‹ Collection PacullyChapitre 5 sur 9 · ÉCOLES DU NORD · texte numérisé non relu

ÉCOLES DU NORD

charme, et que notre fin de siècle tend de plus en plus à ressusciter, dis- ou les souri'rances d'un Dieu au front meuriri, d'où le sang coule goutte à linguant les œuvres, retrouvantlesnoms,éiudiani patiemment monogrammes goutte. Bien d'autres, avant comme après lui, ont traité ce thème courant de et factures, pour reconstituer sur des lambeaux épars l'histoire mysté- dévotion populaire, depuis Wcyden le grand dramaturge. McmIing(Dt'.vc-e«^' rieuse du passé. En dehors des t/f Cro/.v de l'ht'jpital Saint-Jean,

primitifs toujours précieux et ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ ^^^^^^^ à Bruges) ou Rouis, jusqu'à Van

quelques ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^H Orley.

igants, quelques spéci de ce genre seulement s'offrent à nous. Mais le cœur, le centre même de la Collection, est surtout consacré aux grands noms, aux gloires classiques de la Flandre, à ceux dont les autels ont rarement chômé depuis deux siècles et dont on se transmet d'âge en âge l'admiration. Rubens y est noblement représenté par trois pièces de choix; et à ses côtés, sous sa sauvegarde, on pourrait presque dire sous son égide, tous ceux qui de prés ou de loin ont respiré son atmosphère, subi même le lointain contre-coup de son rayonnement, sont sûrs de trouver près de M. PacuUy bon accueil. II ouvre sa porte toute grande à Téniers comme à Fyt ou à Brueghel, tout en vénérant Jérôme Bosch. C'est un des iraii^ caractéristiques et curieux de cette collection éclectique qui.

non seulement va d'un pays a l'autre, mais dans un même pays saitconcilier toutes les époques, toutes les tendances, cueillir en chacune sa fleur d'art, sans in transigeant parti pris, sans sclier par aucune étroite préférence à d'exclusives amitiés.

Exquis dans ses proportions minuscules, digne pendant du Simone Martini avec lequel il peut rivaliser en son genre par un éclat doux comme celui d'une perle de belle eau. un charmant petit tableau [Pietd), exécuté à

Orley.

Reste la composition assez particulière ici — cette façon de représenter la Vierge à mi -corps, soutenant à deux mains la tête du Christ et l'approchant de ses lèvres, comme pour la baiser — que nous retrouvons presque identique en deux peintures intéressâmes, ci-joint reproduites comme pièces de comparaison.

L'une est la Pietà de la Pinacothèque de Munich, dont le catalogue continue l'auributinn traditionnelle à Quentin Metsys — sur la foi d'un dessin encore plus rondetiardildu M usée de Dresde (lavis en sens inverse), faussemeni signé d'une grosse écriture du XVM" siècle QuiiUin Massys i53o — quoiqu'elle soit beaucoup plutôt, dans l'exécution, copie et réplique par quelque iialianisant postérieur, déjà forlement gagné à Michel Ange, au temps de Lambert Lombard, de Scorel ou d'Heemskcrck.

L'autre, plus typique, curieuse et rare, incontestablement plus ancienne, plus proche du mniire lui-mème,estunc/V(?riianonyme du Musée d'Anvers, attribuée, si je ne me trompe, par MM. Van den Branden et Hymans à Jean Metsys, qui copia souvent des peintures de son père. comme on sait. Le lien est visible qui les rattache toutes deux à la grande UescenW de Croix d" \n\CT^. non seulement par l'esprit général, mais encore par la persistance

qui relient au xv^ siècle la Kenaissance pi« ut i...„..>.,„iîc=*.fn^ni C'est un extrait avec variantes

Ql-f.ntin Metsvs (Atthibuk a). — PieUi

lïtole llamaiide.

(MusiJc de Munich.)

similitudes témoigne fortement en faveur d'une peinture du grand artiste, lure. Qu'il nous suffise, sans autrement insister, de rattacher ""«^^y^^^/^" aujourd'hui perdue, dont ces deux œuvres seraient le reflet. maître, qui d'ensemble eut la responsabilité de l'école, et en fut le chet de

bution primitive? La juxtaposition même ne lourne-t-elle pas contre réputation, à moins de supposer qu il y ait la simple coïncidence dans la

nous? C'est ici qu'il importe d'examiner de près, non plus par la silhouette façon analogue de traiter un thème courant. Notons, au moins, que, dans une

générale, l'extérieur et les dehors, qui seuls offrent analogie, mais dans sa Descente de Croix du Pseudo-Mostaert, à la National Gallery de Londres

facture imime et profonde, dans son essence spéciale, cette œuvre déli- (n" io;S), la Vierge soutient à peu près de même eiappuie contre son visage,

catc Tout s'y éloigne nettement de la nervosité subtile qui marque, pour du même geste caressant, la tête de son fils. C'est une naturelle inspiration

ainsi dire, toutes les œuvres du plus distingué entre les Flamands de la Renaissance. Le sujet est traité ou repris de façon beaucoup plus simple, plus calme et tranquille, adouci et même amolli quelque peu. Voyez comme d'une prise moins énergique et moins ferme les deux mains entrecroisées soutiennent la tête blèmie, de très belles mains, d'ailleurs,modeléesavecunso ininfini, mais presque trop soignées, exécutées pour elles-mêmes et comme indifférentes à ce qu'elles font. Le visage aussi, ce doux visage de Vierge plein de mélancolietendre, triste et résigné plutôt que torturé violemment, est à peine à l'action et n'ébauche plus que timidement le geste du baiser. Les chairs délicatement rosées, tout lis et roses, ont gardé leur placidité au repos et leur fraîcheur paisible. Seuls les yeux rougis laissent échapper des larmes, glissant sur les joues comme autant de gouttelettes de rosée. Même la tête livide et souffrante, d'où le sang coule, n'a pas perdu toute coquetterie, ni toute grâce. Ces divers traits, ces nuances particulières de sentiment, en même temps que la structure même des visages, ou le système des colorations en leur gamme harmonieuse et chantante — tons sombres des vêtements gros vert et violacé, contraste voulu et affirmé entre les lividités verdâtres du corps du Christ et l'éclatante blancheur des chairs ou du voile de la Vierge s'enlevant en vigueur sur le ciel d'un bleu turquoise exquis — tout rappelle invincible ment à l'esprit un des maîtres les pluscharmarnsdeTextrême fin du xv'' siècle et du premier quart du xvio, d'origine et d'éducation hol landaise, qui, bien qu'étant venu à Bruges prendre des leçons de Memling et en ayant continué l'école, garda toujours, notamment dans Taimosphère et le coloris, quelque chose de son pays natal : à savoir Gérard David. La plupart de ses figures sont proches parentes de notre Vierge. Il n'est pas jusqu'à certains détails, comme la coupe parti' culière du voile à plis souples, larges et moelleux, retombant généralement sur une première coiffe raide tout unie ou, comme ici, légèrement tuyautée des bords, qu'on n'y retrouve fréquemment.

Nous ne serions pas assez téméraire, toutefois, pour lui attribuer l'œuvre sans réserve. L'école qu'il préside et dirige, et qui fut la grande école de Bruges à Taurore de la Renaissance, une des plus populaires et des plus fêtées, une des plus fécondes aussi, est encore trop mal définie et comprend trop d'adeptes excellents, tous liés par une même formule, pour qu'il soit possible d'y faire nettement la part de chacun. Entre Gérard David et le Pseudo-Mostaert, notamment, il n'y a qu'un pas. Toute une école importante et célèbre de miniaturistes, celle du Bréviaire Grimani et de ses similaires, le groupe des Hore-bout et des Bening, est également lié par des liens très étroits au maître hollandais; et, de fait, nous avons plus d'une fois vu passer dans les ventes, ou rencontré en des musces, des tableaux minuscules dans le genre de celui-ci, où le soin minutieux du détail et la rare pureté du faire sont comme un acheminement vers la minia-

Ëcole Hamandc.

de tendresse.

Sans entraîner aussi longs commentaires, ni soulever pareils problèmes,

un Jugement dernier, qui se recommande du nom de Jérôme Bosch, mérite un intérêt tout spécial pour son insigne rareté. C'est de la collection de l'infant Sébastien qu'il est également parvenu enirelesmains de M. PacuUy. On sait que les œuvres de Bosch ont été abondamment recueillies en Espagne et en Portugal. Les collections du Prado et de l'Escurial, en dehors même de leurs nombreuses imitations du maître, en contiennent quelques-unes des plus authentiques. Est-ce le cas du tableau de la collection PacuUy? C'est avec une infinie prudence qu'il faudratoujourss'ave n turer sur ce terrain dangereux.

La conformité du style, des types et des colorations, la similitude des motifs, même la signatire connue Jheronymus Bosch, très nette ici au coin inférieur droit du tableau, un peu trop nette même peut-être depuis la restauration, ne sont pas des preuves absolues puisqu'on les rencontre également en des œuvres qu'on a fini par ranger dans la série des copies. On ne saurait oublier la netteié d'affirmation avec laquelle Don Felipe de Guevara, gentilhomme de bouche de l'empereur Charles-Quint, presque un contemporain de Bosch et collectionneur émérite de ses œuvres — la plupart des peintures de l'Escurial ou du Prado ayant passé par ses mains — insiste dans ses « Commentaires sur la peinture »{Comentarios de la pintura), publiés au xviii'^ siècle par Don Antonio Ponz {Madrid, 1788, in-8"), non seulement sur l'abondance des imitations répliques ou copies, maïs encore sur l'adresse incroyable avec laquelle elles étaient exécutées et signées du nom même de Bosch, pour les accréditer davantage. Un des élèves du grand homme, que Guevara ne nomme pas malheureusement, soit ignorance, soit oubli, était passé maître dans ces pastiches.

Le souvenir d'un tel témoignage mettra toujours dans le plus cruel embarras tout critique soucieux de vérité, placé en face d'une œuvre de ce groupe ponant, comme celle-ci, l'estampille et ayant, en outre, tous les caractères et les apparences de l'authenticité. On ne saurait nier que la composition, l'arrangement des épisodes et des scènes, l'invention même du détail, les types de monstres ou de damnés, les accessoires, jusqu'à la facture rapide et légère, ou à la recherche des colorations dans une harmonie de blanc rosé ou de vert jaunâtre, que relèvent par endroits des gris, des bleus, des jaunes francs ou des noirs, tout soit au plus haut point dans l'esprit et la manière de Bosch. Ce qui manque à l'œuvre, je ne dis point partout peut-être, mais dans certaines figures, pour entraîner une entière conviction, c'est une délicatesse encore plus grande d'exécution, ces raffinements exquis de la touche, ce modelé à la fois précis et fin qui sans appuyer sait tout dire, ce métier surprenant en un mot, dont VAdoration

Quentin Metsys {École de). — Pietà.

{Musée d'Anvers.)

COLLECTION PACULLV

tranquillement accoudé sur un tonneau et armé d'une écumoirc, le chef de Quoi qu'il en soit, en dépit de certains rapports accessoires avec deux cuisine, prenant des faux airs d'ermite, à la mine méditative et réfléchie, oeuvres sûres de Bosch, comme le triptyque des Plaisirs du momie a est assis à l'écart sous un arbre mort avec entonnoir faisant dais. Adroite,

maiiqucs. Ce sont peut-être

endroits, est surtout pittoresque, amusant, spirituel au possible, môme en sa facture un peu lûchée.

C'est près de Jérôme Rosch que nous placerons un petit tableautin delà collection Pacully, offrant des qualités analogues, et qui, d'ailleurs, il très peu de différences prl'S, est la reproduction intégrale de toute la partie inférieure du volet droit du triptyque de Bosch, déjà plusieurs fois ciré par nous, h l'Escurial. Fragment d'enfer encore une lois, où sont figurés, par toute une série d'épisodes animés et vivants, les supplices des joueurs, des voluptueux, des gourmands, vu ire même des musiciens ou du pauvre écrivain. Le lièvre qui revient de la chasse, avec un homme nu suspendu à sa pique en guise de gibier, ou le monstrueux diable assis sur sa chaise percée, dévorant les damnés, qui retombent ensuite il titre d'excrémenis dans la fosse, sont des inventions de Hosch, entre autres, tout à fait inoubliables. .'\ qui attribuer celte copie presque contemporaine ? La chose est impossible à dire. Le nom de Peeter Huys, le rarissime élève ou imitateur de Rosch, qu'on avait mis en avant, est absolument inacceptable : car sa manière largo, libre, déjà fortement émancipée des formules mêmes de Bosch —qui nous est connue par le tableau signé et daté de l'ancienne collection Maniz [Tentation de saint Antoine) ou par son similaire {Epreuves de Job] au musée de Douai — est juste à l'aniipode ieV^exdte";?" àTa;;e';;,à,:drru'à. somme, du char, un au.re triom- du .aire menu, léch., e.agér. m.me dans la sécheresse qu'on ,rouve ici.

t^::Z:ZZ:^:::::^:'^l^l^:^^'^^'^ ^^ l^X clmp^,:. ^s. ve. des suie. p,us aima.,es, non >oin de «rard David e. de son

,!i:e,^rbÏème"sorde malade auquel un énorme diable en forme de ra,, groupe.que nous ramène un agréable spécimen du maure anonyme connu

^^ i^e'r^h::::n: Zl..^. en même ,emps qu^un au.re, demi- en Mlema^e s^le nom de l^:-^:]::ZX:^^^^-'^^^

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)ù déjc

cute la terrible sentence, qu'est le principal intérêt du tableau. Tandis qu'aux arrière-plans de gauche, sommairement indiqués, des anges aux silhouettes grêles aident à l'ascension des élus, sur le devant sont châtiés les vices, particulièrement les sept vices capitaux, chacun par un mode de supplice approprié à la faute, et dont des monstres hideux — fantômes hybrides combinant l'animal à l'homme, ou mêlant même ensemble diverses formes animales — se sont faits les exécuteurs.

Au second plan du centre, sous le Christ, c'est d'abord une furieuse mêée d'hommes et de femmes aux corps nus, suppliants ou désespérés, tombant à terre, cherchant à fdir — un moine, à rexirême-gauche,est reconnaîssable à sa tonsure — que poursuivent, saisissent ou déjà torturent toute une collection de diables à têtes de cerf, de cochon, de rat ou même d'ermite vénérable. Première prise de possession des damnés, ou châtiment spécial de la colère ou de l'orgueil : car on ne saurait toujours serrer de très près ou deviner toutes les fantaisies du maître. En avant, passe un étrange cortège.

Une fleur ou un fruit gigantesque encore attaché à son pédoncule, dans le genre de ceux qu'au centre du triptyque de Madrid habitent les couples heureux, forme ici chariot porté sur quatre roues, et que traînent deux figures nues, coiffées de capuchon, la tête prise comme celle des bœufs dans le joug. Un gnome noir et rabougri

Nicolas Neufchatel. — Portrait de femme.

École flamande.

(Muiéc de Budapeit.)

: du grand triptyque e ^-n , ta^u re ^^^^-^ - ;^^ ^^^^^ ^„ ^^,V,,,, ,,He robe de velours à grandes

lieu même ou elle ^/l'^J^'^^^^^^^^^^^^^^ su un arbre mort à manches violâtre ou cramoisie, carrément coupée sur la poitrine nue, avec

bain, avec la tente dressée dont les pans retombent sur un ^^^^^^ ^^^ ^^A.\r.n,,. n- ml les cheveux délicatement ondes et rebrousses

demi fantomatiqi des deux sexes e:

nouilles ou crapai

iiuia.^u.v. V- . u^o„ hric/. ■ rhariin étant — elles sont en train décrire une leiirc, qu., c v.^.^^. —., -•" -

be à la renverse, ivre-mort, de son escabeau brisé . chacun éiant ^ ^ues collection Nérée à Babbcrich, en

;né, comme par autant de fidèles servants, par le tortureur aux ^ ™ .^ ^ J^J^^^ en main, elles font sécher Técri-

'onitrueuses chargé de prolonger le supplice C est autour d un "^ '^"^^ ;'^^ ^^^ La musiqu aussi les intéresse et les occupe fré-

^-::TL:!;T:l-^eUX^ ™:::::cî^::ï:thèmeado;iépouriagracieuse...w-^^^^^^^

accompag formes m

coUeciion Raczynski, à Berlin, ou dans la peinture jusqu'ici la plus célèbre du maître, que nous reproduisons dans le icxie — le Concert de la galerie Harrach, à Vienne, dont l'Ermitage de Saini-Péiersbourg possède une réplique — où elles se sont mises à trois pour jouer ou chanter, avec accompagnement de flûie ou de mandoline, des airs d'amour, non sans lancer au spectateur une œillade en sourdine. Tout est loin d'être dit sur cemaître, qui en plus d'un musée d'Allemagne ou d'Italie porte encore l'étiquette « Holbein », « Mosiaert » ou « Van Orley » : peintre de cour évidemment, proche parent d'Orlcy lui-même, s'il ne fut son disciple, plusdélicat et raffiné, d'ailleurs, non sans quelque fadeur ou excès de maniérisme en sa mondanité, qui — on a tout lieu de le croire — dut faire partie de l'entourage habituel de Marguerite d'Autriche. Qui sait même si ce ne fut pas un Français? On le supposerait volontiers, étant donné que l'écriture de ses lettres est française, comme aussi les paroles qu'il fait chanter à ses musiciennes. C'est de la collection Salamanca que provient ce gracieux tableau.

En contraste absolu avec ces élégances est le Por. trait de femme que M. Pacully a recueilli dans la collection du duc d'Osuna, très simple, très bourgeois, un peu engoncé même et comme figé par la pose dans ses atours de fête. Il n'est pas besoin de regarder longtemps le modèle, jeune femme ou... vieille fille, hélas! ayant gardé des airs de jouvencelle, dont une solennelle inscription porte l'âge (3g ans), pour reconnaître une Aile, mande, blonde aux yeux bleus, au teint frais, aux chairs roses, Gretchen ou Kattele, dont le nez gros, les lèvres fortes, la taille un peu épaisse achèvent de trahir l'origine. S'enlevant en clair sur un fond gris uni, avec sa jupe rose, son corsage noir de moire ou de velours, fraise et manches raidement tuyautées, chaîne d'or et ceinture d'argent, les mains Tune dans l'autre chargées de bagues, elle a fait sa toilette des grands jours, telle qu'on pouvait la faire en quelque maison cossue de Nuremberg, dont les femmes, dans la seconde moitié du XVI» siècle, portèrent habituellement ce costume, et tout particulièrement la toque ronde avec longues tresses pendantes. C'est à Nuremberg, en effet, que l'œuvre a été peinte, et par un Nurembergeois, Lorenz Sirauch(i 554-1 636), qui a eu soin de meure son monogramme (S et L enclavés), au-dessous de l'âge même de son modèle, comme il l'a fait également dans ses portraits d'hommes ou de femmes du Musée germanique ou de Schleissheim. Un Portrait de femme (photographié par Braun), qui lui est très justement attribué à l'Ermitage de Saint- Pétersbourg, est tout à fait proche du nôtre par l'allure un peu gauche, appliquée et pesante. Il

pourrait très bien se faire que ce peintre obscur Nicolas NEUiXHATKL. et mal connu, qui ne dut guère quitter sa ville natale, ait été, pendant sa période de formation et d'étude, élève de Nicolas Neufchâtel, le Flamand

expatrié, établi à partir de 1 36 r à Nuremberg pour n'en plus sortir jusqu'à sa mort (après iSgo), y jouissant d'une grande réputation et devenu le portraitiste ordinaire de toute la haute bourgeoisie du lieu. C'est avec lui q"ue, sans tenir compte du monogramme, on Tavait d'abord ici confondu. Le rapprochement de deux inxéTt^stnxs Portraits de femmes à^ Neufchâtel, au musée de Pesth. que nous reproduisons, vient singulièrement à l'appui de notr» conjecture. Car, en dehors même des airs de famille que peuvent donner l'identité de race et d'époque, ainsi que la conformité du costume — c'est, en effet, de Nurembergeoises également qu'il s'agit — des ressemblances plus particulières dans l'attitude et la pose, l'arrangement des mains notamment, semblent souligner nettement des rapports de maître à élève. Mais ce qui, chez le peintre vraiment créateur, de science sérieuse, de forte éducation flamande, qu'on a pu souvent confondre avec Holbein, garde tout à fait grand air, souplesse libre de modelé et délicatesse d'enveloppe jusque sous la raideur un peu gênée de ses germanismes d'emprunt, reprend aussitôt, chez le disciple, la lourdeureniicre de son accent tudesque. La date d'exécution du portrait, ici cachée par le cadre, est i58i.

Avec le xvn" siècle, notre tache de commentateur se simplifie singulièrement. On est en terrain mieux connu, plus souvent exploré, sans tant de chausse-trapes, de pièges ou d'énigmes. Quand la grande influence d'un Rubens surtout est venue s'imposer à l'art flamand, une sorte d'épanouissement se produit, exubérance de santé, plénitude de vie et de richesse, fîo-

l^cole Hamandc.

raison renouvelée, rapide et déboidante des qualités les plus intimement ancrées au cœur même de la race, et qui depuis des siècles, même aux temps gothiques, y attiraient déjà plus ou moins tous les peintres vers la somptuosité décorative et l'éclat brillant du pinceau. De tous côtés naissent, grandissent et se développent des talents, pour ne pas dire même parfois des génies secondaires, qu'entraîne à sa suite, que domine et subjugue le triomphateur d'Anvers. Bien peu — en dehors même de l'école et des élèves directs — purent dire qu'ils s'étaient formés seuls, qu'ils n'avaient pas été touchés, fût-ce de loin, par un rayon parti de cet ardent foyer; et, jusque dans la variété des manières ou des sujets, se maintient de plus en plus un caractère d'unité, tenant en grande partie à l'action incontestée et souveraine de celui qui résuma éloquemment l'âme de tout un peuple.

Quelques peintres qui, bien qu'ayant vécu et travaillé surtout au xviic siècle, appartiennent presque encore au siècle précédent par les habitudes d'éducation et de style, par le faire menu, léché et fin, émaillé comme celui des primitifs, peuvent servir de transition pour passer d'une époque à l'autre. C'est un miniaturiste à sa manière, par exemple, que le vieux PieterNeeffs,dont M. Pacully possède un \iei\x Intérieur d'église {dinc\ennQ collection de l'infant Sébastien), malheureusement très craquelé, dans la manière ordinaire, avec le jeu discret et délicat de la lumière si justement observée sous les hautes voûtes gothiques de la nef ou dans les bas-côtés, la profusion des autels, des plaques funéraires ou des ex-voto, l'harmonie luisante et sèche du pavage ou des murs dans des gris jaunâtres ou ardoisés, que relèvent çà et là quelques tons blancs, noirs ou roses, et les figurines habituelles chargées d'animer la scène, allant, venant, agenouillées en diverses places ou se rencontrant, jusqu'à l'inévitable mendiant qui garde l'entrée.

Le plus jeune fils du vieux Brueghel, Jean Brueghel, dit de Velours, est un homme du nyi^ siècle aussi par certains côtés : héritier, d'ailleurs, ou contemporain (ne l'oublions pas), de toute la série première des paysagistes flamands, minutieux et proprets, les Lucas Gassel, les Valckenborgh, les Joos de Momper, bien qu'ayant eu l'honneur ensuite de collaborer souvent avec Rubens et d'être son ami. Les deux spécimens de son art que nous montre la collection Pacully sont deux de ces scènes de Paradis terrestre qu'il affectionne, et dont le beau tableau du musée de La Haye (avec figures de Rubens) restera toujours le chef-d'œuvre. On peut regretter ici de ne pas se trouver en face d'une collaboration de ce genre : car les figures qui viennent étoffer les tableaux — Dieu d'un côté prêt à créer la femme, de l'autre montrant au nouveau couple son domaine — sont des plus médiocres, à peine — Portrait de femme, atiribuables à quelque grossier manœuvre de l'ar-

rière-suite du maître, reprenant les formules de Rubens de façon molle et pâteuse. Ce qui demeure charmant et délicat, de la plus fine ingéniosité parfois dans le détail, de la plus naïve et sincère vérité d'observation, c'est tout le travail personnel de Brueghel. Les paysages vert bleuté sont, comme tout jours, un peu lourdement établis, un peu conventionnels d'aspect. Mais les premiers plans en sont si joliment égayés, soit par des tueurs multicolores, grands iris bleus, tournesols, roses trémières ou lis, tulipes, œillets et capucines, soit par la foule bigarrée des animaux, quadrupèdes, oiseaux ou poissons, pittoresquement groupés ou dispersés, chacun suivant ses habitudes et son genre de vie, jouant même à l'occasion de petites scènes amusantes par endroits, que l'œil s'y repose et s'y arrête non sans plaisir. Cela ressemble, évidemment, un peu trop aux arrangements factices de certaines planches d'histoire naturelle faites pour l'instruction et la joie des enfants. C'est le défaut du genre, niais qui n'en doit pas faire mépriser l'infinie patience, l'ingénuité et la fraîcheur légère en sa minutie.

D'un peintre que Rubens aimait, puisqu'il en avait accueilli deux œuvres dans ses collections, Alexandre Adriaensen. rival de Van Utrecht dans la nature morte, peintre assez rare, d'ailleurs, dont peu de musées possèdent des spécimens — le Louvre, entre autres, l'Ignore totalement — un bon exemplaire s'offre à nous, soigneusement signé et daté sur la tranche d'une table de bois brun : Alex. Adrieanssen (sic) i634. C'est éminemment le tableau de salle à manger. Car, sur celte table, l'occupant presque tout entière, est posé un grand plat blanc, un peu mou de matière peut-être, mais qui disparait sous une montagne de fruits tout à fait engageants, raisins

(Musée de Budapest.]

blancs juteux et dorés ou d'un noir rougeâtre, poires jaunissantes, prunes violacées, pêches prêtes à mûrir, avec quelques noix pour compléter le régal. En avant, sur une petite table de desserte, sont même encore une ou deux figues, ainsi qu'une perdrix très habilement peinte, au plumage gris et brun doré. Le tout d'un faire patient, lisse et propre à la vieille manière, qui n'oublie pas jusqu'aux gouttelettes de rosée çà et là tombées des fruits. Deux pendants ayant pu servir de dessus de portes (ancienne collection Salamanca), Chien et gibier, dus au hardi et vaillant pinceau dr. Jan Fyt — l'émule brillant de Snyders que notre siècle a remis en honneur — viennent témoigner, en revanche, de tout ce que l'exemple ou les leçons de Rubens purent avoir d'action sur ses contemporains. C'est d'une touche épaisse et beurrée, en effet, bien diflférentc de la précédente, par taches vives, avec des rugosités par endroits ou des violences pour accrocher la lumière et accentuer l'effet, que sont peintes ici les perdrix, gisantes à terre ou encore suspendues à la cage faisant havre-sac, ainsi que l'épagneul qui les guette, sous des branches retombantes de mûres sauvages, en avant d'un grand paysage à ciel orageux. Comme toujours, en ces deux beaux morceaux décoratifs, Fyt n'a pas su échapper à son défaut habituel, qui serait un peu de surcharge et de confusion. Mais quelle richesse d'ensemble, et combien plume et poil surtout sont rendus avec verve et brio!

Pour en finir avec les peintres de volatiles, il nous faut signaler, enfin, un assez bon spécimen du Hollandais Jan Weenix, provenant de la collection Potemkin, qu'il a eu soin de signer en avant, sur la tranche, de sa belle écriture calligraphique comme gravée dans la pierre grise : J. Weenix fecit. Le grand bas-relief à la romaine, représentant une scène de bataille, qui fait trompe-l'œil au fond, est le curieux symptôme d'un lemps où il n'y avait déjà plus d'art possible, sans que la sacro-sainte antiquité y intervint, sous prétexte de l'ennoblir : triste décadence, période d'académisme triomphant, dont les Gérard de Lairesse ou les Van der WertT furent les plus illustres champions. Mais, cette concession faite au goût du temps, qu'il ne fut pas le seul à subir ou à partager, Weenix se retrouve franc réaliste et fidèle aux qualités mêmes de sa race, dès qu'il aborde son sujet. Tout au plus essaiera-t-il — comme c'est le cas — de le dramatiser un peu trop, d'en faire un tableau nettement composé, non sans quelque solennité ou quelque apparat

des lunettes, le rtgarJ de son œil Hxciandisqu'atfaissée sur lesdalles, le cou brutalement déchiré, le foie arraché du corps, repose dans le sang la poule au coquet plumage, victime innocente qu'il vient de tuer.

C est du coïc de liubens que nous ramène, sans en avoir l'air, une scène

IluBi.NS. — La Récolle de la manne (Dessinl.

(Mu»«c du l.ouvrc.)

Maître des ofimi-kigires féminines. — Le Concert.

Ëcole tlnmnnde. (Collection de M. le comlc de Ihifiacli.)

de mise en scène. S'ils jouent leur rôle presque en tragédiens du théâtre classique, ses acteurs n'en sont pas moins, d'ailleurs, admirablement observés et rendus, dans la vérité de leurs mœurs, de leur structure, de leur plumage, pris sur le vif dans la ménagerie ou la basse-cour : l'oiseau de proie terrible et féroce, dresse sur ses serres robustes, rendu encore plus singulier par sa gibbosité grotesque, son cou rouge et pelé, les excroissances de chairqui entourent son bec crochu ou le cercle rouge qui souligne, comme

de bataille par Pieter Snayers, contemporain et sans doute ami du grand homme, qui n'en avait pas moins de trois œuvres dans ses collections. Cette grande toile, usée, faiiguée, un peu encrassée peut-être par les vernis successifs ou les ravages du temps, a gardé pourtant bonne allure, et notamment une sorte d'harmonie dorée caractéristique, dans des jaunes bruns ou des gris verdâtres, avecquelques taches plus vives de bleu, de rouge ou de rose par endroits. Bien que composée évidemment à loisir dans Tatclier, elle n'en est pas moins le reflet curieux d'une époque où les escarmouches de ce genre ne furent pas rares, et où, pendant la guerre de Trente- An s surtout, plus d'un village dut être ainsi pillé par les troupes de passage. Les chefs sont là, feutres empanachés, sur de solides hollandais qui étaient la monture obligée du temps, soit groupés au centre tenant conciliabule, soit dispersés à droite ou à gauche, donnant des ordres chacun de leur coté, dirigeant l'attaque ou même y prenant part, épée ou bâton en main. Et, en effet, de toutes parts, c'est le massacre organisé et le pillage. A la porte de presque toutes les chaumières apparaît une femme éperdue, qui, de l'épée nue ou d'un coup de mousquet tiré de loin, voit tuer sous ses yeux son défenseur. C'esten vain que, précédé du prêire, un groupe suppliant, vieillard, hommes ou femme avec enfant à la mamelle, s'avance ou s'agenouille, demandant grâce à un des chefs: la brutalité des rel très les poursuit; le chef lui-mêmeva les frapper. Ailleurs, la réquisition s'accomplit. Chevaux et vaches sont emmenés par les soudards. L'un d'eux emporte même sur l'épaule le vieux coffre de famille, contenant sans doute les objets les plus précieux. Un autre assène un coup de crosse sur la tète du paysan qui veut défendreson troupeau. Dans un coin, à l'écart, un enfant pleure épouvanté, en chemise, sous les arbres. En avant, une femme s'accroche en désespérée au soldat, prêt à tuer son mari renversé sous un banc, tandis qu'à distance un chien peureux gronde, la queue entre les jambes. Mais c'est autour de l'église, qui a dû servirde refuge aux dernières résistances et qu'on vient d'incendier, que se poursuit le plus fortde la lutte, et que, sous les coups de feu,sousIa pointe des longues piques brandies, s'amoncellentlescadavres. Par la vivacité de la mimique, l'agencement heureux des épisodes, fart de les disséminer avec variété et pittoresque dans une vaste étendue. Snayers se montre ici le digne précurseur de son élève plus fameux. Van der Meulen, le futur historiographe des guerres de Louis XIV. C'est comme un intérêt de plus ajouté à l'œuvre d'un peintre. d'ailleurs peu commun dans les musées ou les collections.

Mais tout s'efface et disparaît, dès qu'entre en sêène le grand premier rôle de l'an flamand au xvu- siècle, celui qui en fut le maître au sens le

COLLECTION PACULLV

plus large et le plus complet du mot. C'est le cas de répéter le vers souvent enfin, au musée de Tournai, une copie ou réplique peinte de \a Récolle de

j^. la manne, e\ au Louvre même, dans la série non exposée (no 20210), un

Le soleil a paru : disparaissez, étoiles! dessin à la plume lavé de bistre, que nous reproduisons — préparation en

De Rubens M. Pacully a eu la bonne fortune de pouvoir réunir trois vue d'une gravure projeiée, d'ailleurs, beaucoup plutôt qu'esquisse de la

un dessin en a toute la saveur d'impression rapide, libre et vivante. C'est tuellement sa pensée. Ce n'est guère conforme à ses habitudes de libre et la fiai-c/m'na/e, que nous avons vu passer en juin dernier à la vente Stein ; toujours mouvante inspiration. Peut-être y faudrait-il voir alors une la même que Smith a décrite, dans son catalogue de l'œuvre de Rubens œu'^e exécuice en toute indépendance, soit antérieurement à la commande (t. II, n"Qi6), alors qu'elle était dans la collection de lord Methuen :mor- même de la grande série, soit au moment où ii commence à y songer, et ceau d'illustre origine, comme on voit, et qui a ses papiers tout à fait en que des élèves n'eurent qu'à reprendre dans les cartons agrandis. La prèsrègle. Inutile d'insister sur la verve abondante et plantureuse, la franchise tesse aisée et souple de l'œuvre, cet air d'ébauche colorée qui en fait le robuste et un peu grasse, la jovialité comme épanouie sans effort, avec charme, et surtout le soin particulier, mêlé de tendresse souriante et de laquelle est arrêté ici en ses grandes lignes ce thème cher à Rubens, reçu grâce, avec lequel ont été exécutés certains détails — notamment la figure de l'antique par Tiniermédiaire d'un Titien, et plus d'une fois repris par de jeune femme blonde, aux cheveux d'or pâle, à la jupe de satin jaune éclalui en des tableaux achevés qui sont une fèie pour les yeux. Même sous cet tant, qui, d'un beau geste de canéphore, s'en va avec une corbeille d'osier aspect monochrome, le coloriste apparaît déjà dans la coulée vive du sur la tête et un enfant suspendu à son bras — ne sont pas sans offrir pinceau, le puissant relief des formes ou les savants rehauts qui çà et là quelque rapport avec les délicatesses exquises de la Fuite de Loth, ce chefmettent la lumière et l'accent. Nous daterions volontiers ceite belle élude d'œuvre de 1625. Si, d'autre pan, les Heurs et fruits, faits à ravir en leur de préparation et de recherche, où tout sent la main même du maître, fraîcheur proprette et leur minutieuse netteté, sont bien de Jan Brueghel de d'un temps où le sujet semble l'avoir particulièrement préoccupé, entre Velours, comme on le croit, et non de son fils ou d'un de ses nombreux 161 5 et 1620 environ, plus d'un motif analogue ou même identique imitateurs, il faut absolument que l'œuvre soit antérieure à lôzS, puisque intervenant, soit dans l'une des Marches de Silène de l'Ermitage, soit Brueghel mourut cette année même. Ce sont problèmes à indiquer, toutesurtout dans celles de Munich ou de Berlin, qui sont de cette époque. Le fois, plutôt qu'on ne peut nettement les résoudre par une affirmation caiécurieux et intéressant détail de la faunesse ivre, par exemple, tombée à gorique.

terre presque inconsciente, le corps amolli et fiasque tordu sur lui-même. De la collection du duc de Pastrana, où M. Pacully a recueilli cette œuvre

tandis que deux petits faunillons pétulants et gaillards la tètent goulu- de toutes façons intéressante, provientégalemeni celle qui pourrait presque ment —détail rappelant par plus d'un point l'inoubliable figure de morte, passer pour la plus glorieuse conquête de sa carrière decollectionneur,un sur laquelle est vautré l'enfant, dans le Massacre de Scio, de Delacroix — autre Rubens, incontestable et plein de vraie grandeur : Thétis plongeant déjà indiqué, quoique ditïéremment, à l'Ermitage, reparait pour ainsi dire, Achille dans les eaux du Stj-x. Là, ce n'est plus le souvenir seulement ou textuellement à Munich. Si. d'autre pan, le vieux Silène ventru et titubant l'ébauche d'un carton de tapisserie, mais le carton lui-même qui s'offre à se répète, ainsi qu'une formule connue d'avance, presque d'allure pareille nous. Rubens, à une époque de sa vie qui n'est pas très nettement déiermien toutes ces répliques, à Berlin et à Munich ce sont deux hommes qui le née, mais qui paraît être de i63o à i635, composa — probablement pour soutiennent, dont un nègre pinçant la peau d'une des cuisses, comme fait le roi Charles I" d'Angleterre, quoiqu'on n'en ait la preuve absolue — une ici, sans le vouloir, une des femmes qui a posé la main sur sa poitrine suite de {'Histoire d' Achille, en huit scènes, destinée à être reproduite en rebondie. Ces deux femmes, très différentes de celles qui, à l'Ermitage, tapisseries, comme l'avaient été déjà précédemment ses 7'Wom/7/iC5 tVe /a Fo; rendent au dieu des ivrognes même office, sont un des charmes et une des ou ses Histoires de Décius et de Constantin. On connaît un certain nombre particularités de notre esquisse. Tout au plus la joueuse de tambourin, d'exemplaires des tapisseries mêmes. Quant aux cartons — qu'un aussi bon toute soulevée en un rythme de danse, aurait-elle un rapport de parenté juge que M. Max Rooses, pourtant, nous semble avoir jugés un peu légèrevisible avec une figure semblable à Berlin. 11 n'est pas jusqu'au faune à ment, quand il les suppose faits par Van Thulden d'après les esquisses de l'œil allumé qui cherche à la saisir ou à celui qui a empoigné de vive force Rubens et retouchés seulement par le maître — deux sont au musée de Pau, une de ses compagnes, dont on ne puisse retrouver l'analogue en d'autres auquel ils ont été donnés par la duchesse douairière de Pastrana. Deux compositions du maître, dans la série des Chasses de Diane, Même les autres ont figuré aux ventes Salamanca (1867 et 1875). Lesquatre derniers, figures à peine indiquées d'arrière- plan, le gros flûieur jovial ou la figure enfin, provenant originairement du palais Pastrana à Madrid, ont été vendus vague qui approche une coupe de ses lèvres, à Munich comme à Berlin, également ensuite par un couvent, auquel la duchesse douairière en avait fait rentrent en scène, pour jouer plus ostensiblement leur rôle. Tout s'unit don.

donc et se rapproche, pour faire croire ici à une première pensée, un pre- C'est à ce dernier groupe qu'appartenait le tableau de la Collection

mier jet dans la voie des recherches. Pacully, œuvre dont on ne saurait trop admirer la beauté et qui. dans toute

Les deux autres compositions de Rubens possédées par M. Pacullv sont la partie centrale, au moins, et la seule importante, le sujet même — on des peintures, très différentes Tune de l'autre, d'ailleurs, mais qui ont peut faire bon marché de l'encadrement décoratif obligé — semble écarter pour trait commun de se rattacher, au moins à titre de souvenir et de toute idée de collaboration, même préparatoire : tant la peinture y est réplique, à la série des cartons exécutés pour des tapisseries. C'est en exécutée de verve, avec une ampleur et une plénitude d'accent tragique que particulier le cas pour la première d'entre elles, la Récolte de la manne seul Rubens eut à ce point. C'est entre des colonnes en forme de termespeinie en couleurs infiniment fraîches, riantes et fleuries, d'une touche cariatides, représentant des dieux et déesses ou des figures allégoriques, délicate et légère, au centre d'un médaillon ovale de pierre à la mode du changeant d'une scène à l'autre, tout en gardant à l'ensemble son unité, que temps, avec accompagnement de cornes d'abondance, de palmes, de se passe la série entière de r//ijfo/re d'Achille. Dans le tableau qui nous génies ailés en grisaille, où viennent ingénieusement se mêler et se sus~ occupe et qui ouvre la série parle premier fait considérable de la légende — pendre des guirlandes de fleurs ou de fruits, qui forment avec la peinture l'enfant plongé dès sa naissance par sa mère dans les eaux du Styx, pour même le plus délicieux accord. Rubens — nous le savons — a traité le devenir invulnérable — les souverains des enfers, Pluton et Proserpine, sujet de façon identique dans la célèbre série des Triomphes de la Foi, viennent ainsi jouer un rôle approprié au sujet et faire office de statues terminée vers 1628, mais commencée sans doute dès 1623, sur commande canéphores, aidant à porter l'architrave ornementée d'un cartouche en de l'infante Isabelle, gouvernante des Pays-Bas, en vue de tapisseries forme de chauve-souris et de lourdes guirlandes de fruits. Ce cadre ingédestinées au couvent des Clarisses, ou, suivant leur titre officiel, « reli- nieux et robuste, mais non exempt peut-être de toute vulgarité flamande, gteuses déchaussées royales » {Senoras rcligiosas deseal^as reaies] de enferme et limite la perspective même des enfers où l'émouvante scène Madrid, qu'elle vénérait particulièrement. La série entière des tapisseries, d'incantation s'accomplit. En avant, par un parti pris de décorateur inspiré, comprenant quinze pièces, est encore aujourd'hui conservée au couvent Rubens a couché Cerbère lui-même, le féroce gardien du lieu. Un de ces môme. Des cycles moins complets ou des pièces isolées ont pu être égale- beaux lévriers noirs tachés de blanc, si chers au maitre, et qui tant de fois ment signalés çà et là, en des collections privées. Quant aux carions de sont revenus dans son (cuvre, soit qu'il les peignit lui-même, soit qu'il grande taille, dont le Louvre possède deux spécimens [Elie dans le désert demandât à son ami Snvders de l'y aider, a servi encore une fois ici de et le Triomphe de l Eucharistie], on en connaît l'allure un peu ronflante, modèle. Mais, où l'art dépasse le talent même supérieur du collaborateur l'aspect massif encore souligné par l'arrangement décoratif à la flamande, habituel, du simple animalier, et sent l'intervention du génie, c'est dans la avec lourde architecture de pierre les encadrant. Dans la galerie du duc de façon merveilleuse avec laquelle s'unissent et s'agencent sur ce corps Westminster à Londres, à Grosvenor house, tout à fait analogue de dis- endormi, également saisissantes de naturel et de vie, les trois têtes du position et de faire, est le canon colossal de la composition même qui monstre : l'une encore sommeillante; l'autre déjà réveillée, l'œil sanguinonous occupe, accompagné de trois autres de la même suite. Signalons lent, et prête à gronder; la troisième menaçante, dressée, crocs en avant.

COLLECTION PAGLLLY

Morceau de maîtrise absolue, rappelant à sa façon, par fédat splendide du ché de la ville voisine, est emréchez l'opérateur, barbier, chiru

au bord de laquelle est Thétis, le corps penché en avant, attentive à <^0"'eur, voulant vainement résister ei crier, on le délivre mal«ré lui Je son lopéraiion, retenant d'une main sur sa poitrine une draperie rouge vif prête mal, tandis que sa compagne ou une vieille servanie apitoyée le regarde à tomber, tandis que, de l'autre, elle enfonce soigneusement dans le fleuve en joignant les mains. Par la porte, au fond, dans la pénombre, arrive un

'enfant nu, qui en vain résiste et de la seule jambe libre gigotte éperdu- pauvre loqueteux penché sur ses béquilles, qui va mendier ou recourir à

ment. Rien ne saurait donner idée de la fraîcheur extraordinaire, de son tour aux bons offices du maitre de céans. Tout le charme delà scène est

l'éblouissante lumière nacrée de ces chairs de femme et d'enfant, contraste dans la spirituelle et énergique vivaciiéde l'expression, l'ampleurdu modelé

de vitalité triomphante hardiment souligné au premier plan de ce lieu et du geste, l'échantillonnage délicatement gradué des couleurs allant des

d'horreur. Hélène Fourment, évidemment, posa pour cette robuste beauté jaunes d'or, des bleus ou rouges vifs aux violets, aux lilas. aux veris ou aux

blonde, dont des perles viennent coquettement parer le cou ou les cheveux bruns, pour se perdre aux arrière-plans en des tons de sépia uniforme, et

dorés. En arrière, prenant au sérieux son rôle deservante, une des Parques aussi dans l'étonnante lumière qui vient se jouer sur les Heures ou 'les

au corps bronzé, enveloppée de voiles violâtres, quenouille hchée à la cein- accessoires pittoresquement dispersés, les baignant d'atmosphère, en lais-

ture, déjà plus tragique et plus sombre, comme un acheminement aux sani çà et là quelques mystérieux recoins d'ombre. C'est, comme toujours,

terreurs d'arrière-plan, torche fumeuse en main, est venue éclairer la mère ""'^ œuvre vraiment forte en sa simplicité.

prévoyante. Puis tout se perd et se fond en des noirceurs lugubres: foule David Teniers le Jeune, l'inépuisable et fécond producteur, si habile

suppliante de corps musclés, les bras tendus, implorant, comme dans Vir- q"'i' soit, perd un peu au voisinage : car il n'a pas su éviter toujours

Gérard Van Honthorst. — L'Enfant prodigue.

Ëcole hollandaisc-

(Muii!c de Munich.)

gile. la barque de Caron qui s'en va; vapeurs soufrées, lueurs de flamme, arche rocheuse, massif palais cyciopéen, et chauves-souris tournoyantes dans le ciei assombri. L'ensemble est d'une harmonie suprême, qui joint au sentiment du mystère et du drame la somptuosité persistante d'un décor bien rythmé.

Entre les créatures puissantes et fortes d'un Rubens, sortes d'animalités supérieures qui, même lorsqu'elles touchent à la bestialité, demeurent héroïques, et les bonshommes terre à terre d'un Brouwer ou d'un Teniers, ceux que Louis XIV appelait des magots, il semble qu'il y ait une infinie distance. Au fond, ce sont pourtant des êtres de même race.

Ce que l'un idéalise et transfigure, baigne d'une atmosphère presque constante d'épopée idyllique ou terrifiante, devient chez les autres la note rigoureusement exacte précise et consciencieuse de témoins fidèles, attachés au spectacle de la vie et la rendant telle qu'elle est, en sa réalité même, avec une pointe jours. M. Pacully a recueilli dans la collection du duc d'Osuna deux Teniers de charge, tout au plus, ou d'ironie goguenarde. Mais poésie ou prose sont du type classique, d'exécution adroite et fine, mais qui n'apporteront pas sorties du même sol. Des liens en général peu remarqués — liens de pro- autrement de révélations dans l'histoire du peintre. L'un laisse entrevoir ■ tectorat ou d'amitié — unissent, d'ailleurs, plus étroitement encore au — ainsi qu'il arrive souvent — au delà du cabaret devant lequel on maître glorieux ses deux jeunes contemporains. Rubens pourrait bien s'abreuve, un aimable horizon de campagne, avec cygnes et canards dans avoir été pour Brouwer une sorte de patron généreux et bienveillant, la l'eau ou bestiaux pâturant gardés par les pâtres, rappelant que Teniers aima bourse largement ouverte comme le cœur, toujours prêt à aider un collègue le paysage et sut le rendre. L'autre, que nouscroirions volontiers supérieur, dans la misère et le besoin. La nombreuse série d'œuvres du peintre beso- nous fait entrer dans le cabaret miîme où buveurs et fumeurs sont installés gneux (17 tableaux) qu'il admit dans ses collections, si éclectique que fût devant l'âtre flambant. Par l'harmonie soignéedu détail, la touche émaillée son goût et accueillant pour toutes les formules, n'a-t-elle pas tout l'air et grasse à la fois, l'heureux accord des vêtements aux notes vives etchand'une de ces charités délicates qui se dissimulent ingénieusement? Teniers, tantes, ou d'un ciel d'azur entrevu par une fenêtre ouverte, avec l'ensemble en revanche, jeune et élégant cavalier, aux manières de gentilhomme, des tons maintenu dans une gamme gris roussâtre tout à fait savoureuse, déjà richement pourvu et dont la carrière s'annonçait brillamment, n'eut c'est un digne pendant à l'œuvre de Brouwer. Nous respectons — sans jamais à recevoir des services de ce genre. Mais il dut être honoré d'une trop y croire, avouons-le — les scrupules érudits du collectionneur, qui estime particulière par Rubens, qui le choisit en 1637 pour épouser une lui font supposer ici une collaboration de David Teniers avec son frère des filles de Brueghel de Velours, sa pupille. Comment du protecteur aux Abraham, plus jeune et moins habile que lui, quoique le suivant de très protégés ne se serait-il pas établi des rapports? L'ascendant d'un génie de près. La signature, très nette seulement pour le nom de -■ 1 1-.NIERS d, cette taille, en sa pleine période de gloire surtout, pouvait-il laisser indiffé- abîmée ou disparue pour le reste, ne permet dans ce sens aucune conclurent quiconque l'approchait : Et, de fait, on retrouverait facilement, jusque sion sûre.

dans l'art d'un Brouwer ou d'un Teniers, plus d'une trace d'influence subie. Ce sont, en revanche, des raretés assez inattendues et dignes de remarque,

ne fût-ce que dans le ragoût savoureux du ton, la recherche des harmonies qui nous apparaissent, sous le nom de David Teniers, dans trois peintures brillantes, les épaisseurs grasses de la touche, tout ce qui est le métier même provenant de la collection du duc de Pastrana. Le fait relaté, en ces œuvres en sa franche énergie et sa solidité. d'aspect et de destination éminemment décorative, semble avoir trait à

Le pauvre Adriaen Brouwer, mort jeune et sans gloire, fut même peut-être quelque glorieuse expédition maritime dirigée contre les 1 urcs — à celui qui profita le mieux des leçons du maître et s'en approcha de plus près, l'exemple de son illustre prédécesseur et homonyme, le vainqueur de C'est un excellent spécimen de sa manière que cet Arracheur de dents Lépante — par Don Juan d'Autriche, fils de Philippe IV, qui devmt gourecueilli par M. Pacully à la vente Kums. Le sujet est bien connu, ayant verneur des Pays-Bas à la mort de l'archiduc Léopold-GuiUaume. e^ passé de main en main.'depuis le vieux Bosch peut-être, dans l'atelier de tous comme lui, fui ami et protecteur de Teniers, le traitant môme si lamilicles petits maîtreshollandaisou flamands. Le paysan, venusansdoute au mar- rement, presque d'égal à égal, qu'il lui demanda, nous dit-on, des leçons de

un défaut qui tient à son adresse même, autant qu'à ses succès et à l'abondance de ses commandes, à savoir quelque rapidité superficielle, expédiiive et à fleur de peau. Les joyeux compères qui peuplent son œuvre et qu'il pouvait observer sur nature, en se promenant dans la campagne, autour de son château de Perck.

tatiguent souvent par leur répétition nmnotone, leur costume et leur allure trop connue, comme ces comparses de théâtre qui repassent à plusieurs fois sur la scène, pour donner l'illusion des foules. Ils ont volontiers l'air de figurants arrangés pour la circonstance, diversement groupés et répartis, en plein air ou dans les chambres closes, à l'auberge principalement, toujours festoyant, buvant et fumant, toujours en représentation et en fête, beaucoup plutôt que surpris dans le naturel même de leur vie. Si aimées que soient en Flandre les longues '< beuveries», elles ne s'y éternisent pas, comme ici, tous les

peinture à I^occasion. On a consiaié une ressemblance possible entre ce personnage et la figurine du chef ici représenté. Nous ne saurions dire, toutefois, s'il ne s'agirait pas ici rétrospectivement peut-être du fameux trîomplie même de Lépante, resté toujours si cher aux Espagnols. Quoi qu'il en soit de cette question embarrassante, c'est visiblement en vue de tapisseries projetées que fut exécutée cette suite iniércssanie, comprenant le Départ, la Bataille même et le Retour: cartons soignés, aux indications rapides, spirituelles et fines, plutôt que tableaux proprement dits. Pour justifier l'attribution à Teniers, il faut se rappeler qu'il fut plus d'une fois peintre de marines — le musée de l'Ermitage, entre autres, possède de sa main un remarquable Port de mer, tout baigné de lumière dorée — et qu'il aborda même volontiers l'histoire contemporaine. Un curieux tableau du musée d'Anvers, le Panorama de Valenciennes, relatif aux guerres de Condé et de Don Juan d'Autriche uniscontrela France, est même encadré de façon tout à fait analogue à celle qu'on trouve ici, avec trophées d'armes, drapeaux et petits génies. C'est, en effet, au centre de cadres appropriés à une expédition maritime — futures bordures des tapisseries — que se passent les trois scènesqui nous occupent: soit que Teniers s'y soit amusé lui-même, soit qu'il ait employé pour cela, comme dans ses Bulles de savon du Louvre, quelque collaborateur. Nous pencherions, toutefois, plutôt pour la première hypothèse :car il y a accord absolu de facture entre le centre et lesbordurcs. L'arrangement varie ingénieusement d'une scène à l'autre, quoique sur un thème identique: guirlandes de coquillages, coraux ou perles; oiseaux aquatiques ou poissons disposés en trophées, qui retombent parmi les rames, les filets ou les crocs; quelques ancres çà et là, et partout de petits génies folâtrant, aidant à porter l'attirail, consolidant ici un feston, regardant ailleurs curieusement une coquille, ou chargeant sur l'épaule un fardeau trop lourd pour eux; le tout vivement peint du bout du pinceau.

Un tableau, plus considérable peut-être de dimensions que de réelle importance, vient clore, enfin, dans la collection Pacully, la série des écoles duNord. C'est l'œuvredu HollandaisGérard Van Honthorsî,peintreprotée qui tour à tour subit toutes les influences, s'inspira de toutes les formules,

aussi bien celles de son pays propre que celles de Flandre ou d'Italie, mais avec une prédominance marquée et constante pour les éclairages artificiels, les brusques effets d'ombre noire etde lumièrecontrastée, dont il avaitpris le goût à l'école de Caravage. Tantôt, comme dans le Pilate se lavant les mains du Louvre, il aura presque l'air de semeiire à la suiiede Rembrandt; tantôt, comme ici, il ira, au contraire, du c6ié de Rubens et de son groupe. C'est, en effet, comme une redite de Jordaens refroidi et vulgarisé que ce tableau, dont la verve est plus apparente que réelle, et qui remplace par des effets connus d'avance, des receties, toujours les mêmes, la manière franche et vigoureuse du grand Flamand. Le sujet est de ceux qu'on aima de tout temps aux Pays-Bas, que les petits maîtres hollandais ont plus d'une fois pris et repris, mais que Jordaens, entre autres, traita supérieurement. C'est la Fête des Rois, l'élu de la fève levant en l'air son verre en joyeuse compagnie, avec accompagnement de mascarades et de scènes de carnaval. La composition en est sagement établie, mais froidement peinte, avec des mollesses par endroits, notamment dans la facture des mains, ou des duretés presque à l'emporte-pièce. On remarquera la singulière ressemblance qu'offre le jeune homme du premier plan — brusquement retourné vers les deux masques qui arrivent, faisant charivari — avec la figure également découpée en silhouette d'un tableau de la Pinacothèque de Munich, d'ailleurs infiniment plus souple et délicat, représentant VEnfant prodigiie. C'est, évidemment le même modèle qui a posé, ou dont la tête fut peut-être utiliséeainsi postérieurement.

Un peu dépaysé dans cet ensemble de tableaux anciens, s'y ajoutant comme une annexe qui nous amène en pleine époque contemporaine, un portraitde femme(M//e Maria D(?r/V/5, artiste lyrique], par le peintre belge Portaels, ferme définitivement la marche. Œuvre d'un talent académique réputé, qui eut en Belgique une très haute situation comme chef d'atelier — d'exécution soignée, de science sérieuse et délicate avec une nuance de froideur — elle mérite d'être estimée, malgrétout, sans exaltation ni dédain, tels que purent l'être chez nous vers le même temps certains portraits de Cabanel.

Paul Leprieur.

Tous les Tableaux qui sont reproduits dans le texte offrent des analogies de type et de composition avec les peintures de la collection Pacully; ce sont précisément ces analogies, en dehors même de l'expression, du coloris et de la facture, qui serpent à révéler l'identité de l'auteur. Nous laissons au lecteur le soin d'étudier lui-même les points de comparaison à cet égard.

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ADRIAEN BROUWER

L'Arkachkuk de Dents

École Flamande '^'■. »', r«L

Table des Planches hors-texte

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