SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE DE LA ROCHELLE
( Séance du 27 Avril 1887)
Conférence de M. le Commandant Riondel
La conférence faite le 27 avril par M. le capitaine de frégate Riondel, sous le patronage de la Société de géographie et de la Chambre de commerce, a eu un grand et légitime succès.
Un nombreux auditoire composé de marins, d’armateurs, d’ingénieurs, de membres de la municipalité et de la Chambre de commerce, de capitaines au long-cours et de beaucoup de personnes (plus de 700^ s’intéressant aux questions maritimes, se pressait dans la grande salle de l’Oratoire pour entendre la conférence annoncée.
Au bureau avaient pris place : M. Beltrémieux, viceprésident du Conseil de préfecture, président de la Société de géographie ; M. William Romieux, ancien officier de marine, agent de change et membre de la Chambre de commerce ; M. Dupuy, professeur d’histoire au lycée, secrétaire de la Société de géographie.
M. le Président ouvre la séance et expose à l’assemblée le but de la réunion, but que l’on peut; résumer en quelques mots : améliorer les règlements maritimes actuels devenus insuffisants, de façon à diminuer la fréquence des abordages : créer les tribunaux mixtes pour juger les conflits entre navires de nationalité différente.
Puis, M. Beltrémieux donne la parole à M. le commandant Riondel.
Le conférencier remercie d'abord la Société de géographie, la Chambre de commerce, la municipalité et la population rochelaise de l’accueil bienveillant qui lui est fait.
Puis il expose les raisons qui l’ont conduit à étudier la question des collisions en mer.
A la suite de l’abordage d’un steamer de la Compagnie générale transatlantique, le Saint-Germain , avec un navire anglais à la remorque, le Woodburn , je me suis, dit-il, occupé de poursuivre des réformes générales à la loi du 4 novembre 1879, et de demander la création de tribunaux mixtes internationaux.
Le navire abordé n’avait pas en effet les feux réglemen-
taires et cependant la Compagnie générale transatlantique fut condamnée par la Cour anglaise, devant laquelle la loi du 4 novembre 1879 la forçait à comparaître.
M. le commandant Riondel entre alors dans quelques détails techniques : il démontre ^insuffisance de la portée réglementaire des feux ; depuis que les steamers ont doublé de tonnage, de nombre et de vitesse, et la nécessité d’éclairer par un feu de convention la queue des navires remorqués — sortes de trains maritimes — comme on éclaire la queue des trains sur terre.
Passant alors à un autre ordre d’idées, le conférencier se demande si l’on ne pourrait pas imposer aux navires à vapeur des routes déterminées dans les parages dangereux, dans les mers les plus fréquentées.
Enfin, il insiste en terminant sur la nécessité de créer des tribunaüx maritimes internationaux pour juger les litiges entre navires de nationalité différente. Il a la ferme espérance que ces réformes ne tarderont pas à être réalisées.
D’unanimes applaudissements saluent le conférencier et lui prouvent que ses auditeurs reconnaissants partagent ses sentiments et son espoir.
Alors, sur la proposition du président, l’assemblée adopte à Eunanimité les réformes proposées, et invite M. le commandant Riondel à en poursuivre la réalisation.
Le Secrétaire , Le Président .
Signé : DUPUY. Signé : E. BELTRÉMIEUX