‹ Colonie maternelle. Appel aux PhalanstériensChapitre 6 sur 9 · IV, — CONCOURS PE NOS AMIS · texte numérisé non relu

IV, — CONCOURS PE NOS AMIS

Le concours de nos amis dans notre constitution financière est, sans aucun doute, une condition capitale; mais nous sommes loin de borner là ce que nous espérons, ce que nous attendons de leur sympathie et de leur dévouement pour notre œuvre.

Nous les appelons donc :

1° A nous aider dans le choix de tous les agents qui nous seront nécessaires ; à chercher avec soin, parmi les intelligences et les cœurs dévoués qui les entourent ; à n’oublier aucuns détails sur les caractères, les sentiments et les habitudes, car de notre personnel dépendent entièrement les premiers succès ou les revers de notre œuvre.

2° Nous les prions de ne point perdre de vue que nous n’avons, quant à présent, que trentehuit collaborateurs à nous adjoindre dans la colonie, et qu’il serait injuste de nous en vouloir à

l’occasion de ceux qui, nous ayant été recoin" mandés, n’auraient pu être l’objet de nos premiers choix. Nous pourrons commettre des erreurs dans nos appréciations; niais c’est là d’abord une question de liberté, puis d’examen, d’épreuve, et enfin de rectification, s’il y a lieu.

Nos statuts constitueront, d’ailleurs, un Conseil d’administration dans lequel tous seront appelés à se faire représenter, et dont les décisions donneront toutes les garanties que doit offrir notre administration.

5° Nous les prions encore de ne point oublier toutes les difficultés qui nous entourent :

Difficulté de composer et de diriger un personnel que l’économie nous oblige de réduire au plus strict nécessaire, et dont toutes les forces doivent, sous peine d’échouement, se multiplier par la foi et le dévouement jusqu’à l’abnégation ;

Difficulté de créer, sur un mode provisoire, tous les services en vue d’une organisation qui n’a point encore de modèle; — avoir tout à étudier, matière et intelligence, et être forcés de nous renfermer dans le cadre de la Crèche-Asile, et de spéculer, à la fois, immédiatement, sur deux cents enfants (trop, ou trop peu, peut-être), pris à un âge entièrement improductif, plus accessible que tous les autres aux influences morbides, et qui, jusqu’à présent, a fourni la plus grosse part aux infirmités de toute nature et aux tables de mortalité;

Difficulté , enfin , dans les pratiques de la science qui doit nous servir de règle; car la science est loin encore d’avoir tout expliqué, ni tout indiqué, et, peut-être même , loin d’avoir tout prévu et tout découvert.

4° Nous les appelons aussi à favoriser de tous leurs soins les relations que nos travaux d’éducation, déménagé, d’agriculture, d’industrie et de commerce pourront, plus tôt ou plus tard, nous rendre utiles.

5° Nous comptons sur leur zèle pour propager la souscription que nous aurons tous consentie, et pour en assurer le recouvrement régulier.

6° Nous attendons d’eux , encore, un choix attentif des enfants qui nous seront confiés : le mode d’éducation que nous devons employer aura le pouvoir, nous le savons tous, de rectifier beaucoup de choses, de remédier à bien des maux ; mais ne jouons pas avec les difficultés qui seront encore trop grandes pour nous, peutêtre, malgré les conditions et les matériaux les meilleurs.

7° Enfin, ce que nous attendons de toys ceux qui ont de la sympathie pour notre œuvre, c’est que, partout où cela sera possible, ils se constituent, soit en comités, soit isolément, à l’état de correspondants et d’agents de la Colonie maternelle, avec la volonté passionnée de ne pas faire de ces titres une sinécure.

Et nous, qui sommes remplis d’une foi vive, mais qui craignons notre insuffisance, nous serons toujours prêts à devenir les auxiliaires de ceux qui, pénétrés comme nous de la nécessité pressante d’une mise en œuvre, auraient la vocation de s’y sacrifier, et y seraient appelés, comme nous le sommes aujourd’hui, par le vœu de nos Frères.

A. Savardan.

D. Laverdant.

Adresser le plus UH possible les réponses à Savardan, ; à La Chapelle-Gaugain (Sarthe)5;

Ou à Laverdant, rue de l’Arcade, 55, à Paris.

200 Enfants il .>2!> fr. de pension. — OS, 000 fr.

Page 1