SECONDE PARTIE , CHAPITRE IV. CH
peut-être plus dans un mois : déjà une très-grande partie des archives que j'avais vues à Chapter-House à mon premier voyage, n'y étaient plus quand j'y suis revenu, et peut-être qu'avant un an ou deux le reste de ces documents voyageurs aura quitté aussi le dépôt où il est maintenant pour se transporter dans la grande tour qu'on leur élève à côté du nouveau palais des deux chambres du parlement.
Brequigny avait visité les archives de Chapter-House ; mais elles ne contenaient pas alors les documents qu'elles renferment aujourd'hui et ne les contiendront peutêtre plus au moment ou ces lignes seront imprimées. Il est donc inutile de donner une notice exacte des différentes sortes de documents qui composent les archives de Chapter-House ; mais en me conformant au plan de travail que je me suis imposé, et donnant une description des séries que j'ai visitées , il sera toujours très-facile de les reconnaître, qu'elles restent à Chapter-House ou soient transportées ailleurs. Je commence donc par décrire les parties que j'ai visitées.
Arrivé trop tard à l'Échiquier pour qu'il me fût possible de dépouiller complètement l'énorme ensemble des archives qu'il renferme, je me suis borné à jeter un coup d'œil sur quelques-unes des séries où j'espérais trouver le plus de documents tntéressants pour l'histoire de France. J'en ai extrait, comme une sorte de spécimen, quelques documents qui m'ont servi à compléter ce volume, et pour qu'on puisse plus aisément se faire une idée de l'importance des richesses historiques de Chapter- House, je donne ici, dans les pages qui suivent , la liste de tous les documents curieux pour notre histoire, qu'un premier examen m'a fait découvrir.
Il y a à Chapter-House un assez grand nombre de catalogues des actes qui servent journellement dans les procès et des autres transactions entre particuliers. Ce sont ces catalogues qui avaient excité l'admiration de Brequigny lorsqu'il visita les archives de l'Échiquier ; mais ils ne peuvent être d'aucune utilité pour ce qui concerne notre histoire. Les catalogues des pièces purement historiques sont loin d'être terminés ; mais on y a beaucoup travaillé dans ces derniers temps : un assez bon nombre de divisions sont déjà faites, et d'autres sont en bonne voie d'exécution.
Les archives de Chapter-House sont divisées en séries désignées chacune par une lettre de l'alphabet. Je n'ai eu le temps de visiter que les séries désignées par les lettres A, B, C, E, F, L, B8, et par les mots Pell Rolls.
Dans ces différentes séries, j'ai transcrit presque au hasard , et comme spécimen de l'intérêt que ces archives peuvent présenter, quelques documents que j'ai publiés, quoique à regret, et seulement pour terminer ce volume , parce que quelques-uns, isolés et perdus, s'il est permis de s'exprimer ainsi, au milieu de pièces avec lesquelles ils n'ont aucun rapport, décompléteront les séries de documents qu'on peut extraire de Chapter-House ; mais on m'excusera d'avoir fait fléchir en cette occasion la sévérité du plan auquel je me suis astreint, si Ton considère qu'au moyen des notes
que je donne il sera toujours facile de retrouve! In documents de chaque série que j'ai publiés.
Je vais donc consacra une notice à lememble de chacune des séries visitées; puis on trouvera réunis dans une seule liste chronologique le catalogue de tous le* documents français que j' ai aperçus , mais n'ai pas en le temps d'examiner avec attention.
Les séries désignées per les lettres À, B, C, forment ce qu'on appelle Kbmry, nais ne renferment point une bibliothèque proprement dite : c'est une collection de documents isolés» réunis et conservés au moyen d'une reliure. Presque aucun de ces valûmes ne présente un caractère littéraire qui me permette de lui consacrer une notice à part dans la troisième partie de cette introduction. Ils sont tous formé» dé documents primitivement isolés , rassemblés et relies à mesure qu'on tes retrouvait , mais qu'il faudra isoler de nouveau pour les publier selon le rang que leur assignera leur date. Cette collection est excessivement riche en documents relatifs à l'époque de Henri VIII, et renferme une grande quantité de pièces relatives à la France; mais comme cette série peut s'augmenter à chaque instant des découvertes qu'amène le travail journalier de MM. les employés de Ghapter-House , j'ai noté avec soin le nombre des volumes de chaque division et subdivision que j'ai vus, pour qu'on ne soit plus obligé de revenir sur un travail déjà feit.
La série A se composait , quand je lai visitée , de six sections ; la I" contenant 25 numéros, la IIe 31, la M* 27, la IVe 40, la Ve 24, la Vf 33; en tout 18* volumes.
La série B afait cinq divisions ; la I" de 26 numéros, la IIe 24, la III9 26, la IVe 27, la Ve 23; en tout 126 volumes.
La série C ne fermait que deux sections; la I" contenant 19 numéros, et la VI* 12; en tout 31 volumes. Ces deux sections ont été cotées I et VI, parce que les sections intermédiaires sent remplies par 77 boites en cuir de Russie, confectionnées exprès pour les chartes qu'elles renferment, et par conséquent d'inégales grandeurs, mais qui ne portent d'autre cote que la date imprimée sur leur couverture.
La série E F, consacrée aux documents étrangers à l'Angleterre, était alors composée de 1 1 80 numéros catalogués , et de quatre boites de documents étrangers qui n'étaient pas encore inventoriées. Cette collection contient évidemment un grahd nombre de pièces qui nous intéressent ; mais plusieurs ont déjà été imprimées, entre mitres par Rymer, et je n'en ai pas fait le dépouillement ; j'en ai extrait une seule pièce, que M. Augustin Thierry avait spécialement demandée (n° cctii).
La série L, doot j'ai seulement inventorié les catalogues, ne contient que des comptes de dépenses et de recettes : elle est composée d'un teè^geand <aombre de
SECONDE MftTXB* CMPITRE IV.
aabdniaone dont phisiM» intéressent la Franc* et surtout les piwinoes d'Aquitaine et -de Pont bien. On en trouvera la liste fci -«près.
Laverie B1, Fane des moins importantes des archives de Chapter-House, esteer* tainemetft ht plus bizarre collection que jamais conservateur de6 archives ait eu idée de fermer. Un des prédécesseurs de sir Francis Palgrave— je n'ai point cherché à savoir son nom» — • se trouvant entouré de tant de richesses paléognaphiques , finît par se blaser sur leur importance, et n attacha phis de prix qu'aux morceau* de ciré qui les accompagnent. En conséquence , muni d'une grande quantité de boites en bois de toutes les grandeurs et de toutes les fermes , il y renferma tous les sceam dont il put faire collection , et quand il arriva que la charte à laquelle le sceau était appendu se trouva trop volumineuse pour entrer commodément dam la botte, il la plia, bourra et tamponna de manière à ce qu'eMe fit place et servit de coussin à son sceau. En attendant de pouvoir porter un remàde plus -efficace à la barbarie de son prédécesseur, le gardien actuel des archives a fait faire un catalogue de ces documents, et ce catalogue permettra de restituer aisément chaque pièce aux collections dont on les a enlevées.
Cette série est divisée en plusieurs sections : Tune d'elles est consacrée aux sceaux inconnus ou brisés ; une autre, c'est la plus raisonnable, renferme tous les actes par lesquels les évèques et abbés d'Angleterre reconnurent, en 1 554, la suprématie de Henri VIII. 11 y en a 200. Tous les autres sceaux, qu'ils soient ou non accompagnés de leur charte, sont placés je ne sais dans quel ordre. Quelques-uns remontent jusqu'à Richard Cœur-de-lion ; mais je n'ai trouvé dans cette collection que trois actes qui concernent la France. Heureusement, ou malheureusement, — ici je ne sais quelle est l'expression que je dois employer, — le collecteur n'avait pas compris dans sa collection les sceaux en or, qui se trouvaient autrefois en assex grand nombre dans les archives de l'Échiquier. (Voyez Palgj-ave, K al endors and inventons, p. uu) Dans le petit nombre de ceux-ci qu'on retrouve encore à Chapter-House, est celui d'Alphonse, roi de Castille, lorsque ce roi céda au fils afné de Henri III ses droite sur la Gascogne. Le plus moderne et. le plus beau est cefciide Fraaçots I", attaché au traité de paix du Î8 aoèt tïfiT, (Voy. n° c*txn).
La série désignée sous le nom de Pett Rolls contient environ 1 ,050 rouleaux dé parchemin ou sont transcrits, année par année, les revenus et les dépenses des rois d'Angleterre de 1250 à 1 550. Toutes ces pièces sont cataloguées ; maïs le catalogue indique seulement le nom du trésorier et la date de l'année» en sorte qu'il faut «parcourir un à un chacun de ces rôles pour y découvrir les articles qui peuvent intéresser notre histoire.
M. Frédéric De von, directeur des archives de Chapter-House, frappé de l'importance de cette collection, mais n'osant entreprendre à ses frais la publication d'un
CXU INTRODUCTION.
aussi grand nombre de pièces , a rassemblé dans un volume in-8° les extraits des actes qui lui ont paru présenter le plus d'intérêt (1) ; puis il y a publié en entier, comme spécimen de ces documents, les comptes de Tan 1370. Cette seule pièce forme un in-octavo de 493 pages (2). 11 ne faut pas cependant se laisser effrayer de l'immensité du travail que semble présenter le dépouillement d'une pareille collection : sur les trois siècles qu'elle embrasse , le dernier tout entier est postérieur à l'époque où les Anglais perdirent leurs dernières possessions dans les provinces françaises. 11 ne resterait donc à dépouiller, dans l'intérêt de notre histoire, que les deux tiers de cette collection, et une fois qu'on aurait acquis un peu d'habitude de ces documents, on pourrait parcourir, sans les étudier à fond , les quatre cinquièmes au moins des articles qui les composent.
Le hasard m'ayant fait découvrir dans cette collection quelques documents intéressants pour la France, je les ai notés dans le catalogue qui suit.