‹ Collection des ouvrages sur le gouvernement représentatif et la constitution actuelle de la (volume 2)Chapitre 6 sur 53 · AUX ATTAQUES · texte numérisé non relu

AUX ATTAQUES

Dirigées contre lui durant les Elections (i).

Jusqu'à PRisEWT j'ai parlé de moi le rooias qu'il m'a été possible. Je n'avais que moi seul ^ défendre. Honoré aujourd'hui des suffrages de près dé irois mille citoyens^ je leur dois de prouver que je n'en ^i3 pas indigne. Me calomnier maintenant ^ c'est dire à l'Eu-* rope que près de trois mille habitans de iParis , tous de cette classe où résident la raison , l'industrie ^ la richesse ei la force nationale , sont assez aveugles ou dsseE coupables pour choisir un factieux pour représentant. C'est insulter leur moralité et leurs lumières. Je vais donc répondre. Je serai court : le temps nous presse. Je serai modéré , parce que la modération est

(i) Cette réponse tne fut , p9ur aiosî dire, arrachée par une suite de libelles auxc^uels les électeurs qui m^ayaient honoré de leur TDÎx me pressaient de répondre. Gomsie ces mêmes électeurs mWt accordé de nouveau leurs suffrages Tannée suivante, et comme les libelles réfutés ont été reproduits , j^ai consigné ici nia réponse ; elle pourra servir encore , parce qu^il paiait que les ^lojens des agens du pouvoir^, quelques noms qu''ils portent , sont les mêmes dans tous les temps.

mon caractère^ et quHl y a dVilleurs un degr^ de mépris qui inspire du calme.

On a répondu qno j'étais étranger. Je suis Français, (ils d'un Français protestant, rentré en Franoe U y a TÎngt-six ans , comme des milliers de protestaos dont riniohirance avait frappé les familles , et qu'une loi positive a rappelés. J'ai produit mes litres alora; jamaU leur validité n'a été contestée par les autorités cooipétentes. Le gouvernement les a reconnus, par cela même qu'il m'a inscrit sur la li&ie ofTicielle des électeurs , des éligibles et dus candidats ayant obtenu des voix : ou bien croit - on que c'est par faveur qu'il m'ait compris sur ces listes ? Il faut donc que mes adversaires changent de moyen d'attaque. Il en est qu'ils ont employé avec succès en i8i5, contre les protestans, à Nibrnes et ailleurs. Les antres sont inutiles. Us peuvent tout* sinon faire que je ne sois pas Français*

L'on a voulu rattacher mon nom à des époques funestes. On n'en citera pas une, depuis vingt-cinq ans, où je n'aie recommandé la modération et la j usitée.

On m'a reproché les fonctions que j'ai occufiëes après le 20 mars« Chose étrange ! Les journaux qui m'imputent ces fonctions à crimes , sont sous l'empire d'un ministère dont deux membres au moins, et trois, si je ne me trompe , ont occupé, k la mémm époque , des fonctions plus éminentes qu'ik n'ont déposées qu'après la journée de Waterloo.

On m'a déhigné comme l'auteur de Tacie additionnel ; j'y ai concouru , je l'avoue sans peine , pour y insérer l'article sur là liberté de la presse^ sur les jurés^sur le nombre de la représentation nationale, et bUT la limitaûon des tribunaux militaires*

Je cherche si j'ai encore quelque accusation htré" luter. Je ne trouve aucun fait dans les invectives dictées contre moi. Ce n'est pourtant pas l'eavie qui manque k ces libellistes. S'ils ne disent rien , c'est qu'ils n'ont rien à dire , et que ma vie entière n'offre aucune prise à la fureur grossière qui les anime contre quiconque parle pour la justice et réclame -pour la liberté.

Aussi TopinioD ne prend pas le cliange. En dépit de leurs tentatives, elle persiste à porter un homme sans clientelle, sans alentours, sans pouvoir ^ sans autre force que quelques principes qui sont dans tontes les âmes et qu^l n'a eu que le mérite de pro* clamer. Trente articles de journaux sont commandés ^ trente libelles me déchirent, et trois mille électeurs répondent parleurs suffrages.

Cest que ces électeurs veulent le bien , c'est, qu'ils adoptent ce qui est juste; c'est que leur esprit est éclaire , parce que leurs intentions sont pures. Les individus ne sont rien pour eux; les principes sont tout j et le nom propre de chaque Candidat n'est autre chose qu'une déclaration de principe , faite librement par la Nation.

Quand ils portèrent avant hier M. Lafitte, c'était dire : Un Ministre ne doilpas bouleverser les finances ^ eo excédant son budjet.

Quand ils portent aujourd'hui M. Casimir Perrier ^ c'est dire : La garde de la France appartient à des Français.

Quand ils portent M. deLafajette^ ils disent: Nous adoptons les principes de 1 789 et nous détestons les excès de 1 7g3,

Page 1