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RELIGION

Une faible partie des « timorés k sont catholiques, — catholiques à leur façon (on se souvient que l'île fut colonisée, dès le début, jusqu'en 1701, par les missionnaires portugais), (1) ; mais ils n'ont, à proprement parler, aucune religion, — à moins qu'on ne les considère comme de simples fétichistes. Le grand sorcier (« raïluli »), est le gardien de la maison des idoles (2) « (po-

(1) Voir : « Les colo»ies Portugaises y>, Paris, ChallameL 1907.

En 1595, dans le but d'évangiliser les îles de Timor et Solôr, qui étaient administrées par les doiTiinicains, et, pour mieux les défendre contre les assauts des maures de Java, ces mêmes dominicains construisirent une forteresse de pierre à Solôr ; ils y installèrent ensuite une garnison, dont les capitaines et les soldats étaient payés sur leurs propres deniers, (Diôgo do Goûto, « Décades »).

(2) Les indigènes de Timor appellent « lullic » tous les objets, sacrés à un titre quelconque, ou possédant quelque vertu magique. Chaque tamille en possède un, auquel on offre de la... nourriture —comme si c'était un être vivant. Une vieille hache, une pierre, une vieille épée, sont des « lullic », et prennent le nom de « huisolé ». Toutes les croyances des (( timorêses » sont contenues dans les phéno-

mali !>). Les timorés » reconnaissent, pour la plupart, un être suprême, (« Maromaque »), dirigeant toutes choses; mais ils adorent... des idoles. Dans plusieurs a royaumes », les autorités indigènes cumulent leurs fonctions civiles avec le sacerdoce. On les nomme « reï-pomdle », et elles sont élues par le peuple . Lorsque les « dattes » cumulent, avec les leurs, des fonctions spirituelles ou sacerdotales , on les appelle « dutululi ». Ces fonctions sont héréditaires. Les idoles des « timorés d consistent en épées, zagaies, mouchoirs servant à envelopper des racines, de l'or, etc. Les prêtres indigènes se bornent à adresser des prières aux idoles; à leur offrir du bette ou bétel (P//;^r Bétel, L.),(l) et del'd are-

mènes du sommeil et du rêve. <( Les âmes des morts

— d'après les oilimorënses » — dorment sur la lerre^ pendant la journée ; la nuit, elles vaguent dans les endroits arides et pierreux», (A, Osorio de Castro, « Fleurs de Corail », Tiniôr, 1910).

(1) Le bétel, — appelé « bèlre » par les malahares, a pam » par les guzeraths (Cambaye), « ciin » ou « siri » par les malais, et « tamhul » par les arabes,

— est une plante grimpante, aux feuilles aromatiques, que les orientaux « chiquent » en y ajoutant de r « areca », (sorte de noix muscade), et une pincée de... chaux d'écaillés d'huîtres, (Garcia d'Orta,, cité par J. de Barros. dans les a. Décades »).

ca y> et, à l'instar des augures et des aruspices, à consulter les entrailles de petits... poulets, de petits chiens, etc., qu'on sacrifie dans les occasions solennelles.

Mariages ou « BARLAQIJES »

Le divorce existe chez les indigènes de l'île de Timor. La femme jouit cependant d'une grande liberté. Le mariage « haafoli » est celui que précèdent des présents en argent, au profit des... parents du fiancé ou de la fiancée. Le mariage « cabën » ne comporte pas de dot.

Les deux usages sont conformes à la loi (1). Si la dot a été consentie au profit de la mariée, celle-ci habitera la maison de son mari. Le contraire arrive si c'est le mari qui a reçu la dot. En cas de désaccord entre les familles des aspirants à Vhyménée, le roi, en conseil des « datés », prononce, sans appel. Les « timorés » ne peuvent se marier, officiellement, qu'avec une seule femme. Il leur est permis, cependant, d'avoir un nombre illimité de maîtresses; — mais il est interdite celles-ci de ce profaner d, de leur présence,

(1) On peut aussi acheter la femme à ses parents : Le fiancé la paye en un travail personnel, qu'il accomplit chez ses futurs beaux-parents — ce qui constitue, incontestablement, un véritable esclavage... d'amour...

le domicile conjugal. De cette coutume dérivent, naturellement, les droits respectifs des enfants légitimes et des enfants naturels. Les droits de ces derniers sont, bien entendu, beaucoup plus restreints: — absolument comme chez nous...

L'Imprimerie d'Hardricourt (S.et-0.) - A. Maréchaux. - 4204

BINDING SECT. SEP 18 1974

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