Livre II (pp
Récit de la circoncision du fils du grand Turc. On y vit éclater des phénomènes inexplicables à la raison : ce qui n'est pas rare en ce monde : miracles, sorcellerie. lycanthropie( 19-31). N'élaient-ce pas là de vaines apparences, avec hallucination collective des témoins (32)? Toralba avoue son impuissance à donner une explication scientifique de la chose (33). L'appel à l'autorité est d'autre part insuffisant (3.5).
La liberté de Dieu prouve la réalité des miracles (36-38 i. En effet, destin, nécessité ne sont que d'autres noms de Dieu (39). Car, s'il était contraint par la nécessité, il ne vaudrait plus nos louanges, ni nos prières (39-40). 11 est donc constant, mais libre; il a créé les lois naturelles, mais peut s'y soustraire, par les prodiges (41-44). La science est donc l'étude des lois naturelles, moins les prodiges (45). Si la volonté de Dieu, quoiqu'une, ne pouvait varier, elle ne serait plus volonté (46-47).
Le monde Lient sa conservation de la sollicitude de Dieu : il n'est donc pas éternel (47-50). Il est déjà en décrépitude : les hommes d'autrefois étaient des géants. D'ailleurs, ayant matière et forme, le monde est un corps, donc périssable (51).
Les démons, eux non plus, ne sont pas éternels (52-58). Histoires de sorcellerie (58-G7). Si l'eau bénite, déclare Salomon, fait fuir les sorciers, c'est par sa composition chimique, où entre du sel, et non par sa vertu divine (63). Les sorciers ne guérissent pas les maux naturels, mais seulement ceux d'origine démoniaque. Leur pouvoir est principalement dans la croyance de leurs clients (66). Les démons, les anges, les âmes sont périssables et corporels; le seul incorporel est Dieu (68-7.3). Les domaines de la physique et de la métaphysique sont distincts, mais non pas communicants (75-76).
L'âme n'est donc pas une parcelle de Dieu, incorporel, indivisible (77). D'ailleurs concevoir Dieu est impossible aux esprits finis que nous sommes. La vraie prière est le silence, l'admiration, l'adoration (78-79). Si les mauvais anges et les âmes souffrent des flammes de l'enfer, il faut qu'ils revêtent un corps patible, si subtil qu'on le suppose (80-82) Si les âmes, sans nerfs ni cerveau, n'ont pas l'usage des sens, comment seront-elles patibles, demande le sceptique Senamy (83). Mais, lui répond-on, à ce prix, Dieu non plus ne verrait ni n'entendrait. Cette discussion n'est soulevée que par l'infirmité du langage humain : Dieu a évidemment d'autres moyens de connaissance que nous (84-87).
Action des démons sur le monde (88-124). Lycanthropie, transport de sorcières au sabbat, ne peuvent venir que des démons. Entin Dieu, infini, incorporel, ne connaît et ne communique donc aucun mouvement (88-91). Il se sert des esprits pour faire exécuter ses commandements : l'action des esprits et les lois de la nature sont la preuve de son action sur le monde (92-94). Preuves de la sollicitude divine envers l'homme : naissance spontanée de poissons, ou apparitions subites débandes de poissons, d'oiseaux pour l'utilité des hommes (93-97). Preuves de l'action des démons : la lune, le soleil, les marées, les vents à de certaines occasions (100-110); les tempêtes (111-112). Cependant Senamy conteste toute explication autre que naturelle (112-113). Recettes contre les sorciers, les feux follets, les typhons; corde à tourner le vent (114-123). Senamy ironise : où loger cette formidable multitude des démons? sont-ils sexués? ont-ils des petits? (124). Toralbe plaide pour la métempsychose. Salomon hésite à dévoiler les mystères sacrés de la Kabbale (125-126).