‹ Collège L'Assomption, hommage d'un médaillon présentéChapitre 2 sur 7 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

Prononcé par Mr. L’Ansé Huor, à la présentation d’un Médaillon au Collége L'Assomption, Mardi, 10 Octobre 1865.

Monsieur le Supérieur et Messieurs,

Décidément, le Collége l'Assomption est rangé en tète de nos grandes maisons d'éducation, et il est appelé à jouer un rôle brillant parmi ces institutions devenues la gloire et l’orgueil du pays.

Des solennités glorieuses, bien propres à fixer les regards, non seulement de l'Amérique, mais encore de la vieille France et mème de l'Italie, puisque le glorieux Pontife, qui régit le monde, l'inmortel Pie IX lui-même a daigné v applaudir, des solennités glorieuses, dis-je, sont venues couronner cette maison d'une auréole éblouissante et qui ne s'effacera jamais.

Parmi ces démonstrations, deux surtout devront ôtre transmises à la postérité la plus reculée. Je veux parler, d'abord, de l'érection et de la consécration d'un autel en marbre, érigé, dans votre chapelle, par le grand nombre de prêtres que cette maison a déjà eu la gloire de fournir à l'Eglise, et qu’ils ont élevé comme monument de leur reconnaissance, et de l'amour qui unit et attache, merveilleusement, tous les membres sortis de cette institution.

La pensée de ce monument est sublime et digne d'admiration. Aussi, a-t-elle déjà inspiré des maisons rivales.

La seconde solennité, dont je veux parler, est la représentation du beau drame, travaillé sur les Anciens Canadiens. L'idée de ce drame est une magnifique inspiration. Tout en faisant le plus grand honneur à son auteur, cette pièce a eu le double avantage de faire apprécier le beau travail que lillustre vieillard vient de laisser à son pays ; et d'attirer sur les rives de l'Assomption les familles les plus nobles et les plus illustres.

Oui, Messieurs, c’est une belle gloire, pour le Collége l’Assomption, d'avoir trouvé le moyen de réunir sous son toit, ces représentants de l'antique noblesse, qui fut, de tout temps, comme dernièrement le disait si bien un écrivain, la personnification d’un héroïsme incroyable, se mariant, gracieusement, au spectacle de toutes les vertus mises en pratique.

Le passage, surtout, de M. Philippe Aubert de Gaspé, l’auteur des Anciens Canadiens, fera époque dans les annales de cette maison ; car la gloire dont s’est couvert le noble vieillard, par son génie, reflète sur cette institution et lui communique un rayon de son immortalité.

C'est ce qu'a bien compris le Doyen de l'Ecole de Droit, M. Bibaud, aussi distingué par sa science que par ses travaux littéraires; et, mû uniquement par un sentiment d'intérêt pour le Collége l’Assomption, ce Monsieur, qui ne laisse rien perdre de tout ce qui peut se rattacher à son pays, a voulu perpétuer le souvenir de la visite de M. de Gaspé, en faisant frapper un superbe médaillon, pour être conservé dans les archives du Collége.

Je ne sais comment j'ai pu être délégué pour présenter, à la maison, ce bronze, qui devra transmettre à la postérité le souvenir d'un jour glorieux à tant de titres ; mais ce que je veux dire, c’est que je suis heureux de pouvoir déposer, de mes

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mains, ce monument à la gloire d'une famille qui veut bien m'honorer de son amitié, et que j'ai appris à vénérer.

En vous remettant ce Médaillon, Monsieur le Supérieur, au nom du savant Doyen de l'Ecole de Droit, j'aime à rappeler le souvenir du vénérable Docteur Meilleur, qui n'a pas une moindre part dans la fondation de ce Collége, puisque, sans son initiative, sou génie, ses travaux constants et son énergie proverbiale, cette maison n'existerait pas.

Ce vénérable champion de nos institutions les plus chères, en contemplant l'auréole de gloire qui enveloppe sa fondation, doit être noblement récompensé des déboires, que des circonstances pénibles lui ont fait éprouver. Et, quoi qu'il en soit, nous n'oublierons jamais que le vénérable Docteur Meil leur, dont le nom ne doit être prononcé qu'avec un religieux respect, a sacrifié sa vie toute entière au bien de son pays, en s’occupant activement de l'instruction publique, dont il a

- fondé le système actuel.

Honneur donc et gloire à M. le Docteur Meilleur, comme honneur et gloire au Collége l’Assomption.

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