Milet-Mureau» l. e., II, p
3. Parmi les espèces que contenait cet envoi se trouvait le type d’un genre nouveau de Nyctaginacées que de Jussieu décrivit sous le nom d’^46rom’a (Généra plantarum, p. 448) et que Lamarck figura dans ses Jllustationes Generum, p. 105.
« il fit imprudemment usage de poudre pour l’allumer ; le feu se communiqua à sa poire à poudre qu’il tenait à la main ; l’explosion lui brisa l’os du pouce et il fut si grièvement blesse, qu’il n’a dû la conservation de son bras qu’à l’habileté de M. Kollin, le chirurgienmajor 1 . »
Elle remonte ensuite au Kaintehatka d’où, le 26 sptembre Colligon écrit à Thoüin une lettre qui manque dans sa correspondance.
Les navires s’arrêtent ensuite aux îles des Navigateurs (îles Samoa) où Colugnon et La Martinière récoltent des plantes 2 (9 décembre), à l’îic Maouna où une partie des équipages dont de Langue commandant VAstrolabe et 11 membres des équipages furent massacrés par les indigènes et Coi.j.ignon blessé, le 11 décembre. Les navires passent ensuite aux îles des Amis (îles Fidji) en décembre 1787, puis à l’île Norfolk (13 janvier 1788) et arrivent le 26 janvier à Botany bay, en Australie, un peu au sud de l’endroit où s’élève maintenant Melbourne.
Le 15 février 1788, Collignon écrit à Thoüin pour lui raconter le massacre de Maouna et lui dire qu’il a reçu plusieurs blessures, qu’il est maintenant guéri mais qu’il lui reste « une grande difformité et une incommodité de la main droite ».
Il mentionne qu’il continue à rédiger son journal de voyage mais que, conformément aux ordres de La Pérouse, il ne l’envoie pas en Europe 3 .
Et c’est déjà le mystère qui commence à planer sur l’expédition dont on n’aura plus de nouvelles.
Suivant les instructions, elle devait aller de Botany Bay aux îles des Amis (îles Fidji), à la Nouvelle-Calédonie, aux Santa Cruz, aux îles de Mandana ou d’Egmont, de Cartcret, Arsacides (îles Salomon), de la Louisiadc, chercher un nouveau détroit entre la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Hollande (Australie), visiter le Golfe de Carpcntarie, longer la côte oeeidentale, enfin remonter au nord pour être à l’île de France en décembre 1788.
C’est seulement en 1827 que Dillon puis Dumont d’Unvn.LE eurent la preuve que Y Astrolabe et la Boussole s’étaient brisées sur
1. Journal de La Pérouse publié par Milet-Mureau, l. c., III, p. 78.
3. Les instructions donnée par le Roi à La Pérouse le 26 juin 1785 spécifiaient en effet :
« 4° avant de rentrer au port de Brest au terme du voyage ou avant d’arriver au Cap de Bonne Espérance s’il est dans le cas d’y faire relâche, le sieur de La Pérouse se fera remettre tous les journaux qui auraient été tenus... Il enjoindra de garder le silence absolu... sur les découvertes qui auraient été faites et exigera [des membres des équipages] leur parole. Mais il les assurera, au surplus, que leurs journaux et papiers leur seront rendus. »
les récifs de Vanikoro, l’une des Santa Cruz et avaient ainsi suivi depuis Botany Bay la route qui leur avait été tracée.
Mais que devinrent les équipages ? Une partie ne disparut-elle pas dans le naufrage ? Furent-ils massacrés par les indigènes ? Après avoir construit une embarcation avec les débris des frégates, partirent-ils, ainsi qu’on l'a dit, pour gagner le continent ou tout au moins l’Australie et disparurent-ils en mer ? Nul ne le saura jamais.
Et pendant ce temps la mère et la sœur de Collignon tombaient dans la misère et étaient obligées de s’adresser à la générosité de Thoüin.
Néanmoins Piroile, dans son Horticulteur français, dit que C. de Tsciiudy donna le nom de Collignon à une greffe spéciale que ce célèbre messin avait imaginé.
Sources : Bibliothèque générale du Muséum, fonds mss., dossier du voyage de La l’érouse.
Archives nationales, fonds Muséum AJ15, liasse Voyages et Missions Milet-Mureau (L. A.) : Voyage de La Pérouse, 4 vol. in-4° et 1 album in-folio, 1797. Une édition en 4 vol., in-8° et 1 carte a parue en 1798.