THAÏS CASSANDRA
Patlide cinerea vel cinereo-carnea , nigro jninctata , spinis rubrls apice nigro-pilosis.
BoiSD. , Icônes , pi. 3 , fig. i et 2
GuENÉE et Devill. , Tableaux synopt. , p. 5.
HuBN., Pap., tab. g 10-91 3.
Thais hypsipyle. God. , Pap. de France, pi. 3 , c, fi^. 1-2.
La diane. Ernst, Pap. d'Europe, fig, 109, A, B.
Variété. Thais Demnosia. Dahl.
Elle a beaucoup de rapport avec celle de Y Hypsipyle, qui se trouve en Autriche et dans plusieurs contrées de l'Europe méridionale. Elle est ordinairement d'un gris - blanchâtre pâle ou d'un blanc incarnat , avec deux rangées dorsales de petits points noirs , et deux rangées latérales de points de la même couleur. Outre cela , le corps porte six rangées d'épines , ou plutôt de tubercules rouges , alongés , à extrémité noire , et garnie de petits poils raides d'une couleur jaunâtre. Les épines les plus rapprochées des pattes sont plus courtes que celles qui sont situées sur le dos. La tête est d'un gris jaunâtre ou roussâtre.
Cette chenille , lorsqu'elle est en repos, a une forme presque hexagonale.
Dans sa jeunesse , elle est un peu plus obscure , mais elle s'éclaircit successivement à chaque mue.
On la trouve parvenue à toute sa taille sur les aristolochia pistolochia et 7'otunda, dans le courant de juillet et au commencement d'août.
Pour se métamorphoser, elle se fixe à la plante sur laquelle elle vivait , ou sous quelques pierres dans son voisinage.
La chrysalide est cylindrico-conique , avec la tète coupée en biseau. Elle est d'un gris blanchâtre ou d'une couleur terreuse , qui la rend assez difficile à trouver.
Elle passe l'hiver et éclôt dès le commencement de mars.
PAPILLONIDES.
L'insecte parfait est assez commun en Provence , dans les environs d'Hyères.
Cette chenille a été découverte par M. Meissonnier, il y a plusieurs années.
Il serait possible qu elle ne fût qu'une variété locale de la Thaïs Hypsipyle. Elle en diffère par le fond de la couleur et par les petits points noirs placés sur le dos des anneaux.
PAPILLOIVIDES.
thaïs MEDESICASTE. pi. 2, fig. 4, 5 et 6.
Sordide lutescens, lineis quatuor longitudinalibus nigris annitlatim înterruptis, spinisque brevibus apice pilosis.
GoD. , Pap. de France , II , pi. 3 , fig. 3 et 4-
Papilio rumina. Hubn. , Pap. , tab. 78 , fig. 394 , SgS ; et Papi-
lio medesicaste , fig. 632.
OcHS. , Schmett. von Europ. , II , p. 127, n" 2.
Papilio rumina australis. Esp. I th. , 72 ; cont. 22 , fig. 4'
Herbst, Schmett. , tab. 25o, fig. 3,4-
Devillers , E'nt. Zimn., tab. 4 5 fig- lo- Thais rumina, variété. Boisd. , hid. meth., p. 8.
Elle varie pour la couleur , qui est tantôt roussâtre , tantôt d'un jaune terreux, et quelquefois d'un roux verdâtre, avec la tête plus foncée. Le dos est marqué en dessus , à partir du premier anneau , de quatre lignes noires , longitudinales , interrompues à toutes les incisions. De chaque côté , à la hauteur des stigmates , il y a une ligne pareillement noire et interrompue. Outre cela, le corps porte six rangées de tubercules orangés, surmontés de quelques poils blanchâtres très courts. Les tubercules situés sur la moitié postérieure du corps sont souvent un peu plus pâles que les autres , et ceux qui forment la rangée la plus rapprochée des pattes sont peu prononcés , et ressemblent à de petits boutons peu saillants. Le dessous du corps est lisse et de la couleur du dessus. Les pattes sont un peu plus claires que le corps ; seulement les écailleuses ont la pointe ferrugineuse.
On trouve cette chenille encore très petite dans la première quinzaine de juin. A cette époque , elle est d'une couleur plus foncée. Dans les premiers jours de juillet , elle est parvenue à toute sa taille , et se tient par petits groupes de sept ou huit sur Yarùtolochia pistolochia, dont elle mange les feuilles , et même le fruit quand celles - ci viennent à lui manquer.
PAPILLONÏDES.
Pour se métamorphoser, elle s'attache à la plante sur laquelle elle a vécu , ou bien elle va se mettre sous une pierre , où elle se fixe comme une Piéride.
La chrysalide est cylindrico-conique , de couleur terreuse , avec la tête coupée en biseau. Elle passe Thiver, et la moitié environ éclôt, en mai de l'année suivante ; une partie de l'autre moitié éclôt la seconde année , et le reste après trois années d'état de nymphe.
L'insecte parfait se trouve en Languedoc , en Espagne , et dans quelques parties de la Provence.
C'est encore à M. Daube , de Montpellier, que la science est redevable de la découverte de cette chenille. Il la trouva , pour la première fois en 1828, sur les aristoloches du côté de Montferrier. C'est aussi lui qui a observé le premier que les chrysalides restaient souvent deux ans , et quelquefois trois dans un état de léthargie ; phénomène que l'on ne connaissait avant lui que chez quelques Hétércoères.
PAPILLONIDES.
PIERIS CRAT^EGI. PL 4, fig. i , 2 et 3. :':\[
ynitosula, subtils cinerascenti-lwida, supra nigra vittis duabus dorsattbus latioribus fulvis.
Papîlio cratœgî. Linn. , Syst. NcU., 2, ySS, 72. — Wien.
Verz., Borkh. , etc.
F.AB., £"nf. 5j*f., III, I, 142, 563.
OcHS. , SchmelL von Europ. , I, p. 162 , n" i. HuHN.,Pap. ,tab. 79 vfig-399, l\oo. — Larv. lep. , I, Pap. II,
C, a, b, fifj. I , a^ 6:
Le gazé. Geoff. , Hist. des Ins., t. II , p. 71 , n" 43. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 48, fig. loi , a-f. Piéride gazée. God. , Pap. de France, pi. 2 tert., fig. 3.
Elle est un peu plus velue que les espèces du même genre. Ses poils sont fins , assez longs , et d'un blanc un peu jaunâtre. Son dos est noir, avec deux bandes longitudinales assez larges , d'un jaune fauve ou d'un roux un peu ferrugineux. Le dessus du premier anneau et celui du dernier sont entièrement noirs. Les côtés sont d'un gris-plombé livide , avec les poils plus pâles que sur le dos. Les stigmates sont noirs ; la tête est noire et garnie de poils. Le dessous du corps et les pattes sont noirâtres.
La chrysalide est très jolie; son fond est blanc ou d'un blanc jaunâtre , très agréablement varié de noir. Le dos est tout noir, et la gaine de la trompe forme une pointe saillante. Le ventre et tous les anneaux sont ponctués de noir. Sur chaque côté, il y a ordinairement une raie jaune, plus ou moins prononcée, qui se prolonge jusqu'à la queue. L'enveloppe des ailes est bordée et ponctuée de noir ; la carène du corselet est noire. Le restant est ponctuée de noir, et séparé des anneaux par une petite ligne jaune transverse.
La chenille vit en société sur une infinité d'arbres et d'arbustes de la famille des Rosacées , mais particulièrement sur le prunellier, prunus spinosa ; le prunier, prunus domestica ; 1 aubépine, cralœgus oxyacantha; le cerisier, prunus cerasus,
PAPILLONIDES.
Les petites chenilles éclosent à l'automne ; elles passent l'hiver sous une tente soyeuse , dans laquelle elles pratiquent de petites cellules pour se mettre à l'abri des rigueurs de la saison. Au premier printemps, elles rompent cette toile, et , comme elles ne trouvent alors que des bourgeons , elles font quelquefois de grands dégâts dans les vergers. Dans la première quinzaine de mai , elles sont ordinairement parvenues à leur entier développement.
L'insecte parfait éclôt dans le courant de juin. Il est commun dans toute l'Europe.
Sa chenille est quelquefois si multipliée dans certaines contrées, que Linné l'a appelée dans sa Fauna suecica, hortorum pestis. On la détruit comme celles du Bombyx Neustria et du Liparis Chrysorrhœa.
PAPILLONIDES.
PIERIS BRASSIGiE. PL 4, fig. i , ?. et 3.
Pubescens , viridi-f.avescens vel pallide jlavescenti-vindis nigro punctata, vittis tribus flavis; capite cœsio nigro punctato.
Papilio brassicœ. Linn. ,S. N.,1,2, 769, jB. — Wien. Verz. ,
BoRRH., etc.
Fab. , Elit. Sfst., III, 1 , 186, 574.
OcHS. , Schmett. von Eur. , t, p. il^^^n" 1 (et par erreur n" 9). HuBN., Pap., tab. 80, figf.401, \o-2. et 4o3. — Larv. lepid., I,
Pap. , II , C , a , 6 , fig. 2, a, b. Le jjrand papillon blanc du chou. Geoff. , Hist. des Ins.,
t. II, p. 68, n" 4o.
Le grand papillon du chou. Ernst, Pap, d'Europe, pi. 49»
fig. 102, a-e.
Piéride du chou. God. , Pap. de France, pi. 2 tert. , fig. i.
Elle est plus alongée et garnie de poils moins longs que celle de la Cratœgi. Ceux-ci sont blancs et assez nombreux. Le fond de sa couleur est tantôt jaune, tantôt d'un jaune verdâtre, et tantôt d'un gris-cendré un peu jaunâtre , avec une raie dvorsale d'un jaune plus ou moins vif, et une raie latérale plus large de la même couleur, supportant les stigmates et se fondant par son côté inférieur avec la couleur du ventre. Entre les raies jaunes , le fond est varié de taches et de points noirs de différentes formes et grandeurs, et plus ou moins rapprochés, dont les plus larges paraissent formés par l'évasement des tubercules pilifères. La raie latérale offre çà et là quelques petits points noirâtres plus ou moins marqués. Le dessous du corps et les pattes sont ordinairement jaunes. Les stigmates sont d'im gris-pâle , cerclés d'un peu de noir. La tète est grisâtre , ou d'un gris un peu bleuâtre , pointillée de noir, avec un V noir renversé renfermant une petite tache triangulaire blanchâtre.
Aucime chenille n'est aussi sujette à être piquée des ichneumons à coton jaune.
La chrysalide a l'extrémité antérieure plus pointue (jue
PAPILLONIDES.
celle de la Cratœgi. Elle est d'un gris pâle, agréablement émaillée de noir, lavée sur la partie antérieure des anneaux et sur la poitrine de blanc un peu jaunâtre , et marquée çà et là de quelques petites taches rousses.
On la trouve souvent attachée sous la corniche des murs.
La chenille vit en société sur une infinité de plantes de la famille des Crucifères , mais particulièrement sur le chou cultivé , brassica oleracea ; le navet , brassica napus ; la giroflée , cheiranthus incanus ; les moutardes, sinapis ; la roquette, sisynibrium tenuifolium. On la trouve aussi souvent sur les capucines , tropœolum, et sur les résédas. On la rencontre communément depuis la fin de mai jusqu en octobre; mais celles qui se métamorphosent en automne passent l'hiver en chrysalide et éclosent en avril ou mai.
Cette chenille cause souvent de grands dégâts dans les potagers , et sur-tout dans les plantations de chou. On la détruit comme celle de Rapœ.
L'insecte parfait est commun dans toute l'Europe. Il se trouve jusqu'au Japon. Il habite aussi l'Asie-Mineure et le nord de l'Afrique.
La femelle dépose ses oeufs par petits groupes sur les feuilles ; ils sont oblongs et d'un blanc jaunâtre.
PAPILLONIDES.
PIERIS RAPiE. PI. 4, fig. 7 et 8.
VhicUs llnea dorsali alteraquè laterali sœpins interrupta -, flavis ; stkjmatibus fuscis.
li é: i^Gvli'i ;)i) c.jflq ùi'à oll'j ij LiNN. , S. JV. I, 2 , p. ySg, 76. — Wien. Verz. , Borkh. , etc. Fab., Ent. Syst., III, i, 186, ^y5.
OcHS. , Sclimett. von Europ. , I, p. i46, n" 3. HuBN. , Pap. , tab. 80 , fig. 4o4 ^,^(^^^ — Larv. lep. , Pap. , II ,
C, 6, fig-. I ^ a, b, c.
Le petit papillon blanc du chou. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II ^
Le petit papillon du chou. Ernst, Pap. d'Europ. , pi. 49 -,
fig. io3, a-cl.
Piéride de la rave. God. , Pap. de France , I , pi. 2 tert. , jHg. 2.
, £lle est de la taille de la chenille de Napi, à laquelle elle ressemble beaucoup. Elle est de même d'un vert un peu obscur, légèrement pubescente. A la loupe , et même à la vue simple , son corps paraît couvert de petits tubercules , ou plutôt de petites granulations noirâtres , qui donnent naissance chacune à un petit poil. Le vaisseau dorsal est couvert par une petite raie étroite, d'un jaune citron. A la base des pattes, au niveau même des stigmates , il y a aussi une raie étroite de la même couleur, quelquefois continue , mais le plus ordinairement interrompue, à chaque incision. La tête est verte, garnie de petites granulations noires qui supportent de petits poils blanchâtres. Les stigmates sont bruns, un peu cerclés de jaune. Le dessous du corps et les pattes sont d'un vert un peu moins obscur que le dessus.
La chrysalide ressemble un peu par la forme à celle de 1 a Brassicœ; mais sa pointe antérieure est plus saillante, et la poitrine est un peu plus anguleuse. Elle est d'un gris-cendré plus ou moins clair, finement pointilléc de noir, et souvent lavée de gris rosé sur lu partie antérieure des anneaux et sur les portions ayguleuses du corselet. On la trouve aussi très