Colonie française de Metgermette [microforme]
Jet d'établissements auçais. durs HNHONSeSs Non cncore défrichées qui Ss CANONS $ situés vers les lrontitres Sélendens au nord et au sud du des Etats-Unis, dus los profondeurs Saint. Laurent, enveloppant notre des comtés de Beauce et de Dorchos Province, dans un épais 64 sombre toi [s'agissait d ‘ainenor de ù Fran | Manteau de {or \s, Ces quelques cen- C8, pour les instal ler el les r'ici, lines de mille âcres se réduisaient,
en pleine forût, seize con! Ref Par CoOMparaison, aux proportions dans l'espace de huit années, et cola . d'une étroite lisière, Nous pouvons SES QUE notre gouvernement eût a seNureusement offrir l’hos pitalité dépenser un ut SOU, Lant pourlour AUX étrangers, sans iellre les en- 'ANSport que comme frais d'instal | lants du sol à la mène, jt lorsque lation. On ne lui demandait rien ces Cirangers se trouvent être des
plus qu'une Concession de ter. | alliés, des Ans, des parents môme ANS, 40ee réserve, de trois cent! CONS pouples, avant la mime foi, vingt mille âcres en su] Ho , dans le intime lanuao }, Lo ins su quo les Cantons de Mot. germ 0, Jersey, nousau li LU NOUS inquiéter, nous hi isborough, Marlow. Wa devrions au Coniraire nous fo res gevin, Gayhurst et Adstock. Le À! de ce qu'ils viennent OCCU] une prix en était fixé à vingt centins À faible portion de avtro patrin one, l’âcre, à la char 6e par ls acqué- | Nos fils ou H0$S NOCVEUX auraiicat du
reurs je Ouvrir eux-mêmes les cho | l'OS Mauvaise crâco À so pla ndre mins, rio oureuseme NE indispensa- | ire libéralite. Car, les, prerniors bles, ce qui, de fait, remeltait le | ils devaient connaitre la valeur @: prix de vente au taux Ordinaire de | ces cantons » rpentés ct divisés dx
trente centins l'âcre, lorsque le gou- | lots depuis "4 à plusiours anré:
Vernement fait l'ouverture des che- S'ils ne les on! pas reCherchas +: retenus, à eux Ja faut». La f'i:;
| : n | que du gouvernement C3 con
À «ist nç2. un oc rot de fi ; in nille Âcres nu! parait clle se résume en seul mt !z le gou: lil colonisation, ou, si vous voulez, je
défrichement de nos terres incultes, ar les enfants du sol d'abord, par Pimnigration ensuite, Les enfants du sol n’ont pas demandé ces terres.
Par qui la valeur du canton Langevin nous a-t-clle été révélée ? Par des Trappistes, des religieux français. Par qui la valeur des cantons de Metgermette, Watford etc. nous a-t-elle été révélée ? Par M. Vannier, par un français.
Jusque là, seuls, les coureurs des bois, ou les acheteurs de limites, surent apprécier cette partie de nos belles forêts. EL encore, leurs observations ne vortaient-elles le plus souvent que sur les lacs, les rivières, les montagnes, les vallées, les accidents du sol, sur les essences des bois. Nul n’y avait jeté un coup d'œil dépassant les limites d'une spéculation immédiate, dans un but sérieux de colonisation.
Ce que voyant, notre gouvernement n’a-t--il pas eu raison de prendre les trappistes français par la main, et de les conduire dans les
forêts du township où canton Eangevin ?
Ce que voyant, notre gouverne-
ment n’a-t-il pas eu raison, d’accepter les offres de la Société Franco- Canadienne, et de lui abandonner le défrichement des Cantons de Metgermette, Watford, Gayhurst etc.
Il procédait d'après les grands principes. La terre ne vaut rien si
ce n'esi par la présence et le travail de lhomme, puisqu'il en est le roi, Et puis, toutes ces voix de la solitude, murmure des eaux, chants des oiscaux, rugissements des bètes fauves, ne remontent aux oreilles de Dieu, que par la voix de l'humanité, Le concert de la nature se résume dans l'hymne ou la prière, encens de l'intelligence et du cœur, Et si cette tentative réussit, après tant d'essais “infructueux, elle n'en restera pas moins un faitacquis au bénéfice de notre politique. Ajoutons que les terrains intermédiaires que le gouvernement, avec une sage prévoyance, à su retenir dans chaque canton vont de suite décupler de valeur par le voisinage d’établissements prospères, Dès aujourd'hui, il n'y aurait qu'à les mettre en vente, et l'on verrait qu'en moins d'un an leur valeur à plus que doublé,
Ces considérations prévalurent auprès d'un grand nombre de députés, qui recommandirent fortement la concession au ministère-Chauveau, d'ailleurs bien disposé. L'octroi des trois cent vingt mille âcres, avec réserve, fut en conséquence accordé à M. Vannier.
Quant à l'entreprise elle-même, le projet en était si soigneusement élaboré qu’il ne rencontra aucun détracteur. On ne lui trouvaitqu'un seul défaut,c'est qu’il paraissait trop beau pour réussir.
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Deux années se so.t écoulées el le projet se réalise, l'utopie a revêtu des formes tangibles, l'établissement existe; une voix de civilisation à retenti dans ces forêts, dent l'écho ne s’était encore éveillé qu'au cri des bêtes fauves.
Jusqu'à ces temps derniers, les cantons de Ware, Langevin, Watford et Metgermette formaient pariie du trrain de chasse de prédilection de quelques Hurons de la Jeune Lorctie.
M. Paul Picard, leur digne chef, mo
racontait que deux chasseurs de sa tribu, se trouvant dans ces ré gions, entendirent distinctement, vers la tombée du jour, le tintement d’une cloche. Il s’arrètèrent éton nés et se regardant :
—Entends-tu ? dit Louis à Honore :
Oui, j'entends bien.
—C'est une cloche,hein ?
—C'est une cloche.
—Nous serions-nous égarés par hasard ?
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Le M. Va confit aux c vers | cie fr Liniè âcres.
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—Egarés ? oh non! c'est impos sible : Tiens! voici le ravage dans lequel nous avons tué cinq orignaux l’année dérnière : et puis voilà !
regarde ce frûne que nous avons abattu pour te faire un fût de raquette, Tu l'en souviens, hein ?
—Oui, je m'en souviens parfaitement, mais cette cloche ?
—Je n'y comprends rien : avançons tout de mème, ça ne peut pas être le diable après tont, puisque les cloches sont le porte-voix du bon Dieu.
Les deux chasseurs s'étant avancés de quelques pas, se trouvèrent tout-ù-coup en face d'une grande éclaircie, au milieu de laquelle s'élevait le monastère des frères Trappistes, arrivés de France dans le cours de l'été précédent. Ils y reçurent une généreuse hospitalité, mais force leur fut de marche: deux jours encore avant de tomber sur une piste d'orinal,
Ainsi, il était réservé à des Francais, à de nouveaux Renaud de frapper les premiers corps dans cette forèt qui s'ouvre devant eux comme par enchantement. Les Trappistes sont disparus, laissant après eux de belles terres défrichées, un ricue établissement ; d'autres français les ont bientôt remplacés, à quelque distance de là, dans des conditions d'activité et de permanence, tout autrement fermes et sûres. Ge n’est pas que ces religieux maniquassent de courage où d'affection pour un sol qu'ils trempaient de leurs sueurs, pour une solitude à laquelle ils prètaient leur voix pour chanter les louanges du Scrneur, mais les privations que leur imposent les ré :le ments de l'Ordre ne leur permittuient pas de lutter contre les rigueurs d'u climat aussi peu favorable à l'ascétisme que l'est le nôtre.
jé 5 1
Le canton de Metgermette nord où M. Vannier vient d'ouvrirsa colonie, confine vers le nord et le Nord-Est, aux cantons Watford et Langevin, vers l'Est, à la Æivière Saint-Jean, ligae frontière, vers l'ouest, au canton Linière ;— superficie, environ 65.000 âcres. Le Gouvernement y a retenn 21,000 âcres, laissant à M. Vannier 44,000 âcres pour former son premier établissement,composé de deux cents familles, chaque famille représentant un octroi de deux cents âcres.
Partout, la forêt sombre, épaisse, remplie de mystères couvre un sol légèrement ondulé, ressemblant d'assez près,dans son aspect général, au sol de la vallée de la Beauce, Vu à vol d'oiseau, ce canton bosselé doit représenter une mer de verdure aux vagues irrégulières, moutonnantes, parfois profondément creusées et pleines d'ombre, parfois hardiment soulevées, et couronnées en guise d’écume d’un chaud rayon de soleil se
ouant dans la cime des pins. Ici ou
là,peut-être, une élincelle,une iingne de feu aura rasé quelques arbres, laissartt après elle une trace noire, carbonisée, mais nulle apparence de grands embrasements. Si l'œil dé:
couvre sur Ces sommets,des groupes de pins, d’épinettes où de melèzes, arbres résineux très inflammables, toujours au bas de la colline se dress se un rideau de bois francsque tif ne réussit qu'avec peine à entamer, Dans les bas-fonds, il y a bien aussi les cédrières qu'une étincelle sufirait à embraser mais elles sont henreusement sauvegardées par le &l spongieux et toujours humide qui les porte ; en sorte que ces vastes Con flagrations qui ont dévasté de si bol les forêts dans les cantons de FEst, au Saguenay et sur l'Outaouais ne sont guère à redouter dans cette partie de la Province.
Un cours d'eau flottable, la Petite Abénukis, servant de décharge à plu sieurs lacs traverse le canton de l'ESs à l'Ouest. Au besoin, les eaux de cett
Late
rivière nonrraiont êtra ænnflées, en |! Les essences et la qualité du bois pratiquant une saigne dans des lacs | attestent un sol richeçet fécond. Prestres rapprochés de son cours et dont | que partout, la couche de terre arale niveau la domine d'une vingtaine | ble est profonde, les roches rares ; de pieds. Dans les ‘randes sécheres- | par endroits, sur les côteaux, les arses, ces réservoirs naturels devien- | bres renversés vous montreront dans draient une rescouree précieuse pour | leurs racines déjetées, des pâtés de la flottaison des bois. | terre jaune mêlée de petits cailloux ; Des lacs nombreux, de forme assez | dans les vallées, la terre est le plus régulièrement ovale, ouvrent dans !: souvent grise, de l’humus sablonces solitudes de grands yeux | neux, plein de promesses pour le co noirs et profonds qui n'ont jamais | lon; terrain humide dont le défrireflechi que l’image des arbres de la | chement sera pènible, mais le draiforèt,qui les bordent comme de longs | nage d'un travail insignifiant.
cils, et les splendeurs du cie! :inais | En résumé, le canton de Metgeresperons que bientôt s'y mireront mette est d'une richessse exceptionles demeures coquettes, de rasses | nelle peut-être, en bois francs, éramoissons, de riches troupeaux. Au | bles, merisiers, hôtres, ormes, frècentre du canton se trouve le cou- | nes; le codre y est fort, grand et vonnement des hauteurs, Quatre lacs ! droit de sa souche aux branches : situes en quadrilatère se dechargent ! dans la partie sud, on remarque des chacun dans un sens inverse et dans imelèzes (6pinettes rouges) de la plus la direction des quaire points cardi- | belle taille. Sous le rapport de lanaux. Ce plateau est boisé principa- | griculture, le sol promet autant d'a lement en érables de fa plus haute vantages que dans les parties Les plus
futaie, en loure s et en épi fertiles du pays. Une fois le déboise
nettes : le côdre: ads évalement, ment opére, le climat y sera à peu sile pin v est plus rare, en revanche, près L même que celui de Montréal, ceux quis v trouvent sont de Ja fa- c'est-à-dire de beaucoup plus agréamille des géants, mesurant très fré- ble,et plus favorable à l'agriculture, quemment, au delà de quatre pieds | surtout à l'horticulture que celui de de diamétroe à leur bass et portant | Québec.
leurs t ‘itières jusque dans Îles
nues, vesitoles 5 sUppurtant
aa voûte du ciel.
Après celte rapide description, en passant sur les bancs du collége quelques notes historiques trouve. | nous jetons un pou d'admiration ou ront ici leur place. Humbles el d'enthousiasme" nr'ils appellent
presque sans valeur pour les lecteurs
leur gloire—je veux parler des sad'aujourd'hui, peut ètre seront-elles
vants, des curieux, des chercheurs,
relisicusement recueillies plus tard, | des historiens, des chroniqueurs, des , des el
ar quelqu'un deces pauvres mal- | conteurs, des écrivains de tout £ »nre ieureux, voués dès leur naissance à |! —qui se tressent péniblement des la poussière des bibliothèques, à la | couronnes avec des filets d'encre— poudre des ruines et des tombeaux, | je livre ces miettes à l'histoire. Qui
qui trônent en face de la postérité peut dire si la plus grande prospérisur des monceaux d'ossements ou t5,le plus brillant avenir ne sont pas de débris, qui évoquent éternelle réservés à celte région ? Vienne Île ment les ombres pâles des villes et | succès, que l’entreprise se développe des empires disparus, et auxquels |! grandiss?, que la forêt s'efface, pour
don sau
Lu bois . Presre ararares ; les arat dans ités de illoux ; le plus sablonr le co défrio drai-
Metgereptions, éras, frèand et iches :
ue des la plus le l'ant d’aes plus éboise à peu ntréal, aorCa— ilture, ui de
faire place à des villages, a des villes à des champs cultivés, el ces notes auront une valeur réelle, parceque nos enfants y trouveront avec plaisir les germes des grandes choses qu'il leur sera donné de contempler.
Pour être juste, disons d'abord que le projet tel que conçu et exécuté appartient enfierement à M.
Vannier. Pendant plus de sept ans, il l'a nourri, caressé, il en à fait le but presqu'exclusif de ses études. Ce qu'il lui a coûte de sacrifices et de peines pour le mener à bonne fin ne saurait se concevoir. Mais c'est surtout durant ces trois dernières années qu'il à été le plus constamment absorbé par son œuvre. Recherches, démarches, veilles, travaux, combinaisons de tout genre, rien ne lui coûtait, du moment qu'il espérait avancer d'un pas, vers celte forèt, qui, trop souvent hélas! paraissait s'éloigner de lui, échapper à son regard comme un vain mirage. Certes, si l'énergie et la persévérance donnent le secret du succès, il ne saurait nous rester un doute, sur la fortune réservée à la Colonie Francaise des cantons du Sud-Est.
Dans l'automne de l'année 1872, M. Vannier visitait pour Lx première fois le canton de Meigermette, accompagné de M. Andre Gingras, entrepreneur de bausses de Québec, de M. Fortin, agent des Terres de la Couronne, de M. Edmond Fréchette avocat, et d'un vieux chasseur qui leur servait de guide El revint après une course de huit jours, enchanté de son excursion, de la beauté de la forût et de la qualité du sol.
De ce jour, Metgermeïte dont le nom mème était inconnu parmi nous, devint grandement populaire.
On eût bien ‘’abord quelque difficulté à le prononcer comme à l'écrire mais on finit par s’y faire, et le vo.là devenu plus familier que ceux de Ware, Linière, Watford et autres qu'aucun intérêt réel n'a encore tirés de l'ombre. Par le fait seul de &otte excursion, du rapport qu'il en
faisait, M, Vaunier ajoutait une grande importance à cette partie de notre territoire. L'attention publique y était désormais fixée, des sociétés de colonisation ou d'autres spéculateurs, au défaut de M. Vannier, ne tarderaient pas à s'en emparer.
Mais ce fut vers ceite époque qu’il obtint du gouvernement Chauveau, une concession en réserve, de trois cent vingt mille âcres, à son choix, dans les cantons de Metgermette, Watford, Jersey, Risborough, Marlow, Gayhurst et Adstock.
L'expression en réserve, demande une explication.
Aux conditions de la concession, M. Vanmier ou la société française qu'il représentait ne devait entrer en possession du terrain, qu'année par année, au fur, à mesure qu'il amènerait les deux cents familles promises chaque année, pendant huit années consécutives, —soit, — dans une proportion annuelle d'à peu près quarante mille âcres. Aussi longtemps que cette partie de l'engagement serait remplie, aussi longtemps le gouvernement se faisait fort de protéger, de sauvegarder les terres désignées à l'avance pour l'installation entière de la colonie et d'y refuser toute concession ultérieure. Mais advenant le cas où M.
Vannier ne pourrait installer le nombre de colons voulu, le gouvernement se trouverait dégagé et pourrait reprendre possession, pour en user à discrétion, de toute la réserve non encore occupée.
M. Vannier avait raison de demander ce privilége, parceque son établissement devait attirer les colons sur les terres disponibles des cantons voisins. Des spéculateurs peu scrupuleux, sachant ou prévoyant que la Colonie Française se développerait dans telle ou telle direction auraient pris les devants pour s'emparer des sites les plus avantageux, des pouvoirs d’eau, des carrières etc., au grand détriment de la com-
ER
pagnie. De son côté, ment devait tenir compte à M. Vannier de ce qu’il lui offrait spontanément d'établir sur nos terres incultes une population de seize cents familles sans parler des survenants liés à ces familles, par affection, parenté ou intérêt. Nombre d’entr’eux devaient apporter certains capitaux et la com- ÈS ponr construire leurs maisons et subvenir à leurs premiers frais d'entretien ferait des dépenses considérables dans le pays. Logiquement
politiquemeet on ne pouvait ouvrir trop larges nos portes à des populations qui venaient ici avec le vivre et le couvert, de l'or dans leurs poches, et qui ne demandaient à partager avec nous qu'un peu de notre air, un pan du ciel, un coin de terre pour s’y asseoir et y travailler à la prospérité commune.
M. Vannier se posait comme le meilleur agent d'immigration, puisqu'au lieu de se faire payer par la Province, c’est au contraire lui qui payait pour y amener des colons.
Ne se contentant pas Ge les amener il s'engageait de plus à les établir, à les fixer parmi nous. Et il ne s’agissait pas d’une ou de deux ou dix per sonnes mais bien de seize cents
Au ler Novembre, M. Vannier, dopuis longtemps fixé sur ses plans d'opération,se rendait à Metgermette, avec une quinzaine d'hommes sous ses ordres, première escouade qui allait courageusement attaquer la forèt à travers laquelle elle s’aventurait par un chemin de sucrerie, qui, du rang Saint-Antoine, dans la paroisse de Saint-George, traverse tout le canton Walford, tout le canton Metgermette et pénètre jusque dans l'Etat du Maine.
Les chemins,dits chemins de sucrerie, sont assez fréquents au fond des paroisses nouvelles, sur la lisière de la forêt, où les terres n’ont pas encore été concédées. Moyennant une
le gouverne- ,
familles, une population égale à celle de certains comtés de notre Province.
De retour en France, M. Vannier en butte à de nouvelles difficultés informa le gouvernement local qu’il craignait de ne pouvoir être en état de commencer ses opérations, dans le cours de l’année 1873, et il demandait en même temps, que nonobstant ce retard sa concession lui fut maintenue; cette demande obtint une réponse favorable.
Enfin, au mois d'octobre 1873, M.
Vannier, après avoir réussi à former une compagnie importante dont il était l'agent, la Compagnie Franco- Canadienne, dont les directeurs (parmi lesquels figure si dignement M.
Mahieu de Cherbourg) tiennent le haut du pavé dans la finance, même à Paris, nous arrivait à Qué bec, après sa septième traversée sur l'Océan, et cette fois, avec sa famille, armes et bagages comme on dit vulgairement, Son premier mot, en remettant le pied sur le sol du Canada, en pressant la main des nombreux amis qu'il a su s’y faire, a été- ‘Me voici Canadien, pour toujours, à jamais.”
rente annuelle, presque nominale, les habitants obtiennent du gouvernement un permis de faire du sucre dans un rayon convenu. Deux ou trois voisins et quelquefois un nombre plus considérable s'entendent entre eux pour ouvrir un chemin d'hiver, conduisant à leurs érablières. En quelques endroits,ces routes sont à peine assez larges pour laisser passer un traineau, mais elles ont parfois vingt-cinq et trente milles de longucur. Elles sont faites grossement, ne devant servir qu'après que la neige aura recouvert, souches, branchages, COTpS morts etc.
En été, elles sont à peu près impraticables autrement qu’à pied.
gale à notre
annier icultés al qu’il en état , dans il deue nocession mande
former dont il 'ranco— rs (parent M.
nent le inance, à Qué sée sur famille, dit vul- , en rezanada, mbreux é- ‘Me
's, à Ja-
ninale, JoUvEr-
érablièroutes laisser es ont milles S gros- ’après
Sr ee
Haches, pics et provisions sur l'épaule, nos hardis défricheurs, après une journée et demie d’une marche fatigante, arrivèrent à un ancien camp, abandonné depuis de longues années, qu'il leur fallut réparer à la hâte, pour se mettre à l'abri des injures du temps.
Sans plus tarder, les bücherons se
mirent à l'abattage du bois De quinze qu'ils étaient d'abord, leur nombre fut bientôt porté à 40, et dans le cours de janvier et février, le chantier comptait parfois 140 hommes de toutes mains, charpentiers, menuisiers, mineurs, forgerons, bûcherons, avec les chefs d’équipe et les ingénieurs.
Un mot maintenant des travaux exécutés ou en voie d'exécution.
Avant de conduire deux cents familles dans la forêt, il fallut, an préalable, leur préparer des logements séparés.
Or, deux cents maisons, sans compter une chapelle, un marché, une maison d'école, des ateliers etc, ne se construisent pas en un jour.
Avec le temps donné, trois ou quatre mois, il était de toute impossibilité d'équarrir ou de scier de long la
masse de bois requise pour d'aussi
grands travaux. Ce que voyant du premier coup d'œil, M. Vannier dé cida de bâtir un moulin à scier le bois, qui put répondre non seulement aux besoins du premier établissament, mais encore à ceux de toute la colonie. M. Larochelle, député de Dorchester fut chargé de bâtir le moulin. A son frère, M.George Larochelle, fut confiée la direction des travaux, sous les ordres de M.
Vannier.
Le temps pressant, il fallut se se mettre à l’œuvre dans la plus mauvaise saison, au Cœur même de l'hiver. Pour creuser l'assiette où poser le cadre du bâtiment, il falu!
miner des masses de roc et de terre gelée aussi dure que le roc. Le creusement de la dalle dût s’opérer de la même façon. Vers la fin de janvier dernier, lorsque je visitai Metgermette pour la première fois, je posai la première cheville dans la charpente du moulin, pour relier les premiers pontons, les grandes pièces du cadre. Six semaines plus tard,
tout Le moulin était debout, le méca nisme placé et prôt à être mis en opération. C'est la construction la plus considérable et de beaucoup li plus importante de lPétablissement.
[l mesure 60 pieds sur 40, et, comme bien on le pense, il n'entre dans sa charpente que du bois de premier choix. Du châssis au faite,sa hauteur est de 36 pieds. Deux jeux de scies (gangs) une scie ronde à découpage, un double Ledger, une meule à affûter les scies, une machiue à lattes, une autre à godendurds, y sont installées.
Toutes ces diverses machines recoivent l'impulsion d’une turbine de 42 pouces de diamètre et d’une force de 65 chevaux, achetée de la célèbre maison Lefuel, d'Oshawa.
La chute d'eau, de quatorze pied” peut être au besoin élevée de trois à quatre pieds. Une dalle creusée dans le roc vif, boisée en bois de cedre, d'une largeur de douze pieds et d'une longueur de deux cents pieds conduit les eaux du lac Abénakis, suspendues par une forte chaussée, jusqu’au moulin. La chaussée, construite en fortes pièces de cèdre, de pin et d'épinette est épaulée par trois quais massifs, en queue d’aronde, rempüus de pierresct de gravier, Elle peut résister aux plus rudes assauts.
On nous dira peut-être, que ce moulin n’est pas extraordinaire après tout, Qu'il soit bien et solidement construit, rien d'étonnant à cela ; les frères Larochelle ont fait depuis longtemps ieurs preuves dans ce genre de travaux ; que la charpente
soit de bois trié, rien d'étonnant en- ! où il a fallu faire passer des ma-
core, au milieu d’une si belle forêt ; d'accord là-dessus, mais si l’on réfléchit un peu, si l’on songe à la distance qui sépare les villages les plus voisins et surtout la ville de Québec, où il a fallu de toute nécessité se procurer les outils, le fer, les machuines etc., sans compter les vivres, le fourrage etc., du lieu où ces travaux ont été exécutés, il faut avouer que les résultats obtenus sont plus ju'ordinaires, presque surhumains.
ft des chemins ? pas autres que ces chemins de sucrerie dont j'ai parlé,
chines d’un poids énorme, la turbine entre autres qui pèse 3,600 livres.
Tel que vous le voyez dans la photographie que je vous envoie, le moulin est pour ainsi dire à l'état de squelette. Sa charpente ne porte encore que la couverture et les trois planchers du rez-de-chaussée du premier et du second étages ; on lui a laissé Le soin de compléter lui-même sa toilette, de se tailler une robe dans les milliers de billots qui l’entourent ou qui flottent sur le lac, sous la protection de fortes estacades.