SCÈNE IV
Le comte, bas à la comtesse. Tâchez donc de l'éloigner.
La comtesse, de même. J'ai des projets sur lui. , Edouard. Cousin, à quelle heure dînez-vous? Savezvous que j'ai une faim de corsaire? jamais je ne pourrai attendre le dîner.
Le comte. On va vous monter quelque chose dans^ votre chambre.
Edouard. Non, non, ici, en causant, je mangerai un morceau sous le pouce. Parbleu I j'ai appris au régiment à parler en mangeant, sans perdre pour cela une seule bouchée. (// appelle.) Holà ! hohé! ici, hé!... Comment se nomment vos domestiques? Allons! hé!
La comtesse, après avoir sonné, à François qui entre. Donnez le pâté de gibier à monsieur. Quel vin voulezvous?
Edouard. Bourgogne, morbleu! Avez-vous toujours de ce vin de Pomard que vous me disiez que vous vouliez garder pour mon retour d'Allemagne?
La comtesse. Vous avez bonne mémoire. — Donnez une bouteille de vin de Pomard à monsieur. Vous vous dépêcherez, Edouard, n'est-ce pas? Nous aurons besoin de la table tout à l'heure. — Monsieur des Tournées, allez vous habiller , Edouard vous excusera.
Edouard. Parbleu! il serait joliment bête de faire des façons avec moi. — J'aurai bientôt fait, cousine ; je ne fais que tordre et avaler.
Le comte, bas à la comtesse. Comment pourrez-vous?...
La comtesse. Laissez-moi faire.
Le comte, de même. 11 serait peut-être convenable de
mettre tout après son départ...
La comtesse. Allez, vous dis-je, je réponds de lui,
(Le comte sort.)