‹ Collection iconographique et historique des chenilles; ou, Description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses, et des applications à l'agricultureChapitre 2 sur 12 · BOISDUVAL, P. RAMEUR, A. GRASLIN · texte numérisé non relu

BOISDUVAL, P. RAMEUR, A. GRASLIN

rue Mouffetard, n" 76.

AVIS DE LAUTEIIR.

M. Duponchel, dans un Avis joint aux livraisons de ses Lépidoptères de France , dit qu'il ne faut pas s'en rapporter au titre de son ouvrage, qu'il avait depuis lon^j-temps l'intention de comprendre les espèces étrangères à la France dans un Supplément qui aurait pour titre Espèces de France, et qu'il n'avait pas attendu pour s'y préparer que j'eusse annoncé mon Icônes. C'est très possible, et je conçois qu'il est fâcheux pour son éditeur que Y Iconographie que je publie, tout en formant un ouvrage à part, en un petit nombre de livraisons, ait le double avantage de former un Supplément complet à celui de Godart. Il y a environ quinze mois que mon ouvrage est annoncé dans le cinquième volume du Species de M. Dejean; ce qui me donne une priorité que je suis loin de réclamer. Il n'est d'ailleurs pas très ordinaire de donner un Supplément à un ouvrage qui , soit dit en passant , est à peine à moitié, quoique le restant soit promis par l'éditeur en un volume (qui aura sans doute cinq ou six parties).

De même que mon concurrent, je ne dirai rien sur la question de savoir lequel de nous deux est le plus à même de remplir les vœux des souscripteurs. Je m'en réfère entièrement au jugement du public.

M. Duponchel dit encore qu'il serait possible que je donnasse plus d'espèces que lui ; cependant, à en juger par ses deux premières livraisons , on serait tenté de croii'e le contraire. En effet , il débute ])ar nous donner Tagis sous deux noms différents, savoir : un individu d'après nature sous le nom de Bellesina, et l'autre copié dans Hubner sous le nom de Tagis. J'avoue que la figure d'Hubner est très défectueuse, et je conçois très bien que M. Duponchel ne l'ait pas reconnue. Dans la planche suivante il nous annonce Pieris Raphani ou. H ellica à! Wnhner qui habite l'Afrique la plus australe, et que quelques anciens auteui'S avaient crue être d'Europe , ainsi que le satyre Clytus et la Zygœna Coffra. C'est là le cas de répondre à M. Duponchel que la géographie nous apprend que le cap de Bonne-Espérance n'est pas en Europe , ni même voisin de la Tartarie chinoise.

Certainement que je donnerai comme européennes les huit ou dix espèces propres à la Sibérie, et je suivrai en cela tous les au-

teurs allemands qui les de'crivent comme telles. Dans notre Iconographie des Coléoptères dEurope nous y comprenons de même les coléoptères de Sibérie, par la raison que tous les entomologistes, qui ne font collection que d'espèces d'Europe, ne regardent pas comme exotiques les insectes de cette partie de la Russie. Dès-lors je ne perdrai pas mon temps pour démontrer que le P. Xutlius, qui se trouve en Sibérie , babite aussi le revers occidental de l'Oural. Pour être conséquent avec lui -môme, M. Duponcbel n'aurait pas dû donner la Colias auront, qui est propre à la Russie asiatique; cela lui aurait évité le petit désagrément de la faire copier dans Ernst ou dans Hubner ; car, s'il eût eu cette espèce à sa disposition , il est trop bon observateur pour dire qu'en dessous elle ressemble aEdusa^ Il ajoute cependant que la femelle lui est inconnue; c'est assez croyable, attendu qu'avant nous personne ne l'a ni décrite ni figurée.

Si j'ai bonne mémoire, M. Duponcbel avait annoncé par la voie des journaux qu'il suivrait la niétbode de M. Latreille, ainsi que cela avait eu lieu dans le commencement de l'ouvrage par Godart; mais voilà qu'aujourd'bui, après avoir donné les Pieris et les Colias, il passe aux polyommates, ainsi que je l'ai fait dans mon Index methodicus. Nous l'en remercions, une telle préférence a quelque cbose de flatteur. Cela nous a mis à même de voir qu'il avait sans doute par distraction oublié de faire figurer les Colias nastes et pelidne , à moins qu'il ne les garde pour en faire un Supplément à son Supplément.

Je termine en déclarant qu'il est pénible pour moi d'avoir à répondre à cet avis, et d'être forcé d'élever une sorte de polémique avec un homme que j'estime, et sur-tout avec lequel je suis lié d'amitié depuis plusieurs années.

Le docteur ROISDUVAL,

rue Moiiftetunl, n" -0.

PAPILLONIDES.

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