‹ Collège L'Assomption, hommage d'un médaillon présentéChapitre 3 sur 7 · REPONSE · texte numérisé non relu

REPONSE

PAR LE REVD. Mn. N. BARRET,

À l’occasion d’une Médaille présentée au Collége par le RévéREND M. Huor, au nom de MaximizreN Brsaup, Doyen de Ecole de Droit, le 10 Octobre 1865.

Au milieu des émotions dont je ne puis me défendre, une chose surtont me préoccupe; c’est l'impossibilité où je me trouve de répondre d'une manière convenable au riche et précieux cadeau que l’on fait au collége, ainsi qu'aux belles paroles qui viennent de s’y ajouter, comme un nouveau titre à notre admiration et à notre gratitude. Gertes, nous sommes heureux qu’un si magnifique témoignage de sympathie, de la part de M. Bibaud, soit partagé et exprimé, dans cette circonstance, par un homme si digne, tout à la fois, et de l'amitié de cet éminent juriscousulte et de la reconnaissance de linstitution à laquelle il se fait un bonheur d'exprimer aussi ouvertement tout l'intérêt qu'il lui porte.

En vérité, à la vue de tant d'égards et de bontés pour nous, je sens mon âme profondément émue et remuée ; je me trouve dans une de ces circonstances où ce que le cœur éprouve appartient bien plus au sentiment qu’à l'expression. Quoiqu'il en soit, Je dirai bien quelque chose ; mais, je l'avoue, la reconnaissance m'oblige à beaucoup plus que je ne puis faire. Vous comprendrez mon embarras, quand je vous dirai que je

trouve, dans le précieux objet qui nous est si gracieusement présenté, un langage d'une portée peu ordinaire, une éloquence pleine de noblesse et d'élévation, un fonds de sentiments et de poôsie, que je ne saurais dignement exploiter.

Cette imédaille, en effet, riche et belle de tous les sentiments nobles et généreux dont elle porte l'empreinte, nous dit beaucoup de choses. * Le doven de l'école de droit n'a dédiée + Oui, il nr'a dédiée, semble-t-elle ajouter, pour faire comprendre à tous, et notamment à la jeunesse qui va me posséder au milieu d'elle, que les grandes et nobles actions sont rarement oubliées ; il m'a dédiée pour perpétuer le souvenir d'un des plus beaux actes qui aient pu, jusqu'ici, témoiguer de lesprit d'union et de foi des élèves d'ax‘un collége ; il m'a dédiée, comme le monument qui attestera, à jamais, la visite dont l'immortel anteur des Anciens Canadiens ” à bien voulu honorer ce jeune sanctuaire de la science et des lettres ; il n'a dédiée pour apprendre à tous les amis de cette maison que M. de Gaspé n'a pas été le seul à figurer, dans une de ses plus anugustes solennités, comme représentant de l'antique noblesse canadienne, mais qu'il a vu son nom entouré et, pour ainsi dire, escorté de quatre autres noms nobles comme le sien, ainsi que d'un cinquième porté par un citoyen qui, s'il n'a point pour lui la noblesse de la naissance et du sang, n'en à pas moins celle du cœur et des belles actions dont sa vie est remplie.”

n'y a pas jusqu'à ce nom béni dans toutes les bouches, Meilleur,” qui ne paraisse nous en dire quelque chose. “Il m'a dédiée enfin, semble contiauer le précieux monument qu'on à érigé parmi vous, pour dire à tous ceux qui me verront que la soirée du IT juillet 1865, sera aussi ineffacable dans la mémoire de tous les élèves de cette maison que sur le bronze où elle est gravée.”

Cette médaille, qui vient, à son tour, couronner l'acte, si

hautement apprécié, des anciens élèves, comme tous les autres témoignages de considération et de sympathie que nous avons reçus à cause d'eux, eh bien, cette médaille nous dit encore que les aspirations d'un ordre supérieur, que les sentiments qui dominent la sphère des intelligences communes et ordinaires, rencontrent partout les sympathies, des âmes élevées et des cœurs qui leur ressemblent; que, quelque part et à quelque degré que le mérite éclate et attire l'attention, il trouve toujours un appréciateur juste et éclairé, une voix sincère et amie, qui s'en fait l'écho : tant il paraît v avoir de rapport ot d'affinité entre tout ce qui est vraiment grand et digne de se saluer.

Le généreux donateur de cette médailleGest donc, d’une manicre toute particulicre, à la hauteur de ces sentiments ; M. le Curé de St. Paul l'irmite l’est donc, pareillement, puisqu'il a su si dignement lui servir d’interprète. Aussi, est-ce au niveau où ils savent se tenir qu’on trouve toujours linspi ration qui produit les actes les mieux marqués au coin des nobles et généreuses pensées, telles que la démarche qui mérite, à si juste titre, nos félicitations, ainsi que l'expression de notre plus vive reconnaissance.

Cependant, je ne puis m'empêcher de me demander : “ Sommes-nous dignes de tanc d'honneur et de considération ? Avons-nous des titres certains au précieux objet qu’on nous cestine comme la récompense de nos travaux et de nos suc-

ce? M6: nous ce “ Palmam qui meruit ferat,” gravé à notre adres: . Qui, l’avons-nous bien mérité ?......... 7

Csperu an le comprend, ce n’est point à nous à décider Quant : e doute, s’il est légitime aujourd’hui, faisons en sorte qu’il se dissipe au plus tôt. Si nous ne pouvons maintenant réclamer la palme qui nous est offerte, travaillons pour qu'elle nous appartienne plus tard ; tâchons de nous en rendre dignes, par un redoublement d'ardeur à l'étude, et de

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courage dans l’accomplissement de nos devoirs. En attendant, acceptons cette magnifique récompense, au nom des anciens élèves, qui ont fait la gloire du collége ; car, pour eux, nous savons qu'il l'ont méritée. Recevons-la, surtout, au nom des fondateurs de cette maison, à qui doit, premièrement, revenir tout honneur et toute félicitation.

Quant à ce beau et précieux monument, élevé ici à tous les titres que nous venons d'énumérer, nous le garderons comme un des plus éclatänts témoignages de considération et de sympathie que le collége ait encore obtenus ; nous le joindrons à ceux dont Messeigneurs les Evêques de Montréal et de St. Hyacinthe ont bien voulu nous favoriser. Nous le citerons toujours avec ces derniers, après celui que le chef de PEglise à daigné nous accorder,dans sa paternelle bonté, comme pour couronner de sa propre main, ce qui a pu se faire ici de bien pour la religion et la patrie ; car, nous sommes heureux de le dire, Pie IX nous a bénis.

Maintenant donc, plus que jamais, nous pouvons avoir foi dans lPavenir d’un collége qui a pour lui ces hauts et glorieux suffrages.

‘Les Anciens Canadiens’? et M. de Gaspé.

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