scène fin
Edouard, de même. Je serai sage, cousine, puisque vous me défendez les farces.
Le comte. Il ne nous manque plus que Bertrand.
Le chevalier de thimbray. C'est fort extraordinaire qu'il ne soit pas encore ici. Ce drôle-là nous faire attendre !
Le marquis de malespine. Pourvu qu'il ne nous manque pas de parole.
Le comte de fierdonjon. Des Tournelles, savez-vous que vous avez fait preuve d'un pei' de légèreté en nous donnant pour associé cet homme-là? Qui sait si l'on peut compter sur lui? C'est un paysan, voilà tout.
La comtesse. Il a été major dans, l'armée royale.
Le comte de fïerdonjon. Dans l'armée de la Vendée, faute de gentilshommes pour faire des officiers, on était obligé de prendre des manants. Cet homme-là ne me revient nullement \ il chasse sur mes terres sans me demander une permission, et je ne puis obtenir de mes gardes de lui déclarer procès-verbal.
Le comte. Vieille habitude de sa part. M. de Kermorgant, dont vous avez acheté les terres à votre retour de l'émigration, lui permettait de chasser chez lui.
Le chevalier de thimbray. C'est une bonne affaire que vous avez faite là, monsieur de Fierdonjon. Ah ! si j'avais eu des espèces dans ce temps-là, j'aurais acheté aussi des propriétés nationales. Elles étaient pour rien... Ce n'est pas que j'approuve au moins ces infâmes spoliations... Mais le mal est fait, tâchons que nos ennemis n'en profitent pas.
La comtesse. Bertrand a de l'influence parmi les paysans. Si l'on avait besoin d'un coup de main, ce serait un homme précieux. D'ailleurs il a des certificats très-honorables de ses anciens chefs.
Le baron de mâchicoulis. On dit que les gendarmes le craignent , et qu'ils n'osent lui demander son port d'armes.
Le comte de fierdonjon. Allons, messieurs, il n'est pas décent que nous attendions cet homme... commençons.
La comtesse. Tenez, le voici.