ANTOINE VAN DYCK
Né à Anvers, le 22 mars 1599; mort à Blackfriars (Londres), le 9 décembre 1641. A partir de 1609, élève de H. Van Balen, ensuite de Rubens. A travaillé en Angleterre (1620-1621), en Italie (1621-1627), principalement à Gênes, en Hollande (1627-1628) ; à partir de i632, il devient peintre de la cour de Charles Ier dAngleterre ; malgré cela il fait encore un voyage à Bruxelles de i634 à i635 et un voyage à Paris de 1640 à 1641.
Portrait du cardinal Domenico Rivarola
Il est représente debout, en rochet garni de dentelles sous son camail de pourpre. Il est coiffé d'une barrette posée à l'arrière de la tête. Il a un col de batiste blanche rabattu. Son visage est plein de finesse avec ses traits accentués et ses moustaches noires. Il laisse pendre son bras gauche ; de sa main droite, le bras légèrement ployé, il tient une lettre ouverte.
Toile. — Haut. : im,02 : larg. : onl,79.
Du Palais Franzone, à Gênes. (Voir : Ratti, Instruzione in Genova, 1780, p. 325.)
Ch. Sedelmeyer, Paris.
Collection Mr. Arthur Sanderson, Edinburgh.
Exposé à Burlington House, London, igo3, n° 5o ;
à l'Exposition dArt ancien. — LArt belge au xvir3 siècle. Bruxelles, 1910, n° 128;
à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 191 1 ;
à Dusseldorf, 1912, n° 33.
A consulter : A. Dayot, les Arts et les Artistes, 1913, XVI, p. 252.
P.-P. RUBENS
Né à Siegen, le 28 juin i5^j ; mort à Anvers le 3o mai 1640. Élève de T. Verhaegt, A. Van Noort et Othon van Veen. A travaillé à Anvers, à Paris, en Italie, en Angleterre et en Espagne.
L'Ensevelissement du Christ
C'est l'un des derniers épisodes du drame divin. Joseph d'Arimathie et Nicodème portent le Christ mort enveloppé dans un linceul blanc, l'épaule droite nue, le bras pendant, lamentable. Les deux hommes sont vêtus de vêtements fourrés. Saint Jean, la Vierge et deux compagnons suivent le convoi en pleurant. A droite, deux jeunes femmes viennent de préparer le tombeau, l'une, agenouillée près de la pierre où l'on va coucher le crucifié, et l'autre, se penchant, une botte de paille sur le bras.
La grotte du tombeau s'ouvre par une déchirure cintrée, sur la campagne. L'œuvre est tenue dans une harmonie grise d'une étonnante vibration lumineuse. C'est une esquisse de la main du maître, exécutée entre 1639 et 1640 et qui ne fut jamais réalisée en une peinture de plus large dimension. Il en existe une répétition faite, sans doute, d'après celle qui est ici décrite ; et cette répétition se trouve dans la collection de M. Georges Crombez, de Tournay, après avoir passé par la collection Habich, de Cassel.
Bois de chêne. — Haut. : om,42 ; larg. : oœ,565. Collection Porgès, de Paris.
A été gravé par J. Witdœck.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux- Arts, 191 1.
à Dusseldorf, 1912, n° 32.
A consulter : Max Booses, l'Œuvre de Rubens, t. II, p. i36, n° 322;
Smith, Catalogue, t. II, n° 164.
P.-P. RUBENS
Portrait de l'archevêque Antoine Triest, de Gand
L'archevêque Antoine Triest fut un de ceux qui défendirent Rubens : il lui facilita notamment la commande importante du grand tableau de Saint Bavon qui se trouve dans l'église placée sous l'invocation de ce saint, à Gand.
Rubens a représenté l'archevêque assis dans un fauteuil au velours clouté de cuivre. Le personnage est vu jusqu'aux genoux et légèrement de trois quarts à gauche. Il porte le camaii de pourpre sur le rochet garni, aux manches, de dentelle et il est coiffé de la barrette. Sa tète, aux traits accentués et d'une expression de volonté tempérée par une infinie bonté, s'encadre dans le chiffonné du col rabattu de batiste blanche. Sa bouche semble prête à sourire entre la moustache et la barbe courte. Les deux mains puissantes sont pour l'instant au repos, l'une sur l'accoudoir gauche du siège, l'autre sur la jambe, et tenant un placet entre le pouce et l'index. Derrière la figure, d'un caractère si viril et si noble, un rideau est relevé, laissant apercevoir une architecture à colonnes, à arcatures de plein cintre et à galeries, vivement éclairée.
Toile. — Haut. : im,2i ; larg. : im,og.
A été peint vers 1625.
Collection de Sir George Douglas Clerk, Bart. of Penicuik.
Exposé à l'Exposition d' œuvres de maîtres anciens à Edimbourg, i883 ;
à Budapest, au Musée des Beaux-Arts ;
à Munich, à TAncienne Pinacothèque, 1911, n° 23 ;
à Dusseldorf, 1912, n° 3o.
A consulter : E. Michel, Rubens et sa vie, Londres 1899, t. II, p. 72 ;
A. Dayot, l'Art et les Artistes, XII, p. 252.
P.-P. RUBENS
Portrait de femme
C'est une jeune femme, vue de trois quarts à gauche, jusqu'à la ceinture. La tête et la naissance de la poitrine jaillissent du fond sombre, vivantes et chaudes, avec une saveur de fruit mûr. Les cheveux sont blonds, s'échappant en boucles rebelles. On a donné différents noms à cette figure que le maître a peinte de verve; tantôt on y a vu Hélène Fourment, tantôt Isabelle Brandt. C'est sous ce dernier nom que cette tête a été gravée par Claessens et par Jos. Canale : C. F. Stalzel, qui l'a également gravée, n'a pas mis de nom.
Max Rooses la décrit ainsi :
« Tête très fraîche, où le sang afflue à la peau ; les cheveux forment de petites boucles blondes sur le front et sur les joues, une tresse dénouée descend dans le cou. Sur la gorge, un linge blanc, qui s'enfonce dans le corsage; sur le buste, une robe noire, recouverte d'une faille de même couleur. Les joues ont la fraîcheur de la pêche, rehaussées de carmin et de blanc. »
Bois de chêne. — Haut. : om,74; larg. : om,6i.
Peint vers i635.
Etude pour le portrait de femme du musée de Dresde, n° 964, A.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts ;
à Dusseldorf, 1912, n° 33.
A consulter : Max Booses, Rubens, t. IV, p. 296, n° 1097.
P.-P. RUBENS
La Femme de l'Apocalypse (Saint Jean, ch. XII)
On lit au chapitre XII de l'Apocalypse de saint Jean :
« Puis il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l'enfantement.
« Un autre signe parut encore dans le ciel : tout à coup on vit un grand dragon rouge, ayant sept tètes et dix cornes, et sur ses tètes, sept diadèmes ; de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre.
« Puis le dragon se dressa devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, dès qu'elle l'aurait mis au monde. Or, elle donna le jour à un enfant mâle, qui doit gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer -, et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et auprès de son trône, et la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui avait préparé une retraite, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.
« Et il y eut combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon; et le dragon et ses anges combattaient; mais ils ne purent vaincre, et leur place ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait : « Maintenant le salut, la puissance et l'empire sont à notre Dieu, et l'autorité à son Christ ;
car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accuse jour et nuit devant notre Dieu. Eux aussi l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par la parole à laquelle il a rendu témoignage, et ils ont méprisé leur vie jusqu'à mourir. C'est pourquoi, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y demeurez ! Malheur à la terre et à la mer ! Car le diable est descendu vers vous, avec une grande fureur, sachant qu'il ne lui reste que peu de temps. »
C'est ce passage de l'Apocalypse que le peintre a interprété. Il en a suivi le détail avec une précision extraordinaire — sauf qu'il représente la femme tenant l'enfant nouveau-né dans ses bras — et sa composition est étonnante de puissance et de clarté. Le tableau a eu plusieurs titres : il est connu, en dehors de celui que nous lui donnons, sous les titres de : l'Immaculée Conception et sous celui-ci, qui est moins exact : la Religion triomphe de l'Idolâtrie et du Vice.
L'œuvre, ici cataloguée, est la première esquisse, faite entièrement par Rubens, de son grand tableau du maître-autel du dôme de Freising, peint de 1608 à 1612, pour le duc Ernest de Bavière, prince de Cologne et évêque de Freising, œuvre qui se trouve maintenant à l'ancienne Pinacothèque de Munich.
Bois de chêne. — Haut. : om,62 ; larg. : om, 485-
Collection Weber, de Hambourg, n° 191.
Exposé à Dusseldorf, 1904 (catalogue de Firmenich-Richartz, n° 271, pp. 114 et n5);
à Dusseldorf, 1912, n° 29.
A consulter : Rassegna d'Arte, t. XH, p. 76.
JAN SIBERECHTS
Né en 1627, à Anvers, mort à Londres, en 1703. Élève de Adriaen Denbraye, devint maître de la Gilde en 1648 et partit plus tard pour l'Angleterre avec le duc de Buckingham.
Gué
Sous le bois, la rivière coule et le paysage est plein d'enchantements. A l'ombre des grands arbres qui se réfléchissent dans l'eau, la paysanne, à califourchon sur un cheval blanc, vient de s'engager dans le gué où elle a été précédée par un taureau, une vache et un chien. De l'autre côté du gué, dans un pré, des bêtes sont en train de paître.
Toile. — Haut. : o™,^ ; larg. : om,83. Signé : J. Siberechts-
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 1911 ; à Dusseldorf, 1912, n° 38.
JAN SIBERECHTS
Paysage avec deux femmes
Dans une campagne entourée d'arbres deux femmes sont arrêtées. L'une, assise sur un pli de terrain, est en train d'allaiter son nourrisson; elle est vue presque de face. Près d'elle, une autre femme, vue de dos, s'est assise par terre ; elle s'accoude du bras droit sur une jarre de métal qu'elle va remplir de lait, et tourne la tête à gauche ; elle semble même avoir un colloque avec un chien assis à quelque distance sur son arrière-train et qui prête à ses agaceries une attention hargneuse. A droite, dans le pré el assez loin, on aperçoit une vache brune couchée de profil à droite, une autre debout, la tête tournée de face, et une troisième vue de dos, qu'une fermière est en train de traire.
Toile. — Haut. : om,53 ; larg. : om,o,2.
Exposé à Budapest, au Musée des Beaux-Arts, 1911; à Dusseldorf, 1912, n° 37.