le gouvernement d'une puissance discrétionnaire. Taffirme que c'est

|rf^^m6nt ftlorf» tfùê h ÛâéYiié h p\m êitici^ àn% ptintipe» cominnûoiift&U mi mdhpeuMilAë ^ «i qn«

âe rufiforîlé «M dftHgéfretiM ^ û^r <>W «lort* qii« h» pnmon» éiuulplttè àmméé», le» déttùnamtom ^ le» eâl^ninie» ^ lé» impo^iutë» ^ «ont plti» frér|iie0te» f et qtie rf^xamen le plu» »erti|nilefix ^ le plii» lent^ le pin» régulier f e»t i}^ce»»aire«

îhm le» tertip» ealme» f peu iV\wmmêê ftjrftol h m plaindre Vutt de 1 autre ^ le» agen» iiite»(i» de là terrible pr^rogafite de» loi» d^excepfioo ne »e topent pa» tettd^ par UMite» le» liaine» d^((ni»^e»^ par loua le» teaaerifimeij» t<iiM» »oii» le nom du 1/ien pidilte* (>ii peut ail rnoiti» e»|>4rer alor» rpie le» loi» d^eneeptioii ^ tafijonr»f/iûlieu»e»^ f^oujour» iii|ii»te»^ ne a'^appliquero/it rpr^ de» |i<^ril» »otidaifi» et k de» ea» e>iiraor' difiaire»^ La ma»»e de» eifojren»/ paUihle et unie entre elle^ ne parait pa» en être menacée; mai» apr/*.» une cri»e politique ^ quand tout le monde e»t coopalile nu% y eut de »on toisin^ quand il nV/»t peraonne qui n'ait eu quelque tort^ commi» quel/fue fatite^ concouru plu» ou moin» h quelrpie in)u»tiee , le» loi» d'eiicepfion »ont de» arme» que thMi^n ambitionne et finmi h »on foun

Contradiction étrange î Pre»que toujouf » f àprh9> le» tévolufion» tiolente»^ on proclame de» amniatie» ^ parce quV;n'»en( que le» loi» ordinaire» elle»- mértir,» devicuff eut iuapplicable»^ Or 9 pourquoi le détiennentelle»? parce que leur application eon»(ante el nmltt. plice tiendrait lou^i le» e»prif» en alarme) e(c^e»t d^n» le moment où Ton reconnaît Cette Write ^ dan» le

rooment ou Ton désarme les lois geD^rales , de peur que leur action ne perpétue l'inquiétude qui pousse . aux résolutions désespérées ; c'est dans un tel moment que l'on institue des lois extraordinaires plus rigoureuses, plus alarmantes ,'plus vagues ! On proclame une amnistie, parce qu'on ne veut pas., que tous les coupables, même convaincus, soient . punis, et l'on établit des règles de suspicion , en vertu desquelles tous les suspects sont menacés. Mais quand il y a vingt mille. coupables, il y a* deux mQlions de suspects.

Aussi , voyez ce que disent sur lés efietsde ces lob ]eur5 défenseurs' mêmes* Ecsoutez le plus éloquent, et j'ajouterai le plus libéi*al d'entre eux ; car , même en défendant un mauvais système, il a- rendu. un aligne hommage aux principes , et prouve que son caractère % était aussi noblequeson esprit est distingué. Ecoutez-le, dis-)e , quand il décrit les résultats de ki loi du 29 oc*tobre : L/e reste des partis se. disputant l^ usage du poupoir discrétiôrinqire ^ V esprit de délation se coU" vrant du manque du %èle y détruisant toute confiance au sein des familles j sappant apec: les fondemens de la tranquillité publique et privée . ceux de la morale {i)é

Il parlait ainsi ^ je le sais, ^d!une loi abrogée. Mais ne jugeons pas les lois d'exception par ce qu'on en dit tant qu'elles subsistent. On ne s'explique publique* ment snr leur compte , comme sur celui des rois ^ qu'après leur mort. Or , voilà ce qu'on dit de chaque

n^^mimmmamtmÊÊmmmmmmmmÊÊmtmmÊit^fiàt

(i) Discours de M. Camille-Jordaa.

foi 6^e%eep6on y des nnstant qu'elle est révoquée. Ceu% qui vaDteot la loi d'aij^>ord'buî a^eo vengent sor eelle d'hier. N'e»l*ee paa un préjugé fâeheos pour ce» lois que la néce$èiié de cette tactique ? Elles sont tellemeoi odieuses k la majorité des hommes ^ que , pour eu faire adopter une-, il faut commencer par flétrir toutea celles qui Font précédée.

IX. Je n'ai ^ comme je Fai dit plus haut , yovlu y 4ans cet écrit ^ diriger aucun blâme sur aucun indi* iridu. J'ai parlé d'un système g^éral, abstraction £ii(e des hommes qui Iç suivent et de son esécution , qui est un acddent« Je crois avoir prouvé ce dont la démonstration me semblait utile. Les états périssent ^ quand on vent combiner la pratique du despotisme «vec la théorie de la liberté. La France serait en péril , si pour la g^turemer on fondait ensemble les préjugés de l'ancien régime et les traditions de l'arbitraire impérial. Les lou d'exception , qui . nous ont toujours perdus , ne sauraient nous sauver. JKotre salut ne se trouvera que dans les hommes qm les repousseuu Ce sont eux qne* j'ai nommés les indépendans.

Maintenant je n'ignore pas ce qu'on pourra dire au% électeurs pour les détourner de choix pareils. Je VjBU% les mettre en garde contre des discours spécieux, des allégations plausibles , et des rtises d'autant \*his •droites y qu'elles aurotu l'air de la bonhomie et de la candeur.

4( Les indépendans , leur dira-t«on , ne sont pas de 9 vrais amis de la Charte. Elle ccmtrarie trop leurs n théories^ Us u laisseront entraîner par . le désir r> vague d'améliorations chimériques^ n Si je le pen-

sais j ma douleur serait extrême ; car ne voyant de ressources ni dans les partisans de l'ancien régime , ni dans les hommes qui sont toujours à la disposition de Fautorité , et forcé de reconnaîire dans les indépen* dans des instrumens de désordre , je ne saurais plus où chercher des motifs d'espoir.

Mais ma conviction heureusement est toute contraire. Les indépendans savent que la Charte contient tout ce qui est nécessaire pour la liberté. Si quelques articles , ceux sur-tout du nombre et de Tâge , mettent dans l'opinion de beaucoup de gens des restrictions lâcheuses à la liberté des choix et à Ténergie des assemblées , les bourgs corrompus de l'Angleterre , et trois cents députés nommés par l'influence de moins de cent personnes, sont bien d'autres vices, et pourtant TAngleterre a été libre cent trente-neuf années. Lesindépendans savent qu'il faut tirer parti de ce qu'on possède. Ils se félicitent du point fixe autour durpiel les Français ont pu se rallier durant les orages. \h n'oublient point que notre Charte est aux yeux de FEarope un de nos plus solides remparts. Elle nous a puissamment servi à deux mémorables éjkiques. Sans elle y nous aurions été momentanément, dans l'**ii-érieur ^ un peuple d^esclaves , et pour Pétranger un pe;^pie conquis. Nous ne serions restés ni conquis ni esclaves , je le sais. Mais le nom de la Charte nous a épargné de dotiloureuses nécessités. Nous avons r^agné plus doucement et plus facilement les droits qui nous sont chers f et le rang qui nous est dû. Quant à l'jllachement aux théories absolues , à l'aversion pour les milieux raisonnables y au jansénisme de principes que

Von reproche 91111 indépeiidan/i , ceê acen^ai ionn me fout i^niier tonjotir* li riiomme r{iii i»e iroiivaii entre d«»fi« perf»orine* « dont rtiue iKititc^ndif rfiie denu et deiim fuyaient quntrei et Ttiutre, que (lenu ^ deiu An<i»ieni éi%« Voun éie» ^gfilerfierU dan* VûxUènte^ leur ditril ^ deni et detu fout cinq. ^

a Le» iiid^pendan» 9 confirMiera-t'On, fieront enne-^ 1^ nii» de minUtre». 1» Si Ton entend par oei» pa« rote/i qirik iiéronile(»enffenii»do«« liomme», on a tort* Si Ton veut dire (ptlU ne ne condamneront pa» k cet M»entiment aveugle ^ qui e<it Talih^gation honteni»e de totifelogi'jne et de tottte dignité « Ton a rai»on. 11» ne •et ont point le» ennemi» de» mini»tfe<» qtd ont ttm^sé la Fiance fmr rordotnntnce dti 5 »e|>tembre« 11» ne feront point Ic^ eintemi» de» mini»tre» qui ont pro* po»ë Ci fait adopter la loi de» (^leciioti», M<ii» iU seraient ennemi» de la politique otnlirageM»e et étroite qui ne tondiait gouverner la France que par de» loi» iVex" eeptiruf. lU »eraient ennemi» de la »t)»pen»ion de la libellé individudlcy ennemi» de» tribunaux extraor* din#«iM*» 9 ernurni» de ra»»ervi»»ement de la pre»»e et delà d<5peudauce de» journatu, 11» aéraient o|^po»é»i ce que le» nuni»tie» (:xcéda»»ent letir btidjet. Il» seraient oppo»éi ii cette tactique timide et puérile qui «fiotfflerait f »i on la lai»»ait faire ^ toute pnbli* cité f comme li ce dont on ne parle pa» en ejiiatiiit ntoin».

I/Otn dVtre dangereux pour leamini»trei ^ lea indépendan» »euU , il me»erait i/icilede le protiveri aeront pruu eux du» appui» »<yIm14«», Si ce» miuiMrc» doivent exiger de la nation do nouveaux et pénible» taorUicea p

quelle force d^opînîoH pmseraient-ils dans une assemblée décrédiiée d'avance par sa complaisance habituelle , son langage bannal , ei sa soumission infatigable>? S'ils oui à négocier avec l'étranger, quels iDOtifs de résistance a ses prétentions allégueraient-ils, si l'étranger savait qu'ils disposent des chambres, et pouvait s'en prendre à eux du courage manifesta soudain par ces chambres dociles , qui ne seraient devenues courageuses que p^r ordre ?

On insinuera aux électeurs que la nomination des indépendans effraierait l'Europe. Mais l'Europe n'at-elle pas rendu constamment hommage à noh-eindé^ pendance par toutes ses paroles y quand l'occasion s'en est présentée? NV^-elie pas reconnu tous les gouvernemens successifs qui avaient ra|ipare;:)ce d'être soutenus par la force nationale ? N'a-t-elle pas reçu, accueilli^ féié tons les hommes que ces gouvernemeus lui ont envoyés? Et maintenant qu'il ne s'agit que de nos afiaires intérieures, de nos intérêts de famille ^ en quelque sorte, la nomination de quelques députés,» qui n'oDt en rien le droit d'intervenir dans nos relations avec les *au très peuples, et qui, renfermés parla charte dsms le cercle de leurs fonctions , peuvent de plus être renvoyés dans leurs foyers par une seule parole royale, effiaierait cette Europe, si bien garantie aujourd'hui par les précautions qu^elIc a prises^ par la bonne intelligence drs souverains entre eux, et sans doute ausbi par les satisfaciiohs données par ces souverains à leurs sujets en récompense de leurs efforts et de leurs sacrifices !

C'est trop vouloir aussi que nous ressemblions à la

Pologne y et «ur ce sujet délicat il n*jr a , selon moi , c|ii'un mot a dire. Si les étrangers sont de bonne foi , comme j^en suis convaincu , ils doivent désirer qu'un gouvernement libre s'établisse en France ; car ia liberté »eule est calme, La France ne sera pas tranquille , si elle n'est pas libre, et TEurope sera toujours agitée ^ si la France n'est pas tranquille. Si , par impossible , contre la conviction que je professe et que je proclame, contre la sainteté des traités , contre leurs intérêts propres j les étiangers n'étaient pas de bonne foi , ce que nous ferions ou ce que nous ne ferions point serait indiiSérent, Ils trouveraient toujours assez de préteites , et nous nous serions refusé tout ce qui peut nous être honorable ou salutaire, qu^ nous n'en serions pas plus avancés. Uti homme d'esprit me disait un jour , que , quoique la mort fut la chose la plus déciave de la vie, il fallait la compter pour rien , sans quoi cette idée empêcherait totit. J'en dis autant des étrangers. S'ils agissent avec loyauté , nous n^avons rien a craindre en remplissant avec scrupule nos devoirs de Français : et dans Thypothése contraire , nous gagnerions pourtant à remplir ces devoirs. Les étrangers nous estimeraient en nous opprimant / et peut-être nous opprimeraient- ils d'autant moins qu'ils nous estimeraient davantage*

Ami^ argumentations fondées sur la politique et sur la prudence , on en joindra d'autres qu'on appuiera sur le sentiment, a Le mimi»(cre , dira-t-on , mérite » notre reconnaissance par cette loi sur les élections ï> qu'il nous a donnée. Nous servirions-nous de cette » loi pour le contrister? Nommons plutôt , en témoi*

i)goage de gratitude, des hommes qui puissent lui être -» agréables. )) Mdis si le ministère a des droits , et je pense qu^ii en a beaucoup , à notre reconnaissance , par là loi sur les éleciions , c^est sans doute parce qu'il a voulu que celte loi nous mit à même de faire de bons choix. Lui prouver notre reconnaissance en nous abstenant des choix que nous croyons les meilleurs , serait FafBiger beaucoup plus sûrement; ce serait tromper ses civiques espérances. D'ailleurs^ le système représentatif ne saurait être un échange de madrigaux, et des éleciions ne ressemblent pas à un bouquet pour on jour de fête*

On i\ous mettra en gardé contre Fimpalience. «Les 9 indépendans , nous dira * t * on , seront dfexccllens ;» choix pour l'année prochaine; c'est encore trop ]» tôt;» et l'on nous proposera d'ajourner les hommes^ comme on nous a proposé sans cesse d'ajourner les principes.

Mais d'abord , il n'y aura pas d'élection Tannée prochaine pour les départemens qui choi:iissent celte aooée leurs députés : et j'en reviens, en second lieu , à mes raisonnemens antérieurs sur l'ajournement des principes. Il ne nous a pas réussi : celui des hommes nous réussira -t -il mieux ? Ne serait-^ce pas , en réalité, ajourner les principes ? Car , si l'assemblée est composée de leurs ennemis , qui les défendra ? Que si l'on nous promet que leurs adversaires deviendront celte fois leurs défenseurs , le résultat sera donc le même que si nous nommions des indépendans ,* pourquoi donc redouter 1 élection de ceux-ci, et forcer les autres à sortir de leurs douces habitudes ?

Personne ne pourrait entrei* dans tons les détails de la tactique qui sera mise en usage , parce qu'il est dans sa nature dé se déguiser, de se contredire, de se replier sur elle*roéme , d'agir par des bruits 'vagues ^ par des allégations d'une vcritication impossible , par des commérages , si le mot est permis^ qui ne pourront nous tromper qu'un jour ou qu'une heure , mais qui auront obtenu le succès qu'on désire, si nous notis laissons irpmper précisément au jour ou à l'heure décisive. *

Tel homme est trop vieux , ses facultés baissent tel autre est trop jeune , ses quarante ans ne lui ont pas donné la maturité requise ; tel n'est pas ^ligible y ses propriétés ou ses droits sont contestés; tel est sur le point d'obtenir une fonction du gouvernement; cdui-ci n'acceptera pas ; celui-là n'a point de chances, et les voix qu'on lui donnerait seraient perdues.

Si le premier était si vieux , si l'âge avait aflaibli son zèle, amorti son courage, on ne redouterait pas tant de le voir élu. C'est parce qu'il est prêt à servir la liberté aujourd'hui comme dans sa jeunesse, qu'on vous le peint hors d'état de la servir.

Si tel autre n'était pas éligible, on ne se donnerait pas tant de peine pour votis détourner de le choisir. Lui-même serait empressé de vous éclairer sur des obstacles qu'il ne peut vaincre. Que lui servirait une fraude iuuiile ? Et quel homme voudrait se déshonorer aux yeux dç la France et de ses concitoyens, en s'^aiiribuant des droits, des qualités ou des propriétés qu'il n'a pas ?

Si un troisième était à la veille d'obtenir de l'auto*

lîtédes faveurs OH des places , on ne travaillerait point à vous empêcher de le nommer. Ne nous recommande-1«* on pas l'élection des fonctionnaires publics comme un moyen de paix et d'union ?

Si l'acceptation d'un quatrième était douteuse, ceux qui le proposent ne l'auraient pas mis sur les rangs. L'on ne vous prédit son refus que parce que son acceptation est certaine*

Enfin y si Jes ' chances d'un cinquième étaient si nulles y on l'abandonnerait à sa nullité. Pourvu qu'il ne soit pas élu y qu'importe à ceux qui le repbu^sent que les voix de quelques électeurs soient perdues ? Leur tendre intérêt pour l'influence de vos suffrages n'a pour but que de vous donner le change, et la crainte d'une majorité vraisemblable accrédite le bruic que l'objet de vos choix ne réunirait qu'une faible minorité.

D'ailleurs y est-ce perdre sa voix que votef suivant sa conscience ? Le devoir n'est-il rien sans le succès ? Une minorité énergique , qui rend hommage au citoyen qu'elle estime y fait du bien y même en ne réussissant pas. Elle avertit l'opinion attentive y mais flottante, qu'il y a une conscience publique : elle avertit les hommes honnêtes /mais dispersés, inconnus l'un à l'autre y qu'il y a un centre autour duquel ils peuvent se rallier.

U y a vingt ans environ que j'écrivais sur le caractère des majorités en France : elles se cherchent au lieu de se déclarer. Leur ambition est pour ainsi dire d^étre précédées j et elles préfèrent adopter au , second rang les mesures qu'elles blâment , plutôt

gue se mettre au p/'emier pour Juitê triompher Cëtleê qu^elles approuvent.

Cette dispoMtioti b fait dans les Ansembl^ei tin mal îijcalculable. Jo tne !»ouviens qu^après une journée alarmante y qui houretisemcnt n'eut pas totiteftlea oon' ncquenced que l'on redoutait ^ un homme de mcenréi fort douces dii^ail naïvement : Nous alloni voter h l'unanimité dea choses enucrahles : en effet il vota cea choses, non pas k l^manimité absolue , mais i% une grande majorité. II se désolait de n'avoir pas été datia la minorité courageuse* D'autres s'en désolaient oom me lui. Mais il avait désespéré de In résistance : il n'avAit pas voulu être seul : il ne voulait pas perdre sa vo\%s

Ceue disposition n'est pas moins nuisible datia \eê élections. J'ai vu dans une assemblée électorale dont j'étais membre, et oii siégeaient quatre cents électcura^ un député qui n'avait pas cinquante partisans, |>rea« qu'unanimement réélu , parce qu'un adroit ami ^ lora du dernier scrutin, alla dans les dillorens bttreatii annoncer que tous les autres l'avaient nommé. Les électeurs de chaque btireau se dirent / nous ne toii« Ions pas perdre notre voiic.

En eiposani ainsi quelques-uns des nombreux, artifices qu'on emploiera peut* être pour tromper lea électeurs , je suis loin de penser que le gotivernem^nt ou le ministère recoure à ces artitices. Mais la basseaae et la servilité tAchent de deviner la puissance, ei ae méprennent sur ses intetilions, parce qti'elles les jtigcmt d'après elles-mcmes. L'on a vu jadis, dans les tribunauiK , des juges coupables , voter la condamnation, de tel ou tel accusé pour satisfaire un voctt qo'ili Mtri*

huaient faussement à Paulomé; et je me souviens que, sous un gouvernement antérieur, des courtisans voulaient repousser un écrivain célèbre de l'académie , parce qu'ils le disaient désagréable à ce gouvernement. De même, dans les élections,, nous verrons se glisser des hommes incapables d'attribuer au pouvoir des idées généreuses. Ils croiront lui plaire et le servir en écartant tout ce qui ne leur semblera pas assez docile , et ils feront de la sorte au gouvernement et à la France uo tort irréparable.

L'intérêt du ministère n'est nullement de nous empêcher de nommer des hommes dont l'attachement a la constitution ne soit pas douteux, et qui la délivrent de tout ce qui lui est contraire. Le désir de ce ministère est conforme a son intérél. Il a préparé la loi sur les électioAs. L'exécution vient d'en être ordonnée. Il prouve ainsi sa confiance, et ces hommes le calomnient qui le peignent défiant, faible, et par faiblesse capable de tromper. Telle est ma conviction : je me suis refusé en conséquence à indiquer , comme on me le conseillait , les précautions à prendre pour nous mettre à l'abri de fraudes matérielles que je rougirais de supposer. Sans doute à d'autres époques de pareils moyens furent mis en usage; mais ces époques sont bien différentes, les assemblées qui vont commencer n'auront, j'en suis sûr, que des scrutateurs consciencieux et des secrétaires fidèles»

J'ai rempli ma tâche : Les électeurs sont responsables des destinées de la France; car sels destinées sont entre leurs mains. Les électeurs sont responsables du mal que feraient leurs députés; car s'ils nomment de mauvais députés , ce sera leur faute. Celui qui au^

raie clu un homme sani iiiiëgriié et sans courage, ré» pondrait moralement des budgets excédés (\uï rlou- Lieraient la mUcie du peuple : car il avait la faculté de nommer des gaidiens (idclcs de la roriiine pulilique. Celui rpii aurait élu un ennemi de la liberté iiidi- \iduelle répondrait moralement à tous les d(*(enus de toutes les détentions arbitraires. Celui cpii atiraii donné son suffrage à un partisan des tnbunaux extraordi* nalresi serait comptable h Dieu et a ba |)atrie de tonte fU'gJigence des formes , de toute erreur « de toute sévérité excessive ou [irécipitée dans les jugemens.

Je nV|ouie cpj'un mot. Ceux - la ne sont pas amb dès révolutions, qui demandent qu*on les délivre de (uiit ce que les révolutions apportent aux |)eu|»lesMe mativais et de funeste. Or, ce sont les révolutions qui introduisent les lois d'exception et de circonsiaiica; ce sont les orages révolutionnaires qui bvrent k la merci des dépositaires du pouvoir la liberté indivU duclle , qtii étoufient la liberté de la presse , qui suppriment ou abrègent les formes tutélaires. Les indopendans , qui veulent rendre inviolables la lil>erté individuelle, celle de la prébse, les lenteurs sages de la justice , ne sont donc point amis des révolutions. Ceux-là ne sont point ennemis des gouvet uemens, qui tentent dWranchir les gouvernemens du joug des traditions révolutionnaires, qui sont la perte dei» gouvernemens. Les indépendansi qui veulent rendre au gouvernement ce service, et l'appuyer sur la liberté , sur les principes, sur la sécurité , et par*là même sur l'amour de tous , ne sont point ennemis du gouvernement. Ils sont ses meilleurs amis ^ ses seuls amta sage».

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