Collection iconographique et historique des chenilles; ou, Description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses, et des applications à l'agriculture
L'ouvraye que nous offrons au public se distinguera de ceux qui pourraient vouloir entrer en concurrence , en ce qu'il sera entièrement^criV sur la nature.
Le public trouvera dans MM. Rambur et Graslin, qui se sont associés à M. Boisduval, une garantie qu'il chercherait vainement ailleurs.
Tous les entomologistes savent que M. Rambur a passé
plusieurs années à visiter les différentes contrées de la France
pour étudier les métamorphoses des lépidoptères. M. Graslin,
placé favorablement près d'une vaste forêt , a fait aussi une
\ étude spéciale des chenilles , dont il a dessiné les espèces les
t plus rares. Quanta ce qui concerne M. Boisduval, nous ne
S' pouvons mieux faire que de reproduire la lettre de M. Dejean
^ sur cet ouvrage et sur notre Icônes.
^ «Le docteur Boisduval, qui s'est spe'cialement occupé des lépi- \^ doptères et de leurs métamorphoses , et l'un des entomologistes d'Europe qui connaît le mieux cet ordre d'insectes, publie en ce --moment deux ouvrages qui rendront un service important aux -ii personnes qui s'occupent de cette partie de l'histoire naturelle. 3. Dans l'un il donne avec une très grande perfection d'exécution ^ les espèces d'Europe nouvellement découvertes ou peu connues ; r dans l'autre il donne la collection des chenilles d'Europe avec des X applications utiles à l'agriculture. Le premier de ces ouvrages offre i^ trois avantages incontestables : 1° de donner toutes les espèces non 3 figurées dans Godart, et de former un supplément indispensable £-• et complet à ce livre ; 2° de servir de complément à Hubner, Ernst, ^ Esper, et à tous les auteurs iconographes ; 3° de former un ouvrage ^ séparé extrêmement remarquable, dans lequel M. Boisduval donne ' ^ l'exposé de sa méthode et les caractères de ses genres , que l'on de- C sire depuis si long-temps. Le second ouvrage, exécuté avec la même "^ perfection et sur la nature vivante, est le fruit de ses nombreuses recherches, et il ne sera pas moins bien accueilli que le premier.
6 AVIS DE l'éditeur.
M. Boisduval pouvant être considéré comme l'entomologiste français qui connaît le mieux cette partie de la science , il est le plus en état d'exécuter convenablement , tant par ses connaissances en histoire naturelle que par les nombreux matériaux qu'il possède , une entreprise aussi indispensable aux entomologistes qu'utile aux agriculteurs.
« Comte Dejean.
(c Paris, le lo mars iSSa. »
Quant à nous , habitués à répondre exactement à la confiance de nos souscripteurs, nous redoublerons d'efforts et de zélé pour perfectionner le travail matériel qui nous est confié. Nous espérons donc que Y Icônes et notre Collection de chenilles seront deux ouvrages aussi élégants que gracieux à placer dans la bibUothéque de l'homme du monde comme dans celle du savant.
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Depuis plusieurs années on sentait, sur-tout en France , la nécessité d'un ouvrage qui apprendrait à Tentomologiste , à Taide de figures exactes, à connaître les nombreuses espèces de chenilles qu'il rencontre à chaque pas, et qui enseignerait en même temps à l'agriculteur quelles sont les espèces nuisibles et par quels moyens il peut s'en préserver ou les détruire. Convaincus du service important que nous rendrions aux personnes qui s'occupent de cette partie de l'histoire naturelle, nous avons amassé de longue main une grande quantité de matériaux dans l'intention de remplir cette lacune. Non seulement nous avons reçu de différentes parties de l'Europe des dessins originaux d'une grande exactitude, mais encore nous avons dessiné nous-mêmes ou fait dessiner par M. Duraesnil toutes les espèces que nous avons recueillies, ou reçues vivantes. Nous ne nous sommes pas dissimulé avant de commencer une semblable entreprise toutes les difficultés que nous aurions à vaincre. C'est une tâche bien autrement difficile que de faire un pareil ouvrage sur les lépidoptères , parceque l'on peut très bien faire une collection de papillons, et que l'on ne peut pas en faire une de chenilles; ou si l'on en fait une, c'est un dépôt de
cadavres informes et de peaux desséchées qui ne resserablent nullement à la nature.
On a cependant employé différents moyens pour y parvenir; mais aucun n'a eu de résultats satisfaisants. Quelques naturalistes vident les chenilles, en faisant sortir par l'extrémité postérieure les intestins et toute la substance sous-cutanée , de manière à ne conserver que la peau qu'ils gonflent avec de l'air. On conçoit qu'un tel procédé, qui est cependant le plus en usage, donne à la chenille une forme qui est loin d'être naturelle. Les anneaux se distendent et deviennent plus saillants que dans la nature : outre cela , les couleurs ne se conservent pas, toutes les chenilles vertes deviennent d'une couleur feuille-morte, celles qui étaient velues perdent leurs poils, telle espèce qui avait une forme aplatie comme celle des Lasiocampa devient cylindrique. D'autres emploient pour les chenilles velues une tout autre méthode. Après les avoir vidées ils font une ouverture sous le ventre, et y introduisent du coton pour les empailler à la manière des oiseaux ou des mammifères. Ce procédé tout en les déformant un peu moins ne conserve pas mieux les couleurs. On a essayé aussi de les conserver dans de l'alcool comme on fait pour les annelides. C'est peutêtre ce qu'il y a encore de mieux , parceque si elles perdent leurs couleurs elles conservent au moins une partie de leurs formes et de leurs caractères. Enfin il y a des personnes qui ont l'art de les modeler en cire ; ce moyen , le meilleur de tous , n'est guère applicable qu'aux chenilles rases. Il est aussi à remarquer que la lumière décolore très promp-
tement la cire, et qu'au bout d'un certain temps les chenilles qui étaient d'un vert foncé deviennent d'un vert pâle, etc.
Voilà malheureusement à quoi on est réduit si l'on veut avoir une collection de chenilles. Tandis que les lépidoptères conservent pendant une longue suite d'années leur fraîcheur.
On conçoit facilement alors que l'auteur qui fait un travail sur les papillons, peut rédiger son ouvrage en tout temps et sans sortir de son cabinet, et qu'il n'en est pas de même pour celui qui veut en publier un sur les chenilles. C'est dans la nature qu'il doit les observer, c'est seulement quand elles sont vivantes qu'il peut les décrire et les peindre. Les matériaux que nous avons réunis sur cette intéressante partie de l'entomologie, nous ont donc coûté beaucoup de peines et de recherches, les ayant en grande partie recueillis nous-mêmes.
Long-temps nous avons réfléchi sur le plan que nous suivrions pour la publication d'une iconographie des chenilles d'Europe; la question était de savoir s'il était plus avantageux de les donner par grandes séries ou par petites séries interrompues. Nous nous sommes décidés pour ce dernier mode, qui, nous le pensons , sera approuvé par tous les souscripteurs, parceque nous engageant à donner tout d'après nature, il nous était impossible, malgré les nombreux matériaux que nous possédons , de figurer de suite et sans interruption toute une famille, comme, par exemple, tous les Diurnes ou tous les Bombyx.
En effet, on comprend qu il n'est pas difficile de
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représenter quatre ou cinq espèces d'une même famille, mais qu'il est impossible de s'en procurer à-lafois deux ou trois cents. Ces différentes considérations nous ont donc engagés à publier notre ouvrage par planches et non par grandes séries. Seulement nous aurons soin que sur chaque planche il n'y ait que des espèces d'un même genre ou d'une même tribu. Chaque planche aura en outre son numéro d'ordre. Comme par exemple : Sphingides, planche i^remiere. Sphingides, planche deuxième. Pseudoboniby' cines, planche première, etc. Le texte sera imprimé sans pagination, chaque espèce aura un feuillet séparé , et chaque page aura pour titre la répétition de la tribu qui sera gravée en tête de la planche, et au-dessous du titre, le nom de l'espèce, avec un numéro correspondant à la figure qui s'y rapportera, de manière que chaque personne pourra aisément classer les planches et le texte comme elle le voudra.
Chaque chenille sera représentée sur la plante dont elle se nourrit. Pour les espèces polyphages, qui sont très nombreuses, nous les ferons figurer sur une des plantes où on les trouve le plus communément; ainsi le Bombyx quercus (^minime) sera représenté sur les feuilles d'une ronce. UOrgyafascelina sera dessinée sur le genêt à balais (spartiwn scoparium^^ etc. Pour tous les diurnes nous donnerons la figure de la chrysalide, nous la donnerons aussi pour les nocturnes toutes les fois qu'elle offrira des caractères bien tranchés. Ainsi on conçoit que nous ne ferons pas représenter les chrysalides de toutes les Cucullia qui se ressemblent, de
même que toutes celles des Catocala, etc. En outre pour les Hétérocères qui filent des coques, nous ferons souvent représenter la coque, mais seulement quand son tissu ou sa forme offriront des caractères propres ; ainsi, par exemple, si nous faisons figurer la coque de Dicranura vinula, nous ne ferons point figurer celle de Furcula et (VErminea; de même si nous donnons celle de Bombyx trifolii ou celle de Bombyx Lanestris, nous ne donnerons pas celle de Quercus et de Catax, parceque toutes ces coques ont la même forme que celles de leurs congénères.
Toutes les chenilles seront figurées dans l'âge adulte , et dans le texte nous les décrirons dans leurs différents âges toutes les fois que nous le pourrons. Nous indiquerons comment elles se métamorphosent, l'époque à laquelle on les trouve, et le temps qu'elles restent sous l'état de Nymphes ou de Chrysalides.
Notre travail commencera par des considérations générales et des détails anatomiques ; dans ces considérations nous ferons connaître, d'après nos observations et celles d'entomologistes recommandables, comment on peut se les procurer, par quels procédés on peut les élever, les caractères génériques que l'on en peut tirer. Enfin nous donnerons aux agriculteurs un travail neuf pour la destruction des espèces nuisibles.
Nous pensons donc qu'un ouvrage tel que celui dont nous venons d'exposer le plan manque tout-àfait à la science, et sera indispensable aux personnes qui s'occupent de cette partie de l'entomologie. Plu-
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en nature, lorsque la distance permettra qu'elle puisse arriver vivante à Paris.
Nous croyons devoir prévenir les souscripteurs que, pour avoir des renseignements plus positifs, l'un de nous voyagera presque continuellement dans différentes parties de l'Europe, afin d'étudier sur la nature les espèces rares ou inédites, et aussi pour entretenir nos matériaux.
M. Dumesnil continuera de dessiner toutes les chenilles que nous pourrons nous procurer en nature. Quant aux espèces propres à l'Autriche , à la Hongrie, etc. , nos mesures sont prises pour qu'elles soient dessinées sur les lieux par des artistes habiles. M. Dumesnil dirigera sous nos yeux la gravure et le coloris de tous les dessins, et il joindra son talent aux efforts que nous ferons de notre côté pou r que cet ouvrage soit exécuté avec la même perfection que Y Icônes des Lépidoptères d'Europe, nou' veaux ou peu connus.