‹ Collection GalliaChapitre 15 sur 70 · A NINON · texte numérisé non relu

A NINON

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,

Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

L'amour, vous le savez, cause une peine extrême,

C’est un mal sans pitié que vous plaignez vousmême ;

Peut-être cependant que vous m’en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence Cachent de longs tourments et des vœux insensés: Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance

Se plaît, comme une fée, à deviner d’avance ; Vous me répondriez peut-être: Je le sais.

Si je vous le disais, qu’une douce folie À fait de moi votre ombre et m'attache à vos pas: Un petit air de doute et de mélancolie,

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