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38 i LES COLONIES FRANÇAISES

que les anciens Cambodgiens possédaient autrefois toute rindo-Chine, et même que leur puissance s’étendait jusqu’à Sumatra : on n’a de données à peu près certaines qu’à partir du xme siècle de notre ère. A cette époque, le Cambodge occupait encore un bon tiers de la péninsule. Une série de guerres malheureuses entreprises contre ses voisins, les Siamois et les Annamites, a singulièrement réduit ce territoire. Le Cambodge actuel n’est pas plus étendu que cinq à six de nos départements français. Il est divisé en cinquante provinces, mais dont quelques-unes sont si petites qu’elles ne correspondent même pas à un de nos cantons. Ses limites sont au sud la Cochinchine française, à l’ouest le golfe de Siam, au nord l’empire de Siam, et à l’est des tribus sauvages, dont les unes reconnaissent l’autorité du roi de Cambodge, et les autres la repoussent.

11 est difficile de fixer le chiffre de la population indigène. Pourtant on fait au Cambodge, tous les trois ans, un recensement destiné à fixer pour chaque Cambodgien la durée du service qu’il doit à l'État ; mais les femmes et les enfants échappent à ce recensement, et on ne peut donner par conséquent que des chiffres approximatifs sur la population totale. D’après Marcel ( Economiste français , août 1874), elle serait de 888,239 âmes. Comme on trouve de vastes espaces déserts, et que les habitations sont partout peu nombreuses, sauf au bord des rivières, il serait imprudent de croire que le Cambodge renferme actuellement plus d’un million d’âmes.

Voici comment la France a réussi à faire accepter son protectorat. Dès le xviie siècle, le Cambodge s’était reconnu le tributaire de l’Annam; mais peu à peu l’empereur du Siam s’était substitué à son collègue annamite, et, profitant avec habileté des querelles de Tu-duc avec la France, il avait fini par imposer sa suzeraineté absolue au monarque cambodgien. L’amiral de La Grandière, jaloux d’augmenter l’influence française, essaya de démontrer au roi Norodom que le protectorat soit de l’Annam, soit du Siam, n’était qu’une sujétion déguisée, et qu’il valait mieux recourir à l’alliance de la France, directement intéressée à maintenir l’indépendance du Cambodge entre ses deux puissants voisins. La négociation fut habilement conduite par le commandant de La Grée,

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