‹ Collection GalliaChapitre 43 sur 70 · PAROLES FAITES SUR LA MUSIQUE DE MOZART · texte numérisé non relu

PAROLES FAITES SUR LA MUSIQUE DE MOZART

RAPPELLE-TOI, quand l’Aurore craintive Ouvre au Soleil son palais enchanté; Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive Passe en rêvant sous son voile argenté; A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite, Aux doux songes du soir lorsque l’ombre t'invite, Écoute au fond des bois Murmurer une voix:

Rappelle-toi.

Rappelle-toi, lorsque les destinées M'’auront de toi pour jamais séparé, Quand le chagrin, l’exil et les années Auront flétri ce cœur désespéré; Songe à mon triste amour, songe à l’adieu suprême! L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime Tant que mon cœur battra, Toujours il te dira:

Rappelle-toi.

Rappelle-toi, quand sous la froide terre Mon cœur brisé pour toujours dormira ; Rappelle-toi, quand la fleur solitaire Sur mon tombeau doucement s'ouvrira, Tu ne me verras plus; mais mon âme immortelle Reviendra près de toi comme une sœur fidèle.

Écoute, dans la nuit, Une voix qui gémit:

Rappelle-toi.

RONDEAU

FuT-IL jamais douceur de cœur pareille

A voir Manon dans mes bras sommeiller ?

Son front coquet parfume l’oreiller ;

Dans son beau sein j'entends son cœur qui veille. Un songe passe, et s’en vient l’égayer.

Ainsi s'endort une fleur d’églantier,

Dans son calice enfermant une abeille;

Moi, je la berce; un plus charmant métier Fut-il jamais ?

Mais le jour vient, et l’Aurore vermeille Effeuille au vent son bouquet printanier.

Le peigne en main et la perle à l'oreille, A son miroir Manon court m'oublier.

Hélas! l’amour sans lendemain ni veille Fut-il jamais ?

A MADAME çG.

SONNET

C'EST mon avis qu’en route on s'expose à la pluie, Au vent, à la poussière, et qu’on peut, le matin, S'éveiller chiffonnée avec un mauvais teint,

Et qu’à la longue, en poste, un tête-à-tête ennuie.

C'est mon avis qu’au monde il n’est pire folie Que d’embarquer l'amour pour un pays lointain.

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