‹ Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre. Tome premier, archives de la Mairie de Londres, du Duché de Lancastre, de la Bibliothèque des Avocats et première partie de L'ÉchiquierChapitre 328 sur 331 · CCCLXXV. 38 mai · texte numérisé non relu

CCCLXXV. 38 mai

Enregistrement de la restitution faite aux trésoriers d'Angleterre, par William Talbot et autres chevaliers, des joyaux et bijoux qui leur avaient été donnés en nantissement pour le payement de leurs gages en France.

Archives de l'Échiquier ; Kalendars, t. II, p. 127 à 150.

CCCLXXVI. 5 septembre 1428.

Lettre du comte de Salisbury à la commune de Londres , sur les conquêtes des Anglais ; la prise de quarante villes, etc.

Archive* de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 84 ".

A lettre fro the erle of Salisbury, to the raair and aldermen of the cite of London.

Right trnsty and entierly welbeloved frendes, we grete yow hertely wel, and forasmuche as we trust fully that ye désire to hère of the good tydinges of that which vareth wel to oore sovereing lord, in the conqnest of his enemys hère in this lande, we do yow to witte that the vare and spede seth our last comyng into this lande hath be so good , that i am ever behold to thanke God , besechyng hym to continue hit for his mercye. And after the wynnyng of many diverse tonnes, castells and (forteresses, we laied siège afor this tonne of Yenville , and after diversez aprochemenes made therto , as was on sonnday sevenyght , wbich was the xix day of August , we gâte the sayd tonne of Yenville be the most notable assault that ever we

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sawe , and sechen the castell was yolden unto oure grâce , and many other tonnes, castells, and stronge cburcbes, god hath sent hem in to tbobbeissannce of our sovereing lord, blessed most God be; somme yolden to oure grâce, somme to our wil, somme wonne be assault, and somme other wyse, the nombre of whiche is more tban xl; and so, thanked be God, ther comyth in dayly places to thobbeissannce, to the recovering of which we thenke to do al diligence, as we be hold, without sparyng of labour or pein ; and for oure gret and singuler cornfort, we pray yow oft tymes to signifie us be wrytting of youre welfare, and that we may fynd your faveur and ffrendsbipe in aile thinges that we haveor shal hâve to done in oure absence, and so to continue your good frendship, like as hit liked yow to do what tyuie we were ther présent, ffor which we thauke yow and hold us muche behold to do for yow, what we can or may, to which we wol ever be redy with al our power, and the holie trinite hâve yow always in his blessed keping.

Writen at Yenville, the v day of septembre.

Therle of Salisbury and of Perche.

Item, we do yow to wite, that seth the wryting ofthit we hâve had tydinges frome our brother, sire Richard Hankeford , whome we and sent to ride afore the toune and castel of Meun sur Leyre, that, ble>sed be God, he hath do so good diligence that the hath goten the saîd tonne, castel and peuple yolden to thobbeissannce of oure soverein lord, which toune and castell bene ryght notable and hugely fourneshed of peuple, and vitaille ynoughe , blessed be god, for aile the kyngis puissannce hère a good while, and to the sayd toune is a faire brigge overe the gret river of Leyre, which ys bot v. leges oute of the cite of Orliens.

To oure righ trusty and welbeloved frendes the maire and aldermen of the cite of London (1).

(1) A la suite de cette lettre se trouve la liste des quarante villes ou châteaux dont les Anglais se sont emparés : Nogent le Roy. Sacha Noef, Monnteney le Gavoron, Mono, Laffarte, Veemille, Seint Simond, Porchères, Lareyneville, Macheville, Patoye, Envile, Euvyle, La pesé tt, Towdy, Bas<eosse la Galarand, Praperye, Harteney, Seint Ely, Emondville, Introville, Roveray, Seint Denys, Aleyit, Rochefort, Brutecourt, Lamote de Mercoye, Anngelvile la Gâte, Etre tille (Neville?), Saintelyon, Teverne, Terroenerys, Sowche, Nowy (Nolby?,, Cratelyne, Cranys, Crangrevile, Mansuflera. Yenville et Meun sur Loire forment les quarante.

CCCLXXVIL ,j ^^ 14Jg

Réponse de la commune de Londres à la lettre du 5 septembre du comte de Salisbury.

Archives de la mairie de Londres; reg. K, fol. 54 T°.

Answer to the% said lettre.

Right worshipful and right mighti lord, we recomannde us to your gret lordship and noble grâce in as humble maner as we can or ought, thankyng it fro the deppest of our hertis of the gentille lettres writen at Yenville , the V. day of septembre last , that ye liked tosende us be your herauld..., which lettres, after the resceit of hem whith dhue reverence , and after that the* were publisshed and redde to-fore the comunes of this cite, putte us ail in singler comfort and joie, because of the fervent and spécial désir we hadde afore to hère comfortable tidynges of your good spede and welfare; and mekely we thanke our lord of heven for the gret and gracieux oevre that it liked hym to sende you oT his mercy so soue after your ffirst comyng at this tyme into the parties, as youre seid lettres make noble

mention, besechyng hym of his infinit pite continue and encrese it, to his plesannce. Right worshipful and ryght myghty lord, of that it liketh youre high lordship so favorably to wryte and désire in your seyd lettres to hère and Icnow of oure welfare, and offre lis your good lordship in tyme coinyng, plcse it yow to wite, that the sayd cite is in gret pees, tranquillité and good accorde, and we that are the simple gouvernours therof in good hele and disposition of onr personnes , blessed be God ; and because we perceyve wel that this désire and ofire procedeth of your gret gentilesse and good grâce, and not of our merit ne désert, so that it excedeth, incomparablich oure puissannce to recompense it be thankinges or ought elles, therefore we pray to god, that is almyghti to acquite and guerdone it in stede of us; but we and suche service as we can do , though it be simple or mené of value , shal ever be dressed and apparailled to your plaisirs, whiles we iive, God knoweth, which of his endles grâce kepe and préserve your noble lordship in aile the actes of knyghthode, to his plesannche.

Wryten ac London , the xn day of octobre.

To the right worshipful and ryghty myghty lord thcrle of Salisbury and of Perche.

Youre humble servanntz the mair and aldermen of the cite of London. .

CCCLXXYIII. 18 ftyner 1429.

Lettres patentes de Henri VI en faveur des marchands anglais qui fréquentent le port de Rayonne.

Archives de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 61. Rymer, t. X, p. 411.

CCCLXXIX. 7 août 1419.

Lettres de défi du duc de Bedford à Charles de Valois , qui se fait appeler roi de France.

ArehâTesde la mairie de Londres; reg. K, fol. 68. Monstrelêt, Uv. 2, chap. ixv, etc.

CCGLXXX. Mars? 1431.

Complainte de la ville de Paris.

Archives de la mairie de Londres; reg. K, fol. 103.

Jeo suis Parys qui ne faiz que languir Loing de secours, en douleur et martire ; Loups ravissans me viennent assaillir De jour etnuyt, qui me veulent occire.

Jeo pers mes gens, mon mal toujours empire ; El si, ne trevi qui me donne confort.

Long temps desja que le duc de Bethffordz S'en est aile pour moy, en Angleterre , Devers «on Roy et le mien, secours querre , Qui pas ne vient, dont je perds espérance : Seigneurs Angloiz, renvoiea-le bon erre, Ou vous' perdrez Paris et "toute France.

Tant que j'ay pue , j'ay gardé de faillir : Force u'est droit; il doit assez soufûre. Se me f aillez, il me fault défaillir i Contre mon gré, je n'y puis contredire ;

De ma douleur, devez estre mon mire ; Car notre Roy, est trop jeune et peu fort D'aage et de seinz : pour ce chiet le droit fort (Sur?) vous seigneurs. De droit vous puis requerre Ses ennemys pourrez tantost conquerre Et me sauver, genz, aver et chevance ; Secourrez moy et faitez bonne guerre , Ou vous perdrez Paris et toute France.

Mes bons bourgois n'ofeent plus hors saillir, Car les faulx loups les prennent tire a tire : Mort, guerre et paour, me font tout tressaillir, Et povrete m'assault, pour desconfort Roys, ducs, princes de France et de l'empire, Jadiz firent avec moiz leur déport :

De tous pays me rcvenoit l'apport :

Marchandise m'anvoioit toute terre ; J'avoye argent autant que j'ay de fuerre; Mais, fortune ma virer ma chance , Mettez moy hors de celle dure serre , Ou vous perdrez Paris et toute France.

Princes, ennemis font partout leur effort En Espaigne, Gascongne et Pierregort :

Trésors, joyaulx et preoieuse pierre , Es esglises prennent ly mauvaiz lerre; Maiz ilsfaignent vouloir paix sans doubtance Gardez vous bien du faulx tour de losquierre, Ou vous perdrez Paris et toute France.

CCCLXXXI. j décembre 1431.

Relation de l'entrée solennelle de Henri VI à Paris.

Archives de la mairie de Londres* reg. K, fol. 101 ro.

L'an de grâce mil iiiic xxxi le dimenche deuxiesme jour du mois de décembre , primer jour de l'advent, vint et fist son entre en la ville de Paris, Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et d'Angleterre, filz de feu Henry, jadiz roy d'Angleterre, en son vivant héritier et régent de France* et de Katherine fille de feu Charles de Valois , en son vivant roi de France, vxe de ce nom,, aagie icelui Henry de dix anz cinq jours moins, accompaigne de monseignour le cardipal d'Angleterre, inonseignour l'evesque de Therouenne, chancelier de

France, des evesques de Beauvais, de Noyon, d'Evreux et d'autres prelas de saint Esglise en grant nombre et de très haulx et excellens princes le duc de Bedford son oncle, le duc de York, les contes de Warvich, de Straffbrds, de Salisbury, de Mortaintz, d'Arondel et de plusieurs autres seignurs tant du pais de France comme d'Angleterre.

Le dit jour, a heure de xi heurs devant midi, se party le dit Roy de la ville de Saint Denis en France et en venant vers icelle bonne ville rencontra l'evesque de Paris qui lui estoit aie au devant. Et estoit le dit Roy, monte sur une hacquene blanche, vestu d'une robe de drap d'or azur et un chapperon de drap noir, ouquel avoit un fermail au bout de la cornette et avoit icelui seigneur une espee courte et aussi estoit house et devant lui chevauchoient, heraulx, truppeites et clarins a moult grant nombre, et aussi y avoit quatre escuiers dont les deux portoient ses manteaux et chappeaulx et le tiers une espee et le quart son tymbre couronne, et auprès de lui chevauchoient les prelas et princes dessusditz, et après lui avoit grant nombre de chevaliers, escuiers et gens d'armes.

Et environ l'eure de xii heures, entra le dit seignur en la chapelle Saint Denis et la estoient venus audevant de lui les prevost des marchans , eschevins et bourgois de la ditte ville de Paris et estoient vestus , c'est assavoir, lesdiz prevost, eschevins et clerc de la ville de satin cremoisi et chapperons d'azur et les bourgois de robes d'escarlatte et chapperons d'azur, et la, firent la révérence audit seigneur et il les receust benignement

A l'issue de la ditte chapelle, estoit venu audevant de lui, le prevost de Paris, en sa cornpaigne le collège de Chastellet, c'est assavoir, lieuxtenant, advocas et procureurs du Roy, examinateurs advocas et procureurs, notaires, sergens a cheval et sergens a verge , ov belle ordonnance, tous vestus de robes d'azur et chapperons d'escarlate, et la , lui firent la reverrence et il les receust comme dessus.

Et tantost après an deçà de la dicte chappelle, en approchant la dicte bonne ville de Paris, vint audevant du dit seigneur, une déesse nommée Fima (Fama ?) moult richement aournee, monte sur une coursier, couvert des armes de la dicte viile de Paris : c'est assavoir, de champ de guelles a chief de France et une nef d'argent envoille. Et estoit icelle déesse acompaignee de personnages représentai les anciens ix preux et ix preuses dont les noms s'ensuivent

Preux. Preum.

Hector de Troyes. La royne Penthasiilée.

Le roy Alexandre. La preuse Deiphille.

Le vaillant Josué. La royne Synope.

Le roy David. La vieille Semiramis de Babilone.

Julius César. La belle Menalippe.

Judas Macabeus. La sage Ypolite.

Le roy Gharlemaigne. La royne Lampheto.

Le roy Artus. La vierge Thenca.

Goddeffroy de Billon. La royne Thamaris.

Jceulx preux et preuses tous armes et montes sur coursiers, tous couvers de fins bougrans batus d'or et d'argent aux armes que les dessusdiz portoient en leurs plaines vies et audevant dicelle déesse et preux, chevauchoit un herault vestu de robe vermeille et chapperon d'azur et pardessus une tunique des armes de la dite ville de Paris, lequel menoit et conduisoit le dit

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mÎ9tere. Et si tost qu'il apperceust le dist Roy, mist pee a terre et lui fist la révérence par troiz fou, et ce fait lui présenta icelle déesse et preux en disant ce qui s'ensuit :

Les preux jadiz et renommée, Tendoient qui est figure Ci en dame et vous représente Paris, qui de tout s'entente, Sire, vous reçoit humblement , Gardez la amoureusement Car celé ville ainsi famée, Est digne d'estre bien gouverne.

Et ce dit, icelui herault se leva et s'en vint avec la dicte déesse et preux et chevauchans devant le dit seigneur et venans en la dicte ville de Paris, en très belle ordonnance et en ce point chevauchèrent tout le dit jour audevant du dit seigneur, jusques an l'ostel des Tournelles ou il alla gésir.

Et entre la dite chappelle et la moulin a vent, estaient venus audevant du dit seigneur, les seigneurs des comptes, les trésoriers, les generaulx maistres des monnoies, tous vestus de robe et chapperons de drap violet et la firent la révérence au dit seigneur et il les receust comme dessus.

Apres, en venant vers le dit molin a vent, estoient les seigneurs des requestes, notaires et secrétaires, tous vestus de robes et chapperons d'escarlatte vermeille, et la firent la reverrence audit seigneur et il les receust comme dessus.

Et en après diceulx estoient les proesidens, seigneurs, huissiers, advocas et procureurs de parlement vestus cest assavoir, le premier président en habit royal et le premier huissier devant lui aiant son bonned fourre et estoient les seigneurs clercs vestus de robes et chapperons d'azur et tous les autres vestus de robes et chapperons d'escarlatte vermeille, et la firent au dit seigneur reverrence et il les receust comme dessus.

Et après ce tout, les dessusdiz vindrent et retournèrent en la dite ville tous pardevant le dit seigneur, tous par ordre en belle ordonnance.

Et en la bastide Saint Denis , audessus du pont leveiz dicelle , avoit un grand esca des armes de la dicte ville contenant tout le front de la maçonnerie dicelle, ouquel escu, comme il appartient, avoit une nef d'argent envoillés, laquelle estoit si grande ipie en icelle avoit xii personnages en trois estas, distingans ses estas de la dicte ville, lesqueles personnages tenoient et presentoient au dit Roy trois cuers , lesquelz a la vue dicelui , se ouvrirent et de l'un diceulx yssy deux coulons blans, de l'autre oyseles volans et de l'autre fleurs violettes et verdurez odorans, en signe que les cuers des estas dicelle ville se ouvrirent de joye, de la venue de leur prince et seigneur, et dessoubz icelui escu estoit escript en un tableau en bien grosse lettre ce qui sensuit :

Les estas de ceste cite, Vous offeront d'un contentement Leurs cuers, par vray humilité :

Recevez les benignement

Et quant le dit Roy od bien veu et regardé ce que dit est , il entra dedens la bonne ville de Paris.

Et quant te dît Roy fu entre en la dite ville et il fu passe la dicte bastide» lesdiz et clerc d'iceUe ville portèrent un ciel par dessus le dit Roy, fait de moult riche drap d'or azuré a pantes de satin et a fleurs de liz d'or et le double du dit ciel estoit de cendal azuré, ouquel avoit une lune et un s< leil d'or semé d'estoilles d'or ; lequel ciel fu porté, tant par lez dessusdiz, comme par plusieurs autres bourgois de la ditte ville, par plusieurs intercales, tout parmi icelle ville, jusqucs audit bosiiel des Tournelles, auquel lieu les sergens d'armes du Roy prindrent icelui ciel comme a eulx appartenant a cause de leurs offices et le portèrent et donnèrent a l'esglise Saint Katherine du val des escoliers dont les rois de France et les sergens d'armes anciennement furent fonndeurs.

Et au ponceau Saint Denis, avoit sur et autour de la fontaine, un tabernacle a six pans moult richement fait tout huusse d'azur et de fleurs de liz d'or, et dessus icelui avoit un bois planté ouquel avoit hommes et femme* sauvages jouans des escus très gentilment, et dedens le bacin d'iceile fontaine, avoit trois seraines moult belles et gettoit icelle fontaine, parmi un liz, vin , ypocras et eaue a tousvenans.

Et a l'endroit de la Trinile, avoit escarfaulx moult richement aornez, es qodkex, estaient figures de personnaiges vifs, les ystoires desmonsirans la nativité de notre (sr.) Jeshas Crist ; lesqueles personnes aucunement ne se mouvoient et apparoient estre ymages et estoient bien huit vins personnaiges.

Et a l'ancienne porte Saint Denis, y avoit un escarfault a revers, moult richement tendu de tappisserie sur lequel estoient pareillement personnaiges vifs, remonstrans par contenance et sans mouvoir trois histoires de saint Denis; c'est assavoir comment il prescha la foy en France : comment il fut mené devant le prevost Livius, qui le fist martirisier, et l'autre comment lui estant en la chartre n*. sr. Jhesu Ciist le visita et lui bailh son précieux corps, et dessus a l'endroit de chacun histoire, estoit escript en bien grosse lettre en labl+aux ce qui s'ensuit :

Pour notre foy multiplier Vint saint Denis de Grèce en France, En preschant, la voult publier, Gomment : vecy la desiuontrance.

, Gomme bon champion et ferme Monstrant la foy au fier prevost Peesc (sic) a mourir, sans jour, sans terme , Ii'apostre francois très devost

Puisquil est presebie et escript , Moult de la foy sans mesprison Pour loier le ca Jusjhu Christ La peust de son corps, en prison.

Se les rois francois sont appeliez Pour le foy garder très cristtens Défendez la vous je me (jeune?) roy Goinme ont fait les roys anciennes (anciens).

Et partout la grant rue Saint Dénia, estaient devant les esgHses, les gens et seigneurs dicelles esglises tous revestus aiant la croix et eaue benoiste et tenant chascun en leurs mains, un reliquaire, et en y avoit si grant nombre que cestoit moult belle chose a voir, et a l'endroit de l'église du Sépulcre , estoient les .seigneurs de la dite église , tous revestus qui avoient apperte les bras de monsieur Saint George a la porte dicelle église, et a l'endroit dicelle église au trevars d'icelle rue, estoit tendu un ciel de drap d'or frangie qui contenoit bien x toises et la feu ledit bras Saint George baille a basîer au dit seigneur qui le baisa moult humblement

Et a la fontaine Saint Innocent, avoit un bois planté, onquel avoit veneurs et chiens de chasse, et quant le dit Roy fut a l'endroit, commencèrent a corner et chiens a glatir et alors sailly un serf du bois hors, tout courant, au traviers de la rue, devant le dit Roy et les chiens après, et puis s'en retourna oudit bois et la tat prins.

A rencontre du Ghastellet de Paris, avoit haulx escarfaulx, moult richement aornez et tenduz de moult riche tapisserie, et la estoil un enfant, représentant la personne du Roy assiz en un faudestuer et derrier et audessus de lui avoit un ciel et dossier de satin armoye des armes de France et d'Angleterre et aux deux costes de lui avoit deux escus, l'un a destre, de France, et l'autre, a senestre, d'Angleterre, Et dessus lui, deux couronnes en air, et audit costé destre, estoit représente par ûgure, monseigneur le duc de Bourgogne, les contes de Neverset de Rhetel, frères, l'evesque de Therouenne chancelier de France, messire Johan de Luxembeurg et plusieurs autres seigneurs notables, en nombre compétent, selon la place, tous armez et couvers de leurs cotes d'armes et tous par contenance, tendoient a soustenir l'escu et couronne de France, et de l'autre coste , estoient représentez par figure , monseigneur le duc de Bedford, monseigneur le cardinal, monseigneur le duc de York, les contes de Warwich, de Staflbrd, de Salisbury, de Mortaing et plusieurs autres seigneurs notables, en nombre compétent selon la place, tous armez et vestus de leurs cotes d'armes, et tous par contenance tenaient a soustenir lesdiz deux escus couronnez.

Et en un autre escarfault, un peu plus bas que le dessusdit escarfault, lequel estoit moult richement tendu de tapisserie , estoit représente par figure , le nrevost de Paris, tenant un escript en sa main et le présentât au dit Roy par manere de reqneste, et de l'antre main monstroit œulx qui après lui estoient en grant nombre représentai» les estas du collège d» dit Chastellet, et après icenlx estoient autres gens en grant nombre, représentais les preveefc des marchands , eschevhis , bourgois, laboureurs, gras de mestiers et babitans d'icelle ville, tous aians leur regard aadit Roy, son honneur et prouffit , et si estoient tous icenlx personnages, sans mouvoir, samblans estre ymages, et au dessoubz et a l'endroit d un chacun» ystoire, estoit escript en grosse lettre, ce qui s'ensuit :

Vous ( vos? ) vraes subgiez francois

Vous ont la couronne gardée,

Et au plaisir du roy des royes ,

Vous sera par eulx conserve.

Et semblablemenl les Angloiz ,

Garderont aussi sa compaigne ;

Dira vous doiut, si garder les droix

Des deux, que bien nous en aviongne (avoigne? ).

Nous, qui exersons la justice, Vous prions qu'elle soit garde , Ce vous sera chose propice ; Par elle, ont royaumes durée.

Le peuple de toute sa puissance , A moult peine d'entretenir La ville en votre obéissance ; Si, vous en vueills souvenir.

Et a Pantree du grant pont présentèrent les bouchers de la dite ville, une serf tout vif, comme de huit cors , vestu et couvert des armez de France et d'Angleterre, et le menèrent depuis la jusques a l'ostel des Tournelles,

Et a la porte du palais estaient les trésoriers, chanoines de la Sainte Chapelle du dit lieu, tous revestus, a la croix et eaue benoiste et tenoient plusieurs saintes reliques. Et avec eulx estoit notre mère l'université de Paris et sez suppostz , tous vestns des habiz appartenais aux facultez d'icelle université, et la ledit Roy, prelas et princes dessusdiz entrèrent a pie oudit palais et montèrent en la Sainte Ghappelle et la baisèrent la vraie croix et les saintes reliques. Et de la, ala le dit Roy, parmi la cite, pardessus le pont notre Dame en la vieille Tixeranderie, en la quele rue Reue , devant l'ostel des dames de Saint Antoine, avoit une petit chastel d'or. Et ou milieu d'icelui, un tour et dessus icelle un paon qui fasoit la roe et moult gentement se tournoit. Et dessoubz estoit escript en latin : Filie Syon exultent in Regesuo, laudent nomenejus, et en francois ce qui s'ensuit :

Les dames de religion , Comme les filles de Syon , Se rejouissent pour leur roy, Qui est venu en noble arroy .

Et delà, ledit Roy chevaucha juxques a la porte Baudoier. Et a l'endroit de la rue de Jouy, rencontra la devantdicte déesse et les preux , qui avoient este jusques oudit hostel des Tournelles, lesquelz estoient rengiez en moult belle ordonnance. Et la firent veuz par le dit Roy et* sa compaignie mieulx qu'ilz n'avoient le dit jour este. Et delà, chevaucha jusques au dit hostel des Tournelles, ouquel il feu receu moult honorablement par madame Anne de Bourgoingne , duchesse de Bedford , accompaignee de grant quantité de dames et de damoiselles.

Et estoient ce dit jour, toutes les rues par ou le dit Roy passa, tendues et parées de moult riches tappisseries en plusieurs lieux et la plus grant partie, tendues à ciel, et avoit en icelles rues pour icelui jour tant de peuple que apeine se povoit on contourner.

CCCLXXXII. 50 février 1435.

Relation de l'entrée de Henri VI à Londres.

Archives de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 113 ".

Inter cetera que nobilis illa civitas Londoniensis ordinavit pro gaudio reventus suppremi domini sui régis Henrici sexti, qui nuper hereditario jure abiit in regionem longinquam accipere sibi regnum Ffrancie et reverti taliter est provisum :

XVe SIÈCLE. 245

Mémorandum quod die jovis vicesimo ffebruarii, anno regni dicti domini régis Henrici sexti, decimo, postquain robusta ventorum austeritas et pluviarum copie per dies aliquos prohabite cessavissent, solque refulserit in clipeos aureos et leticia magna fait in populo civitatis per gaudio ejusdem domini régis qui prefati regni sui Ffrancie nuper accepta corona et sceptro potitus ejusdem cum sospitate corporea pacifice remeavit in regnum suum Anglie et illa die dictam civitatem Londoniensem presencia sua magnifica disposuit honorare. Major et vigititi quatuor seniores sive senatores, nec non vicecomites et plures quam duodecim milia civium et encolarum ejusdem deccnter ornati cum famulia multa nimis précédente de înodulatoribus sive ministrallis ac servientibus et ministris civitatis clavas argenti deauratas, armis ejusdem insculptas defcrentibus, circa horam octavam ipsius diei ascendunt equos et exierunt obviain cidem domino régi adusque quendam locum vocatum Blakebeth per quatuor niiliaria distante ab urbe, ubi tota civitas super montem posita et in duas partes ordinatissime parata resplenduit et viam intermediam exhibebat

Major namque in velveto de crimismo electissimo et senatus aldermanorum in scarletô finissimo cum furruris egregiis , totusque populus in togis albissimis et capuciis rubeis vestiti fuerunt; singule tamen mistere per se cum divertis signis et inbrondacionibus de serico et aliis notulis sumptuosis artis suas exprimentibus eleganter sunt distincti.

Gumque per modicum spacium pausasscnt et expectassent ibidem, dictus illustrissimus Rex venit a manerio suo de Eltham versus civitatem antedictam cum ingenti multitudine ducum, comitum, baronum, procerum, magnatum ac militum et armigerorum se sircumdantium, quem , cum iidera maior, senatus et populus aspexissent a longe venientem emittentes per gaudio lacrimas in maxillis et induentes iidem major et seuiores habitus suos coosuctos, scilicet arunlansos de scarletô purissimo ditissime pennlatas accesserunt eidem et humiliatione facta que decuit optulerunt sibi se et sua voiivos quoque leticie jubilos quos babuerunt de reventu suo, sibi per os dîcti majoris anglice retulerunt in hec verba : ■ Soveraigne lord as wel corne » be ye to your noble roialme of Englond and in especial unto your notable cite London other » wise called your chambre as en (ever) was cristen prince to place or people and of the » good and gracioux achevyng of your coronne of Ffrannce , we thanke hertlich our lord » almyghty which of his endles mercy sende you grâce in joye and prospérité on us and » ail your other people long for to règne. »

Quo facto ab ipso domino rege gratiosissime et benignissime sunt accepti.

Et post hec idem dominus rex per médium illorum equitabat usque villa de Depford, ubi processionaliter occurerunt ei primo circiter centum et viginti rectores et curati civitatis, capis ditissimis et quingenti capellani seculares suppelliciis mundissimis induti, deinde totidem monachi, canonici, fratres et alii regulares concionatim stantes cum crucibus, cereis et thurribulis suis thurificantes eum et de jocundo adventu suo laudantes dominum et pro statu suo prospero devotissime deprecantes, psallentes et dicentes diversas antiphonas cum versiculis et orationibus consuetis.

Et deinde cquitando per médium burgi de Suthwerk pervenit ad exteriorem fenem civitatis prope pontem ubi parabatur machina, satis pulcrae, in cujus medio stabat gigas mire magnitudinis , vibrana et extendens gladium in hosies régie magestatîs , bac proinde scriptura cîrcumcinctus : Innimicos ejus induam confusione. Ex ulroque quidem latere ipsius gigantis in eadem pagina (machina) erigebantur duo animalia vocata : Antelop$ que regnorum Anglie et Ffrancie arma vexillatim fulgentia patule supportabant

Super ipsum vero pontem speciosa fabrica splendoris eximii relucebat, in qua très impera-

2&6 XTe SIÈCLE.

triées et domine mirabili splendore ehoruscantes : Natura suple (sic) Gratta et Ffcrtmnaconsedebant et assurgentes in adventnm régis, ipsum pretereuntem sois bonis bettis miuierabant : Natura scilicet, fortitudme et décore; Gracia, sapientia et intellectu; Fortnna, divitiis et honoribus, habentes illuddavidicum pedibus suis antescriptum : Intende, prospère, procède, et régna. Quasi dicereot : Intende prospère per fortunam ; procède longene per naturam et régna virtuose per gratiam. À dextro latere dicte (Fabrice stabant septem deiûce virtutes in puellarîbus effigiebus, ooronis aureis dedicate et solis in ante jubaribus, super femora blodia cclestina, que, cum exploraverant dominum regem venientem exibant obviam ei ad exteriora palacti sui septem dona Sancti Spiritus per emissionem septem albanam cotambarum sibi figurabilHer exbibentes et dîcentes per rescriptum : Impleat te Dominus spiritu sapiencie et intellectus, spiritu consilii et forlitudinis , spiritu scieneie et pietatis et spiritu titnoris Domini. A siuistro quoque latere septem alie virgines lacteis liliate vestitibus et stellatis corporibus elucentes , septem insignia regalia rotulo pedibus eorum taliter subscripto recitata presentabant : Âcripe coronam glorie, sceptrum clemencie, gladium justicie, pallium prudencie, scutum fideiy galeam salut U et vin culum paris. Et ex tune omnes virgines ille quasi simul de prosperoso adventu domini régis exultantes animis plaudentes manibus et jubilantes tripudiis régi nostro psalle bant sapienter novum canticum sive carmen in hec verba :

Souveraigne lord , to your cite

With aile venerence welcome ye be

Thanked be god of bis goodnesse

Tbat you hath kept from hevynesse } London your Chambre for to se.

And brought you ayen wt gladnesse

Thanked be ye wl aile lowenes

That nought wolde spare youre tendrenesjr To worship your London in eche degré.

Ant put you to travaile and besynes

Werfor god that ys full of myght

Hath holpe you atteyneyour right } The piler of worshipth at thye be.

And crouned twyes w1 gemes bright

London be glad with aile thi myght

Ffor god hath sent unto the sight ^ Wherfor nowe syng and saye wi me.

Thi lord thi prince thi kyng by right

Someraigne lord to your cite )

With aile révérence welcome ye be )

Idemque dominus rex sic salutatus et receptus ac donis gratuitis preditus et infusas pertransibat usque speciosum tabernaculum domine Sapiencie super vu columpnas quas exciderat flolempnker erectum in vico sancti Pétri de Gornhill, ubi reperiit et videbat ipsam dominant celestium sedium assistricem in vestitu deaurato circumdatam varietate sedentem in peritisskno consistorio septem scienciarum liberalium quarum quelibetsecumhabebatfamosissimum preceptorem artissue, puta, Gramatica Priscianum informantem, Lo^tcaAristotelemdisputantem, Rhetorica Tuilium eloquentem, Musica Boetium philoinenantem, Ârsmetica Piglagoram nuaneraotem. Geametria Euclidem metientemet Astronomia Albunazar ethereantem; babebat namque dicia domina notulas illas allectivas proverbiorum capiti suo superscriptas : Per me reges regnnnt^et gloriam sapientes possidebunt. Et ante prefatas sciencias et doctores in fronte tabernaculi scriptum erat illud exhortatorium Davidicum juvenibus regibus congruum : Et

xye sttCLEr. 2kl

nuncreges intelligite eterudimini quijudicatis ttrram. In hoc etiam tabernaculo musicacuin Boecio pratticam arlis sue per diversorum instrumentorum modulainina propalabant.

Prêter ea super conductum aque spericum in dicto vico exvltabatur quidam excelsus justicie thronus admirabilis decoris in cujus medio residebat speciosusjuvenisregalibusindutus, babens sibi ad tutelam domlnam Memoriam in dextris et dominam Veritatem in sinistris, assistentes dominam CUmenciam desuper brachiis suis amplexantem et roborantem thronum ante dictum juxta illud proverbium : « Memorla et veritas custodiunt regcm, et Memcntia roboratur thronus ejus. » Coram vero dicto rege stabant miro modo, set tamen juxta convenientiam gradus sui nobilitatis décor a ti, duo senes judicr s et octo legisperili judicium et justiciam corporis pollitici représentantes per hec rescripta Davidica: Honor régis judicium diligit nec non Deus judicium tuum régi da et justiciam tuam filio régis, figurantesque quod reges et principes, justos et scientiûcos viros in judiciis ferendis consiliis prebeudis et rébus publicis gubernandis semper disponerent et ordinarent

Subsequenter, cum ipsa regia magestas tanta potentia? virtutum preeminencia sapiencie rationatujusticiefulsita fuerat, mox nobilissimum vicum civitatis Chepc vulgariter nuncupatum subintrans inveniebat super magnum aqueductum ibidem amenissimum et pulcherimum locum admodum paradisi consitumï stellatum floribuset arboribus fructiforis relucenlem et breviter omnium rerum speciositate conspi< uum, ex cujus latere aquilonis in civitatein régis magni fontes vivacissimi scaturiebant aquas architriclinas in vinum conversus qui gustus regios post tantum virtutum adoptionem merito poterant recreare. In hoc insuper loco illi duo predestinati cives sanctorum et domestici Dei Ennok scilicet et Ely, congratulantes de tanti régis adventu, portantis facfm illuminantis propriam et dantis pacem gentibus et quasi desiderantes et expectantes ipsum futurum canonem et consortem suum pro statu suo prospéra precabantur, uuus videlicetquod Nichilproficiat inimicus in eo necfilius iniquitatis apportât nocere et, et alter quod Dominus conservet eum et vivificet eum et beatum faciet eum in terra et non tradat illum in manus inimicorum rjus. Circa vero fontes illos cuilibet litterarum oraculis incitabatur ad hauriendum aquas in gaudio de fontibus Salvatoris.

Ex ipso vero loco taliter recreatus dominus Rex usque crucem in medio vici predicti maturabat aggressum ubi prospiciebat castrum aspcriinum subtili mechaaica praticatutn, in cujus medio arbor fructifora viridissima mirabilis altitudinis de radice sanctorum Edwardi Anglie et Lodewici Ffrancie quondam regum egressapuiulabat, representans in ramis,perpersonas vivas, ornatu ditissimo separatim figuratas justum titulum per discensum utriusque regnorum predi'torum, a prefatis sanctis usque fundem dominum noetrum regem liuialiter devolutum. Ex altéra namque parte ipsius arboris quedam alia de generatione Salvatoris a radice Jesse egressa adusque eundem Salvatorem ramiûcatum apparebat.

Postremo vero apud conductum ecclesie sancti Pauli vicum indivisibilis Trinitatis splendor effîgialis in celsissimo celi imperii throno residebat inter exercitus angelorum sibi ministrantium et régi pertranseunti taliter alloquencium per scripturam : Ângelis suis Deus mandavit de te ut cusJodiant te in omnibus viis tuis. Ipsa vero dealis (sic) effigies quasi promittens eidem régi viftam in .hoc seculo longevam et postmodum requiem salutarem, illud propheticum emisit: Longitudine dierum replebo eum, pro primo et ostendam illi salutare meum pro secundo*

Ad occidentalem finem ecclesie cathedralis sancti Pauli predicte oceurerunt ei solempni processkwie, dominus archiepiscopus CantuarienMS cum decem aliis episcopisj) ontiiicalibus induits, necnon decanus et capUuluai ejusdem ecclesie et perduxerunt eum usque summum

altarc, ubi fusis odoribus et sanctorum reliquiis osculatis per modicum temporis expmabat et post modum resumpto equo directe per médium vici de Ffletestrete usque palacium suum Westmunslerii equitanti novitates autem processionum et aliorum solempnitatum que fiebant et ostendebantur in via longuin esset nimis et mirabile satis exarare, apparatus vero pannorum auri serici et tapecerie per singulos altos \icos dependentium dites erat et pulcher valde, ac talis et tantus qualis forte seu quantus non videntes minime reputarent, populi quoque per totam civitatem sedentis in domibus et fenestris ac super tecta domorum necnon stantis in hostiis et super stallas ambulantisque in vicis et venellis die illa inestimabiiis erat et inuinirabilis multitudo.

•Et post bec die sabbati vicesimo secundo die ffebruarii tune proxiino, prefati major et aldermani una cuin certis aliis de notabiiioribus civitatis, assumptis secum mille libris auri purissimi positis in quodam eminenti vaso aureo ad modum sportule artiûciose composito accesserunt ad eundem dominum regem in palacio suo antedicto, ubi sibi preinissa de gratissimis annuis et bumilimis cordibus optulerunt ipso majore pro eis omnibus (sic) verba subscripta in Anglico referente : « Most cristen prince the good folk ofyoure notable cite ofLondon, otherwise cleped your chambre, besechen in ker most lowely wyse, that theymowe be recomaunded unto your hynesse ant that it can like youre noble grâce to resceyve this litell yefte yoeven icith as good will trewe and lovyng hertis as ever any yefte was yoven to eny crthly prince. » A quo versa vice grates uberes et favores regios amplissime receperunt, reversi sunt ad propria cum itigenti gaudio et honore.

Hec révérende fratre et amice prestantissime juxta mandatum vestrum inter cetera vobis expîico que nobiles cives illius inclitissime civitatis unde vos et ego sumus alumpni, intimis affectibus ordinarunt in reventu dicli supprimi domini sui. Quam magnifiée autem et honorilice idem dominas postmodum a singulis archiepiscopis, episcopis, ducibus, comilibus, baronibus, proceribus et magnatibus regni sui susceptus fuerat, quantis ve gaudiis et solaciis venire suum (sum) postea per dies aliquot celebratum fuerat temporis brevitas et negociorum civitatis imminens multitudo de presenti me non permittunt vobis scripture ministerio nuntiare, scictis autem postea. Yalete etc.

Per fiabrum sive domificem vestrum Johannem ejusdem urbis secretarium indignissimum.

CCCLXXXIII. Mars 143?.

Lettre de la commune de Paris au roi d'Angleterre.

Archives de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 96 T°.

Nostre souverain seigneur, nous nous recommandons a vous tant et si treshumblement comme plus povons , Et pour ce nostre souverain seigneur que nous savons certainement que en tout temps estes désirant savoir de lestât et nouvelles de ceste vostre ville capital de ce royaume et du pays d'environ, il plaise a vostre très haulte mageste royal, savoir que depuis vostre partement de ceste vostre dicte ville, avons depuis este et sommes en Testât ou vous nous laissastes, nonobstant que de par vous nous fut dit que aviez laissie pardeca tresgrande notable et bonne provision a nous despeschier de voz ennemis et les nostres lesquelz nous sont si prouchains coume de dix a douze mille de ceste vostre dicte ville, qui est chose tan déplaisant aux habitans d'icelle et du pays denviron qui n'est nul qui le peust croire s'il

n'avoit congnu et sceu la très douloureuse pitié en quoy nous avons este et sommes, laquelle nous croist de mal en pis, et semble à la plus grant partie du povre peuple que vous le ayez habandonnez et de touz poins laissé , parce quilz n'ont point eu par vostre très désirée et joyeuse venue aucun alegement de leurs douleurs et très griefs inaulx qu'ilz ont longuement endure paciemment et endurent de jour en jour : Pourquoy, nostre souverain seigneur, vous supplions et très humblement requérons en toute humilité, quil plaise a icelle vostre très haulte mageste , avoir pitié et compassion de nous et de vostre dit bon et loyal peuple , lequel n'a fiance ne espérance a nul que a vous après Dieu nostre doubz créateur. Et pour la pitié qui y est de présent et qui est en adventure de croistre encore plus et très grande nécessite , que pardeça envoiez hastivement gens de guerre pour obvier aux inconveniens dessusdits et ordonniez principalment que la première chose qui faire se devra pour la dicte délivrance d'iceulx ennemis on voyse devant Laigny qui n'est que a douze mille de ceste voslre dicte ville et par la quelle et ceulx qui sont dedens sommes en partie en la nécessite que vous escripvons., Eioultre plus vous supplions et très humblement requérons en toute humilité que de voslre grâce, il vous plaise ordonner que icelle ville et autres places nuysables a vostre seigneurie soient abatuesles murailles et faire villes champestres et lesebasteaux et forteresses démolir de tous poins, ou autrement ne voyons pas que démoliriez seigneur de vostre dit royaume comme vous devez estre , car vostre chevance et voz gens se perdent par faulte de bonne diligence et poursuite, et si est de nécessite avecques les choses dessusdites que vous ordonniez que justice se face de vosdits ennemis sans les vendre ne achetter qui est nourrissement de guerre et chose dampnable contre Dieu et raison. Sire , souverain seigneur, nous vous supplions 1res humbelment qu'il vous plaise de vostre dite grâce nous pardonner se si amplement vous escripvons les douleurs en quoy nous sommes, car nécessite nous y contraint. Et vous plaise nous avoir en vostre bonne amour et grâce et nous mander et commander voz bons vouloirs et plaisirs etc. Escript etc.

CCCLXXXIV. Mars H3Î.

Lettre de la commune de Paris à celle de Londres en lui envoyant une supplique au roi d'Angleterre.

Archives de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 96 ,0.

Très chiers frères et très especiaulx amis, nous nous recommandons à vous tant affectueusement et cordialment corne plus povons et vous plaise savoir que nous escripvons au roy nostre souverain seigneur en la manere qui s'ensuit : (Voy. n° ccclxxxiii.)

Et pour ce que nous avons sceu véritablement par les nobles gens d'église et autres du pays d'Angleterre que avez nous et ce royaume de France appartenant au roy nostre dit seigneur en très grande et bonne recommendation , vous supplions, noz très chiers frères et très especiaulx amis, que selon le contenu en nos dites lettres, que envoyons devers le roy nostre dit seigneur, vous plaise traveilher et labourer ainsi que nécessite en est et que en vous en avons parfecte fiance, car nous avons assez congnoissance que par le bien de vous et bonne poursuite, nous purrions estre alegiez des maulx et douleurs que avons longuement et pacieument endurez soubz la seigneurie du roy nostre dit seigneur. Très chiers frères et très especiaulx amis, nous vous prions que aiez nous et noz afferes en voz bonnes recoinmenda-

250» xr SftCLH.

cions et se pardeca vous plaise chose que; faire puissions, finies le nom assavoir et de très bon cuer nous l'acomptirens au plaisir de oestre cceatteur qui toi» ait en* sa saincte garde*

Escript a Paris le.... jour de mars.

Les prevost des merchans, eschevins, boargois et habitai» de la ville et tut de partons vees (vostresî). A noz très cUers frères et très espetiauli aura les maire, viceates et aldermans de la cite de Londres.

CCCLXXX V • 20 mars 1438.

Lettke de la commune de Paris à Henri VI.

Archives de la mairie de Londres ; reg. K, fol. 101.

Notre souverain seigneur, nous nous recomaudons a vous tant et si très humblement comme plus povons et pour ce notre souverain seigneur que nous savons véritablement que de votre grâce estes toujours désirant saver de Testât et nouvelles de ceste votre vHle et du povre pais d'environ, il plaise a votre très hauste mageste roial savoir que depuis que derreinement vous avons escript et signiffie le povre et pheux estât de nous et de votre roial peuple de votre dicte ville, avons sceu certainement que vos ennemis et les nôtres sont une très grosse armée et près de nous, pour porter dommaige a nous et a votre ditte ville, que Dieu ne vueille. Pour la quelle cause, vous supplions et très humblement requirons en toute humilité , qu'il vous plaise de votre bénigne grâce avoir en mémoire ce que autrefoiz vous avons escript et supplie par nos dittes lettres et avancier a toute célérité pos>ible la provision qui tant nous est nécessaire et plus que escripre ne vous saurions, ou autrement ne voyons pas que ne venions à totale perdition, se par la grâce de Dieu et voos, n'y est briefment pourveu. Et pour Dieu, notre souverain seigneur, vueillez avoir en mémoire la grant amour ceuix de ceste votre dicte ville ont eu et ont envers vous et que pour acquitter leurs loiaultez y sont venuz en la povrete et misère ou ils sont de présent, et en vérité il ne nous peut sembler que se vous y pensitz bien et advertissitz ainsi qu'il appartient, \ous ne nous laisseriez point ainsi perdre, aincois nous secouritz et sauveritz , ainsi que bon et loial seigneur est tenu et doit faire par raison. Et quant aux autres nouvelles qui depuis sont survenues, environ six vins de voz ennemis et les nôtres, avoient prins votre chastel de Rouen (3 février) ainsi que tenons que avez bien sceu et moyennant la grâce de notre seigneur voz gens et vos bons toiaulr et subgiez du dit lieu de Rouen (ont) ainôi regaigne icelle place et ont reboute les ditz ennemis dedens la grosse tour du dit chastel et iceulx estre mis en celle neccessite qui se sont mis et renduz a voulente, laquelle voulente a este quils sont en cel estât que jamais ne porteront dommaige a vous ne a autre (1). Notre souverain seigneur, il vous plaise nous avoir en votre bonne amour et grâce» et nous mander et commander voz bons vouloirs et plaibirs etc. Escript etc.

(1) On coupt la tète a tous.

CCCLXXXYI. 30 mare 1432*

Lettre de la commune de Paris à la commune de Londres, peur lui rtarire compte de ce qui se passe^n France.

Archives dite mairie de Londres; r«g. I, fol. 101.

Très ctuers sires frères et espectaali ami* Nous nom reoenmandons a vous tant affectueusement et cordialement corne plus povoaj^ et voua plaise savoir que depuis que dernièrement

«fous escript au roy notre souverain seigneur et a vous, avons sceu certainement que les. «■semis du roy notre dit seiguour et le votre font a tonte ditigence , assemblée de gens de guerre et abiHemens pour porter dommaige a sa seigneurie que Dieu ne vaeBIe , pour laquelle cause hri eseripvons en la manière qui sensuit. (Voy. n° ccclxxxv.)

Si tous prions, très chiers sires frères et especiaulx amis, tant affectueusement et de cuer nomme pins povons, que selon le contenu en icelles noz lettres vueilnez trantiled<et labourer pour le bien de ceste viHe et du pays denrôon ainsi que en "vous en avons parfaite fiance, car nous savons certainement que par le moyen de vous et bon pourchaz le roy notre dit seigneur et le votre sera en brief temps au plaisir de notre créateur, seigneur paisiblement de son royaume de France.

Très chiers sires frères et espedaulx amis, nous vous prions que ne prenez aucun déplaisir a la charge et peine que vous donnons pour le bien du roy nostre dit seigneur et le votre, car h bonne amour que avons en Iny et en vous nous y contraint. Et ce pardeca vous plaist chose que faire puissions, faite le nous savoir et de très bon cuer bous l'acomplirons, au plaisir de notre Seigneur qui vous ait en sa sainte garde.

Escript à Paris le xxe jour de mars (1).

A nos très chiers sires frères et espualx âmes, les maire, vicontes et aldremans de la cite de Londres.

Les prevost des marehans et eschevins de la ville et cite de Paris, tous vôtres.

(1) Cette pièce, comme on le voit, n'est pas datée; elle se trouve dans le registre entre des pièces de 1431 et la relation du couronnement de Henri VI à Paris, le 1er décembre 1431 ; mais il y est question de la surpris» de Rouen par les Français, le 3 février 1433; j'en ai conclu qu'elle devait être du mois de mars 1432, et probablement envoyée ou du moins reçue en même temps que la relation du couronnement.

CCCLXXXvIl. |4 mai 1435.

Lettre du duc de Bourgogne à la commune de Paris.

Archives de la mairie de Londres ; rvg. K, fol. 147 T°.

Le duc de Bourgongne, de Brabant et de Lembourg, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgongne , de Haynau , de Hollande , de Zellande et de Namur.

Très chiers et bons amis, pour ce que vous savonns estre desirans de tousjours savoir de noz bons estât et nouvelles, nous vous sîgnifionns que a la scripture de ceetes, nous, nostre très chier et très ame compaigne la duchesse et Charles , conte de Gharrolois nostre filz , estionns, Dieu mercie, en bonne sancte de noz personnes: en oultre, très chiers et bon amis, nous vous tenonns bien estre recors, comment nouvellement nous vous avowns escrîptc et signifie que a certaine journée naguerez par nous tenue avecques beau frère le due de Bourbon, en laville.de Nevers pour l'exécution et acomplissement de certain traictié para van t fait entre ses gentz et les nostres de et sur les debas et différons particule» qe povoient efetre entre loi et nous , avoit este entre icellui beau frère , le conte de Richemont , l'arcevesque de Reins, Xrisptofle de Harecourt et certains autres du partz contraire qui nous esteants au dit heu de Nevers y vindrent et nous pourparle et advise certain journe estre tenue en nostre ville d'Arras, au primer jour de juillet prouchain venant, sur le fait de la paix générale de ce royaume et comment les dessusdits feu (seigneurs?) estaient aies devers l'adversaire de monseigneur le roy et le nostre pour savoir s'il vouldroit accepter la dicte journe , dont bien

252 xv« SIÈCLE.

brief après ilz nous dévoient faire response laquelle ent signiffierionns a mondit sieur le Roy. Lesquelles choses escripsismes aussi et donnasmes a congooistre aux chancellier et gentz du conseille de inondit seigneur le Roy a Paris : Or est vray , très cbiers et bons amis, que freschementz nous avonns receu lettres dudit beau friere, le conte de Richemont, par lesquelles il nous a escript et signiGe que ledit adversere a accepte la dicte journée et qu'il y envoira des seigneurs de sonn sang et lignage et autres de sonn connseil bien notablement et a povoir souffisant, la quelle chose signifionns a mondit seigneur le royetenvoyonns pour ceste cause devers lui en lui priant que pour le bien et relèvement du povre peuple de son royaume de France qui est tant désole , il lui plaise envoier a le dicte journe du premier jour de jullet prouchein en nostre dit ville d'Arras ou nous serronns lors en personne , acuns seigneurs de son sang et lignage et autres de son coifteil de France et d'Angleterre, en bon et notable nombre, bien instruis et ayans povoir souffisannt de lui , pour entendre et besongner ou fait de la dicte paix générale et aussi pour le bien et seurtee de la matière, ordonner que y veignent aucunes notables personnes de par les trois estas de ses royaumes de Ffrance et d'Angleterre Et ces choses signiffionns aussi asdit chancellier et gens du conseil de mondit seigneur le Roy a Paris et semblablement a vous, nos chiers et bons amis, tant pour vostre consolacion et esjoissement et que savons que estez moult désirant de la dicte paix générale , comme enfin aussi que a icelle journe vueillez envoier de par eulx en nous rescripsant et faisant savoir sur ce vostre responce, ensemble s'il est chose que pour vous taire puissionns pour l'acomplir de très bon cuer et bon vouloir, très chiers et bons amis, le Seint Esperit vous ait en sa saincte garde.

Escript en notre ville a Dijon, le xm jour de mais. Ainsi signé : Phla. et embas, Lamandre.

A noz très chiers et bons amys les gentz d'église, (degle) prevost des marchans , eschevins, bourgois, et habitans de la bonne ville de Paris.

CCCLXXXVIII. 57 juin 1435.

Lettre de la commune de Calais à la commune de Londres.

Archives de la mairie de Londres; reg. K, fol. 148.

To (the) right worshipfull and discrète seres the maire and aldermen of the cite of London.

Fful worshipfull , wise and discrète sires , we recommannde us unto you in as goodli wise as caan be thought and in as mochell as we fynde of olde gouvernannce of this toune that oure predecessours hadde in cours to wryte to your worshipfull estate to be mené and movers toward the kyng our souveraigne lord and the mercious lordes of is connseill for the relevyng and sustentation of this said town the yeveth us occasionn to wryte to yow attys tyme , of which it were to longe to wryte the particuler circumstannces of the miscbiefs and disese that is suffred hère, to our importable distresse and bevynesse, with more than we sende to yow at this time, how th'Armynakz that ben in Rewe prese fast, and han praysed aboute same de boys, and takyn mony prisonners, and brent the toun of Staples, and as it is said of présomption they purpose and avaunte to override the lordshipes heere of Guysnes and other, and to renne heere afore this tounn, so ferforth that the pore tenanntz forsake the land and drawe theim into the said town and castelx , and levé the villages desolate , the Mrhich , yef thei were destruyed, that God défende, were pryved of our stistenannce of levyng and conforte, and the people anyentysede for evyr, prayeng andbesechyng you, as ye that be the principalle of ail the citées of the roiaulme of Bngelond, that it like to your trew affectionn

that ye hâve and owe to hâve to the said town , to contynue and exercise the commendable promotion , as your said worthy prcdecessours hadden in use , for the salvationn of the said towne , as ye that were trust singulerly in , and as a principall membre oweth to do and ministre to is parties, atte reverens of god, whom we besech préserve you ever and grannt you parfite conclusyonn of your desires, with good lyf and long.

Wryten at Cales, the xxvu day of juyn.

Your oune the maire and aldermen of the tounn of Gales.

CCCLXXXIX. 9 octobre 1435.

Dépôt fait dans les archives de l'Échiquier, par le gardien de la garde-robe du feu duc de Bedford, de plusieurs livres contenant les traités faits entre les rois d'Angleterre et de France , et le serment fait par le duc de Bourgogne d'observer le traité fait entre Charles VI et Henri V.

Archives de l'Échiquier; Kalendars, t. II, p. 147. Le 25 février 1437, ces documents forent livrés a l'archevêque d'York, qui les restitua le lendemain; le 16 janvier 1452, ils furent encore donnés à l'archevêque d'York, qui les réintégra le 9 novembre 1454.

CGCXCu 55 novembre 1435.

Dépôt dans les archives de l'Échiquier des lettres du roi d'Angleterre au pape, et de la réponse du pape à propos du serment fait par le duc de Bourgogne.

Archives de l'Échiquier ; Kalmdars, t. Il, p. 156.

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