CHAPITRE VI ANGOLA. — LES CORVÉES. — l'administration
PORTUGAISE AU CONGO. — US ET COUTUMES DES « FIÔTES 3>. — LES d PALABRES » ET LES « ÔU- VIDAS D.
Voici en quels termes, le 25 Janvier 1856, le « Conseil d'Outre-mer », — le plus haut tribunal colonial portugais, — statuait sur les droits des nègres d'Afrique, en réponse à une demande du gouverneur de l'Angola, relative aux corvées qu'on imposait aux naturels de cette région : a Quels sont les motifs pour lesquels le nègre d'Afrique, qui n'a pas été habitué à exercer un métier utile, ne saurait être régulièrement astreint aux corvées » ? — demandait le gouverneur de cette colonie.
« Il est regrettable, — répondit le a: Conseil d'Outre-mer :p, — que le gouverneur de l'Angola exprime de telles idées, car il oublie qu'il s'agit d'individus qui ne sont plus esclaves ; d'hommes libres; de sujets portugais ; et, comme tels, ayant, autant que ceux-ci, le droit d'user, comme ils l'entendent, de leur travail personnel, au même titre que les blancs qui habitent l'Angola ».
La sévé rite de cette appréciation et de ce blâme 6st en concordance parfaite avec la manière d'agir du gouvernement portugais, qui a toujours été semblable à elle-même.
Sur ce respect des institutions et de la liberté des indigènes, nous ferons appel à un témoignage dont la valeur ne saurait être contestée :
Tous les Boërs qui, au nombre de plusieurs milliers, sont établis sur les hauts plateaux de Mossamédès, depuis 1881, témoignent en faveur du respect des portugais de l'Angola pour la conservation des indigènes et de leurs institutions, dont les documents qui précèdent constituent la plus flagrante et la meilleure des preuves.
Le Dr Nascimento, (Le District de Mossamédès) , écrit à ce sujet :
« Le Boër (de l'Angola), pai^e la langue portugaise ; il se montre intéressé par le progrès de nos colonies et admire la bienveillance de nos lois ; mais il est inapte à se conformer à la douceur de nos coutumes vis-à-vis des nègres : Il prétend que nous laissons le nègre abuser de notre bonté, en lui enseignant à tort des principes de civilisation qu'il doit ignorer et en lui accordant une importance et une attention qu'il ne mérite pas ».
Le gouverneur général de l'Angola, M. de Païva Côuceïro (1910), corrobore ces assertions, en déclarant que les Boërs de l'Angola usent de procédés qui sont en opposition flagrante avec la haute conception de la mission civilisatrice et humanitaire qui nous incombe ; mais il leur recon-
nait, par contre, le maximum des qualités do discipline et autres, qu'on ne peut d'ailleurs leur dénier, (« Angola » ; Deux années d'administration »).
Nous continuerons à démontrer que les Boërs ont raison, en ce sens que les Portugais de l'Angola n'ont jamais oublié le respect qu'ils professaient à l'égard des institutions indigènes, ni la protection due aux naturels du pays.