VARIÉTÉ FEMELLE
PapîUo napeœ. Esp., tab. 66 , cont. 71 , fig". 5, S. 119. HuBN. , tab. 81, fig-. 407.
Piéride de la Bryonne. God. , Pap. de France, II , pi. 5, fig. i, p. 39.
Elle est de la taille de la chenille Rapœ. En dessus elle est verte, plus pâle en dessous et sur les côtés. Elle est couverte de très petits tubercules noirs , saillants , différant beaucoup pour la grosseur. Outre ces tubercules , on en aperçoit çà et là quelques autres qui sont blanchâtres. Le corps, sur-tout en dessus , est couvert d'un léger duvet blanchâtre. Les stigmates sont presque circulaires, d'un roux très obscur, avec la bordure noirâtre , placés au milieu d'une petite tache arrondie d'un jaune-citron. Le dessous du ventre est d'un vert un peu blanchâtre. La tôte est globuleuse, hérissée de petits poils noirâtres , parmi lesquels on en distingue quelques uns qui sont blanchâtres, et qui partent d'un petit tubercule de la même couleur. Les pattes écailleuses sont d'un vert un peu jaunâtre ; les autres sont de la couleur du ventre.
Cette chenille est un peu moins commune que celle de
, PAPILLONIDES.
Rapœ. Elle vit plutôt dans les champs et les bois que clans les jardins, sur différentes espèces de crucifères , telles que raphanus rophanistrum, sînapis alba. On la rencontre aussi quelquefois sur le brassica napus, turritis glabi'a et hirsuta, la capucine , tropœolum majus, le reseda lutea, etc. Elle est assez commune dans les montagnes alpines sur la dentariapinnatijida. On trouve cette chenille depuis le commencement de juin jusqu'à la fin de septembre.
La chrysalide est fortement anguleuse, d'un gris -cendré un peu roussâtre ou jaunâtre , plus ou moins variée de petits points et de petites taches brunes ; celles-ci sont sur-tout placées le long du bord anguleux latéral. Elle est un peu rugueuse et couverte de points enfoncés. Très souvent la chrysalide est d'un vert un peu jaunâtre , avec des éclaircies jaunes sur l'enveloppe des ailes et du corselet. Elle offre du reste à-peu-près le même dessin.
L'insecte parfait éclôt ordinairement au bout de quinze à dix-huit jours ; mais les chrysalides du mois de septembre passent l'hiver, et donnent leur papillon dans les mois d'avril et de mai.
l'APlT.LONIDK.S.
PIERIS TAGIS. PI. 5, fig. i et ?..
Viiidis , subpubescens ^ mhuia pallidior liuea taterali coccinea albldo infra marqivata.
OcHS., Schmett. von Europ. , I, 162, 10. HuBN. , Pap. , tab. 110, fig. 565-566.
Esp. , Sclimelt., tab. 1 17, cont. 73 , fifj. .'). BoisD. , Icon. Iiist. , pi. 5, fijf. 1 et 9.. Pien's bellezina. Boisd. , Ind. trietli., p. c).
Cette chenille est encore une des découvertes de M. Donzel de Lyon. La description que nous en donnons est due à cet observateur.
La petite chenille en naissant est d'un jaune-souci pâle, puis elle devient d'un vert très pâle ; plus tard lorsqu'elle est adulte, elle est d'un beau vert à-peu-près comme celle de Cardamines, avec une petite bande blanche sur les stigmates , immédiatement au-dessus de laquelle on voit une autre bande d'un bel amaranthe vif. A l'œil simple cette chenille paraît presque rase ; mais à la loupe on distingue de petits poils blanchâtres qui la font paraître pubescente. Sa tête est verte, globuleuse. Le dessous du ventre est d'un vert un peu plus pâle que le dessus. Les pattes sont de la même couleur. Les stigmates étant couverts par la bande blanche, sont à peine distincts. Sur le point de se métamorphoser, elle prend une teinte violâtre , et elle s'attache aux tiges de la plante sur laquelle elle se nourrit.
La chrysalide a une grande analogie avec celle de Belia, seulement elle est moins alongée et la pointe est plus aiguë. Elle est d'un gris incarnat, tirant sur le rose dans sa partie postérieure, avec une raie dorsale brune et une autre raie pareille sur le bord de Tenveloppe des ailes , si ce n'est que cette dernière n'atteint pas la pointe antérieure, et devient rosâtre sur les anneaux de l'abdomen ; cependant il en est qui ont cette raie bnnie d'un bout à l'autre.
PAPILLONIDES.
Elle vit solitaire sur Viberis pinnata dans les départements des Basses-Alpes et du Var. On la trouve en juin.
La chrysalide passe l'hiver comme celles des Anthocharis Cardimines et Eupheno.
L'insecte parfait éclôt en avril et mai. Il a d'ahord été découvert dans le département du Var par M. de Saporta, et il a été retrouvé depuis en Corse par l'un de nous , et dans les Alpes de Provence par M. Donzel. Il habite aussi le Portugal et l'Espagne.
La femelle dépose un œuf d'un jaune souci sous le pétiole des feuilles.
PAPILLONIDES.
ANTHOCHARIS GARD AMINES. Boisd. PI. 5,%. 6 et 7.
Subpubescens , viridis, vitta laterali atha supra indeterminata sensim eum viridi fusa.
Pieris cardamines. Boisd. , Ind. tnetli. j, p. 9^ — Schrank. Papiiio cardamines. Linn. , Syst. Nat. , 1,2, 761, 11° 85. Fab., Ent. Syst., III, 1, p. 193, n° 600. — Ocks. , Wien.
VeRZ. , IlLIG., BoRKH. , EsP. , SCHWARZ,etC.
HuBN. , Pap. , tab. 54, fig. 4^4 ? 4^5. — Larv. lepid. , l,
Pap. , II, G , c, fi{>. 2 , a , b.
L'aurore. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II , p. 71 , n° 44- Ernst, Pap. d'Europe, pi. 5i , fiç. 107. Piéride aurore. God. , Pap. de France, I, pi. 2 , fig. 2.
Elle est à-peu-près de la taille de la chenille Rapœ, mais elle a plus de ressemblance avec celle de Napi. Elle est verte , très légèrement pubescente ; tout son corps est couvert par une infinité de très petits tubercules noirs, parmi lesquels on en distingue quelques uns qui sont blanchâtres ou grisâtres. De chaque côté au-dessus des stigmates , elle a une bande blanche, dont le bord supérieur est indéterminé , et se fond insensiblement avec la couleur verte du dos. Inférieurement cette même bande blanche est droite et assez arrêtée. De même que celle de Napi, elle n'a point de raie dorsale. La tête est verte , couverte de petits tubercules noirâtres et grisâtres très visibles à la loupe , et surmontés chacun d'un petit poil très court. Le dessous du ventre est vert, ainsi que les pattes.
On trouve cette chenille pendant les mois de juin et de juillet sur plusieurs espèces de crucifères, principalement sur les arabis glabra et hij'suta, le thlaspi campestre , Viberis amara, la lunaria annua, le hrassica campestris, et sur-tout sur le sinapis nigra. Il est rare que Ton en rencontre une seule sur un même pied; il y en a presque toujours deux ou trois. Elles se tiennent alongées le long des siliques avec lesquelles elles
t>APILLOi\lDES.
se coiitondent par leur couleur , et dont elles se nourrissent de préférence.
La chrysalide a une forme très remarquable ; elle est longue , cymbiforme, arquée, et chaque extrémité est terminée par un long bec un peu courbé, dont l'antérieur est un peu plus pointu. Sa poitrine forme sur le milieu une gibbosité très saillante, comprimée latéralement. Gomme dans toutes les Anthocharis , les anneaux de l'abdomen sont tout-à-fait immobiles et à peine visibles. Cette chrysalide est d'abord verte avec des stries blanchâtres de chaque côté de la partie gibbeuse. Au bout de quinze jours ou de trois semaines, elle prend une tout autre couleur ; elle devient d'un gris jaunâtre tirant plus ou moins sur le roussâtre ; mais les stries blanchâtres restent les mêmes. Elle passe l'hiver et éclôt au printemps.
L'insecte parfait s.e trouve dans toute l'Europe et la Sii)érie.
PAPILLONIDES.
PIERIS DAPLIDICE. PI. 6, fig. i et 2.
Obscure cinerea, nigro punclata lineis quatuor albis flavo maculatîs; punctis flavis seriatis ad basin pedum.
BoiSD. , Ind. method. , p. 8.
GoD. , Pap. de France, t. I , pi. 2 quart. , fig. 2.
Encycl. méthod., IX, p. 128, n° 29.
Papilio dapUdice. Hubn. , Pap., tab. 82 , fig. 4i4i 4'-^- —
Larv. lepid., I, Pap., Il, gens. C, c, fig. 3, a. OcHS., Schmett. von Europ. , II, p. i56, n° 7. LiNN. , Syst. Nat. ,1,2, 760 ,81.
Fab. , Ent. Syst., III, i , 191 , 593. — Wxen. Verz., Illig. ,
ScH^FF. , Esp., Lewin, Panzer, Rossi, etc. Le marbré de vert. Ernst, Pap. d'Europe , pi. 5o, fig. 106 ,
Pieris dapUdice. Schrank, Faun. Boic.,i, B. 2 abth., S. 167,
Elle est un peu plus petite que celle de Brassicœ. Elle est d'un gris bleuâtre plus ou moins clair ou plus ou moins foncé. Elle a sur le dos deux lignes longitudinales blanches, entrecoupées par des taches d'un jaune citron. Les côtés près des pattes offrent une ligne semblable , mais où le blanc domine davantage. Les stigmates sont ovoïdes , blanchâtres , à bordure très épaisse , placés sur cette dernière ligne. Au-dessous d'eux la couleur devient plus claire, et tout-à-fait pâle et blanchâtre sous le ventre. Les pattes sont delà couleur du ventre, et on voit le plus souvent à leur base une rangée longitudinale de points jaunes plus ou moins marqués. La tête est d'un gris obscur tirant sur le verdâtre, marquée au sommet de deux taches jaunes , couverte de petits tubercules noirs et hérissée de poils de la même couleur. Outre cela , le corps est couvert de tubercules noirs assez épais, portant des petits poils de la même couleur.
La chrysalide est anguleuse , grisâtre ou d'un gris un peu verdâtre , finement pointillée de noir sur le corps et sur Ten-
PAPILLONIDES.
veloppe des ailes. La tête porte une pointe assez longue. La partie dorsale est marquée de deux raies roussâtres , et on en voit une semblable sur les côtés.
On trouve cette chenille en juin et en septembre dans les champs et les lieux incultes, sur le réséda jaune , reseda lutea; le thlaspi des champs , thlaspi arvense et campestre; le sisymbriuni sophia, Yerysimum cheiranthoides , le brassica cheiranthos, etc.
Les chrysalides de la première époque donnent leur papillon en juillet et au commencement d'août , et celles de la seconde passent Thiver , et Finsecte parfait éclôt en avril de l'année suivante.
Celui-ci est commun dans le centre et sur-tout dans le midi de l'Europe.
PAPILLONIDES.
PIERIS CALLIDICE. PI. 6, fig. 3 et 4.
NigrO'Cœrulescens punctulata , lineis quatuor albidis flavo annulatim maculatîs.
BoiSD. , Ind. method. , p. 8. *
OoD. , Pap. de France, t. II, pi. 5 , fig. 2 et 3.
EncycL méth., t. IX, p. 129, n°32.
Papilio calUdice. Ochs., Schm. von Eiirop.,J.l, p. i53 , n" 5.
HuBN., Pap., tab. 81, fig. 4o8, 409; et tab. 108, fig. 55 1 ,
Esp. , Schmett. , I th. , tab. 1 1 5 , cont. 70 , fig. 2 , 3 , S. i lo. ItLiG., Magaz., III, B. S. 188.
Elle a le port de Daplidice, mais elle est plus obscure et beaucoup plus finement pointillée de noirâtre. Elle est d'un noir bleuâtre plus ou moins foncé, et elle a sur le dos deux raies blanches longitudinales, irrégulières, dont la couleur s'étend plus ou moins sur la partie noirâtre. Ces raies sont marquées d'une tache d'un jaune citron à l'incision de chaque anneau. Les côtés offrent près des pattes une raie semblable, mais où le jaune s'étend davantage, sur-tout à ses extrémités. Les stigmates sont placés sur cette dernière ; ils sont ovoïdes, d'un blanc brunâtre, à bordure noirâtre. La partie qui est située au-dessous et tout le ventre sont d'un noirâtre un peu verdâtre. La couleur noire du dessus du corps est due en grande partie à des petits tubercules nombreux , donnant naissance à des petits poils de la même couleur. Quelquefois les espaces compris entre tous ces petits tubercules ont une teinte blanchâtre ou d'un blanc bleuâtre. La tète est de la couleur du corps, marquée de chaque côté d'une tache jaune. Les pattes écailleuses sont noires ; les autres sont de la couleur du ventre.
La chrysalide est un peu anguleuse , d'un grisâtre glauque, devenant souvent un peu bleuâtre ou blanchâtre , finement pointillée de noir sur tout le corps et sur l'enveloppe des ailes. La tête offre trois petites pointes. La carène dorsale est mar-
PAPILLONIDES.
quée d'une raie jaune. Les côtés sont souvent aussi marqués d'une raie semblable.
On trouve cette chenille aux mois d'août et de septembre à une grande élévation, près des neiges, dans les Alpes et les Pyrénées , courant par terre. Les crucifères dont elle se nourrit sont si petites et si rabougries qu'on les distingue à peine des autres plantes , et qu'on croirait qu'elle est polyphage. Dans le jeune âge , les petites chenilles ne diffèrent que par la taille des individus adultes.
La chrysalide passe l'hiver sous les neiges , attachée à des pierres ou à des rochers.
L'insecte parfait éclôt en juin et juillet.
Cette chenille n'avait encore été trouvée par aucun entomologiste.
l'APILLONIDES.
niiODOCERA IIHAMNI. Boisd. PI. 3, fiy. i , i^, 3 et 4.
Vividis , tenuissime obscuriori punctutata puhescensque linea stujmatifera albicla.
Colins rimmni . Hoisd. , Ind. meth. , p. 10.
OcHS. , Schmett. von Eziwp., Il , p. 186, 8.
Papilio rimmni. IIubn., Pap. , tab. 88, fjg. [\f\i-t\l\l\. — Larv.
lepid., I , Pap. II, gens, C, e, D, fi{|. i, a, b. — Linn. ,
Fab. , etc.
Coliade du nerprun. God. , Pap. de France. I , pi. 2 , fij^. 1.
VARIÉTÉ
Papilio cleopatra. Ochs. , Sclim. von Europ. , II, p. 189, 9. HuBN. , Pap., tab. 88, fig. 445-446- — Linn., Fab., etc. Coliade cléopâtre. God. , Pap. de France, II, pi. 4 , fig- i-
E!le est alongée , un peu atténuée aux extrémités , d'un vert foncé en dessus et d'un vert un peu jaunâtre en dessous. Ces nuances sont séparées par une raie latérale blanche, ou d'un blanc un peu jaunâtre, se perdant insensiblement en dessus avec la couleur du fond.
Les stigmates sont blancs , placés sur cette raie, et distincts seulement à la loupe. Le ventre est vert, assez foncé , avec l'extrémité des pattes un peu plus claire. Outre cela, tout le corps de la chenille est strié transversalement , et hérissé de petits poils courts très serrés , et implantés sur des granules noirâtres qui lui donnent un aspect légèrement chagriné.
La tête est finement pointillée comme le corps.
Avant la dernière mue, et même dans la jeunesse , les petites chenilles ne diffèrent pas de ce qu'elles seront plus tard.
Celle de la variété Cleopatra, ainsi qu'on peut le voir par la comparaison des deux figures que nous donnons , ne diffère en rien de celle Rhamni.
La chrysalide est arquée, fortement bossue , pointue aux deux extrémités, avec les stigmates ferrugineux, et quekjues petits points de la même couleur sur le bord de l'enveloppe
PAPILLONIDES.
des ailes, plus ou moins nombreux, et quelquefois nuls. Le fond de sa couleur est le vert-pomme tendre , passant graduellement au jaune verdâtre.
Dans la variété Cleopatra, la chrysalide est absolument de la même forme , mais sa couleur est parfois fort différente. A peine la chenille est-elle métamorphosée, que la chrysalide prend une teinte qui se fonce de jour en jour, s'il en doit naître un mâle ; de sorte que le dixième ou le douzième , elle est de la couleur de l'insecte parfait.
L'éclosion a lieu au bout de quinze à vingt jours pour les chenilles qui se transforment en été, et au bout de quatre ou cinq mois , selon la température , pour celles qui se métamorphosent à l'automne.
La chenille vit sur le nerprun purgatif, rhamnus cathaiHicus ; la bourdaine, rhamnus frangula , etl'alaterne, rhamnus alaternus.
Il est commun dans toute l'Europe ; la variété Cleopatra ne se prend que dans le midi, et même dans les parties très chaudes, telles qu'aux environs de Montpellier, etc. , elle se trouve seule.
PAPILLONIDES.
COLIAS EDUSA. PI. 3, %. 5 et 6.
Supra obscure vîrldis subtus dilutior linea stîgmatifera flava albo rubroque maculata.
BoiSD. , Ind. metlïod., p. g.
OcHS. , Schmett. von Europ., II, p. 173, n" i.
Papilio edusa. ÏIubn., Pap., tab. 85, fig. 429-430 ; et tab. 87,
fig. 44o-44ï- ( Var. Hélice. ) — Larv. lepid. , I , Pap, , Il , gens. C , c/ , fig. 1 , a , b. Fab., Ent. Sjst. , III , I, 206 , 643. — WiEN. Verz. , Illig. ,
BoRKH. , etc.
Le souci. Geoffroy, Hist. des Ins., t. II , p. ^5 , n" 48. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 54, fig. 1 1\ . a-e. Coliade souci. God. , Pap. de France , I , pi. 2 bis , fig. i.
Elle est d'un vert obscur en dessus et d'un vert jaunâtre en dessous. Ces deux teintes sont séparées par une raie latérale jaune , marquée de blanc , et de neuf petites taches d'un rouge bri quêté.
Les stigmates sont en ovale alongé, placés sur la raie latérale , blancs , entourés inférieurement par un demi-cercle noir peu prononcé, et suivis sur chaque anneau d'une tache rouge. Outre cela , tout le corps de la chenille est strié transversalement, et hérissé de très petits j^oils noirâtres assez serrés , qui naissent de petits tubercules noirs placés sur un petit espace circulaire un peu plus pâle que le fond.
La tête est arrondie , un peu aplatie antérieurement , hérissée de petits poils fins comme le corps.
Les pattes sont de la couleur de la tête. Le dessus de l'anus est'arrondi et s'avance postérieurement.
On trouve cette chenille en été , c'est-à-dire pendant les mois d'août et de septembre , dans les champs cultivés et dans les prairies élevées , sur les luzernes , medicago , et sur plusieurs sortes de trèfles, irifolhim.
Pour se métamorphoser, elle tapisse de soie une tige ou le dessous d'une feuille ; et après s'être assujettie par l'extré-
l'APILLONIDES.
mité postérieure et par un lien transversal , elle se change eu chrysalide. Celle-ci est peu anguleuse, droite comme celle des Pieris , avec la tète avancée en pointe et le dos en carène. Sa partie ventrale moyenne forme une saillie médiocre. Les côtés du corps offrent une ligne jaunâtre qui la partage en Jeux parties , mais qui n'est Lien visible que sur les anneaux de l'abdomen. Les nervures des ailes forment, sur Fenveloppe qui leur est propre, des stries plus obscures, ei celle-ci est en outre marquée d'une rangée de petits points bruns. Le ventre est quelquefois aussi marqué d'une raie latérale courte et de quelques atomes bruns.
L'insecte parfait éclôt au bout de dix-huit à vingt jours , à moins qi»e la métamorphose n'ait eu lieu au milieu de l'automne, auquel cas l'éclosion n'a lieu qu'au printemps.
Il est commun dans toute l'Europe, dans l'est de l'Asie et le nord de l'Afrique.
LYCENIDES.
THECLA W. ALBUM. PI. i , fig. i , :i , 3 , 4 , 5 et G.
Viridis rarius corlicina , fasciis obliquis lineaque dorsali impressa , obs^
curioribus ; capitefusco. Chry salis pubescens, cinereo-fusca stigmatibus nigris.
HuBjv. , Pap. , tab. yf), %. 38o, 38i.
OcHS. , Schmett. von Europ. , II , p. 109 , n° g.
BoRKH. , Europ. schmett. , Il th. , S. 2 16 , n"' 5 , 6. — Brahm ,
Lang. , Illig. , Knoch., Devill., etc.
Polyommntus W . album. Boisd. , Ind. meth. , p. 10. Polyommate W. blanc. God. , Pap. de France , I , tab. 9 ter. ,
fig. 2.
Le porte-queue brun à une ligne blanche. Ernst, Papillons
d'Europe, Suppl. , II , pi. 3 , fig. 72.
Cette chenille , comme toutes celles de la tribu des Lycënides , est raccourcie et aplatie en forme d'écusson ou de cloporte. Elle est d'un vert-pomme pliis ou moins clair, très légèrement pubescente , avec la tête brunâtre , assez rétractile pour qu'elle puisse la cacher dans le repos. Le vaisseau dorsal forme une raie plus obscure que le fond , un peu en creux comme dans toutes les espèces du même genre, lorsque la chenille se raccourcit. Sur chaque anneau on remarque un trait oblique d'avant en arrière et de haut en bas, un peu plus obscur que la couleur générale , et venant aboutir en haut près de la ligne dorsale , de chaque côté de laquelle les anneaux forment une rangée de petites saillies. Lorsque la chenille est au repos et qu'on l'examine de profil , ces petites crêtes dorsales deviennent plus sensibles. Près des pattes, on voit dans la plupart des individus une raie latérale un peu plus claire que le fond, très légèrement ombrée de vert foncé. Les stigmates sont très peu visibles. Les pattes et le dessous du corps sont d'un vert-pomme plus ou moins obscur. Dans quelques indi- A'idus les raies obliques présentent sur un de leurs côtés une ëclaircie d'un vert pâle ou d'im vert un peu jaunâtre. On rencontre parfois une variété qui est entièrement d'un brun très
LYCÉNIDES.
clair, avec les raies obliques et la raie dorsale d'une couleur plus foncée , quelquefois bordées d'un petit filet blanchâtre.
On trouve cette chenille dans la dernière quinzaine de mai, assez communément aux environs de Paris , sur l'orme [ulmus campestris) , sur Faubépine [cratœgus oxyacantha) , etc. On se la procure comme ses congénères, en battant les branches sur un drap.
Lorsqu'elle est sur le point de se métamorphoser, elle prend une couleur livide tirant sur le brun roussâtre.
La chrysalide est raccourcie , pubescente , à anneaux immobiles , comme celles des espèces du même genre , d'un gris brunâtre sombre, avec une rangée latérale de points noirs correspondants aux stigmates.
L'insecte parfait éclôt au bout de quinze à dix-huit jours.
LYCÉNIDES.
THECLA SPINI. PI. i , fig. 7, 8 et 9.
Viridls, linea dorsali impressa obscuriori fasciîsque obliquis lutescenû-
viridibus viridi adumbratis, capite fusco. Chrysalis cinereo-fusca punctis sparsis stigmatibusque nigrîs.
Papilio spini. Hubn. , Pap. , tab. yS. — Larv. lepid. , I, Pap.
Il, A, d, fig. I, a, b.
Fab. , Ent. Sjst., III , I , 278 , n° 71. OcHS. , Sclimelt. von Europ. , II, io3,n° 5. — Wien. Verz.,
Illig. , Ross. , Lang.
Papilio lynceus. Esp. , Schmett., tab. 89, Suppl. , XV, fig. 3.
— BoRKH., etc.
Polyommatus spini. Boisd. , Index nietlu, p. 10. Polyommate du prunellier. GoD.,II,pl. 21, fig. 8, 9, p. 167. Le porte-queue brun à taches bleues. Ernst, Pap. d'Europ. ,
pi. 36, fig. 74-
Elle a tout-à-fait la forme et presque le dessin de la chenille de FF. Album. La tête est un peu plus brune. La raie dorsale est de même d'un vert plus obscur que le fond. Les raies obliques sont d'un vert jaunâtre en même nombre, ombrées sur un de leurs côtés de vert plus obscur. La raie latérale ou plutôt marginale est d'un vert un peu jaunâtre, souvent peu prononcée. Les deux rangées de petites saillies dorsales qui bordent la raie médiane sont teintées de rose tendre dans la plupart des individus. Le dessous du corps et les pattes sont d'un vert-pomme plus ou moins clair. Les stigmates sont très peu distincts. Le corps de la chenille est peut-être un peu plus pubescent que dans le W. Album.
On la trouve en juin sur l'aubépine (cratœgus oxyacantha ) et sur le prunellier [prumis spinosa).
Lorsqu'elle est sur le point de se métamorphoser , elle prend une couleur feuille-morte livide.
La chrysalide est légèrement velue comme celle de W. Albîim. Elle a la même forme et la même couleur ; mais elle en est très distincte, en ce que, outre la rangée de petites taches
LYCÉNIDES.
noires remplaçant les stigmates , elle offre plusieurs autres points épars de la même couleur et une petite tache noire alongée près de la tête.
L'insecte parfait ëclôt au bout de quinze à dix-huit jours. ïl se trouve en Allemagne, en Italie, dans l'est et le midi de la France.
LYCENIDES.
POLYOMMATUS XANTHE. PL 2 , fig. 6 et 7 ; et pi. 3, fig. 5 , G ,
7 et 8.
Viridis subptibescens , maculis trianguUs strigaque marginali, modo palUdiorlbus , modo flavo-virid'ibus , modoflavis, capîte fusco , sligmatibus riijis. Chrysalis bninnea pilosa îmmaculaia.
BoiSD., Index meth. , p. 11.
GoD. , Pap. de Fiance, t. I, pi. 9 et 10 secund. , fig. 3 et i .
Papdio xantho. Fab. , Eut. Syst. , III , i , 3 1 2 , 182. — Rossi, etc.
Papiliociice. Fab., loc. cit., 3ï2, i83.
HuBN. , Pap., tab. 67, fig. 334-336. — Wikn. Verz. ,"etc.
OcHs. , Schmett. von Europ., II, p. 70, n" 2.
Papdio plioeas. Esp. , Schmett., tab. 63, cont. i3, fig. 6.
L'argus myope. Geoff. , Hist. des Ins., t. II, p. 64, n° 33.
Ernst, Pap. d'Europe, pi. 4^ , fig- 89, a, b, c, d.
Elle est d'une forme triangulaire, un peu plus alongée que celle des Argus et des Thecla, avec les anneaux bombés , et relevés en crête , à l'exception des deux derniers qui sont aplatis. Le vaisseau dorsal est un peu enfoncé, mais moins que dans les Jrgus; de sorte que les saillies dorsales sont un peu moins prononcées. Tout le corps est d'un vert-pomme à-peuprès de Ja même teinte que dans Jjyus Alexis, hérissé de petits poils bruns , plus alongés sur les parties saillantes. Les crêtes dorsales sont marquées chacune d'une tache triangulaire jaune, ou d'un jaune verdâtre, plus ou moins tranchée, disparaissant quelquefois complètement, sur-tout lorsque la chenille approche du moment de sa métamorphose. Il résulte de leur alignement deux séries dorsales de taches , séparées par le vaisseau médian. Les taches paraissent un peu obliques , surtout lorsque, disparaissant en partie, elles prennent une forme linéaire. Les deux premiers et les deux derniers anneaux en sont toujours dépourvus. Les côtés sont saillants et offrent une ligne marginale jaunâtre, interrompue par les incisions , nulle ou presque nulle sur les deux premiers anneaux, et se prolongeant sur les derniers jusqu'au-dessus de l'anus , sans
LYCÉNIDES.
cependant s'unir avec celle du côté opposé. Les stigmates sont arrondis , roussâtres , avec la bordure rousse. La tête est roussâtre , ainsi que les pattes écailleuses ; les autres sont vertes comme le ventre.
Elle vit sur le genêt commun, genista scoparia , en juin et en septembre.
Pour se raétamjrphoser , elle s'attache par la queue et par un fil transversal aux tiges des genêts ou des plantes voisines.
La chrysalide est rousse ou d'un roux brun, hérissée de petits poils de la même couleur.
L'insecte. parfait éclôt en juillet, lorsque les chenilles se sont métamorphosées eu juin;'et en mai de l'année suivante, lorsqu'elles se sont chrysalidées en septembre. Il se trouve dans le centre et le midi d'une grande partie de l'Europe.
LYCÉNIDES.
ARGUS CYLLARUS. PI. 3 , fîg. i , a , 5 et 4.
Albida, vet carnea II nea média macuUsque dorsalibus biseriaûs rubris, capite fusco, stigmatibiis albidis. Cbrysalis cinerea maculis donalibus triseriatîs fuscis.
Polyommatus cyllarus. Boîsd. , Ind. meth. , p. i3. GoD. , Pap. de France, t. I, pi. 11 quart., fig. 3. Papillio cyllarus. Ochs. , Schmeit. von Europ. , II. p. 12, n" 5. F A'B,, Elit. Syst., III, I, 294, 122. — Esp.,ScHNEiD.,BoRK.-H.,etc. Papitio damœtas.HvBy. , Pap. ,ta.h. 56, fig. 266-268. — Larv.
lepid., I, Pap. , II , gens A , a, fig. i , a, b. Suite de l'argus bleu. Ernst, pi. 4^? fig- 86.
Elle varie beaucoup pour la couleur, qui est tantôt blanche, tantôt d'un blanc grisâtre , souvent couleur de chair, et quelquefois d'un blanc-jaunâtre lavé de rose. Les anneaux , à l'exception des trois derniers , sont bombés , relevés en crêtes , séparées par le vaisseau dorsal, qui, dans toutes les variétés , forme une raie enfoncée rouge ou d'un rouge rosé, s' étendant jusqu'au-dessus de l'anus. Chacune des crêtes est marquée d'une tache im peu triangulaire plus pâle que le fond , divisée le plus ordinairement par un petit trait longitudinal rose ou rouge, un peu oblique. Ces petits traits , malgré leur obliquité, forment presque dans certaines variétés une ligne continue , mais un peu sinuée , de sorte que cette chenille paraît avoir trois lignes dorsales rouges. Les côtés sont saillants , et offrent une raie marginale plus pâle que le fond et un peu interrompue par les incisions. Les stigmates sont blancs et très petits , mais distincts à l'œil nu. La tête est d'un brun noir et peut se retirer sous le premier anneau. Outre cela, tout le corps offre une légère pubescence due à de petits poils fins et assez courts.
Elle vit sur les luzernes , medicago satwa,falcata, lupulina ; sur les trèfles, trifolium repens, pratense , etc., le sainfoin , hedysarum oiiobrychis , et sans doute sur d'autres légumineuses herbacées.
LYCENIDES.
Les petites chenilles éclosent à la fin de mai , et sont parvenues à leur taille dans le courant de juillet; alors elles s'attachent par la queue et par un fil transversal aux tiges des plantes basses pour se métamorphoser.
La chrysalide est d'un gris-cendré pâle, ventrue, un peu étranglée en arrière du corselet. Elle est marquée sur le dos d'une raie médiane brune , un peu interrompue , et de deux rangées de taches de la même couleur.
Elle passe l'hiver, et l'insecte parfait éclôt au printemps. Il se trouve dans les prairies et dans les champs de luzernes , dans une grande partie du centre de l'Europe.
LYCÉNIDES.
ARGUS CORYDON. PL 2, fig. i, 2 et 3 .
Saturate viridis, subpubescais , maculis trianguUs dorsalibus slrigaque marginall flavis ; st'ujmatibus minutissimis capîteque nigris. Chrysalis lutescens vel luteo-rufescens impunctata antice virescens.
Polyoïnmatus corjdon. BoiSD. , Ind. metli. , p. 12. GoD., Pap. de France, t. I, pi. 11 secund. , fig. i. Papilio coiydon. Ochs., Schmett. vonEurop. , II, p. 28, n° i3. HuBN. , Pap. , tab. 29 , fig. 286-288. — Larv. lepid. , I , Pap. ,
II , gens A, a, fig. i , a, 6 , c.
Fab., Eut. Syst. , III , 1 , 298 , i33. — Wien. Verz. , Illig. ,
ScopOLi, Esp. , Lewin , BoRKH., Ross. , etc. L'argus bleu nacré. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 39, fig. 83. L'argus variété. Geoff. , Hist, des Ins. , t. II , p. 62.
Elle a quelque ressemblance avec celle an Polyommatus Xanthe , mais plus encore avec celle di Adonis. Elle est d'un vert-foncé pur , hérissée de petits poils courts , naissant de très petits tubercules visibles à la loupe. Son dos est bombé et forme deux rangées de crêtes saillantes , séparées par le sillon dorsal, excepté sur les trois derniers anneaux qui sont subitement aplatis. Le premier se prolonge en avant en forme de capuchon pour recouvrir la tête , et est marqué comme dans Adonis de deux points noirâtres , et il offre de même une dépression à son articulation avec le second. Sur le dos , il y a deux rangées de taches d'un jaune vif, alongées, en triangle à sommet tronqué , placées chacune sur une des crêtes dorsales. Les côtés sont saillants et offrent sur leur arête une raie marginale jaune , interrompue dans les incisions , tout-à-fait nulle sur le premier anneau , et se continuant sur les derniers jusqu'au-dessus de l'anus pour s'unir avec celle du côté opposé. Au-dessus de cette raie sont les stigmates , qui sont noirs , très petits, et à peine visibles à l'œil nu. La tête est noire. Les pattes et le dessous du ventre sont de la couleur du fond.
Cette chenille se trouve en mai et juin dans le centre et le
LJCÉNIDES.
midi de l'Europe, sur les trèfles, trifolium, les lotiers, lotus; l'hippocrèpe , hijjj)Ocrepis comosa , le sainfoin , hedysarum onobrychis , etc.
Pour se métamorphoser , elle se retire au pied de la plante et presque dans la terre. C'est ce qui explique pourquoi l'insecte parfait est aussi commun après que les prairies ont été fauchées que lorsqu'on laisse croître les herbes.
La chrysalide est assez grosse, d'une couleur jaunâtre ou (fun jaune verdâtre , avec les yeux bien marqués, et formant ime petite saillie plus claire.
L'insecte parfait éclôt en juillet et août , et il est assez commun dans les lieux calcaires et un peu montueux.
Malgré le grand rapport qu'il y a entre cette chenille et celle ai! Adonis, elle se distinguera toujours assez facilement au premier coup d'œil par sa couleur d'un vert foncé et par la petitesse de ses stigmates.
LYCENIDES.
AKGUS ADONIS. PI. 2 , fig. 4 et 5.
Patlîde viridls, subpubescens , maculis dorsalibus triangidis strigaque rnarginall flavis , stigmatibus capiteque nigris. Chrysalis viridi-suhrufescens.
Polyommatus adonis. Boisd. , Ind. method., p. 12. GoD., Pap. de France, t. I, pi. 11 secund. , fig. 2. Papilio adonis. Ochs. , Schmett. von Europ., II , p. 33, n° i5. Papilio adonis et cerojius. Hubn. , Pap., tab. 61 , fig. 295-3oo. Papilio adonis. Fab. , Ent. Sjst. , III, i , 299, i34. — Wien.
Verz., Illig. , Panz. , ScHRANK, Ross. , etc. Papilio bellargus. Bokkh. , Europ. sclim., I th. , S. 1 67 , u , 277,
Papilio bellargus et ceronus. Esp. , Schmett. L'argus bleu céleste. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 39, fig. 82 .
Elle a quelques rapports avec celle du Polyommatus Xanthe, et elle ressemble extrêmement à celle de Corydon. Elle est comme celles des autres Argus, d\me forme triangulaire, avec le dos bombé et relevé par deux rangées de crêtes saillantes séparées par le sillon dorsal , excepté sur les trois derniers anneaux qui sont subitement aplatis. Le premier se prolonge en avant pour former un capuchon qui recouvre la tête , et il offre supérieurement une profonde dépression à son union avec le second , au fond de laquelle on aperçoit deux points noirâtres. Tout le corps est d'un vert très pâle un peu jaunâtre, hérissé de petits poils courts, naissant de très petits tubercules bruns. Sur le dos, il y a deux rangées de taches d'un jaune vif, alongées, en triangle un peu tronqué, et placées chacune sur une des crêtes dorsales. Les côtés sont saillants , "et offrent sur leur arête une raie marginale jaune interrompue par la section des anneaux, et paraissant formée d'une série de petits traits. Cette raie expire sur le premier anneau, et se continue sur les derniers jusqu'au-dessus de l'anus. Au-dessus d'elles sont placés les stigmates, qui sont noirs, bien visibles,
LYCÉNIDES.
à bordure épaisse et saillante , constituant une série de points alignés. Vers la base des pattes , les anneaux ont une petite arête hérissée , sur laquelle il existe une ra'ngée de petits traits jaunâtres , visibles seulement au-dessus des pattes membraneuses. La tête est ovoïde, très lisse, dun noir luisant, et peut se retirer entièrement sous le premier anneau. Les pattes écailleuses sont d'un vert rougeâtre ; les autres sont hérissées et de la couleur du corps.
Cette chenille se trouve dans une grande partie de TEurope, à la fin d'avril et dans le courant de mai, sur Thippocrèpe vulgaire , hippocrepis comosa ; sur les trèfles , trifolium ; le lotier commun , lotus corniculatus , et probablement sur plusieurs autres légumineuses.
Pour se métamorphoser, elle se cache sous les rameaux de la plante , de sorte que la chrysalide est presque à moitié enfoncée dans la terre ; celle-ci est courte , épaisse, d'un vertbrunâtre pâle ou un peu roussâtre.
L'insecte parfait éclôt au printemps et en été. La chenille doit aussi se trouver à deux époques comme celles de la plupart des espèces congénères ; mais nous ne l'avons rencontrée qu'au printemps , de sorte que nous ne savons pas si celles de la dernière ponte passent l'hiver en chrysalide.
NYMPHALIDES.
LIMENITIS SIBYLLA. PI. 5, %. i , 2, 3 et 4.
Viridis, spinosa, linea stigmatifera alblda, antice obsoleta ; spinîs roseis vel fusco-roseis , in seginentis quarto intermediisqiie breviorlbus , in 2,3,5, 10 ef II longioribus subœqualibus.
BoiSD., Ind. meth., p. \!\.
OcHS. , Schrn. von Europ.,l, p. i39, n° 3.
Papilio sibjlla. Hubn., Pap., tab. 22, ûg. io3, io4, io5. —
Larv. lepid., I, Pap., I, Nymph. , D, 6, fig. i ^ a, b.
WiEN. Verz. , s. i 72 , fam. H , n° 2. LiNN. , Syst. Nat. , I, 2 , 781 , 186. — 781 , 187. {Camilla.)
FaB. , Eut. Syst. , III , l , 246 , 766. — ROESEL , Scop. , ScHjEFF. , EsP. , PaNZ. , BORKH. , ROSSI , SCHRANK , etc.
Le deuil. Geoff. , Hîst. des Ins., t. II, p. 73, n° 45.
Le petit silvain. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 1 1 , fig. i3, a.
Nymphale sibylle. God., Pap. de France, t. I, pi. 6 bis, fig. 3-
Elle est d'un vert plus ou moins gai , finement pointilléede vert plus foncé , ce qui la fait paraître un peu chagrinée. Elle a sur le dos deux rangées d'épines charnues , rameuses , disposées deux à deux sur chaque anneau, de la manière suivante : deux grandes d'un brun violet , sur le second et le troisième ; deux petites d'un jaune orangé, sur le quatrième ; deux plus grandes et d'un brun violet, sur le cinquième. Celles des quatre anneaux suivants sont petites et de couleur orangée ; enfin , celles des dixième et onzième sont un peu plus grandes et de la même couleur. Le premier anneau en est dépourvu, et le dernier en offre quatre très petites, de couleur verte, situés au-dessus de l'anus. Sur les côtés, le long des pattes, il y a une raie d'un blanc jaunâtre ou verdâtre, commençant sur le quatrième anneau, bordée dans plusieurs individus à sa partie supérieure par une bande d'un brun violet, qui s'étend depuis le cinquième jusqu'au neuvième anneau inclusivement. Les stigmates sont bruns à l'œil nu ; mais à la loupe on voit que leur centre est blanchâtre. Au dessous d'eux , on distingue une rangée de petites épines jaunâtres, rameuses, situées sur la raie blan-
NYMPHALIDES.
elle. La tête est d'un gris roussâtre , avec une raie longitudinale brunâtre de chaque côté ; elle est en outre hérissée de petites pointes dont les unes sont d'un gris pâle , et les autres noirâtres ; celles-ci sont les plus grandes , placées sur le sommet et recourbées en devant. Le ventre est d'un vert blanchâtre.
Elle vit solitairement sur le chévre-feuille des bois , loyiicera ■periclymenum. On la rencontre très petite en avril. Elle est alors grise, avec une bande latérale blanche et les épines d'un roux violâtre.| Cette chenille est très lente dans ses mouvements , et se tient fortement cramponnée sur les feuilles ou le long des tiges. A la fin de mai ou au commencement de juin, elle a d'ordinaire acquis toute sa taille.
La chrysalide est anguleuse , d'un brun olivâtre , et portant sur le dos une protubérance saillante , très comprimée et tranchante. Sa tête est profondément bifide, partagée en deux oreillettes. Le dessus de l'abdomen est marqué d'une large tache oval§ d'un vert-pomme. Toute la partie dorsale , y compris la tète, est ornée de taches d'argent très brillantes.
L'insecte parfait éclôt en juin , et il se trouve dans les bois d'une grande partie du centre et du nord de l'Europe. Il arrive quelquefois qu'il reparaît au commencement de septembre pour la seconde fois.
Godart s'est trompé en disant qu'il a vu pondre la femelle sur les feuilles des chênes.
NYMPHALIDES.
LIMENITIS CAMILLA. PI. 5 , fig. 5 et 6.
Supra viridis, spinosa, subtus vinosa; spînis apice vinosis insegmenlo quarto nidlis in întermediis obsoletis, i» 2, 3, 5, lo e? ii carnosis crassioribiis.
BoiSB. ^ Ind. ineth.fip. i^.
OcHS. , Schmett. von Europ., I , p. 142 , n" /|.
Papilio camilla. Hubn. ,Pap., tab. 22 , fig, 106, 107. —
Larv. lep. , I , Pap. , I , Nymph. D , 6 , fig. 2 , a , 6. WiEN. Verz., s. 172, fara. H, n° 3.
Fab. , Ent. Syst., III, i, 246, 767. — Schrank, FuESSL.,etc. Papîlîo rivularîs. Scopoli, Ent. Carn. , p. i65, n° 443. Papilio luc'dla. Esp. , Schm,, I th. , tab. 38. Suppl. i4, fig' 2.
— La chenille, tab. 106 , cont. 61 , fig. 5,7. — Borkh. ,
SCHNEID.
Le silvain azuré. Ernst, Pap. d'Europe, pi. ii, fig. i4. Nymphale Camille. God. , Pap. de Fr., t. I , pi. 6 ter., fig. 2.
Elle a à-peu-près le port de celle de Sibylla, et elle est ordinairement en dessus d'un vert -pomme, avec le dessous du corps, la tête et le premier anneau d'une couleur vineuse. La tête est un peu rugueuse , couverte de petits poils blanchâtres , courts et assez roides. Le premier anneau est aussi garni de petits poils blancs. Il est beaucoup plus petit que les autres, et la chenille le tient ordinairement retiré sous le second. Celui-ci et le suivant portent chacun deux tubercules , coniques , charnus , d'une teinte vineuse à leur extrémité. Le quatrième en est dépourvu, et est presque lisse. Le cinquième en porte deux , mais qui surpassent du double les autres en grosseur. Les quatre suivants offrent deux très petits tubercules , d'oii naissent deux petits faisceaux de poils blancs. Les dixième et onzième en portent chacun deux àpeu-près semblables à ceux des deux premiers. Le douzième est comme dans les espèces congénères. Toutes les pattes sont de la couleur du dessous du corps.
Cette chenille commence à se montrer depuis la fin d'avril
NYMPHÂLIDES.
jusqu'au mois de septembre, sans interruption , sur les chèvre-feuilles , lonicera periclymenuni et caprifolium, et les Xylosteum.
L'œuf est assez gros , rond , d'un blanc sale , couvert de petites aspérités qui, à la loupe , le font paraître hérissé comme l'enveloppe d'une châtaigne.
L'insecte parfait le dépose toujours sur la face supérieure des feuilles et isolément. La chenille, après son éclosion, est presque noire , et ce n'est qu'à sa troisième mue que ses tubercules commencent à paraître. Celles qui sortent de l'œuf en septembre passent , sans changer de peau, l'hiver sous une petite toile qu'elles filent à la bifurcation d'une branche, et où elles restent jusqu'au commencement d'avril.
La chrysalide est brune , anguleuse , avec la tête bifide , auriculée, mais moins fortement que dans Sibylla , et elle offre de même sur le corselet une proéminence comprimée ' très saillante.
Elle éclôt après vingt et un jours de métamorphose.
L'insecte parfait est commun dans les lieux frais du midi de l'Europe, au bord des petits ruisseaux un peu ombragés, et sur la lisière des bois. Il se trouve aussi çà et là dans le centre; mais dans ce cas il n'a qu'une ou deux générations, comme le Sibylla.
C'est à tort que Godart a supposé que cette chenille devait vivre sur l'aune, alnus viscosa.
Gustave Daube.