‹ Colonie française de Metgermette [microforme]Chapitre 11 sur 12 · RAPPORT DE M · texte numérisé non relu

RAPPORT DE M

J. A. CHICOINE

Sur l'Etablissement de la Compagnie Fanco-Canadienne, dans Metgermette.

A l'HONORABLE P. GARNEAU, Commissaire de l'Agriculture et des Travaux Pullics, Québec.

Monsieur.

J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport de la visite que vons m'avez ordonné de faire, par votre lettre du 28 novembre dernier, à l'Etablissement de la Compagnie Franco-Canadienne, dans le canton de Metgermette.

Cette compagnie, dont M. Vannier est le gérant, a, pour un de ses buts, la colonisation de certains cantons de Beauce et de Dorchester par des immigrants français. Elle à commencé ses opérations, en novembre 1873. sur les bords du lac Abénaqui.

Hlui fallut d'abord se frayer un passage à travers la forêt jusqu'au lieu où elle voulait établir son premier village. et fit servir à cette fin un ancien chemin de sucrerie, tout eu ouvrant un chemin neuf de plus d'un mille de longueur, Les preimiers travaux quisuivirent furent la construction d’un pont sur la rivière Abénaqui: ce pont. long de 60 pieds environ, à 16 pieds de large dans la partie la plus étroite, et repose sur deux culées en bois de cèdre équarri et assemblé en queue d'aronde ; les pièces du pavé sonten bois d’épinette équarrie. Immédiatement au-dessous de ce pont est un moulin à scie : bâtisse à trois étages, longue de 60 pieds sur 40 pieds de

largeur et solidement construite en

bois d’un pied earré, Le matériel est au complet; deux échasses, comiportant chacune 12 scies. sont mues

par une roue à aubes ; les autres scies et Le reste du matériel sontmues par une turbine de la force de 65 chevaux.

Ce moulin est situé à la décharge du lac Abénaqui, et ce sont les eaux de ce dernier qui le font mouvoir.

On à construit, à la décharge même du lac, environ à trois arpents audessus de la chaussée du moulin, un barrage qui permet d'élever les eaux de quatre pieds, ce qui augmente la valeur du pouvoir d'une manière considérable et convertit ce lac en un immense réservoir dont on con

| somme l’eau suivant les besoins, | La décharge du lac forme ce ! qu'on appelle la rivière Abénaqui, ! qui se jette au bout de 1? milles, ! dans Ja rivière Famine, qui, à son tour, se jette dans la riviere Chau- | dière: c'est par ces divers cours | d'eau que la compagnie se propose | de flotter ses bois jusqu'à Québec , pour de là les envoyer en France.

Outre le moulin, la compagnie a fait élever divers constructions au nombre de 1%, servant, les unes de chantiers (camps) pour les hommes employés aux travaux, les autres d'ateliers de forge et de menuiserie, de magasins, etc. Une de ces cons- | tructions sert d'étable et contient 14 : grandes slalles pour les chevaux, et | est pourvue dun hangar à grains. y | attenant, Les plus grandes de ces | |

constructions mesurent 32 pieds sur 30, et les plus petites, 16 pieds sur 20.

Il y a sept maisons d'habitation dé | construites. L'une, près d'un four, | sert de boulangerie, les autres sort | destinées aux familles Deux de ces

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maisons mesurent 16 pieds sur 20, et les autres 20 pieds sur 24; cinq autres maisons sont actuellement en construction, ainsi qu’une glacière de 26 pieds sur 18.

Quatre familles françaises, formant 9 persennes, sont résidant depuis le printemps dernier comme colons Le nombre de travailleurs employés actuellement par la compagnie est de 77, dont 73 sont canidiens et étrangers à la colonie.

Les bois dans le canton de Metgermette m'ont paru de bien belle qualité et d’essences variées. L’épinette blanche et le merisier y dominent ; il y à, en certains endroits, de très-belles cédrières fournissant de beau bois bien sain. Au-dessus de la tète du lac Abénaqui, il existe une certaine quantité de beaux pins, frènes et épinettes rouges ; la partie formant la frontière des Etats-Unis contient de magnifiques érablières dans lesquelles plus de 60 personnes viennent faire du sucre chaque printemps.

Au point de vue de la colonisation, cette région nra paru avantageuse, Outre le grand lac Abenaqui, il existe encore trois autres lacs portant les noms de Petit Abénaqui, St. Jean et Petit St. Jean : ces deux derniers se jettent dans la rivière St, Jean qui forme la ligne frontière en cet endroit, (Ces nappes d’eau sont bordées de terrains élevés en pente douce, très-propices à lagriculture. D'un égouttement en drainage très-facile, ces terrains ne peuvent manquer offrir beaucoup d'attrait aux colons. Le grand lac Abénaqui, d’une jolie forme ovale, a 32 arpents de longueur sur 17 de largeur : sa profondeur moyenne est de 15 pieds. C’est sur le côté gauche de ce lac qu'est tracé le village qui sera admirablement situé. Cinq rues viennent aboutir au lac; celle du milieu, où doivent ètre construits l'église, lécole et les principaux ateliers, a 100 pieds de large : environ 6 arpents de long sont déjà Gé-

bouchés sur cette largeur, Les autres rues auront 60 pieds de largeur ; l’une d'elles, celle qui longe le lae, est ouverte sur une longueur de 18 arpents. D’après le plan, une maison doit ètre construite à chaque arpent et doit avoir un jardin y attenant de la contenance de deux ar pents.

Il y a cuviron 100 acres de terre défrichés autour du moulin et des autres bâtisses; sur cette superficie il reste encore 19 acres à nettoyer, ce qui fait 81 acres prêts à être ensemencés au printemps prochain.

Outre ce cela, il y a environ 56 acres (le sarclés, et la superficie de terrain défriché pour les rues du futur village, forme à peu près 11 acres.

Sept acres de terre ont été censemencés le printemps dernier, mais généralement trop tard pour faire espérer une bonne récolle : ce qui à été ensemencé en temps convenable a donné de bons résultats. Sur ces sept acres, deux ontété cultivés on jardinage.

Autour de la bâtisse servaut de Bureau, le sol a été nettoyé, ameubli et drainé au moyen de canaux en pierre, ce qui assainit l’emplacement et permettra d'y cultiver des plantes à longues racines,de bonne heure le printemps prochain.

Jusqu'à ce jour, la compaguie a travaillé dans des conditions plus ou moins avantageuses à cause du défaut de communications. [I] fallait franchir une distance de près de 14 milles en pleine forêt par le petit chemin de sucrerie dont j'ai parlé, pour aller de la concession St. Nicholas au lac Abénaqui. C'est par ce chemin qu'on à dû faire monter tous les outils, toutes les provisions et le matériel du moulin, dont une pièce, la turbine, ne pesait pas moins de 3,000 livres. Ces inconvénients vont disparaitre, maintenant que la compagnie a fait ouvrir une route depuis le lac Abénaqui jusqu'au chemin Watford; cette route a une longueur de 8} milles.

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