SECONDE PARTIE
L'AVENIR DE METGERMETTE.
Dieu nous mène, mais il nous est permis de nous agiter sous la main de notre guide. « Aïide-toi et le cici t'aidera» est un axiôme assentiellement chrétien, la source de toutes les grandes entreprises, de toutes les plus nobles et les plus productives actions humaines. C'est l’axiôme qui pose en si brillant contraste la civilisation européenne à côté de la civilisation asiatique dominée par le fatalisme, Nonobstant l'œuvre constante de la Providence, nous pouvons tenter de faire notre chemin par nous-mêmes, pourvu toujours que noussachions nous souvenir que
si nous marchons bien, c'est parce que Dieu, caché dans l'ombre, nous a tenu les lisières.
Humainement parlant, l'avenir de Metgermette, en autant que nous y aurons part, comme Canadiens, dépend :
lo De l’acceuil que nous ferons aux immigrés français spécialement destinés à celte colonie ;
20 Des chemins de fer, soit le chemin de Lévis à Kennebec, soit les chemins américains :
30 De la législation relative à l’6tablissement du colon, sur nos terres incultes.
ET
Quel accueil devons-nous faire aux immigrés français spécialement ‘destinés à la colonie de Metgermette.
En fait de colonisation, nous avons fait des prodiges, par nos seules ressources. Race prolifique, s’il en fut jamais, dans l'espace d’un siècle, nous noäs sommes plus que décuplés. Le Dieu d'Abraham ct de Jacob nous a bénis, l'Eglise a veillé sur le bercean de notre peuple. C’est encore un de nos orgucils de nous vanter du nombre de nos enfants.
Mais, en dépit de cet accroissement immense, nous nous sentons encore petits, pour la surface du terrain qui nous est donné en héritage. Nous inmanquons de bras, pour exploiter les richesses de notre sol. C'est afin de combler cette lacune que nous allons chercher chez elles, que nous
appelons sur nos rives les populations européennes.
Au point de vue de la colonisation, l'immigration européenne n’a pas encore donné d'aussi heureux résultats que ceux observés dans les Etats-Unis et dans la Province d'Ontario. Toutefois, ce n’est pas une raison de croire que nous n'avons rien à en espérer. Beaucoup d’immigrants français sont venus à Québec, mais la plupart d’entre eux sont restés dans les villes ou sont allés travailler sur nos chemins de fer ; bien rares ceux qui ont pris la direction de la forêt. Une cinquantaine ou une centaine d’'écossais et d'anglais ont été employés au nouvel établissement de M. Scott, dans le canton de Marston, établissement créé depuis que le projet de M. Van-
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