‹ Colonie française de Metgermette [microforme]Chapitre 7 sur 12 · EP |: EUR · texte numérisé non relu

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Le plaisir de gagner de l'argent combat aux Etats-Unis le plaisir de se ruiner, que nous paraissons préconiser tout particulièrement dans notre Provinec. Faisons un bon acceuil aux immigrants français que nous amènera M. Vannier, et nous pourrons peut-être bientôt, profitant de leur exemple, trouver le secret d'employer au travail toutes les heures de l’année. C'est à ce prix que le foyer domestique devient sacré, que Phéritage s'établit, que la fortune d'un peuple s'asseoit. La patrie est plus dans les souvenirs que dans le sol. Les vieilles maisons qui ont abrité quatre ou cinq géncrations dugmême nom, du même sang, sont dans leurs ruines ellesimèmes, les plus fermes colonnes du temple de la patrie. Il y à des brins de mousse qui valent mieux que des palais de marbre enrichis de dorures et, d'objets d'art, lorsqu'on sait regarder par le cœur plutôt que par les yeux.

Ce bon accueil, nous n'avons que faire de le demander au peuple canadien-français, car il ne saurait le refuser. [n’y à rien qu'il ne fasse pour un français de France. On se sent touché malgré soi, en constatant combien ce sentiment daffection, de tendresse, pourrais-je dire,

est répandu parmi nous. Chacun les

aime d'avance ces français, on à hâte de Les entendre causer des vieux pays. onles écoute sans les comprendre toujours et en tout, mais on les écoute religieusement. IE y a quelque part dans le cœur un souvenir de l'écho de leur voix. Hi faut

bien qu'ilen soit ainsi, puisqu’en

les entendart parler, souventes fois, comme je l'ai dit, sans les comprendre, les plus durs s’attendrissent et repandent des larmes. Un français de mes amis se trouvant un jour dans un cercle d'habitants, leur racontait es malheurs de l'exil de Napoléon +, Il racontait bien, mais sans sonavr à l'effet. Aussi, grande fut sa su ovise lorsqu’au milleu de son ré-

cit, il vit de tous côtés les mains de ses rudes auditeurs, avec ou sans mouchoirs, se porter à leurs veux.

«Je n’aurals jamais cru, me dit-il, qu'il y avait de la rosée dans ces cailloux là. »

«a N’en soyez pas surpris, lui répondis-je, car presque toutes les pierres de Québec et des environs parlent français. »

Il existe peut-être encore dans nos campagnes, des vieillards qui diront en apprenant qu’une colonie de français de France vient s'établir à Metgermette. «Ah ! nous savions bien qu'ils reviendraient. »

Touchante religion &u souvenir, notre génération saura-t-elle vous respecter et vous conserver ?

L'encouragement doit venir des gouvernements, tant de la Puissance que de la Province.

Ure immigration spontanée de seize cents familles, voilà qui compte dans le commerce et dans les bureaux de douane. Le gouvernement d'Ottawa n'a-til pas intérêt à lui tendre la main, à la diriger, à la protéger ?

Me trouvant par ma position en délicatesse avec la politique locale, je dois me borner à féliciter les gouvernements de Québec de ce qu'ils ont fait jusqu'ici en faveur de la colonie de Metgermette. L'hon. Premier, M de Boucherville, et l’hon. M. Robertson, faisaient partie du gouvernement Chauveau, qui a accordé si libéralement la concession deterres, avec réserve. Lors de l'inauguration de la première section du chemin de fer de Lévis et Kennebec, dans un diner donné par les constructeurs de ce chemin, Larochelle et Scott, présidé par l’Hon. J. G. Blanchet, l'Hon. M. Garneau, alors maire de Québec, manifesta les plus grandes sympathies pour les succès de l’entreprise de M. Vannier, Homme pratique avant tout, M. Garneau savait dès lors comprendre et saisir les liens d'intérêt qui unissaieni la colonie de Metgermette au chemin

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