DES IX ET XII SIÈCLES
servé jusqu'à nos jours des images décorées d'émaux
byzantins. Le trésor le plus précieux se trouve à Kou-
taïs, au couvent de Hélat; c’est l’image de la Vierge de
Khakhoul. Tout le triptyque est décoré de petites ima-
tin.
Djoumati,
tes)
privées,
ornées
frais
Tares.
Dans les monastères de
églises de
de médaillons, presque tous de travail byzan-
Khoni, Schemokmedi,
Martvili, Nikortzmidi, dans diverses peti-
a Soanétie et chez des personnes
on peut voir des images et des croix
d’émaux byzantins. Je n'ai ménagé ni les
le temps pour rechercher ces objets si
Toutes ces images sont l’œuvre d'artistes byzantins; quelques-uns de ces émaux avaient été confectionnés spécialement pour la Géorgie et portent des inscriptions en langues grecque et géorgienne. Ils servaient à décorer les grandes images; on représentait habituellement le Sauveur ou un Saint au milieu et l’on plaçait les petites images des deux côtés. On ornaït d'images d’émail les objets d'église, l’abside, les armes, les livres sacrés, ainsi que nous pouvons le voir à Sienne, à Venise et à Moscou dans la sacristie du patriarche. La cathédrale de St Marc à Venise possède les exemplaires d’émaux cloisonnés les plus importants.
La technique du cloisonné est une des plus difficiles; les Japonais seuls la possèdent encore en perfection. Elle date d’une époque fort ancienne; nous en voyons quelques exemplaires chez les Egvptiens cinq siècles avant notre ère; mais on ne saurait reconnaître comme émaux byzantins de la période antique que
Agneau de la garniture d’image à Milan et
e crucifix récemment trouvé à Rome et
conservé maintenant à la bibliothèque du EMAIL BYZANTIN, X—XII SIÈCLE. Vatican.
Les Byzantins se servaient ordinairement de l'or le plus pur; cependant, le fond de certaines images contenait un alliage, et à l'endroit où l’on plaçait l’émail on mettait en-dessous une feuille d’or de bon aloi. La technique était d’une perfection étonnante: même les grandes plaques ne se déjetaient pas sous l’action du feu, bien qu’elles n'eussent pas de contre-émail.
Les couleurs étaient habituellement fondues à des températures différentes, et il fallait avoir acquis une grande habileté pour maintenir toutes les couleurs sans changement. Le dernier acte était le polissage, qui atteignait une haute perfection.
Le règne de Constantin Porphyrogénète fut l’époque la plus florissante de l'émail; nous possédons même des indices que cet empereur lui-même avait travaillé comme émailleur.
Le maïître-autel de Sainte-Sophie à Constantinople était décoré d'images émaillées.
Les cloisons des émaux byzantins se conservent très bien, tandis que celles des émaux géorgiens perdent leur dessin et leur or renferme plus d’alliage.
La collection contient des exemplaires de procédés différents; quelques-uns ont un ton général, les vêtements et l'émail y sont retenus par des cloisons serrées, tandis que sur d’autres celles-ci sont plus espacées et leur dessin encadre des couleurs diflérentes semblables à des nuances d’étofles. Il y a des émaux à fond d'émeraude; ils sont ordinairement dépourvus de contours communs creux, tandis que tous les
émaux sur fond d’or ont un contour commun creux d’un millimètre de profondeur au plus.