IV. — Géographie politique
Bien que les Annamites aient la peau plus foncée que les Chinois, il est impossible de les classer dans la race noire. Ils appartiennent à cette grande race jaune qui occupe les deux tiers de l’Asie. Leur couleur est celle de la cannelle claire. Chez les personnes exposées au soleil, le haie donne à la peau une teinte rougeâtre qui se rapproche de celle du cuivre rouge.
Les Annamites sont petits. Nous sommes très grands à côté d’eux. Leur force est inférieure à la nôtre. Soit hygiène mal entendue, soit faiblesse native, aucun d’eux ne résisterait à un Européen. Il n’y a que deux points sur lesquels ils soient nos maîtres : la possibilité de ramer dix heures de suite, et l’impunité avec laquelle ils bravent le soleil. Leurs membres sont bien proportionnés. Leur poitrine est large, leurs mains sèches et longues, leurs pieds plats et à orteils très écartés. Comme ces pieds ne sont jamais torturés par des chaussures, les orteils s’épanouissent librement et sans jamais se chevaucher. Aussi sont-ils plus mobiles que les nôtres. Avec leur pied, les Annamites tiennent l’étrier, le gouvernail; ils ramassent à terre des objets même petits, qu’ils élèvent ensuite à la hauteur de leur main, par exemple des pièces de vingt centimes. On a même voulu faire de cette mobilité des orteils comme un signe de race, mais il paraît qu’on avait exagéré ce détail de conformation physique.
Les Annamites ont le visage plat, le nez épaté, écrasé à la racine. La coquille de l’oreille est développée et s’écarte de la tête, les sourcils sont mal dessinés et peu fournis. Les yeux sont noirs, un peu petits, à fleur de tête et, la plupart du temps, obliques. Le front est découvert et bombé, les pommettes sail-
lantes, le menton souvent fuyant et rapproché de la lèvre inférieure. La bouche n!est ni grande ni petite. Les dents sont droites, larges et verticales, mais l’usage du bétel leur donne parfois une direction oblique. Les Annamites, en résumé, ne réalisent précisément pas le type idéal de la beauté, tel que nous aimons à nous le représenter en Europe.
Leur démarche est caractéristique. Hommes et femmes marchent les pieds très écartés en dehors, ce qui leur donne un déhanchement fort disgracieux. Quelques attitudes qui leur sont spéciales méritent d’être signalées . Les enfants sont portés par les mères, non pas sur les bras comme chez nous, ou dans un sac attaché derrière le dos, mais posés à cheval sur la hanche maternelle et soutenus par un bras. Leur attitude de repos serait très fatigante pour nous. Ils ne s’assoient pas : ils s’accroupissent, la pointe du pied appuyée sur le sol et le torse reposant sur les talons. Ils peuvent rester longtemps dans cette position, qui nous paraîtrait bien gênante. Le long des routes il n’est pas rare de les rencontrer pliés ainsi et ruminant leur bétel. On remarque encore que, pour grimper aux arbres, ils embrassent l’arbre avec la paume des mains et la plante des pieds, le corps détaché, comme les singes ou les chats. Enfin le baiser leur est inconnu. Les mères annamites, qui cependant aiment leurs enfants, les respirent, pour ainsi dire, quand elles veulent les caresser, et les flairent en les rapprochant de leur nez.
On laisse les petits Annamites végéter à peu près comme des plantes. Jusqu’à l’âge de douze ou quinze ans, garçons et fillettes, très court vêtus, courent ensemble dans les rues et les jardins, se roulant dans la poussière et barbotant dans les ruisseaux, où ils se couvrent de vase. Quand ils commencent à travailler, les uns gardent les nombreux troupeaux de buffles qu’on rencontre dans la campagne, les autres cultivent les rizières. A Saigon, on les emploie à des travaux de terrassement. Ceux qui vivent sur l’eau deviennent naturellement mariniers, pêcheurs, et même constructeurs de navires. On a remarqué que les Annamites des deux sexes se développaient lentement. Un jeune homme de vingt ans paraît n'en n’avoir que quinze, et des jeunes filles du même âge ont encore Fair de fillettes. Les femmes sont d’une fécondité remarquable. Les cases fourmil-
lent d’enfants familiers et curieux, dont l’air intelligent disparaît à mesure qu’ils avancent en âge. La longévité n’est guère moindre en Cochinchine qu’en Europe. On cite des centenaires, et les octogénaires sont nombreux.
Les maladies auxquelles sont surtout exposés les Annamites sont une sorte de lèpre, les maladies d’yeux, les fièvres paludéennes, la variole et le choléra. On s’étonne que leur genre de vie ne soit pas plus nuisible, car leur manière de vivre est la plus insuffisante et la plus antihygiénique qu’on puisse rêver : de l’eau non filtrée ou à peine corrigée avec un peu d’alun, plus rarement du thé, du riz relevé par du piment, des concombres, du poisson plus ou moins frais, des légumes et des fruits. Ils mangent aussi des poules, mais ils n’apprécient leurs œufs que pourris ou couvés. Le porc est une des rares viandes, dont ils mangent parfois; mais, comme ces animaux sont mal nourris, leur chair est plutôt dangereuse que réconfortante. Meurt-il un animal quelconque, les Européens ont beau prendre des précautions pour enfouir son cadavre; les Annamites l’ont bientôt découvert, déterré et dépecé.
Si du moins la propreté suppléait à l’insuffisance de l’alimentation! mais elle leur est inconnue. Ils ne quittent leurs vêtements que lorsqu’ils tombent en lambeaux. Ils ne prennent aucun soin pour entretenir leurs maisons, qui, bâties presque toutes sur pilotis, à moitié dans l’eau, à moitié dans la boue, sont fort malsaines. Les prescriptions de propreté générale, qui sont si bien entrées dans nos mœurs européennes, ne sont même pas soupçonnées par les Annamites. Ce sont les oiseaux de proie et les chiens errants qui sont chargés de nettoyer la voie publique.
Il reste donc encore beaucoup à faire; mais, depuis notre occupation, de grands progrès ont déjà été accomplis, car l’Annamite est très perfectible. Ceci nous amène à parler de son caractère et de ses qualités, bonnes ou mauvaises.
Les Annamites ont tous les vices appartenant aux races que l’esclavage, l’ignorance et la paresse ont faites pauvres, peu curieuses et craintives ; mais de ces vices se dégagent certaines qualités, qui permettent d’espérer beaucoup. Ainsi les Annamites sont gais, ils ont une puissante aptitude à apprendre et à comprendre, et même un certain orgueil de race. Sans être
braves, ils ne reculent pas devant le danger. Bien qu’ils n’affrontent pas volontiers la mort sur les champs de bataille, et soient des malades fort pusillanimes, pourtant ils savent mourir et déploient beaucoup d’énergie quand ils se savent à toute extrémité, ou encore quand ils subissent une condamnation. Leur cou* rage passif, dirigé et soutenu par le patriotisme, deviendra peutêtre un courage actif, c'est-à-dire ce noble sentiment qui nous fait, par devoir et par honneur, braver la mort en face de l’ennemi. Les Annamites ont d’autres qualités : ils sont très polis, même obséquieux. Ils sont hospitaliers. Lorsqu’on entre dans une case, le chef de la famille offre au visiteur la place d’honneur, lui présente le bétel ou la cigarette et le feu. Pour peu que l’étranger manifeste le désir de passer la nuit sous son toit, il lui cédera la chambre la mieux meublée, ou, s’il n’y a qu’une chambre, ira chercher un asile chez le voisin. Les Annamites sont encore très dévoués à leurs parents et à leurs enfants. Ils possèdent à un très haut degré l’esprit des institutions municipales, et montrent à l’occasion un courage réel et un dévouement absolu, quand il s’agit de défendre leurs propriétés ou celles de leurs voisins contre les pirates ou contre les rebelles.
Voici le revers de la médaille : nous les connaissons déjà sales et gloutons. Ils sont de plus très colères ; les femmes surtout ont un penchant décidé pour la dispute. On les entend dans les cases s’injurier et s’apostropher entre elles. Ces disputes se terminent souvent par des rixes dont les cheveux font les moindres frais. Malgré leur docilité et leur douceur apparentes, nos nouveaux sujets sont parfois cruels jusqu’à la férocité. Très inconstants, ils commencent avec ardeur, mais se rebutent bientôt, et quittent volontiers leur profession, sauf à la reprendre avec la même aisance. Ils sont ingrats. Ils sont très enclins au vol. Le jeu est une de leurs passions favorites. Ils jouent tout ce qu’ils possèdent, leurs vêtements, leurs cases, leurs femmes et jusqu’à leur propre liberté. Cette malheureuse passion, dont les femmes ne sont pas exemptes, entraîne les désordres les plus graves, des rixes et parfois des meurtresflls sont très débauchés et fort menteurs. La vérité n’est que rarement respectée par eux, car ils commettent sans scrupule les mensonges les plus impudents. Conscience, loyauté, bonne foi sont pour eux des mots vides de sens; mais l’imposture et
la fourberie sont très en honneur. Ils disent d’eux-mêmes cju’ils sont plus rusés que le renard, et ils ont raison.
Est-ce à dire que les Annamites soient une race pervertie et condamnée? Nullement: on aurait grand tort de ne pas essayer de les ramener au bien. Ces défauts ils les doivent surtout à l’esclavage, dont ils souffraient depuis des siècles. On leur avait enlevé toute dignité, tout respect d’eux-mêmes. On leur avait enseigné à se préoccuper uniquement de leurs besoins matériels, mais cette race a du ressort. Il n'y a pas vingt ans que nous possédons la Cochinchine, et, grâce à nos missionnaires et à nos instituteurs, de remarquables progrès se sont déjà accomplis. La régénération d’un peuple commence toujours par l’éducation, et voici que de nouvelles générations s’élèvent, qui apprennent avec avidité, qui s’imprègnent pour ainsi dire de la science et de la civilisation européennes, et nous gardent de la reconnaissance pour les services rendus. Jusqu’à notre arrivée, l’instruction était nulle, car le grand instituteur était le bâton L Notre administration a sévèrement interdit la bastonnade. Ce fut un premier progrès. Un second progrès fut la substitution, dans l’écriture, des caractères latins aux caractères chinois 1 2. Les caractères latins sont peu nombreux et très précis, tandis que les caractères chinois varient à l’infini. On en compte peut-être 80000, en sorte que le savant chinois est celui qui sait écrire. Cette simplification a été fort bien accueillie en Cochinchine, et tous les enfants aujourd’hui lisent et écrivent avec nos caractères.
La conséquence immédiate de ces progrès dans l’instruciion
1. Richaud, ouv. cit. : a L’éducation annamite est au bout du rotin. Avant notre arrivée dans le pays, les grands mandarins l’employaient envers les petits mandarins, ceux-ci envers leurs subalternes. L'homme l’employait et l'emploie encore envers sa femme et ses enfants, et la mère en fait souvent usage dans ses moments de colère. »
2. Situation de V empire, janvier 1865 : a L’introduction des caractères latins sera pour notre établissement d’une grande portée. Elle aura pour conséquence de dispenser les indigènes de l’obligation où" ils étaient d’avoir recours à un autre idiome que le leur, pour écrire leurs conventions ou exprimer leurs pensées, et de substituer peu à peu, pour nous, un langage facile à apprendre à celui qui existait seul pour les actes de l’autorité. Elle nous affranchira ainsi des interprètes et des anciens lettrés. » Ces vœux ont été exaucés. — Taillefer, La Cochinchine, ce qu'elle est, ce quelle sera, a Cette introduction en Asie des caractères romains a pour moi la môme importance que l’introduction de l’imp: imerie en Europe. »
est que les Annamites se rapprochent de nous et cherchent à nous imiter. Ils n’y ont pas encore réussi, et peut-être n’est-ce pas à souhaiter, mais n’est-ce pas un indice très satisfaisant et la preuve des sympathies que nous avons rencontrées, que cet empressement à copier nos institutions, nos modes et jusqu’à notre langage? Les Annamites ont tout de suite compris que leurs intérêts les rapprochaient de nous, et ils ont vite oublié leur ancienne dynastie pour devenir nos sujets. Ce sont là d’heureuses dispositions, qu’il faut avoir grand soin d’entretenir.
La religion des Annamites est le bouddhisme, mais un bouddhisme qui ressemble à s’y méprendre au paganisme, car il consiste surtout en cérémonies extérieures, en sacrifices à de grotesques divinités et en consultations de sorcellerie. C’est plutôt le culte des ancêtres et la croyance aux esprits. L’enterrement est l’affaire capitale. Le défunt a d’ordinaire son cercueil préparé d’avance : c’est une caisse massive, en bois plus ou moins précieux, selon la richesse de la famille. Après la mort d’un personnage important, un prêtre est appelé pour découvrir un lieu favorable à la sépulture, car on ne peut être enterré indistinctement partout. Les parents et amis sont convoqués afin de prier pour le mort, et surtout pour faire de bons repas. Quand arrive l’heure de se lamenter, on pleure avec conviction; mais bientôt le masque tombe, et tous de rire, de boire et de manger autour du cercueil, sans plus se soucier de l’âme du défunt. Le deuil est long et rigoureux. On le porte en blanc. Toute personne qui a perdu son père ou sa mère ne peut exercer d’emploi public pendant trois ans.
Quoique les Annamites aiment beaucoup le plaisir, ils ont cependant peu de fêtes solennelles. La plupart d’entre eux ne célèbrent que les premiers jours de l’année. A ce' moment, personne ne travaille; les marchés sont vides, et il faut se procurer des vivres longtemps à l’avance. Le mariage fournit aussi l’occasion de réjouissances. Quand un jeune homme a choisi sa femme, il la demande d’abord à ses propres parents. Ceux-ci s’adressent alors aux parents de la jeune fille, qui accueillent presque toujours avec empressement une semblable proposition, vu le grand nombre d’enfants qu’ils ont sur les bras. On convient alors de la somme à verser par le mari,
somme réversible sur la tête des entants en cas de séparation ou d'inconduite de la part de la femme. Le futur fait en outre des cadeaux, qui consistent en pièces d’étoffes et en bijoux, et qui sont proportionnés à sa fortune. De leur côté, les parents de la jeune fille offrent au futur la boîte à cigarettes et à bétel, le pot à tabac et à bétel, et divers ustensiles nécessaires aux jeunes époux. Après ces préliminaires viennent les fiançailles, cérémonie qui consiste à engager sa parole en mâchant ensemble du bétel. Puis on choisit le jour du mariage. Les notables, invités par les deux familles, se réunissent sous la présidence du maire. Le jeune homme exprime le désir d’épouser sa fiancée et prie l’assemblée d’être favorable à ses vœux. Le maire demande à la jeune fille si elle y consent, et, sur sa réponse affirmative, le fiancé remplit de thé ou d’eau-devie de petites tasses qu’il offre à chacun des notables. Ceux qui consentent au mariage acceptent ce qui leur est offert; les autres refusent. Si la majorité est favorable, on signe l'acte. Aussitôt commence le festin. On consomme du riz, du poisson frais et pourri, des œufs couvés, des crevettes mortes, du chien, et on arrose le tout de thé, de vin de riz et d'eau-de-vie de riz. Les familles aisées se procurent pour la circonstance des saucisses de viande de chien et une queue de crocodile. Le mari donne le signal de la retraite en emmenant sa jeune épouse, et tout le monde se retire en titubant plus ou moins *.
Que dire de leurs institutions? Les Annamites, comme tous les Orientaux, se sont toujours volontiers inclinés devant le plus fort. Ils ont subi toutes les tyrannies; mais, s’ils n’ont jamais eu de libertés politiques, la vie municipale a toujours été fortement organisée chez eux. Chaque village est gouverné par un xa, simple agent du conseil des notables. Ces notables, les ong-huongs , constituent une sorte de conseil municipal.
1. Le mariage n’est pas toujours traité si sérieusement. D’après Richard (ouv. cit.), «Quand un homme marié a eu des relations coupables avec une jeune fille, il doit l’épouser et abandonner sa femme, qui alors retourne chez ses parents, emmenant un buffle comme indemnité. Si c’est la femme qui est coupable, elle devient de droit l’épouse de son complice, qui doit en outre indemniser Tex-mari en lui donnant une paire de buffles ou l’équivalent. Si le premier mari continue d’avoir des relations avec son ancienne femme, celle-ci redevient son épouse, et l’indemnité retourne à celui qui l’avait donnée d’abord. »
Tous les habitants du village sont partagés en deux catégories, les inscrits, propriétaires qui payent la capitation, et les noninscrits, qui en sont exempts. Aux premiers sont dévolus certains avantages, mais ils subissent les charges les plus lourdes et sont sujets à la milice. Les autres au contraire, comme les prolétaires de l’ancienne Rome, n’ont aucune obligation légale. Les vagabonds, les endettés et les paresseux forment une partie considérable de cette seconde catégorie. Cette seconde classe est d’autant plus nombreuse que les habitations semblent à peine tenir au sol. Quelques roseaux plantés en terre, un peu de limon séché au soleil, pour toit quelques feuilles de palmier, voilà la maison de l’indigène; quelques heures suffisent à la construire. La destruction ou l’abandon d’un pareil édifice ne laissent que de médiocres regrets. Aussi comprend-on la facilité avec laquelle se déplaçaient jadis les Annamites. C’était pour eux l’unique moyen d’échappe* à une administration tyrannique ou tracassière.
Les impôts se payent en argent (piastres) ou en ligatures (monnaie de zinc). Les maires des villages les versent entre les mains du gouverneur de chaque province. Ces impôts étaient jadis répartis arbitrairement. Aussi, quoique les charges soient aujourd’hui plus lourdes, paraît-il, que sous l’ancienne domination, les Annamites les supportent avec moins de peine, parce qu’elles sont régulières 1. La plus lourde de ces charges était jadis la corvée. Chaque village devait par an quarantehuit jours de corvée; mais les mandarins en réclamaient bien davantage. Le gouvernement français les fait en ce moment racheter.
Tels sont nos nouveaux sujets. Ils ont du bon et du mauvais. Ce sont de grands enfants qui s’initient à la civilisation. Notre tâche est tracée à l’avance. N’est-ce pas notre devoir de les diriger, de les instruire, de les moraliser? En Cochinchine, comme au Sénégal ou en Algérie, comme partout où nous nous trouvons en présence de sociétés primitives ou corrompues, nos auxiliaires les plus utiles seront les missionnaires et
1. Taillefer, ouv. cit. : « Sous l'empereur Tu-duc,les mandarins appliquaient et levaient l’impôt. Us étaient tous prévaricateurs. Sous notre gouvernement, il n’y a qu’un impôt, qui est modéré : il n’est payé qu’une fois, c’est bien entendu. Les Annamites en sont surpris et reconnaissants. »
les instituteurs. La religion et la science, quelle force résiste à ces deux leviers? Sachons les manier, et nous aurons accompli une œuvre utile et patriotique.