IV. Genuin. t. b. , fig. I. a. b
Fab., Ent. Syst., III, 2, 124, 373.
Esp. , Schm. , IV , th. , tab. 121, Noct. , 42 , fig. 6. BoRKH., Eur. Schm. , IV, th. S., 345, n° i44- ScHRANR, Faun. Boic, II , B. i. abth., S. 334- — Wien.
Verz. , Ilug. , Devillers, etc.
La nébuleuse. Ebnst. , Papil. cCEurop. , pi. 211, fig. 284. Noctuelle rhizolithe. God.-Dup. , Papil. de France, 7, pi- 112,
Elle est de la tai lie de Stabilis.
Sa couleur est d'un vert -bleuâtre glauque, pointillée de blanc , avec de petits poils de la même couleur , bien visibles , et naissant chacun d'un petit tubercule également blanc; le dos est marqué en outre de trois lignes longitudinales, blanches , peu prononcées , dont une sur le vaisseau dorsal et les deux autres semi-latérales et suivies d'une rangée de petits tubercules blancs , un peu plus saillants que les autres ; il y a entre les pattes et les stigmates une raie latérale jaune ou d'un blanc jaunâtre.
Les stigmates sont petits, blancs, et cerclés de noir; la tête est d'un vert-bleuâtre pâle; le dessous du ventre est blanchâtre comme dans Yinstabilis; les pattes sont de la même couleur, avec la couronne des membraneuses un peu violâtre.
^ Lorsqu'elle est sur le point de se métamorphoser, les lignes
Ik longitudinales disparaissent, et le vaisseau dorsal forme une
|F ligne d'un vert plus obscur que le fond.
F On la trouve, dans le courant de mai , sur le chêne {quercus), dans les bois d'une grande partie de l'Europe.
Elle subit sa métamorphose dans la terre, sans former de coque proprement dite.
La chrysalide est d'un brun rougeâtre , terminée par une petite pointe noire , accompagnée de deux soies divergentes crochues.
L'insecte parfait paraît ordinairement en août et septembre ; mais souvent la chrysalide passe Thiver et éclôt au commencement du printemps suivant.
NOCTUELIDES.
GHLOANTHA HYPERICI. PI. 22, fig. 5 et 6.
Fusca lineis tribus dorsalibus tenuibus flavis , vittaque laterali aibida.
Xylina hypericL Boisd. , Ind. meth., p. 88. Treitschr.-Ochs., Schmett. von Europ., III, p. 67, n" 27. Noctua hyperîci. Hubn., Noct. , tab. 5i , fig. 25o. Fab. , Ent. SysL, III, 2, 91 , 272.
La joueuse. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 242 , fig. 357. Noctuelle du mille-pertuis. God.-Dup., VII, pi, 112, fig. 5.
Elle est cylindrique , un peu atténuée par devant. Son dos est d'un fauve carmélite, tirant sur le violâtre dans certains individus , avec trois lignes longitudinales ; l'une d'un jaune pâle sur le vaisseau dorsal , étranglée aux incisions , largement bordée de brun , sur-tout sur le milieu des anneaux ; l'autre d'un jaune plus pâle , et même quelquefois blanchâtre, est finement bordée de brun par en haut. Immédiatement au-dessous de celle-ci , est une large bande longitudinale d'un brun-chocolat ou marron tirant un peu sur le violâtre , et qui est bordée inférieurement par une autre bande d'un jaune pâle ou presque blanche , amincie à ses extrémités , et finissant en pointe sur le côté des pattes anales. Les stigmates sont noirs , et placés sur la partie supérieure de cette bande. Le ventre est d'un fauve violâtre , avec la base des pattes finement pointillée de blanc. Les pattes écailleuses sont d'un brun foncé ; les autres sont plus pâles que le ventre. La tête est d'un fauve brun , avec un trait latéral blanchâtre faisant suite à la bande jaune. On aperçoit en outre sur la bande brune latérale quelques petits points blancs à peine perceptibles , au-dessus des stigmates , et quelques autres un peu plus gios entre les lignes dorsales. Il y en a sur-tout un que l'on voit assez facilement, placé sur le milieu du tiers antérieur des anneaux.
Cette jolie chenille vit exclusivement à notre connaissance sur les mille-pertuis , principalement sur \ hypericum perfora-
NOCTUÉLIDES.
tum. On la rencontre dans le courant du mois de juin. Elle se tient au pied de la plante sous des débris de végétaux , et quelquefois même elle en est à un pied de distance , cachée sous des plantes basses.
Dans les premiers jours de juillet, elle se fait une coque avec des grains de terre et quelques fils de soie.
La chrysalide est cylindrico-conique , d'un brun- marron foncé luisant , avec l'enveloppe des ailes et du thorax d'un brun noir ; elle est terminée par deux petites pointes noires , parallèles , recourbées à leur extrémité , accompagnée chacune d'une petite soie courte.
L'insecte parfait éclôt après trois semaines de métamorphose ; mais il y a des individus qui restent à l'état de nymphe jusqu'au mois de mai de l'année suivante. Il se trouve dans plusieurs contrées du centre de l'Europe , sur - tout dans les parties sous-alpines.
NOCTUELIDES.
CLF.OPHANA USTULATA. Boisd. PI. 22 , fig. i , 2 , 3 et 4. ^ Viridis elongatissima vîttis tribus flavis vel flavo-virescentibus.
Cette chenille est mince , très effilée et atténuée à ses extrémités , avec les anneaux un peu renflés. Le fond de sa couleur est entièrement d'un vert foncé, avec des petits linéaments longitudinaux noirs , extrêmement déliés , et souvent à peine visibles. Le vaisseau dorsal est couvert par une bande longitudinale d'un blanc sale, ou d'un blanc jaunâtre un peu lavée de verdâtre , atténuée aux deux extrémités. Un peu au-dessus des pattes , on voit ordinairement une raie longitudinale de même forme et de même couleur, mais quelquefois moins nette et absorbée en partie par la teinte générale. Le ventre est aplati et du même vert que le dessus du corps, ainsi que les pattes. La tête est pareillement verte.
On la trouve , pour la première époque , depuis le commencement de mai jusqu'au 1 5 juin , et pour la seconde, pendant le mois d'août, sur la scabieuse blanche {scabiosa leucantha). Elle est extrêmement vive, et pour peu que l'on touche la plante elle se laisse tomber, et sautille en se retournant dans tous les sens comme les chenilles des Catocala. Pendant le jour, on la trouve au pied de la plante, et elle ne mange guère que la nuit.
Lorsqu'elle est parvenue à son entier développement , elle file à fleur de terre une coque ovoïde , d'un tissu blanchâtre assez serré, qu'elle recouvre de débris àe végétaux. Huit jours après, elle passe à l'état de nymphe.
Celle-ci ressemble beaucoup à celle d'Opalina. Comme chez cette dernière , elle est pourvue d'une gaîne détachée qui se prolonge jusqu'à l'extrémité ; mais elle en diffère par le renflement des anneaux, dont les incisions offrent, en outre en dessus, une petite touffe de poils noirs très courts.
L'insecte parfait éclôt dans le courant d'août , lorsqu'il provient des chenilles du printemps ; et en avril et mai de
NOCTUÉLIDES.
l'année suivante, lorsque celles-ci se sont métamorphosées vers la fin d'août. Il butine le soir sur les fleurs de la scabieuse dans les environs de Montpellier et dans quelques parties de la Provence.
Gustave Daube.
Nota. Ce lépidoptère devra peut-être un jour former un genre propre entre les Cleophana et la Noctua Lithorhiza des auteurs.
CLEOPHANA LïNARl.i;. Boisd. PI. 4, fijj. 3, 4 et 5.
Supra nigro-cyanea, albido strigata, vlttis tribus alferaque laterati Jîavis ; subtus cinereo-albida , nigro punctata.
Xjlina linariœ. Treitsch.-Ochs., Schmett. von Europ., Ilï,
Boisd., Ind. meth., p. 88.
Noctua linariœ. Hubn. , tab. Sa, fig. 52. — Larv. lepid., IV,
Noct. ,11, Genuin., U, a, fig. i , a, 6, c. — Wien. Verz. ,
Illig. , BoRKH., etc.
Fab. , Ent. Syst., III, 2, 92, 274.
Esp., tab. 121 , Noct., 42 , fig. 4? 5. La linariette. Ernst, Papillons d'Europe, pi. 237, fig. 347 ,
La sangsue de la linaire. Réaumur, Mém. , t. I, tab. 37,
Noctuelle de la linaire. God.-Dup. , t. 7, pi. 100, fig. 6.
Cette chenille , lorsqu'elle se tient sur la tige ou sur une feuille de linaire , est très sensiblement atténuée aux deux extrémités ; c'est sans doute ce qui est cause que Réaumur l'a comparée à une sangsue.
Elle a sur le dos trois bandes longitudinales d'un jaunecitron vif, dont la plus large couvre le vaisseau dorsal. Entre ces bandes , elle est d'un noir bleu , coupée transversalement sur chaque anneau par des stries d'un blanc teinté de bleuâtre, plus ou moins larges, et partageant souvent le fond en une suite de taches d'un noir bleu. A la base des pattes on voit une autre raie jaune, et le fond entre cette ligne et celle qui la précède est d'un blanc un peu bleuâtre , tirant sur le gris de perle. Il est parsemé , ainsi que la partie située audessous de la raie, de points noirs de différentes grosseurs.
Le dessous du corps et les pattes sont d'un gris de perle très blanc, avec quelques petits points noirs. La tête est de la même couleur, ponctuée de noir, ainsi que le côté externe des pattes. Les stigmates se confondent avec les points.
NOCTUÉLIDES.
La chrysalide est d'un brun clair, cylindrico-conique , avec la gaîne qui renferme les pattes postérieures , très prononcée , détachée, s'avançant jusqu'à Textrémité du dernier anneau. Elle est renfermée dans une petite coque blanche ou d'un blanc grisâtre, en ovale alongé.
La chenille se trouve dans une grande partie de l'Europe sur les linaires, principalement sur les L. vulgaris et repens, depuis le commencement d'août jusqu'à la fin de septembre.
La chrysalide passe ordinairement l'hiver, et l'insecte parfait éclôt à la fin de mai ou au commencement de juin. On le trouve fréquemment en repos sur les têtes des scabieuses.
NOCTUÉLIDES.
CLEOPHANA OPALINA. Boisd. PI. 4, fig. i et 2.
Cinereo-albida , supra maculis cyaneis ordinatis, sublus lateralilerque cyaneo punctata; vittis tribus dorsalibus alteraque laterali obsoletissima, citrinis.
Xylina opatina. Treitsch.-Ochs. , Schmett. von Europ., III ^
Boisd., Ind. rnethod., p. 88.
Noctua opalina. Hubn. , tab. 8i, fig. 376. GoD.-Dup. , t. 7, pi. ii5, fig. 3.
Esp. , tab. 1 82 , Noct. , io3 , fig. 3. Noctua casta. Scriba, Beytr., 3, H. S. , 212, tab. 17, fig. 7.
Elle a les plus grands rapports pour le dessin avec la chenille de Linariœ. Le fond de la couleur est ordinairement d'un gris-blanchâtre clair, avec une bande dorsale d'un beau jaune. Au-dessous de cette bande , on voit une série de points d'un noir bleu , plus ou moins gros , irréguliers , placés les uns à côté des autres, et variant de quatre à dix sur chaque anneau. Plus bas , il y a une autre raie jaune , mais beaucoup moins marquée que celle qui couvre le vaisseau dorsal. A la base des pattes membraneuses, on remarque souvent, en outre, une très légère trace de la raie jaune qui est si bien marquée dans la Linariœ.
Le dessous du corps et une partie des côtés sont parsemés de points noirs inégaux. Les pattes sont de la même couleur. Les stigmates sont à peine visibles. La tête est plus claire que le reste du corps , avec une rangée de petits points noirs de chaque côté.
La chrysalide est de la même couleur et de la même forme que celle de Linariœ. Elle est renfermée de même dans une coque ovoïde, d'un tissu blanchâtre, très serré , et recouvert des fragments de la plante sur laquelle elle se nourrit.
Dans son jeune âge cette chenille est pubescente, avec une petite hgne jaune sur le dos. Ce n'est qu'à la troisième mue qu'elle prend ses belles couleurs.
NOCTUÉLIDES.
On la trouve dans le midi de la France, l'Italie et FEspagne, sur plusieurs espèces de linaria et sur le muflier [antirrhinum majus). Celles que l'on rencontre au commencement de l'été subissent toutes leurs métamorphoses en quarante jours, tandis que celles d'automne restent plus de trois mois à l'état de chenille , et passent l'hiver en chrysalide.
On trouve quelquefois des variétés où le fond est d'une belle couleur bleue foncée , avec trois raies jaunes , dont la dorsale seule est bien marquée. Il en est d'autres qui sont presque entièrement jaunâtres.
Gustave Daube.
NOGTUÉLIDES.
CHARICLEA DELPHINII. PI. 20, fig. i, 2, 3 et 4.
Albida vel albido-camea linea dorsali interrupta punctisque iiumerosis nigro-violaceis, lineis duabus lateralibus Jîavis.
Steph., British. CataL, p. lo/j. • n° 6368. Xylina delphinii. Boisd. , Ind. meth. , p. 89. Treitschk.-Ochs. , Schmett. von Europ., III, p. 82, n" 54- Noctua delphinii. HuBN.,Noct. , tab. 137, fig. 622, et tab. 42, fig. 204. — Larv. lepid. , IV, Noct. , II , gen. W, a, fig. i -3,
LiNN. , FaB. , BORKH. , EsP. , CtC.
L'incarnat. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 3 10, fig. 538. Noctuelle du pied-d'alouette. God.-Dup., VII, pi. loi, fig. i.
Cette chenille a beaucoup de rapport avec celles de certaines Cucullia, et est une des plus jolies de la famille des Noctuélides. Le fond de sa couleur est tantôt blanchâtre, tantôt d'un blanc un peu violâtre ou d'un blanc incarnat luisant , avec deux raies latérales jaunes. Son dos est marqué d une suite de traits alongés , noirs , formant une raie interrompue sur le vaisseau dorsal. Outre cela , sur chaque anneau et de chaque côté de cette raie, il y a quatre points de la même couleur, dont les deux antérieurs s'unissent souvent avec cette raie pour former des espèces de trèfles. Entre les deux raies jaunes , il a aussi sur chaque anneau un groupe de cinq points noirs , sans compter deux ou trois autres points très petits qui existent souvent sur le bord de la raie inférieure. Au-dessous de cette dernière et sur les pattes, il y a encore plusieurs points de la même couleur. La tête est à-peu-près de la couleur du corps, marquée de cinq ou six points noirs.
On trouve souvent une variété chez laquelle la raie jaune inférieure est remplacée par une raie blanche.
Dans sa jeunesse , elle est blanchâtre ou d'un gris blanchâtre , avec le dessin plus confus et moins apparent.
On la trouve depuis le commencement de juin jusqu'à la fin d'août dans les jardins , sur les pieds-d'alouette , particu-
NOCTUÉLIDES.
lièrement sur le delphinium ajacis, dont elle mange les fleurs , et sur-tout les fruits. Une quinzaine de jours lui suffit ordinairement pour arriver à son entier développement.
Pour se métamorphoser, elle entre en terre, où elle forme une coque ovoïde , en agglutinant quelques grains de cette substance avec de la soie.
La chrysalide est cylindrico-conique , d'un brun rouge , à reflet verdâtre sur Tenveloppe des ailes ; elle se termine à Fexîrémité par deux petites pointes noires , rugueuses , rapprochées.
L'insecte parfait éclôt depuis la fin dé mai jusqua la fin de juillet. Il se trouve çà et là dans le centre et le midi de l'Europe. Il est assez commun aux environs de Paris.
Lorsque Ton élève cette chenille , il n'en faut mettre ensemble qu'un petit nombre , parcequ'elles se dévorent. Il leur arrive même quelquefois de manger la chrysalide de celles qui se sont métamorphosées les premières.
NOCTUÉLIDES.
GUCULLIA GNAPHALII. PI. 7, fig. 5 et 6.
Firîdis , fascîa dorsali utrinque sinuata , lîneis obscuris nexis notata macuHsque lateralibus , stigmatîferis , cinereo-purpureis.
Treitsch.-Ochs. , Schmett. von Europ. , III , p. 87, n° 2. BoisD., Ind. melli., p. 8g. — Canteker', catalogue du département du Var, p. 91.
Noctua gnaphalii. Hubn. , Noct, tab. 126, fig. 582 , 583. Cucullie du gnaphalium. God.-Dup., t. VII, pi. i25,fig. 4-
Elle est atténuée antérieurement et postérieurement. Le lond de sa couleur est d'un vert-pomme légèrement roussâtre. Sur le dos est une large bande longitudinale , amincie à ses deux extrémités , d'un gris-foncé roussâtre ou violâtre , suivant les individus. Cette bande est sinueuse sur ses bords , encadrée d'une ligne brune , et elle s'élargit en pointe à chaque incision. Elle est en outre marquée d'une suite de taches un peu plus claires, alternativement rondes et carrées, qui sont dessinées par des lignes d'un gris noirâtre, et qui sont liées entre elles. Ces taches sont quelquefois absorbées par la couleur de la bande ; mais on distingue toujours les lignes d'un gris brun qui les entourent. En général l'antérieure , qui est presque carrée, est la plus claire. Au-dessous de cette bande sont placées trois lignes longitudinales d'un vert foncé , dont les deux inférieures sont moins apparentes, et seulement bien distinctes aux incisions. Les côtés sont marqués sur chaque anneau d'une large tache d'un violet ou d'un pourpre grisâtre. Ces taches ont un point brun à leur sommet, et deux points semblables placés obliquement en arrière. Les stigmates sont d'un blanc-jaunâtre sale, cerclés de brun, et placés sur le milieu des taches latérales. Le dessous du ventre est d'un vert -clair bleuâtre , avec cinq raies blanches longitudinales peu apparentes. Toutes les pattes sont de la couleur du corps. La tête est d'un vert pomme , roussâtre à sa partie supérieure. Outre cela , on voit çà et là (juelques petits poils fins sur le corps et sur la tête.
NOCTUÉLIDES.
Cette chenille vit solitairement sur la verge-d'or , solidago virgaurea. On la trouve' dans le courant de juillet et dans le commencement du mois d'août. Elle se tient ordinairement collée le long d'une tige de la plante , la tête tournée par en bas , quelquefois même sur une autre plante à peu de distance. Dans cette position elle n'est pas facile à apercevoir, parceque la couleur de la bande dorsale se confond avec celle des tiges de la verge-d'or. Elle est extrêmement vive ; dès qu'elle sent qu'on la touche, elle se laisse tomber, et s'agite vivement et très brusquement.
Elle se forme une coque ovale , d'une consistance solide , avec un mélange de soie et de terre.
La chrysalide ressemble beaucoup à celle de YAsteris. Son corps est d'un jaune-pâle verdâtre, avec les incisions d'un brun rouge, et l'enveloppe des ailes et du corselet d'un vertjaunâtre pâle très transparent. La pointe anale est d'un brun foncé, aplatie et spatulée à son extrémité. Les stigmates sont d'un brun noir.
L'insecte parfait éclôt dans les derniers jours de mai et dans le courant de juin. Il se trouve, mais assez rarement, dans le centre et dans le nord de la France et de l'Allemagne. Il a été très rare dans les collections jusqu'en 1825, que l'un de nous le trouva aux environs de Paris. C'est notre collaborateur, M. de Graslin , qui a le premier découvert sa chenille en France.
NOCTUÉLIDES.
CUCULLIA SANTOLINiE. PL 33, %. i et 2.
Viridîs vel purpureo-virescens vitta dorsalî regulatini sinuata rosea, alterisque lateralibus shiuosis albidis.
Rameur j in Ann. de la Soc. Ent. (i834), pi- 8, fig. 4 et 4"-
Elle varie pour la couleur , qui est tantôt vineuse , tantôt d'un roux verdâtre , mais le plus ordinairement verte ou intermédiaire entre ces nuances. Elle a sur le dos une bande sinuée , rose , entière , ou interrompue aux incisions par du blanc. Cette bande est limitée par une ligne noire plus foncée sur le milieu de chaque anneau. Plus bas la teinte est d'un vert obscur , en forme de bande , bordée par une ligne noire inégalement foncée, très sinueuse, après laquelle vient une raie d'un blanc bleuâtre, obscurcie au milieu de chaque anneau, où elle est marquée de deux points blancs. Depuis cette bande jusqu'un peu au-delà des stigmates, la couleur est d'un vert obscur, et sur cette teinte un peu au-dessus des stigmates , on voit une série de croissants blanchâtres ou d'un blanc verdâtre, bordés en dessous par une ligne noire. Les stigmates sont ovoïdes, noirs, suivis d'une raie sinuée d'un blanc jaunâtre, marquée ordinairement, dans les variétés vertes ou verdâtres, d'un petit trait rose sous chaque stigmate. La teinte devient ensuite d'un vert roussâtre ou vineux, avec une série de points blancs.
Le ventre est pâle, avec les pattes d'un vert roussâtre ou vineux. La tête est d'un vert sale ou d'une teinte vineuse sablée de noirâtre et marquée d'une ligne noire en forme de A.
Nous avons trouvé cette chenille dans l'île de Corse sur Vartemisia arborea ; M. Daube l'a découverte aussi sur l'armoise des champs, artemisi'a campestris, aux environs de Montpellier.
Elle forme une coque semblable à celle de la Chrysanthemi. L'insecte parfait éclôt en novembre et décembre, et l'on trouve la chenille dans le courant d'avril.
• ' NOGTUÉLIDES.
CUCULLIA ABSINTHII. PI. 33, fig. 3.
Glauco-virescetis , segmentis dorso rufescehtibus atbo strigatis.
BoiSD. , Ind. metli. , p. 89.
Treitschk. Ochs. , Schm. von Europ., III , p. 92, 4*
Noclua absinthu. Linn., Syst. nat., .1, 2, p. 845, i33.
F AB. , Ent. Syst, m, 2., 88, 2.6 ï,
BoRKH. , Eur. Schm., IV, th. S., 281, 119. — Schrank ,
Rossi , etc.
HxTBN. , Noct., tab. 53 , fig. 258.
Esp., Schm., IV, th. , tab. 1 16.
La pointillée. Ernst., Papil. d Europ., pi. 245, f. 36 1. L'iota? Geoffroy, HisL des Ins. , II, p. i58, n° 95. Cucullie de l'absinthe. God.-Dup. , VII, , pi. i25, fig. 7.
Elle est verte ou d'un blanc verdàtre, avec les anneaux très saillants, marqués chacun de huit petits tubercules roussâtres, savoir : quatre sur le dos disposés par paires , dont les deux antérieurs plus rapprochés ; deux de chaque côté placés obliquement en arrière des stigmates , qui sont roux et finement cerclés de noir. En outre , toute la chenille ou chaque anneau si Ton veut , est varié de roux, de blanc et de verdàtre, de manière à former plusieurs dessins obliques tant verts que blanchâtres.
Le ventre est verdàtre avec plusieurs stries longitudinales obscures. Les pattes sont de la même couleur. La tête est grisâtre un peu rousse sur les côtés.
Elle se trouve depuis juillet jusqu'à la fin de septembre par petits groupes sur l'absinthe commune {artemisia absinthium) , et quelquefois sur la petite absinthe {artemisia pontica) ou même snvV abrotanum. Elle se confond tellement avec les fleurs de l'absinthe par sa couleur, qu'il est très difficile de l'apercevoir , à moins qu'il ne soit tombé de la pluie , parcequ'alors l'absinthe prend une couleur verte qui tranche un peu avec celle de la chenille.
NOCTUÉLIDES.
Elle fait, comme les espèces congénères, une coque ovale, composée de grains de terre liés avec des fils de soie.
La chrysalide est d'un jaune verdâtre, avec la gaîne des pattes postérieures brune.
L'insecte parfait éclôt en septembre, ou en juin de l'année suivante; il se trouve dans le nord de la France et dans plusieurs contrées de l'Allemagne. Il est commun en Normandie et en Angleterre.
NOGTUELIDES.
CUCULLIA TANACETI. PI. 33 , fig. 4.
Glauco-albida nîgro piinctata lineîs quinqueflavis.
BoisD. , Ind. meth. , p. 89.
Treits.-Ochs., Schm., III, p. 100, 8.
ISociua tanaceti. Hubn., iVoc^, tab. 54, fig. 265.' — Larv.
lepid., IV , Noct. , II, Genuin., V, b. c. , fig. 2. a. b. Fab., Ent. Syst., III, 2, 121, 366.
BoRKH., JS'Mr. ^cAm., IV, th. S., 199, n" 126. — Wien. Verz. ,
IllIG., FuESSL. , ScHRANK , CtC.
La cendrée. Ernst. , Papil. d'Europ. , pi. 247 , f. 366. Gucullie de la tanaisie. God. — Dup. , VII , Papil. de France , pi. 126, %. 4-
Elle a quelques rapports, au premier coup d'œil, avec les espèces qui mangent les verbascum et les scrophulaiia.
Le fond de sa couleur est d'un blanc glauque luisant, avec cinq raies d'un beau jaune-citron, dont trois dorsales et une de chaque côté entre les pattes et les stigmates. Outre ces raies , tout le corps de la chenille est tigré de points noirs , et offre quelques petits poils clair-semés delaméme couleur, mais peu visibles. La tète est aussi ponctuée de noir et marquée d'une espèce de V jaune dont la pointe est dirigée par en haut.
Le dessous du ventre et les pattes sont d'un blanc un peu glauque, quelquefois d'un blanc qui a quelque chose de bleuâtre ou de verdâtre, finement ponctué de noir. Il y a aussi quelquefois une apparence de raie jaunâtre qui s'étend d'une patte à l'autre.
Ou la trouve à la fin de juillet et quelquefois en septembre sur l'absinthe ordinaire arteniisia absinthium , ïartemi'sia abrotanum, la tanaisie tanacetum vulgare, la millefeuille , achillea millefolium , la camomille, niatricaria chamornilla.
Elle forme , dans la terre ou à sa surface , un cocon ovale , avec dés grains de cette substance réunis avec- des fils de soie comme la Verbasci.
NOCTUÉLIDES,
La chrysalide est verdâtre, avec les enveloppes des ailes d'un brun jaunâtre ainsi que la gaîne des pattes postérieures. L'insecte parfait éclôt en septembre, ou en juin de l'année suivante. Il se trouve dans le centre et le midi de la France, et dans plusieurs contrées de T Allemagne.
NOCTUELIDES.
CUCULLIA GHAMOMILL^. PI. 6,fi{j. i.
Flavescetis vittis lateralibus sinuatis , alteraque dorsali albo piinclala , olivaceis; annutatim roseo subfasciata.
Treitsch.-Ochs., Schmett. von Europ., IIÏ , p. m, n" la.
JVorttia cliamomillœ, Hubn., Noct. , tab. 54, fiff- 26 (. — Larv.
lepid. , Noct., II , genuin. V, a-b , fig". 2 , a. Fab. , Etit. Syst., III, 2, 112, 365.
WiEN. Vebz. , S, 75 , fam. I , M , 3 . Esp., Schmett., IV th., tab. 193, Noct., 1 14? fig- i- BoRKH., Europ. schmett., IV th. , S. 290, n° 122. Cucullie de la camomille ? God.-Dup. , t. VII, pi. 126, fig. 3.
Cette belle chenille est d'un jaune-paiile clair, avec une bande transversale d'un rose pourpre sur le milieu de chaque anneau. De chaque côté est une bande longitudinale sinueuse, étranglée aux incisions , d'un vert-olivâtre clair, tirant un peu sur le rose pourpre , et légèrement bordée de brun roussâtre. Au-dessus de cette bande , on voit sur le milieu de chaque anneau une autre bande , courte , d'un vert-olivâtre plus foncé , bordée de brun , et qui monte , en s'arrondissant légèrement, se joindre sur l'anneau suivant à celle venue du côté opposé , de manière à former comme une suite de chevrons. Ces chevrons sont marqués à leur base d'un point blanc arrondi, qui donne naissance à un petit poil peu visible. Au-dessous de la bande longitudinale , on en voit une autre raaculaire , très ondulée , interrompue sur le milieu de chaque anneau , bordée de brun, et de la couleur des chevrons. Les stigmates sont ovales, d'un blanc jaunâtre, cerclés de noir, et placés entre cette bande et un trait rose qui longe les pattes. La tête est d'une couleur de chair roussâtre , avec deux traits longitudinaux d'un brun roussâtre, placés antérieurement. Le dessous du ventre est d'un blanc verdàtre , avec cinq raies longitudinales blanches et quelques points verruqueux de la même
NOCTUELIDES.
couleur. Les pattes membraneuses sont blanchâtres avec la couronne rousse ; les écailleuses sont de la même couleur avec la pointe brune.
Cette chenille a les incisions rentrées , et elle est luisante et comme vernissée.
On en rencontre une variété qui diffère de celle-ci par les caractères suivants : le fond de sa couleur est d'un blanc très légèrement verdâtre ; les bandes sont moins bien écrites , et les chevrons sont dépourvus de points blancs à leur base. Elle n'a pas non plus de bande rose transversale. On en trouve d'autres au contraire qui sont plus colorées que celle que nous avons fait figurer. La bande rose transversale couvre presque chaque anneau , et les raies ventrales sont bordées de brun roux.
La chrysalide est cylindrico-conique, aplatie, d'un brunroux luisant , avec l'enveloppe des yeux noire ; la gaîne de la trompe et des pattes est plus foncée que le corps. L'anus est terminé par une pointe brune obtuse et aplatie.
On trouve cette chenille pendant le mois de juillet et les premiers jours d'août sur les fleurs de la matricaria chamomilla et de V anthémis cotula et arvensis.
L'insecte parfait éclôt en mai. Il se trouve en France , en Autriche et en Hongrie ; mais il est assez rare par-tout.
NOCTUELIDES.
CUCULLIA LACTUC.'E. PL 6, fig. 3 et 4.
Treitsch.-Ochs. , Schmett. von Europ. , III, p. 109, n° 11.
BoiSD. , Ind. meth., p. 89.
Noctua lactucœ. Hubn., Pap., tab. 53, fig. 264. — Larv.
lepid. , IV, Noct. , II , genuin. V , 6, fig. i , a. Fab. , Ent. Syst., III , 2, 122 , 367, — Borrh. , Wien. Verz. ,
ScHRANK , etc.
EsPER, Schmett., IV th. , tab. 137, Noct. 58, fig. 4-6. RoESEL, Ins., I th. , tab. 42, fig. i-5, S. 241 • La laitue. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 248, fig. 368. GucuUie de la laitue. God.-Dtjp., t. VII, pi. 126, fig, 2.
Le fond de sa couleur est d'un blanc bleuâtre. Son dos est longé par une bande d'un jaune orangé , étranglée aux incisions ; ensuite vient immédiatement de chaque côté une large bande maculaire , noire , formée sur chaque anneau de deux taches transversales , dont Tantérieure est plus large , et la seconde élargie à sa base et située dans l'incision. Au-dessus des pattes , il y a une autre bande d'un jaune pâle , lavée d'orangé sur le milieu de chaque anneau. Les stigmates sont noirs et placés sur cette bande. Sur leur côté postérieur, on voit un point de la même couleur, et au-dessous d'eux un point semblable , suivi d'une tache noire assez large presque orbiculaire. En dessous , chaque anneau est marqué d'une bande noire transversale et de deux traits de la même couleur placés dans l'articulation. La tête est noire, avec deux lignes blanches formant un V renversé. Toutes les pattes sont noires.
Cette chenille est luisante , comme vernissée , et ses anneaux sont saillants , moniliformes. Elle vit sur les laiterons ( sonchus ) , les prenanthe^ , et sur plusieurs espèces de laitue (lactuca). On en trouve qui sont parvenues à toute leur grosseur depuis la fin de juillet jusqu'au milieu de septembre.
PoiH' se métamorphoser, elle fait en terre une coque ovale, assez solide, comme la plupart des espèces du même genre.
NOCTUÉLIDES.
La chrysalide est cylindrico - conique , alongée, un peu aplatie , d'un rouge presque briqueté ou d'un brun rouge , luisante , avec l'enveloppe des ailes plus claire. La gaîne de la trompe et des pattes postérieures est détachée comme dans les espèces du même genre et comme dans les Cléophanes. Les stigmates sont noirs ; la pointe anale est longue , très ^ aplatie , et spatulée à son extrémité.
L'insecte parfait éclôt à la fin de mai ou au commencement de juin de Tannée suivante. Il est des localités où il paraît deux fois. Il se trouve çà et là dans presque toute l'Europe , mais bien plus rarement que XUmbratica. A peine si on peut le distinguer de la Lucifuga.
NOCTUÉLIDES.
CUGULLIA LUCIFUGA. PL 6, %. 5, 6 et 7. Atra macuUs rubro-fulvis triseriatis.
Treitschr.-Ochs. , Schmett. vonEur., III, p. 1 16, n" 14.
Noctua lucifaga. Hubn. , tab. 54 , fig'- 262. — Larv. lepid. , IV, Noct. , II , genuin. V,|fc, fig. i , «^ 6 (sous le nom d'ÏJmbratica).
RoESEL, Ins., I th., tab, 25, fig. i , 2 et 5 (la fig. 4 appartient à Umbratica).
EsPER? Schmett. , IV th., tab. 178, Noct. , 89, fig. 8.
WiEN. Verz. ? S. 3i2 , fam. I, n° 11.
BoRKH., Europ. schmett., IV th. , S. 295 , n° 124.
Jusqu'à sa dernière mue elle est d'un rouge-brun obscur, avec une bande dorsale et une bande latérale jaunâtres. La bande latérale est plus large que la première et marquée de petits points noirs. On en voit aussi quelques uns le long de la bande dorsale, oii la teinte rouge devient noirâtre. Le milieu du ventre est un peu jaunâtre.
La tète est jaunâtre ou d'un jaune roussâtre , et semée d'atomes d'un brun rouge.
Après sa quatrième mue, elle devient d'un noir profond, et sa peau est finement chagrinée. La bande dorsale est remplacée par une série de taches arrondies , d'un jaune-orangé vif, placées deux à deux sur chaque anneau. Sur le deuxième et le troisième , il y en a trois , et sur le dernier elles forment une bande. La bande latérale est également remplacée par une série de taches plus larges que les dorsales , de la même couleur, dont une seule par anneau.
Les stigmates sont ovoïdes , complètement noirs ; la tète est noire et rugueuse ; les pattes sont de la même couleur et luisantes.
Cette espèce est au moins de la taille de la Lactucœ. Elle n'est pas rare dans les Alpes , mais elle est presque toujours piquée par des ichneumons. On la rencontre au mois d'août
NOCTUÉLIDES.
sur le prenanthes purpwea, dont elle dévore sur-tout les fleurs ; mais elle vit probablement aussi sur d'autres espèces de chicoracées. Rœsel l'a trouvée sur des sonchus.
La plupart des auteurs se sont trompés en prenant cette chenille pour celle de YUmbratica. Nous ne comprenons pas comment il se fait que M. Treitschke , qui cite la figure de Rœsel, pi. 25, rapporte la chenille, n° 3, qui est celle de YUmbratica, à la] figure n" 5, qui représente la Lucifuga à l'état d'insecte parfait.
Le papillon éclôt en mai, et reparaît peut-être en août comme YUmbratica. Il ressemble tellement à la Cucullia Lactucœ qu'il est souvent très difficile de l'en distinguer.
NOCTUELIDES.
GUCULLIA ASTERIS. PI. 7, %. i , 2, 3 et 4.
Modo vividis , modo violacea , fascîa doisali altevaque laterali citrînix; viltis lateralibus lonyitudinalibus ohscuris.
Treitsch.-Ochs., Sclunett. von Europ. , III, p. 1 r8 , n" i5.
BoiSD., Ind. meth. , p. 89.
Noctiia asteris. Hubn. , Noct. , tab. 53 , fig. 260 ; et tab. 108,
fig. 5o6. — Larv. lepid. , IV, Noct., II, gen. V, 6, c, fig. i,
a, b, Fab. , Elit. Syst., III, 2, 121 , 346. — WiEN. Verz., Borkh. ,
Illig. , etc.
Esp. , Schm.^ IV th., tab. i54, Noct., jS, fig. 2,3. L'astrée. Ernst, Pap. d'Europ. , pi. 246, fig. 364 5 «5 ^• CucuUie de Taster. God.-Dup. , t. VII, pi. 126, fig. i.
Elle est un peu plus atténuée à ses extrémités ([ue sps congénères , et ses anneaux sont moins renflés que dans la Lactucœ. Sur le milieu du dos, elle a une bande d'un jaune citron, placée entre deux autres bandes d'égale largeur d'un vert foncé, quelquefois tirant sur la couleur ardoisée, et bordée en haut et en bas par une ligne noire; vient ensuite une bande plus étroite, d'un vert-jaunâtre pâle, suivie de deux autres d'un vert un peu plus foncé. Immédiatement après est située une bande d'un vert encore un peu plus obscur. Enfin, au-dessous de celleci et près des pattes , on voit une dernière bande , plus large , ondulée par en bas , de couleur blanche , lavée de jaune par en haut , et quelquefois entièrement jaune. Les stigmates sont jaunes, finement cerclés de noir, et placés à la partie supérieure de cette dernière bande. Outre cela, toutes ces différentes bandes sont séparées l'une de l'autre par un filet noir. Le dessous du ventre est d'un vert légèrement roussâtre , avec cinq raies longitudinales blanches. La tête est d'un vert-bleuâtre très pâle , pointillée de noir. Les pattes sont d'un vert blanchâtre, avec les crochets bruns.
On rencontre une variété plus commune dans certaines locahtés, et beaucoup plus rare dans d'autres, qui diffère de
«OCTUÉLIDES.
celle que nous venons de décrire par les caractères suivants : la bande jaune dorsale est suivie de bandes qui sont plus obscures , et quelquefois d'un brun violet ; celle qui vient après est d'un jaune pâle ; les deux suivantes sont d'un violet clair ; lavant-dernière est d'un vert bleuâtre , et la dernière presque entièrement jaune. Le dessous du ventre est d'un rose violet , avec cinq raies blanches. Les pattes sont d'un rose pâle , ainsi que la tête. Du reste, le dessin est tout-à-fait semblable. Toutes les deux sont luisantes et comme vernissées, et elles ont quelques petits poils très fins répandus çà et là sur le corps et sur la tête.
On trouve cette chenille depuis le commencement de juillet jusqu'à la fin d'août sur la verge-d'or, solidago virgaurea, ie long des allées et dans les clairières des bois. Elle se tient presque toujours à la cime des tiges , et il n'est pas très difficile de la découvrir. On la rencontre aussi quelquefois dans les jardins sur les aster et sur les verges-d'or étrangères que l'on cultive. Pour se métamorphoser, elle se forme une coque ovale, d'une consistance assez solide, avec un mélange de terre et de soie.
La chrysalide est cylindrico-conique , aplatie. Le corps est d'un fauve légèrement verdâtre , avec les incisions d'un brun roux. L'enveloppe du corselet et des ailes est d'un vert clair tirant sur le fauve. Les stigmates sont d'un brun noir. L'anus est terminé par une pointe aplatie obtuse , d'un brun foncé.
L'insecte parfait se trouve dans le centre d'une grande partie de fEurope. Il éclôt ordinairement au mois de mai de l'année suivante. Cependant quelques individus hâtifs naissent au u.ois de septembre de la même année.
NOOTUELIDES.
CUCULLIA THAPSIPHAGA. PI. i6, fijj. i , 2 et 3.
Flavescenti -aliicla strigis lonnitudinalibus cluabus, riorsalilms , ctnereo-obscuris , obsoletts , vitta undulata intermedîa flava ; lateribus nîgro ternie punctatis vitta obsoleta cinerea.
Theits.-Ochs. , III, p. 121 , n° 16.
GoD.-Dup., Pap. de France, t. VII, i" part., pi. 124, fig. 4- BoiSD. , Ind. nieth. , p. 90.
Rameur , ie/«f/. de Corse, in ann. de la Société ent. , i832, t. II, pi. I, %. 1 et 26.
Elle est de la taille de la Verbasci , et le fond de sa coukur est d'un blanc plus ou moins teinté de jaunâtre. Elle a sur le dos deux bandes longitudinales obscures , plus pâles au milieu des anneaux, mal arrêtées sur leur bord inférieur, et séparées l'une de l'autre par une bande jaune, ou d'un jaune pâle, qui se rétrécit et s'élargit alternativement deux ou trois fois sur chaque anneau. Les trois premiers anneaux ont deux ou trois rangées circulaires de petits points noirs. Sur les autres anneaux , il y a quatre points placés tout près de la bande dorsale, et quelquefois entre eux il existe de chaque côté deux petites lignes noires , situées transversalement et obliquement, et qui tendent à se réunir sur les bords de la bande jaune du dos. Au-dessus des stigmates, on voit une bande obscure blanchâtre dans son milieu, ce qui la fait paraître comme séparée en deux raies. Son bord inférieur est appuyé sur les stigmates, qui sont ovoïdes, roussâtres et cerclés de noir. Au-dessous et à côté de ceux-ci, on aperçoit plusieurs petits points noirs , quelquefois assez nombreux et accompagnés de quelques petites lignes de la même couleur ; entre eux et la base des pattes , il en existe encore quelques uns. La tête est blanchâtre, moirée de brunâtre, avec de très petits tubercules pilifères noirs. Les pattes écailleuses sont roussâtres ; les autres sont de la couleur du corps, avec un ou deux points noirs à leur côté externe. Le ventre est un peu teinté de verdâtre.
NOCTUÉLIDES.
Il arrive souvent que les bandes longitudinales obscures et les points noirs sont à peine sensibles ; alors toute la chenille est blanchâtre.
Cette chenille, déjà très différente des espèces du même groupe par son dessin et par ses couleurs, en diffère beaucoup aussi par ses mœurs. Elle vit sur le vei^bascum lychnîtis, et quelques autres espèces rameuses ; mais nous ne Favons jamais rencontrée sur le verhascum thapsus , quoiqu'elle fût souvent très commune dans les mêmes localités.
Dans sa jeunesse, elle habite à la base des feuilles et aux embranchements des rameaux de fleurs qu'elle ronge , à Fabri d'une toile qu'elle se fabrique , et qui Fenveloppe et la cache complètement. Plus tard, elle se tient à découvert, ronge les fleurs de la plante , ou se tient sous les feuilles qu'elle mange également ; mais c'est sur-tout lorsqu'elle est arrivée à toute sa grosseur qu'elle descend souvent à la base des tiges pour se cacher sous les feuilles inférieures.
Elle est quelquefois si abondante dans certaines localités, que nous avons vu des verhascum de six ou huit pieds de hauteur totalement privés de feuilles et de fleurs par cette chenille.
Elle se trouve au mois de juin en Corse, dans les montagnes de Flsère, en Provence et en Autriche.
Sa métamorphose ressemble à celle des espèces voisines.
La chrysalide est aussi grosse que celle de Verbasci; elle est verdâtre et transparente sur Fenveloppe des ailes ; la gaîne est très longue, et arrive presque à Fextrémité du dernier anneau.
L'insecte parfait éclôt au printemps de l'année suivante.
NOCTUELIDES,
CUCULLIA BLATTARIiE. PL i5, fig. 5 et G.
Pallide flavescenti-albîda , vltta utrinque flava superne panctis duobus nigris niajoribus, sœpius in X dorso nexis, prœcessa; lateribus nîgro punctatis serieque putictorum Jlavorum.
Treits.-Ochs.? III , 125, n° 17.
JSoctua blattariœ? Esp. , Schm., IV th., tab. i54, Noct. ,
BoRKH.? Eur, schm., IV th. , S. 3i2 , n° i3i. CucuUia scrophutaripliaga. Rameur, Lépid. de Corse, in ann.
de la Société eut.., i832, t. II , pi. i , fig. 4 et 4 <^'
Elle est à-peu-près de la taille de la Canince, quelquefois même plus petite. Elle est d'un blanc mat un peu verdàtre, souvent un peu plus obscur. Sa tête est d'un jaune un peu roussât.e, avec quatre petits points noirs au sommet, et quelques autres moins prononcés et placés plus bas. De chaque côté du dos, il y a une raie jaune longitudinale, quelquefois interrompue , renfermant entre elles sur la plupart des anneaux quatre points noirs placés carrément , dont les deux antérieurs sont plus rapprochés , et les postérieurs s'alongent souvent de manière à se toucher ; quelquefois ils se réunissent en s'entre -croisant par un prolongement grêle , de manière à former des espèces de X. Sur les trois premiers anneaux, les points sont plus petits, plus nombreux, et placés circulairement. Les côtés offrent , comme dans les espèces analogues , une rangée de taches jaunes supportant les stigmates et entourées de quatre points noirs. On remarque aussi au-dessous des anneaux dépourvus de pattes un certain nombre de petits points noirs. Les pattes écailleuses sont de la couleui de la tête ; les autres sont de la couleur du corps , avec un point noir sur le côté externe des intermédiaires , et deux ou trois autres plus petits sur les postérieures.
Ija métamorphose a lieu dans la terre comme pour les es-
NOCTUÉLIDES.
pèces du même genre , et la chrysalide ressemble complètement à celle de la Caninœ.
L'insecte parfait éclôt en mars , avril et mai. Il se trouve dans File de Corse , en Sardaigne , et probablement dans plusieurs localités de l'Europe méridionale.
La chenille vit sur la scrophularia ramosissima. L'insecte parfait a peut-être été confondu avec la Caninœ ; c'est pourquoi nous ne rapportons qu'avec doute la Blattariœ de Treitschke à cette espèce.
NOCTUELIDES.
GUGULLIA CANINiE. PI. i6, fig. 4, 5 et 6.
Subvirescenti-albida maculis dorsatibus flavis intra duos arcus nigros annidatîm locatis ; lateribus nigro punclatîs serieque punctorum JJavorum.
Rameur, Lépid. de Corse, in annal, de la Soci'ét. ent., iSSs , t. II , pi. I , fig. 5 et 5 e.
Cette chenille est plus voisine de la Scrophulariœ que d'aucune autre. Le fond de sa couleur est d'un blanc-mat un peu verdâtre. La tête est jaune, un peu plus foncée que dans la Verbasci, avec de petits points noirs. Les taches noires qui sont sur le dos , et qui constituent le dessin , ont un grand rapport avec celles que l'on observe dans la Sa'ophulariœ. Les quatre taches ou points noirs du dessus de chaque anneau sont toujours longitudinaux, et les antérieurs sont très souvent unis aux postérieurs par une petite liture. Les postérieurs ne sont pas très alongés , sur quelques anneaux ils sont bifides à leur extrémité inférieure ; mais le principal caractère de cette espèce est d'avoir les taches jaunes dorsales , étroites , alongées longitudinalement, bordées par deux points noirs de droite et de gauche, entre lesquels elles ne s'engageait jamais, lors même qu'ils sont séparés , tandis que dans la Scrophulariœ, dans chacun des fers à cheval formés par la réunion des points antérieurs avec les postérieurs, il y a un point jaune. C'est pourquoi nous sommes portés à croire que la chenille , figurée par Hubner sous le nom de Scrophulariœ sur la scrophuloiia aquatica , pourrait bien appartenir à Fespéce en question. Le points des côtés sont comme dans la Scrophulariœ et la Lychnitis.
La chrysalide est semblable à celles du même groupe ; la gaine n'atteint jamais le dernier anneau.
Elle vit presque exclusivement sur les scrophularia canina et ramosissima, et quelquefois sur V aquatica; cependant nous ne l'avons jamais rencontrée dans les lieux où ne croît pas
NOCTUÉLIDES.
l'une ou l'autre des deux premières espèces. Elle aime surtout les fleurs et les fruits , et se tient à découvert.
L'insecte parfait éclôt à-peu-près à la même époque que les espèces analogues , et il est souvent très difficile de le distinguer des Cucullia Blattariœ et Thapsiphaga.
Il se trouve dans le midi de l'Europe , et probablement dans toutes les localités où croissent les deux plantes qui lui sont propres.
NOCTUELIDES.
CUCULLIA LYCHNITIS. PI. i5, %. i , a, 3 et 4.
Subflavescenti vel subvirescenti-albida , anmilatim JJavo fasciata siiperjectis punctis, nigris modo dissitis, modo infasciani iindulatam, transversani confluentibus. Farîat colore toto Jlavo punctis mînutis plus minusve co.ispicuis nigris.
Kambuu, Lépid. de Corse, in ann. de la Société ent. , i832,
t. II, pi, I , fig. 3 et 3 e.
Cucidlia scroplmlariœ. Treits.-Ochs. , Schmett. von Europ. ,
m, p. i3o, ig.
Cucuilie de la scrophuiaire. God.-Dup. , Pap. de France,
t. VII, i" part., pi. i2'4, fig. 363.
La brechette? Ernst, Pap. d'Europe, pi. i47, fig. 363.
Elle est ordinairement plus petite que la Verbasci. Le fond de sa couleur est d'un blanc mat, comme de la cire, ou d'un blanc qui a quelque chose de jaunâtre ou de verdâtre. La tête est jaunâtre , avec cinq ou six points noirs sur chaque côté, et quelques autres plus petits sur le milieu. Chaque anneau est traversé au milieu par une raie noire, se terminant de chaque côté par un point noir lié ou interrompu, et précédée par deux autres points noirs qui touchent ou ne touchent pas à la susdite bande, qui est en outre bordée en avant par une bande traverse jaune, interrompue plus ou moins par les points noirs. Le premier anneau a, au lieu de la raie noire transverse , deux rangées également transverses de petits points noirs, séparées Tune de l'autre par la bande jaune. Sur le second et le troisième anneau , les points antérieurs ne touchent pas ordinairement à la bande transverse , qui du reste est souvent interrompue sur ces anneaux. Le onzième et le douzième ressemblent beaucoup au premier et au second comme dans toutes les chenilles de ce groupe. Sur chaque côte et sur chaque anneau, on remarque quatre points noirs , en comptant celui qui termine la bande transverse. Au milieu de ce groupe est le stigmate qui est brun , et placé sur un gros point jaune. Il y a en outre un point noir à la base de chaque
NOCTUELIDES.
patte. Les pattes sont d'un jaune-blond transparent; les membraneuses sont blanchâtres. Le ventre est de la couleur du fond , et il est traversé , sur chacun des anneaux dépourvus de pattes , par un rang de petits points noirs.
On rencontre souvent, et même quelquefois plus communément, une variété où la bande trans verse est interrompue et remplacée par des points alongés, dont les deux postérieurs, souvent joints ensemble, sont plus alongés et plus minces que dans la Scrophulanœ ; mais elle est toujours reconnaissable , en ce qu'elle a sur chaque anneau une bande transverse jaune, demi-circulaire, sur laquelle sont placées les taches noires. Cette variété est sans doute le type normal de l'espèce.
On en trouve de temps en temps une autre , qui est entière ment d'un jaune citron, avec les incisions un peu plus pâles , et quelques petits points noirs plus ou moins distincts qui indiquent les traces du dessin : chez cette dernière les bandes jaunes trans verses ont envahi toute la couleur du fond.
Dans leur jeunesse les petites chenilles ont ordinairement le fond de la couleur jaune ou jaunâtre.
La chrysalide ressemble à celle de Verbasci, mais la gaîne est beaucoup plus courte, et ne se prolonge pas jusqu'au dernier anneau.
La chenille vit sur tous les verbascum rameux, tels que lychniti's , pulve7'ulentian, nigrurn , sinuatuni , phlonioides , phœniccum, etc. , dont elle mange les fleurs et les fruits. Elle est plus tardive que les autres. On la trouve en juillet et août. L'insecte parfait éclôt en mai et juin de l'année suivante. Il se trouve dans toute l'Europe tempérée et méridionale. On le confond généralement en Allemagne avec la Scrophulanœ , et M. Treitschke lui-même nous a envoyé tout récemment, sous ce dernier nom, quatre individus élevés par lui de la chenille.
NOCTUELIDES.
CUGULLIA SCROPHULARI^. PI. 3 , fig. 4 et 5.
Subvirescenli-albicla , série dorsali maculanan Jîavarum superjectis ' arcubus nexis nigris; lateribus nîcjro ■punctalls serieque punctoruni JJavorum.
Ochs.-Treitsch., Sclimett. von Europ.^ p. i3o, u° 19.
Cette chenille a été 1 e^jardée à tort par quelques personnes comme une variété de Verhasci. Plusieurs auteurs allemands l'ont distinguée comme espèce; mais ils ont confondu l'insecte parfait avec les Ciicullia Canince et Lychnitis qui s'en rapprochent extrêmement. La chenille figurée par Hubner sur la scrophiilaria nodosa est celle de la Ciicullia Caninœ.
Elle est un peu moins alongée que celle de Verbasci. Le fond de sa couleur est d'un Ijlanc mat, qui a quelque chose de bleuâtre ou de verdâtre. La tête est d'un jaune plus foncé que dans Verbasci , avec six ou huit points noirs, dont quatre sur le milieu disposés deux par deux. Le dessus du premier et du dernier anneau est jaune, divisé transversalement par deux rangs de points noirs. Souvent aussi le second anneau offre un dessin analogue h celui du premier. Sur chacun des autres anneaux, on remarque sur le dos une tache d'un jaune citron, et deux espèces d'arcs noirs se touchant par leur convexité , mais de manière que leur concavité regarde les stigmates. Par la réunion des arcs, la tache jaune est partagée en trois ; une partie se trouve placée dans leur concavité de chaque côté, et l'autre sur la région antérieure de chaque anneau. Cette dernière a la forme d'un gros point carré jaune; elle touche les doux arcs noirs et forme avec ses semblables une raie dorsale jaune interrompue. Sur les parties latérales de chaque anneau, il y a quatre gros points noirs , au milieu desquels on voit le plus souvent un point jaune. Les stigmates sont noirs , beaucoup plus petits que les points, et ils s'appuient ordinairement sur le bord postérieur du point jaune lorsqu'il existe. Les pattes sont jaimes
NOCTUÉLIDES.
avec un point noir à la base de chacune. Sous les premier, deuxième , troisième , quatrième , cinquième , onzième et douzième anneaux , il y a une rangée transverse de points noirs rapprochés, plus nombreux sous les anneaux qui sont dépourvus de pattes.
Dans sa jeunesse elle est jaune avec des points noirs.
On la trouve en juillet sur les scrophularia nodosa et aquatica, dont elle mange de préférence les fruits. On la rencontre aussi quelquefois sur le verbascum blattaria.
Elle se métamorphose de la même manière que la Verbasci, et elle éclôt à la même époque.
La chrysalide est un peu plus petite que celle de Verbasci.
On distinguera facilement cette chenille de la Verbasci, en ce qu'elle n'a qu'une seule rangée dorsale de taches jaunes, tandis que la Verbasci en a deux.
NOCTUELIDES.
CUCULLIA VERBASCI. PL 3 , fig. i , 2 et 3.
Albida, punchs lineisqiie nigris, série dorsali geminata attaque lateralî , maculariim flavaruin; capite fiavo, nigro punctato.
'Treitsch.-Ochs. , Shlimett. von Europ. , III, p. 127.
Noctua verbasci. Hubn. , Noct. , tab. 55, fig. 266. — Larv.
lepid. , IV, Noct. II , fig. i,a, b.
LiNN. , Fab. , etc.
La brèche. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 246, fig. 364- CucuUie du bouillon-blanc. God.-Dup. , Pap. de France,
VI, pi. 124, p. 392.
Cette chenille est d'un blanc très légèrement jaunâtre ou verdâtre , avec des points et des lignes noirs , variables pour la grandeur.
Elle a quatre points noirs sur le dos de chaque anneau ; les deux antérieurs sont arrondis ; les postérieurs sont alongés transversalement, et se prolongent quelquefois sur les côtés; tantôt ces points sont tous séparés ; d'autres fois les postérieurs s'unissent entre eux , ou sans s'unir, viennent se joindre aux antérieurs. Ils peuvent être plus ou moins larges. On voit aussi sur les côtés quatre ou cinq points noirs selon les anneaux, au milieu desquels se trouvent les stigmates , qui sont également noirs. Outre ces points , il existe un plus ou moins grand nombre de petites lignes noires transverses , qui ne dépassent guère les stigmates. Sur les trois premiers anneaux les points noirs sont placés dans un autre ordre que sur les autres. Les anneaux sans pattes sont marqués en dessous de points et de lignes noirs. On voit aussi quelques marques noires à la base des pattes , qui quelquefois en s'élargissant , ainsi que les points et les lignes , rendent le ventre presque tout noir. On voit de plus sur le corps quatre séries longitudinales de taches jaunes, dont deux dorsales et deux latérales. Ces deux dernières ne descendent pas beaucoup plus bas que les stigmates.
NOCTUÉLIDES.
Les taches dorsales sont souvent réunies en dessus dans toute la longueur du corps ; elles le sont toujours sur les premier, troisième et quatrième anneaux; quelquefois toutes ces taches se réunissent et forment des bandes demi-circulaires. La tête est jaune, avec des points noirs placés sur deux rangs.
Les vraies pattes sont d'un jaune rc^^x ; les autres sont jaunâtres , marquées d'un point et de deux traits noirs extérieurement.
Elle vit principalement sur les verbascum, et sur-tout sur le verbascum thapsus. On la rencontre parfois sur les scrophularia canina et aquatica.
Elle se trouve depuis le mois de mai jusque vers la fin d'août, presque sans interruption. Quand on touche cette chenille, elle se débat très vivement, et dégorge une liqueur rousse ou verdâtre.
Pour se métamorphoser, elle forme à la surface de la terre une coque épaisse, composée de grains de cette substance collés ensemble avec une soie blanchâtre , dont une forte couche tapisse Tintérieur. La chrysalide est d'un rouge obscur, un peu rousse sur l'enveloppe des ailes. La spiritrompe et les dernières pattes forment un prolongement qui s'avance jusqu'au dernier anneau du ventre.
Ti'insecte parfait éclôt en mai. Il est probable que quelques individus paraissent deux fois l'année, comme cela a lieu pour les Cucullia Tanaceii , Lactucœ , etc.
Cette espèce est commune dans toute l'Europe.
PLUSIDBS.
PLUSIA CHUYSITIS. PI. i , fig. i , 2 et 3.
Virîdis lineis latiusculîs , obliqnis annulatùn înterrupUs lineaque lateralialbis; stigmatibus albidis nigio cinctis.
BoiSD. , Ind. nietli., p. 92.
Treits.-Ochs. , Schmett. von Europ., III, p. 169, n° i5. GoD.-Dup., Pap. de Fr, t. VII, 2' part. , pi. i34, fifj. 3 et 4- Noctua clirjsitis. Hubn. , Noct. , tab. i45,fi{j. 662-663; et
tab. 26, fig. 272. — Larv. lepid., IV, Noct., III, Semig.,
A, a, b, fig. I, a, b.
Noctua chrjsitis. Linn. , Fab. , Illig. , Esp. , Borkh. , Schrank ,
WiEN. Verz. , Ross. , ScopoL., etc. , etc. Le vert doré. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II, p. i49, n° 181. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 335, fig. 588.
Elle est de la taille de celle de Gamma, et elle est d'un vert pomme plus ou moins glauque ou plus ou moins jaune. De chaque côté du vaisseau dorsal, elle a trois raies blanches plus larges que dans les autres espèces , interrompues à chaque anneau , et formées par des traits un peu obliques , souvent un peu plus larges à leur partie antérieure. Dans quelques individus les traits ne sont point interrompus par les incisions , et ils forment des raies continues très sinueuses. Dans d'autres , la seconde raie se fond avec la première ou avec la troisième. Souvent aussi la seconde et la troisième sont unies au milieu de chaque anneau par une petite liture transversale , de manière à former une suite de taches qui ressemblent plus ou moins à la lettre H. La raie latérale est blanche, placée immédiatement au-dessus des stigmates ; ceux - ci sont petits , ovoïdes , noirs , avec le disque blanc enfoncé. Le ventre , les pattes et la tête sont d'un vert un peu plus pâle que le dos. Le corps de la chenille offre çà et là de petits tubercules blancs , qui donnent naissance chacun à un petit poil gris.
Pour se métamorphoser, elle file dans les feuilles une coque légère d'un gris blanchâtre.
La chrysalide est noire comme celle de Gamma , avec
PLL'SIDES.
l'enveloppe des ailes j)rolongée comme dans Iota, mais plus convexe. L'extrémité est terminée en pointe comme dans Gamma et Festucœ.
L'insecte parfait éclôt en mai et juin quand la chrysalide a passé l'hiver, et en juillet et août quand elle provient de la seconde époque.
La chenille se trouve en juin , juillet et septembre sur une infinité de plantes basses, particulièrement sur la grande orlie, îirtica dioica; l'ortie blanche, lamium album; la bardane, nrctium lappa; et beaucoup de graminées et de cypéracées. Elle se plaît dans les lieux frais et humides.
PLUSIDES.
PLUSIA IOTA. PI. I , fig. 5 et 6.
Viridis lineis sex tenuibus, flexuosis, albidis , stigmatibus albidis nigro cinctis ; capîte liiura utrinque gnira.
BoiSD., Ind. meth. , p. 92.
Treits.-Ochs. , Sclirnett. von Europ. , III , p. 181 , n° 20.
GoD.-Dup. , Pap. de France, t. VII, 2* part., pi. i36, figf. 2
et 3.
Noctua iota. Hubn. , Noct. , tab. 58 , fig. 282. — Linn. , Fab. ,
BoRKH. , Devill., Vieweg, Ross., etc. Noctua iota, interrogatîonis et inscripta. Esp. , tab. 1 13. Le V. d'or. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 337, fig. 692.
Le corps de cette chenille est effilé antérieurement , comme celui de la plupart des Plusia , jusqu'aux pattes membraneuses. Elle ressemble beaucoup à celle de Gamma, et elle est de même d'im beau vert pomme , avec six lignes longitudinales d'im blanc jaunâtre, sinuées, placées sur le dos. Audessus des stigmates , elle a une raie fine , longitudinale , d'un jaune clair. Ceux-ci sont très petits , peu visibles , d'un blanc jaunâtre , finement cerclés de noir. Au-dessus de la raie latérale, entre les pattes écailleuses et les pattes membraneuses , le corps devient plus foncé lorsque la chenille prend certaines attitudes. Les pattes écailleuses et les trois paires de pattes membraneuses sont d'un vert un peu plus pâle que le corps. La tète est d'un vert pomme avec un trait noir de chaque côté. On aperçoit en outre sur tout le corps de la chenille de petits tubercules blanchâtres répandus çà et là , et qui donnent naissance à autant de petits poils gris.
Pour se métamorphoser , elle se file une coque légère en soie, jaunâtre ou blanche, entre les feuilles de la plante dont elle se nourrit.
La chrysalide est alongée , d'un noir luisant , avec les incisions des anneaux d'un vert- brun jaunâtre sous le ventre. L'enveloppe des ailes forme une protubérance alongée qui
PLUSlbES.
s'avance sous les anneaux du ventre. L'extrémité est terminée par un bouton noir, saillant, muni à son extrémité de six petites épines très courtes placées à côté Tune de l'autre ; les deux du milieu, qui sont recourbées en baraeçon, sont rapprochées et plus longues que les autres. Les stigmates sont rougeâtres.
Cette chenille vit dans les jardins, et sur-tout dans les clairières des grands bois, sur les chèvrefeuilles, lonicera periclyme- 711(171 et caprifolium. Elle se tient immobile sur les tiges ou les feuilles de cet arbrisseau, et, quoiqu'elle ne se cache pas, elle est difficile à découvrir , parceque sa couleur se confond entièrement avec celle des feuilles qui l'environnent. Suivant M. Treitschke, elle vit aussi sur les urtica, la bardane , orciium lappa, et l'ortie blanche , lamium album; mais nous ne l'avons jamais trouvée que sur le chèvrefeuille.
Il faut la chercher dans la première quinzaine d'avril et de juin.
L'insecte parfait éclôt en mai pour la première époque , et en juillet pour la seconde.
Il se trouve çà et là dans une grande partie du nord et du centre de l'Europe , mais plus rarement que Chysitis.
PLUSIDKS.
PLUSIÀ GAMIVIA. PI. 1 , fiy. 4.
fiiidis linfis sex iennibiis, flexuosis, albidis, sœ^àus niyros maryinatis; fitigmatlbus albidis virîdicinclis.
CoisD., Ind. metli. , p. gS.
Treits.-Ochs, , Sclimett. von Eur. , III, p. i85 , n"" 21. GoD.-Dup. , Pap. de France, t. VII, 1' part. , pi. i36, fig. \. Noctua gamma. Ht bn. , Noct., tab. 58, fig. 283. — Larv. lepid., IV, Noct., III, Semûj., A, c , fig. i, a, 6.— Linné,
FaB., Esp. , BORKH., SCHRANK, etc., etc.
Le lambda. Geoff., Hist. des Ins. , t. Il , p. i56, n° 92. Ernst, Pap. d'Europe , pi. 338 , fig. 594.
Cette chenille varie beaucoup pour la teinte, qui est tantôt d'un beau vert pomme, tantôt d'un vert pâle, souvent d'un vert foncé , et quelquefois d'un vert noir. Elle a sur le dos six lignes fines, très sinueuses, blanches ou d'un blanc jaunâtre, plus ou moins apparentes et quelquefois un peu effacées. A la hauteur des stigmates , il y a une raie fine , longitudinale, d'un jaune blanchâtre, beaucoup plus sensible que celles du dos , et bordée supérieurement par une teinte plus foncée. Tout le reste est vert. Les stigmates sont ovoïdes , blanchâtres , cerclés de vert pâle , et placés sur la ligne latérale. Les pattes membraneuses sont vertes ; les écailleuses sont d'un vert un peu roussâtre. La tête est entièrement verte ; cependant on trouve parfois une variété qui a un trait latéral noir sur chaque joue.
On rencontre souvent des individus chez lesquels la raie latérale est bordée supérieurement par une raie noire, qui n'est pas toujours visible dans toute sa longueur. Chez d'autres , les espaces compris entre les lignes flexueuses sont plus ou moins noirâtres. Le corps offre çà et là, comme dans les espèces congénères, de petits tubercules grisâtres ou blanchâtres , qui donnent naissance à un petit poil grisâtre.
Pour se métamorphoser, elle file entre les feuilles une coque
PLUSIDES.
très légère, blanche ou grisâtre. La chrysalide est noirâtre ou noire, luisante, avec l'enveloppe des ailes prolongée comme dans Ylota, et Textrémité terminée à-peu-près de la même manière.
L'insecte parfait paraît presque sans interruption depuis le milieu du printemps jusqu'en octobre , et il se développe quelquefois dans l'espace de trois ou quatre jours. Rœsel dit même l'avoir vu éclore le lendemain du jour oîi il s'était chrysalide. Il est très commun dans toute l'Europe , jusqu'en Sibérie. Il habite aussi l'Amérique septentrionale.
La chenille vit sur presque toutes les plantes basses. Réaumur rapporte qu'elle fut si commune en 17 35, qu'elle occasiona de grands dégâts dans les jardins potagers.
HÉLIOTHIDES.
HELIOTHIS SCUTOSA. PI. i, fig. i , 2 et 3.
Viridis supra obscurior, vitta dorsali, linea nigra divisa, vittaque lateralijlavis; corpore punctato, parce piloso.
BoiSD., Ind. meth., p. qS.
Treitschk.-Ochs. , Sclimett. von Europ., III , p. 224, n° 4-
Noctua scutosa. Hubn. , Noct, tab. 63, fijj. Sog. — Larv. lep. ,
IV, Noct., III, Semigeom. F, a,b.
Fae. , Illig. , WiEN. Verz. , Esp. , BoRKH. , etc. La noble. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 3i5, fig. 552. Noctuelle Écussonnée. God.-Dtjp. , Pap. de France, VII,
pi. 119, fig. I.
Elle ressemble un peu par la forme à celle de V^nnigera, mais elle est plus petite. Elle est d'un vert plus ou moins foncé , avec une ligue longitudinale noire située sur le vaisseau dorsal, atténuée à ses extrémités , et bordée de jaune de chaque côté. Sur les côtés du corps , au-dessus d'une bande marginale jaune, on voit une autre bande d'un vert plus foncé que la teinte générale. Outre cela, tout le dessus du corps est marqué de petites lignes noirâtres extrêmement déliées, et souvent très peu distinctes, et offre, comme dans la plupart des Heliothis, des points noirs , qui donnent naissance à des petits poils grisâtres. Il y a quatre de ces points sur le dos de chaque segment, et cinq ou six sur leur renflement latéral, au-dessous des stigmates. Ceux-ci sont noirs comme les points, et placés à la partie supérieure de la bande latérale jaune. La tête est verte , ponctuée de noir, avec l'extrémité antérieure un peu plus foncée. Le ventre est plus pâle que le dessus , avec les pattes un peu plus foncées , et marquées à leur base d'un gros point noir.
Dans sa jeunesse, elle est jaune, marquép de quelques points noirs sur les côtés.
On rencontre quelquefois une variété dont le fond de la couleur est seulement verdâtre sur les côtés, avec le dos gri-
HÉLIOTHIDES.
sâtre , et séparé de la teinte verte par une lifpie blanchâtre.
On trouve cette chenille parvenue à toute sa grosseur sur Tarmoise sauvage {artemisia canipestris) \ pour la première époque , depuis le commencement de mai jusqu'à la mi-juin ; et pour la seconde, depuis la fin d'août jusqu'à la mi-septembre.
Pour se métamorphoser , elle construit avec quelques grains de terre une coque très fragile.
La chrysalide est cylindrico conique, assez effilée, d'un brun-jaunâtre pâle, avec l'enveloppe des ailes un peu verdâtre.
L'insecte parfait éclôt au bout d'un mois, lorsqu'il provient des chenilles de la première époque ; et en avril ou mai de l'année suivante , si la métamorphose a eu lieu en août ou septembre. Il se trouve dans le midi de la France, en Italie» en Autriche et en Hongrie.
^ usTAVE Daube.
HÉLIOTHIDES.
HELIOTHIS MARGINATA. PI. i , fig. 4 , 5 et 6.
Modo viridis albido-virescenti punctulata , striga dorsali obscura utriiKfue albida; modo cinereo-violacea pallidiori punctulata, lateraliter obscurior, vitta lateraliflava.
Tbeitschr.-Ochs., Schm. von Europ,, lll^^p. i?>i.
Noctua nitllago. Hubn. , Noct. , tab. 89, fig. i85. — Larv.
lepid. , IV, Noct. , II , genuin. N, a, fig. i^a ,b , etc. Noctua marginata. Fab., Dup. , Devill., etc.
Elle est d'un vert tendre un peu luisant, finement pointillée de blanc verdâtre, principalement sur le dos. La peau est transparente, et laisse apercevoir le vaisseau dorsal. A commencer du second anneau jusqu'au onzième, ce vaisseau est placé entre deux raies fines d'un blanc verdâtre, qui se rapprochent un peu aux deux extrémités. Deux lignes longitudinales semblables sont situées de chaque côté du dos. Le corps est un peu plus foncé sur les côtés. Au-dessus des pattes, est une raie longitudinale d'un jaune pâle. Les stigmates sont placés à la partie supérieure de cette raie; on ne les aperçoit que difficilement à l'œil nu; vus à la loupe , ils sont couleur de chair, finement cerclés de brun. Le dessous du ventre est de la môme couleur que le reste du corps , avec les pattes un peu plus pâles ; la pointe des écailleuses est brune , ainsi que la couronne des membraneuses. La tête est d'un vert-tendre jaunâtre , luisant. Le premier anneau a un écusson à-peu-près du même vert que le corps. On aperçoit aussi çà et là sur le corps quelques petits poils gris, très fins et peu visibles.
Cette chenille offre une variété que l'on trouve presque aussi fréquemment que celle que nous venons de décrire. Elle est d'un gris-violet un peu luisant, plus obscur sur les côtés , finement pointillée de blanc lilas , particulièrement sur le dos. Une raie assez large d'un brun violet, bordée de chaque côté de blanc lilas, est située sur le vaisseau dorsal. De chaque côté du dos, on voit une ligne longitudinale de la même couleur, mais d'une teinte un peu plus vive. Au-dessus des pattes est une bande longitudinale d'un jaune citron, rétrécie aux deux
HÉLIOTHIÛKS.
extrémités , et lavée d'orangé sur le milieu des anneaux. Les stigmates , qui ne sont pas visibles à l'œil nu, sont placés à la partie supérieure de cette bande ; examinés à la loupe , ik sont comme dans la variété précédente , et situés sur un petit espace orbiculaire blanchâtre. Le milieu du ventre est d'un gris livide. Sur le premier anneau , il y a un écusson d'un noir luisant, traversé par les lignes latérales qui sont blanches en cet endroit. Au-dessus de l'anus est une tache noire carrée. On voit en outre sur différentes parties du corps des points noirs , qui donnent naissance à de petits poils gris peu visibles. Il y en a quatre sur le dos de chaque anneau , dont les deux antérieurs sont les plus rapprochés du vaisseau dorsal. Il y en a un au-dessus , et un autre au côté postérieur de chaque stigmate; enfin, on en voit encore deux autres au-dessus des pattes. La tête est d'un jaune-fauve luisant. Les pattes écailleuses sont d'un noir luisant ; les membraneuses sont d'un gris livide, avec une grande tache oblongue d'un brun-noir luisant , sur le côté. Ce n'est qu'à la dernière mue que cette variété prend sa livrée ; jusqu'à cette époque elle est comme la précédente.
Cette chenille vil sur l'arréte-bœuf [ononis arvensis), dont elle ne mange que les fleurs et les boutons. Elle se tient ordinairement au pied ou sur la tige de cette plante. En froissant les touffes , on la fait tomber par terre, et on la trouve plus facilement. Elle est encore très petite au commencement de juillet, et elle parvient à toute sa grosseur à la fin de ce mois , ou dans la première quinzaine du mois d'août. Elle se fait alors une coque légère , en attachant des grains de terre avec des fils.
La chrysalide est cylindrico-conique, assez effilée, d'un brun-testacé luisant, plus obscur sur le dos, avec les articulations légèrement chagrinées , et une petite protubérance anale noire, terminée par deux petites épines rapprochées.
L'insecte parfait paraît vers la fin de mai ou dans le courant de juin de l'année suivante ; il se trouve çà et là dans plusieurs parties du centre et du midi de l'Europe. 1^
CATOCALIDESv
CAÏOCALA FRAXINI. PI. 3, fn>,. i et i.
falUde cinerea , seymeniis octavo undecimoque nùjro inmclulatis nebulosîsque ; stlymalibus iiig)is.
Treits.-Ochs. , Sclim. voit Europ., III, j). Sag, a" i. — Boisn. Noctua fraxlni. Linn. , S. Nat., 1,2, 834, J^^- HuBN.,Noct. ,tab. 68,fig. 327.— Larv. lepid. , IV, Noct. Ill;
Seaiigeoni , H , a, fig-. 1 , a, h.
Fab., Ent. Sjst., Ilï , 2, 55, i52. — WiEN. Verz. , Illig. ,
BORKH. , SCHRANK, VlEW. , CtC.
Esp. , Schm., IV th. , tal). loi , Noct. , 22 , S. i32.
FuESSLY, Scllweîz Ins. , S. 37, n° 713. — Archiv. , III, /;. S. i,
lab. i5 (la chenille).
IVaturfosciier, XIV. St., S. 54, tab. i i,fig". 4 (la chenille). Sepp, Neederl. Ins., tab. i8, 19 et 20. Phalène du frêne. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 320 et 32i. La likenée bleue. Geoff. , Ins. , t. II , p. 1 5 1 , n" 83. Noctuelle du frêne. God. , Pap. de France, t. V, pi, 45, fig. i •
Elle est ordinairement en dessus d'un gris-cendré presque blanc, quelquefois faiblement teintée de gris bleuâtre, avec les incisions un peu plus claires , très faiblement lavées de verdâtre. Elle est souvent, en outre, très finement saupoudrée de quelques atomGS noirâtres. Le huitième et le onzième anneau sont un peu plus saillants que les autres , pointillés et lavés de gris noirâtre, qui se fond insensiblement avec la couleur générale.
La tête est de la couleur du fond , un peu échancrée en cœur, bordée de noir en dessus, et couverte d'un réseau noirâtre. Les stigmates sont noirâtres.
Les côtés sont garnis de cils blanchâtres. Le dessous du corps est d'un blanc bleuâtre, avec sept gros points noirâtres disposés ainsi :
Un entre la seconde et la troisième paire de pattes écailleuses , un autre entre chacune des quatre premières paires membraneuses - et le septième placé sur 1 intervalle qui sé-
CATOCALIDES.
pare ces dernières du onzième anneau. Les pattes sont de la couleur du corps.
La chrysalide est noire , entièrement couverte d'une efflorescence bleuâtre pruineuse. Elle se termine par un petit faisceau de poils roides. Elle est renfermée entre les feuilles dans un tissu arachnoïdien.
Cette chenille se trouve depuis les premiers jours de juillet jusqu'à la mi-août sur les peupliers, et sur-tout sur les populus tremula et alba, et quelquefois sur les saules. La plupart des auteurs disent qu'elle vit aussi sur le frêne et quelquefois sur l'orme. Jusqu'à présent nous ne l'avons pas rencontrée sur ces arbres.
L'insecte parfait paraît depuis le mois d'août jusqu'à la fin d'octobre. Il se trouve dans le nord et dans le centre d'une grande partie de l'Europe.
CATOCALIDES.
CATOGALA NUPTA. PI. i , fîg. 3.
Aibido-cinerea atomis Uneisque plurimis obsoletis obscurioribus ; capite nigro marginato.
BoiSD. , Index meth. , p. 97.
Treitschre-Ochs., Schmett. von Euvop., p. 338.
JSoclua nupta. Hubn. , Noct., 69, fig'. 33o. — N. ooncubina ,
fig. 329. — Larv.lepid. , IV, Noct. III, Semig., H. b, fig. i,
Linné, -S. iV. , i, 2, 84i, 119- — Wien. Verz.,Illig. ,Devill. ,
ViEWEG, etc.
Sepp, Neederl. Ins. , lab. VII, fîg. i — 7. La mariée. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 323, fig. 565. Noctuelle mariée. God. , Papill. de France, V, pi. 45, fig. 2
et 3, p. 54.
Elle est mince, effilée et demi-arpenteuse comme toutes les espèces du genre. Sa couleur est tantôt d'un gris cendré presque uniforme, avec quelques petits atomes plus obscurs; d'autres fois elle est plus ou moins blanchâtre , jaspée de brun obscur ; souvent elle est d'un gris brun avec de petites lignes noirâtres parallèles sur le dos. Dans quelques individus le quatrième et le cinquième anneau sont lavés de blanc. Dans tous les cas le huitième offre une élévation assez sensible. On remarque aussi deux rangées de petits boutons tuberculeux , ordinairement un peu plus clairs que le fond, placés sur le dos. La tête est grisâtre bordée de noir, avec quelques stries et quelques atomes plus obscurs. Les stigmates sont un peu plus clairs que le fond, bordés de noirâtre. Les côtés sont bordés par une petite frange de poils courts comme dans les autres Catocala. Le dessous du corps est d'un blanc verdâtre avec une série de grosses taches noires ou noirâtres.
La chrysalide est d'un brun rougeâtre, saupoudrée de bleuâtre, avec l'anus rugueux et garni de plusieurs pointes crochues et inégales.
On trouve la chenille parvenue à toute sa taille depuis le
CATOCALIDES.
commencement de juin jusqu'à la fin de juillet. Pour se métamorphoser elle fait , entre deux ou trois feuilles qu'elle réunit , une coque très légère.
L'état de nymphe dure ordinairement de vingt à vingt-huit jours. On trouve quelquefois l'insecte parfait et la chenille à la même époque sur le même arbre. Elle vit exclusivement sur les peupliers et sur les saules.
Elle descend souvent le long des arbres et elle reste une partie du jour contre le tronc ou dans les rides des écorces. Dans cette position elle est aplatie comme une chenille de Lasiocampa ou comme celle du Bombyx Populi. C'est sur-tout après les pluies du printemps qu'on la trouve dans cette position.
Elle est commune dans une grande partie de l'Europe.
De même que celles des autres Catocala, elle s'agite avec force lorsqu'on la touche, et fait des espèces de sauts de carpe.
CATOCALIDES.
CATOCALA SPONSA. PI. i , fig. i et 2.
Obscure grisea, pusUiUs ferrugine'is minutis biseriatîs, annulo octavo ■prominulo , undecimo callo elevato bifido; caplte cordato.
BoiSD. , Index meth. , p. 97.
Treitschke-Ochs. , Schmett. von Eiirop., p. 343.
Noctua sponsa. Hubn., Noct., 71, fi^j. 333. — Larv, lepid.,
IV. Noct. semig. , H. d, fig. i, a, b,etîi. d, fig. i, a. Linné, S. N. , I, 2, 84ï, 118. — Fab., Illig. , Esp., Borkh. ,
DeVTLL. , SCHRANK, CtC.
La lichenée rouge. Ernst, Pap. d'Eur. , pi. 325, fig. 568.
Geoffroy, Hist. des Ins., t. II, p. i5o, n° 82.
La noctuelle fiancée. God. , Pap. de France, V, pi. 48, n° 2.
Elle est d'un gris plus ou moins foncé , quelquefois bronzé ou lavé de verdâtre sur les trois premiers anneaux et le long des pattes. Le quatrième et le neuvième anneau offrent souvent une éclaircie blanche irrégulière, plus ou moins prononcée. Tout le corps est très finement pointillé de noirâtre en dessus. On remarque sur le dos, à partir du troisième anneau, deux rangées de petits boutons d'un rouge plus ou moins brun. On remarque encore sur chaque anneau deux très petits points blancs alignés obliquement en arrière des stigmates. Le huitième anneau présente une caroncule ou bosse saillante , dont le sommet est arrondi , blanchâtre ou jaunâtre. Sur le onzième anneau il y a deux petites éminences coniques un peu dirigées en arrière et d'un rouge plus ou moins brun à leur extrémité. La tête est grisâtre , très échancrée en dessus , bordée de noir dans sa partie supérieure. Les stigmates sont un peu bruns cerclés de noir. Le dessous du corps est blanchâtre, un peu lavé de verdâtre, sur-tout près de la frange, avec une tache ferrugineuse, ou plutôt d'un rouge violâtre , sur le milieu de chaque anneau.
On la trouve parvenue à toute sa taille à la fin de mai ou dans les premiers jours de juin.
CATOCALIDES.
Dans le commencement de juin elle file une coque légère entre les feuilles.
La chrysalide est d'un brun rougeâtre, couverte d'une efflorescence bleuâtre, avec une très petite bosse sur Tavant-dernier anneau, et plusieurs épines crochues à Textrémité anale.
La chenille vit dans les forêts sur les chênes. Il est plus difficile de se la procurer que celle de Nupta , parcequ'elle ne descend pas le long des arbres ; c'est en frappant fortement les baliveaux , ou en battant les branches des gros chênes sur un drap, qu'on peut en obtenir une certaine quantité.
On la trouve dans une grande partie de l'Europe.
CATOCALIDES.
CATOCALA PACTA. PL 3 , fi};. 3.
Cinerea , nigredîne tenue conspersa punctis fulvis biseriads; secjinends octavo iindecimoque falvo-caUosis.
Treits.-Ochs. , Schmelt. von Europ. , III . p. 352 , n° 8.
BoiSD. , Ind. metli., p. g8.
LiNN. , Syst. Nat. I, 2 , p. 84i , 120.
Fab. , Ent. Syst., III, 2 , 54, i49- — Borkh., Vieweg , Mul-
LER, FUESSLY.
HuBN. , Noct. , tab, 70 , fig. 332.
Pacta suecia. Esp. , Schmett. , IV th. , tab. /^g, Noct. 20. —
SCHRANK.
La fiancée. Ernst, Pap. d'Europ. , pL 234, ^^7' Noctuelle accordée. God. , Pap. de France , t. V, pi. 147, fig. 2.
Elle a la même forme que la Promissa, et elle se tient de même aplatie et collée le long des branches lorsqu'elle est en repos. Son corps est entièrement d'un gris cendré , très finement pointillé de noir. De chaque côté , elle est marquée d'une rangée de points fauves , qui sont autant de petits tubercules qui donnent naissance chacun à un petit poil court. Le premier anneau est dépourvu de ces points ; le second et le troisième en ont chacun un , et tous les suivants en ont deux. Outre cela , îe huitième anneau présente, comme dans quelques espèces analogues , une petite éminence ou renflement. Cette éminence est fauve , avec la base noirâtre. T^e onzième anneau offre aussi une callosité à-peu-près semblable , mais plus petite.
La tête est grisâtre , un peu échancrée en cœur, bordée de noirâtre , avec deux points fauves sur le front. Le dessous du corps est plus pâle que le dessus, bordé de chaque côté par de petits cils fins et grisâtres. Il est marqué entre chaque patte d'une tache obscure, arrondie et assez grosse. Les pattes écailleuses sont d'un roux fauve ; les pattes membraneuses sont de la couleur du corps , et à la base de chacune d'elles
CATOCALÏDES.
on remarque une petite tache rousse peu apparente. Les stigmates sont grisâtres.
La chrysalide est , comme dans la plupart des espèces , saupoudrée d'une poussière bleuâtre pruineuse. Elle est renfermée dans un tissu très léger.
On trouve cette chenille aux environs de Stockholm sur le salix cinerea.
Le dessin et la description de cette rare chenille sont dus à feu Dalman , entomologiste très distingué, et professeur de zoologie au Musée de Stockholm. Dalman croyait que celle dont nous possédons le dessin n'avait pas fait sa dernière mue. Lorsqu'il la peignit, elle n'était parvenue qu'à la moitié de sa taille, et comme il l'a grossie dans le dessin, il serait possible qu'elle aurait offert plus tard une modification dans sa couleur.
Nous devons des remerciements particuliers à M. Schoenherr, qui a eu l'extrême bonté de nous envoyer le dessin de Dalman.
CATOCALIUE-S.
CATOCALA ELECTA. PI. 4, %. 4 et 5.
Cinereo-rufescens, tubercuUs minutis, dorsalibus, biseriatis, fulvls ; segmenta oclavo luCeo plagiato ; tubercnlis duobus gemmis , posticis , brevibus , conicis, fulvîs.
BoiSD. , Ind. meth. , p. 98.
Treits.-Ochs. , Scliniett. x>on Europ., 111 , p. 355, n" 9.
Noctiia electa. Hubk., Noct. , tab. 70, fig. 33i.
BoRKH. , Europ. schmett., IV th., S. 26, n° 8.
Noctna pacla. Wikn. Verz. , Îfxiger , Esper , Fcessl. ,
SCHRANK, etc.
Noctuelle choisie, (ion., Papillons de France, t. V, pi. 4^, L'accordée. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 324, fijj. 566.
Elle a la forme propre uiix espèces du même gem-e. Le fond de sa couleur est d'un gris -jaunâtre pâle, très finement pointillé de brun roussâtre, ou de gris brunâtre, suivant les individus. De chaque côté du dos, elle a une raie sinueuse peu apparente, un peu plus obscure que la couleur du fond, finement lisèrée de jaunâtre pâle, bordée extérieurement d'une rangée de très petits tubercules orangés , alignés, disposés deux par deux sur chaque anneau, et donnant naissance à de petits poils gris presque imperceptibles. Sur le huitième anneau , entre les deux tubercules postérieurs de la rangée en question , il en existe un beaucoup plus gros de couleur fauve , marqué sur son miUeu d'une tache ovale d'un jaune un peu orangé, cerclée de noir, et placée transversalement. Les deux autres petits tubercules de cet anneau, qui accompagnent le gros dont nous venons de parler , sont placés entre deux petits traits noirâtres. Outre ces caractères, le huitième anneau est couvert dans sa moitié postérieure par un espace jaunâtre, divisé longitudinalement par six lignes plus foncées. Le onzième anneau porte à sa partie postérieure deux petits tubercules coniques plus forts que les autres ; de leur base, il part un trait oblique noirâtre dirigé en avant.
CATOCALIDES.
Les côiés du premier anneau offrent aussi un trait noir. Audessus des pattes, il y a une raie longitudinale semblable à celle du dos supportant les stigmates ; ceux-ci sont ovales, noirs, cerclés de jaune-pâle grisâtre. Près des pattes, le corps offre une frange de poils courts , raides , d'une couleur de chair pâle. Le dessous du ventre est d'un blanc bleuâtre, avec une bande longitudinale, fauve, médiane, marquée d'une large tache noire sur le milieu de chaque anneau. La tête est un peu échancrée en dessus, d'une couleur de chair jaunâtre, avec un réseau d'un fauve rougeâtre, et un trait latéral d'un rouge -ferrugineux noir près de la bouche. Les pattes écailleuses sont d'une couleur de chair roussâtre , et les membraneuses de la couleur du corps avec la couronne très large.
La chrysalide estalongée, cylindrico-conique , d'un brunviolet foncé , presque entièrement recouverte par une efflorescence d'un blanc bleuâtre. L'extrémité est terminée par un bouton rugueux , noir , armé de six soies noires , crochues , dont les deux du milieu sont plus longues.
La chenille vit sur les saules, particulièrement sur l'osier, salix viminea. Les auteurs lui donnent aussi pour nourriture différentes espèces de peupliers , mais nous ne l'avons jamais rencontrée sur ces arbres. On la trouve depuis le commencement de juin jusqu'à la mi-juillet; mais le plus grand nombre arrive à toute sa grosseur dans les premiers jours de ce dernier mois. Elle file alors une coque peu solide, entre plusieurs feuilles qu'elle attache ensemble ou entre des pierres.
L'insecte parfait éclôt depuis la fin de juillet jusqu'à la fin de septembre.
Il se trouve dans plusieurs contrées du centre de l'Europe , mais il n'est nulle part très commun.
CATOCALIDES.
OPHIUSA TIRRHiEA. PI. 2, fig. i et 2.
Modo cinerea, modo fiisco-cinerea, modo ferruginea, sIriguUs longitudinalibus obt^curionbus , stigmatibus nigris ; subtus m.aculis nigns ; annulo penuttimo taberculo rubro didymo.
Treitsch.-Ochs. , Schmelt. vonEurop., p. 3oo, n° 7.
BoisD. , Ind. metli. , p. 99. — Mérn. de la Société linn. , 1 827,
pi. 6 , %. I .
Noctua auricularis. Hubn. , tab. 65 , fig. 32 1. Noctua tirrhœa. God.-Dup. , t. 5, pi. 5, fig. i. Fab. , Ent. Sjst.,111 ,2, 18, 32.
Cram., Pap. exot. , 172, E.
Noctua vesta. Esp. , tab. i4i, Noct. , 68, fig. i.
j;,,.Elle a tout-à-fait la forme Je la chenille deLunarîs , mais elle est environ un cinquième plus grosse. Le dessus de son corps est tantôt d'un cendré grisâtre et tantôt d'une couleur brunâtre ; mais le plus ordinairement il est d'un rouge-vineux plus ou moins foncé. Dans tous les cas, il est finement strié longltudinalement de noirâtre.
Les stigmates sont noirs et très apparents , excepté ceux des premiers anneaux qui sont d'ordinaire peu marqués. Immédiatement au-dessus, on voit une raie sinueuse plus claire que le fond.
En dessous cette chenille est aplatie , un peu plus foncée qu'en dessus , et entre chaque patte membraneuse il y a une tache noire, arrondie, bordée de rougeâtre.
A l'extrémité du dernier anneau , sur le dos , on remarque deux petits tubercules rougeâtres rapprochés.
Les pattes membraneuses sont de la couleur du dessus , et les trois dernières paires sont marquées sur leur côté externe, à la base de la couronne, de deux petits points noirs. Les pattes écailleuses sont plus obscures , et participent de la couleur du ventre. La tête est à-peu-près de la couleur des vraies pattes.
CATOCALIDES.
Lœuf est ovoïde, d'un jaune clair, collé contre les petites pousses de Tannée. Les petites chenilles en sortent au bout de quinze jours, et sont parvenues à toute leur grosseur dans le courant d'octobre.
On les trouve sur le pistacia lentiscus, le sumac , rhus coiiaria, sur les térébinthes, le grenadier, et sur l'aubépine. Parvenues à leur entier développement, elles filent une coque d'un tissu lâche , très léger , de couleur brune , dans laquelle elles restent au moins trois semaines avant de se chrysalider.
La chrysalide est cylindrico-conique , brune , saupoudrée de bleuâtre. Elle passe Thiver, et Tinsecte parfait éclôt au mois de juin de l'année suivante.
Cette chenille se trouve dans le midi de la France, le long du littoral de la Méditerranée. Elle habite aussi l'Espagne , la côté de Barbarie et le cap de Bonne-Espérance. Elle a été découverte en 1826 par M. Solier de Marseille, Quoiqu'elle soit assez commune , on ne la trouve pas très facilement , parcequ elle a Fhabitude de se tenir collée contre les branches qui sont à-peu-près de sa grosseur ; et comme sa couleur se coufond avec celle du bois , il faut avoir l'œil exercé pour l'apercevoir.
Gustave Daube.
CATOCALIDES.
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OPHIUSA ILLUNARIS. PI. 2, fig. 3 et 4.
Cinerea, vel rubro-fusca, lineis tribus paUidis ; segmento quarto macula rotundata flava ; stigmatibus nigns.
Treitsch.-Ochs., Schmett. von Enrop., III , p. 3o5 , n" 9.
BoisD. , Ind. metli. , p. 99.
Noctua illunaris. BtiBN. , Noct., tab. irî2,fig. 565, et tab. 124?
fig. 574.
GoD., t. 5, pi. 55, fig. 3 et 4-
Le fond de sa couleur est tantôt d'un cendré clair, et tantôt d'un rouge-vineux plus ou moins foncé , avec une raie dorsale plus claire que la couleur générale et d'un jaunâtre obscur. Sur les côtés au-dessous des stigmates, on voit une autre raie un peu sinueuse, de la même couleur, bien marquée le long des pattes membraneuses , et très faiblement indiquée sur les premiers anneaux. Immédiatement au-dessous de cette dernière raie sont les stigmates , qui sont noirs , environnés de quelques petits points blancs. Sur les bords de la bande dorsale , on voit aussi quelques petits points semblables mal alignés. Au point de réunion du onzième et du douzième anneau, il y a une tache jaunâtre de forme alongée , bordée de noir sur son côté postérieur, et par une petite ligne blanche sur son côté antérieur. Le quatrième anneau diffère aussi des autres , en ce qu'il offre de chaque côté, près de la bande dorsale, une tache jaune arrondie.
La tête est petite , de la couleur du corps , garnie en dessus de quelques petits poils blanchâtres , assez courts , et marquée de chaque côté d'une petite ligne jaune.
Le dessous du corps et les pattes sont à-peu-près de la même couleur que le dessus.
L'œuf est très petit, d'un gris blanchâtre, et de forme arrondie.
Les petites chenilles sont très minces , effilées , et ressemblent à des Geometra; du reste , elles conservent toute leur vie
CATOCALIDES.
la couleur et le dessin de leur jeunesse. Parvenues à toute leur grosseur, elles quittent l'arbuste sur lequel elles ont vécu, et elles filent à la surface du sol une coque d'un tissu assez serré , dans la composition de laquelle elles font entrer quelques grains de terre et des débris de plantes. Au bout de trois semaines elles passent à l'état de nymphe.
T.a chrysalide est cylindrico-conique , d'un brun foncé. Elle passe riiiver, et l'insecte parfait éclôt au mois de juin de l'année suivante.
Cette chenille se trouve dans les environs de Montpellier sur les tamarix, particulièrement sur le tamarix gallica, depuis le commencement de septembre jusqu'à la fin d'octobre. Pendant le jour elle est très difficile à trouver, parcequ'elle se tient collée fortement contre les branches , et ce n'est qu'en frappant un coup bien sec qu'on réussit à la faire tomber. L'heure la plus favorable pour la prendre est le soir, un peu avant le coucher du soleil , parcequ'alors elle monte à l'extrémité des branches pour manger.
Souvent elle prend une forme un peu plus alongée que celle sous laquelle nous l'avons représentée.
Gustave Daube.
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GEOMETRES.
GEOMETRA DENT ARIA. PI. i , fig. i , 2, 3, 4 et 5.
Varîabilis, modo griseo-fusca, modo virescens , lineis nîgris ; callo bifido in penuldmo segmenta, nîgro marginato.
Ennomos dentaria. Treitsch., Schmett. von Europ., t. Vf,
Geometra dentaria. Hubn. , tab. 5, fig, 12. — Larv. lepid., 5,
Geoni., I , a-d, fig. 2. , a, b.
Geotnetra bidentata. Lin., Faun. Suec. , éd. 2, n° io55. —
Fab., Ent. Syst., III , 2, i33, i5. — Borkh. Geometra dentaria. Esp. , Schranr.
La rongée. Devillers . t. II , p. 299, n° [\ii. Ennomos dentelée. God.-Dup. , Hist. des Lépid. de France,
t. VII, p. i5o, pi. 143, fig. 5, 6.
Cette chenille a quatorze pattes , dont quatre rudimentaires ; elle est cylindrique , alongée. Ses côtés sont un peu bosselés et plissés , et quelques uns des tubercules pilifères sont plus prononcés que les autres. On en voit sur-tout deux en dessus , sur la plupart des anneaux.
Elle varie extrêmement pour la teinte , qui peut être grise , brune , rousse , d\m brun rougeâtre , noirâtre , ou même verte , avec des dessins et des lignes qui souvent sont à peine sensibles; d'autres fois elle est blanchâtre ou brunâtre, agréablement marbrée de noir ; quelquefois aussi plusieurs des anneaux sont bordés d'un cercle noir. Cette dernière variété vit ordinairement sur le sapin.
Le dessin forme sur le dos des espèces de losanges qui se touchent par leurs extrémités , et qui sont entourées de lignes noires ; plus bas , on voit une double ligne noire , plus foncée au milieu des anneaux , et sur les côtés , des raies ou lignes irrégulières noirâtres. Le ventre est moiré de brunâtre, très pâle à sa partie postérieure.
Cette espèce est sur-tout reconnaissable à une proéminence placée sur le pénultième anneau , surmontée de deux tubercules, et toujours bordée d'une ligne noire sur ses côtés.
GÉOMÈTRES
Le quatrième anneau est souvent un peu renflé en dessus , avec deux tubercules arrondis , plus gros que les autres , qui quelquefois sont à peine sensibles.
Les stigmates sont presque circulaires, de la couleur du corps , avec la bordure noire. La tête est un peu échancrée , sur-tout à sa face antérieure qui est aplatie et creusée ; elle est de la couleur du corps , avec une large tache noire qui couvre l'excavation antérieure.
Les vraies pattes sont grises ; les deux dernières paires sont de la couleur du corps extérieurement , avec leur côté interne verdâtre , ainsi que la partie du ventre comprise entre elles.
Les deux autres paires sont cylindriques , rudimentaires , armées de crochets, sans cependant servir à la marche.
On la rencontre sur presque tous les arbres et même sur les sapins [abies excelsa et pectinata) au mois d'août et de septembre.
Pour se métamorphoser, elle forme à la surface de la terre une légère coque, dans laquelle elle se change en uns chrysalide d'un ferrugineux obscur, noirâtre sur les ailes et le dos. Celle-ci se termine par une extrémité rugueuse, armée de deux pointes longues , éloignées à leur base , puis conniventes , accompagnées de six soies crochues.
Cette espèce habite sur-tout le nord de la France. Elle est aussi fort commune dans les parties alpines.
GÉOMÈTRES
LIGIA OPACARIA. PI. 2, fig. 3 , 4 et 5.
allide cinerea, llnea dorsali dupllcî utrinque regulariier smuata , alteraque laterali undulatafuscîs; punctis dorsalibus nigris.
GoD.-DuP. VII, pi. 16g, fig. 4-5.
Aspilates opacaria. Treitschk. , Schmett. von Europ., XI ,
HuBN., Geom., tab. 96, fig. 493-495.
Cette chenille ressemble beaucoup à celle de la Jourdanaria, mais elle est ordinairement près de moitié plus {grosse. Elle est d'un blanc-grisâtre plus ou moins obscur, et quelquefois assez foncé , avec deux lignes dorsales brunes qui se rapprochent et se dilatent alternativement sur chaque anneau, de manière à former sur le dos une suite de losanges de la couleur du fond comme chez Jourdanaria ; mais ce qui la distingue nettement de cette dernière, c'est que le milieu de chaque anneau, depuis le quatrième jusqu'au onzième , est marqué de deux petits points noirs , situés un peu en avant de chaque incision. Sur les côtés, au-dessus des pattes , il y a aussi une raie longitudinale brune ; mais elle est ondulée , et souvent marquée de deux ou trois points noirs placés sans ordre. La tête est toujours de la couleur du fond. Le dessous du corps et les pattes sont un peu plus foncés que le dessus. On voit en outre sur tout le corps quelques petits poils très courts.
On la trouve parvenue à toute sa grosseur à la fin de mars et pendant tout le mois d'avril , sur plusieurs espèces de genista et sur le dorycnium suffruticosuni , dans nos départements les plus méridionaux, en Corse et en Espagne.
Pour se métamorphoser, elle file dans la terre, à peu de profondeur, une coque de forme ovoïde et d'un tissu peu serré. Huit jours après , elle passe à l'état de chrysalide ; celle-
GÉOMÈTRES
ci est assez grosse , raccourcie , d'un rouge brun , cylindrico conique , terminée par une petite pointe noire.
L'insecte parfait n'éclôt que vers la fin de septembre oi j dans le courant d'octobre.
Gustave Daube.
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GÉOMÈTRES
LIGIA JOURDANARIA. PI. 3, fig. i et 2.
Pallide cinerea linea dorsali utrinque regulariter sinuata dupUcî alteraque laterali recta fuscis.
GoD.-Dup. , VII, pi. 169, fig. 6.
Fidonia jourdanaria. Treitschk. , Schmett. von Europ. , VII,
Geometra jourdanaria. Hubn., Geom.,tab. 107,65. 559-562. Annales de la Société Linn. de Paris ^ V, p. 4^0, tab. 11 ,
fig. h-n et 1-3.
Elle est d'un gris-cendré plus ou moins clair , quelquefois d'un gris blanchâtre, avec des raies longitudinales brunes. De chaque côté d'un vaisseau dorsal, il y en a une, sinuée régulièrement, dilatée au commencement et à la fin de chaque anneau , de manière que la partie comprise entre ces deux lignes forme comme une suite de losanges de la couleur du fond , ou même d'une teinte un peu plus blanchâtre. Sur chaque côté au-dessus des pattes , on voit une autre raie brune , mais droite , dans toute sa longueur , et supportant les stigmates. Ceux-ci sont noirs , assez petits et cerclés de blanc grisâtre. La tête est d'un gris cendré comme le fond. Le dessous du corps et les pattes sont absolument de la couleur du dessus; seulement la partie interne des pattes anales est un peu blanchâtre, avec le crochet d'une couleur obscure.
Cette chenille se trouve sur le thym {thymus vulgaris), dans les lieux arides des environs de Montpellier. Elle est assez commune, mais cependant ditijcile à prendre; car elle se laisse tomber au moindre mouvement de la plante.
Parvenue à toute sa taille, elle file en terre une coque ovoïde, dans laquelle elle se métamorphose.
La chrysalide est cylindrico-conique, peu alongée , d'un rouge brn , et terminée par une petite pointe.
L'insecte parfait éclôt au mois de septembre.
Cette chenille a été décrite par M. Adrien de "Villiers, dans
GÉOMÈTRES
les Annales de la Société Linnéenne de Paris en 1826 ; mais la description et la figure sont inexactes et paraissent avoir été faites d'après un individu prêt à se chrysalider.
Gustave Daube-
PAPII.LONIDKS.
ri. 2.