‹ Colonisation de MadagascarChapitre 3 sur 6 · IJ · texte numérisé non relu

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vue exclusif du pillage et de la rapine : telle fut la première période , — telle fut , pour les inondes découverts par Colomb et par Gama, la révélation du continent chrétien.

L^Europe, au 15« siècle , est tout entière dans le rapprochement de ces deuj: grands noms et des faits qu'ils dominent : Colomb et Gama, représen* tants de la science nautique, comme Luther, Erasme, Michel-Ange et Raphaël, représentaient la critique religieuse, les lettres et les arts ; c^est la société européenne qui laissa tomber la rude enveloppe du moyen âge, et sMcIaire radieusement à son sommet. Les aventuriers sans frein et sans loi qui s^élancent sur le glorieux sillage du Portugais et du Génois, c^est la masse, c^est la classe intermédiaire, que n'a point encore touchée le rayon divin.

Cette première phase fut longue , car le travail de la civilisation européenne ne se fit pas non plus en on seul jour. Il a fallu plus d^un siècle au jet désordonné pour se régulariser et se tracer un lit. Oui , TEurope mit cent ans à comprendre que Dieu n^avait pu lui jeter le reste du monde comme mie proie à dévorer ; ou plutôt , à Taspect de^ populations nouvelles; se desséchant à son contact , et de ses vaisseaux revenant chaque jour moins richement chargés, elle comprit que le sol le plus fertile finit par sMpuiser, et qu^onne peut toujours recueillir sans semer.

Le W siècle ouvre une ère nouvelle dans Tac-

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lion de notre confinent sur le inonde transatlantique. Aux tentatives isolées et éphémères, qui ne trouvaient de force que dans la violence, et pour lesquelles eUe était comme une nécessité , succédèrent les entreprisses collectives^ qui embrassèrent l'avenir et trotivèrent la force en elles-mêmes. <— L^assooiation , tel fut le grand principe qui vint à bout de Fœuvre que Flndividu n^avait fait quMbau* cher. Dès le commencement de ce siècle on entra dans la voie nouvelle , et la formation des grandes compagnies de commerce et de colonisation en marquèrent glorieusement Tavénement. L^élan fut remarquable, et le mouvement tout aussi caracté-* ristique que par le passé. L^Ângleterre et la VLol^ lande, les premières nations de TEurope où, éitiancipant'Ieur intelligence, les classes intermédiaires réclamèrent leur part du pouvoir, furent aussi les premières à répandre le germe fécond que la France, si lente à se transformer au milieu des douloureux tiraillements du protestantisme , fut la dernière à recueillir. De 1600, année où appareillèrent de la Tamise les quatre vaisseaux de la compagnie qui tient aujourd'hui Tlnde entière dans ses puissantes mains, à 1664, époque où notre royauté, se sentant assez bien assise pour faire un appel à la bourgeoisie, la mêla à son œuvre; et, se faisant marchande avec les marchands, lança , le même jom% sur rOrient et sur TOccident , les deux plus vastes associations du temps , toute FEurope s'essaya successivement sur le terrain nouveau ; et il n'est pas

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jQsqd^à la8ùède et àu Danemark qeA n^eorèni letird grandes compagnies. N^apprëciant ces courageuses entreprises qne par leurs conséquences îmmëdia-» tes , qui forent trop souvent mineuses pour les in^ tëressés, des esprits superfieieis les ofet frappées d'une réprobation générale et absohie. Ils ont étu-^* dié les résultais dans des comptes àtph>fU9 et pertes^ et n^ont pas vu tootes ces colonies floiis-* sautes, tomes ces nationalités vigoureuses qui grandissent pleines de* sève dans le sillon qu^ont ISécondé ce qu^on appelle les désastres do passé.. 4

Pendant près de deux siècles l'Eiarope , conti^ nuant ses généreux efforts , étendit son action crrili* matrice sur les points les plus éloignés du globe \ et il ne feUut rien moins que la lutte redoutable qui finit par s^engager entre une colonie et sa raétro^ pôle pour frapper d^un temps d^arrét Tœuvre de la colonisation et jeter dans Tesprit donteur du 16' siècle les germes d^unë réaction dont la France, de toutes les nations^» fut la dernière à se dégager. — Elle la subit même encore. Trop juste expiation de cet éeonomisme ergoteur qui fit très sérieusement thèse de Futilité de la découverte (le TÂmériqUe (4 ) !

Nous touchons évidemment en ce moment à on

(1) To|ci Hably , CantUton, to déelamateqr Rajnal, «t nèm Satote-€Mi, dans ion lubitaotiel onyrage dea Colonîea des aneUn$ peuples. Cest cette doctrine qui , arrangée à l\»age de certains hommes d^tat , a foaml glofifWlQlQent carrière dans cet ajimne il eolma : « l^es coloalai ooftieiit à la métropole. »

Dans ces lignes qai ont trait an f8« ilècle, nons n^atons pas tenu compte des circomaavtgaltons auqaeliei Geon{« m donna rirtpuMcii»^ 4|iilfll.astrèrent les Byron , les Wallis, les Carteret, les Bongainfille» les Gonrtan-

retour salutaire yerâ de plus ioteliigefttes doeurinés. -^Dfie réceûte discudsicn qui a mis à jour rknpOT'^ tanoe des établissements coloniaux dans un état que sa coniguration érige comme à son iosn ea puissance maritime du premier ordre ; .rimmkieiiee passée d\m grand conflit , qtii a forcé la Ftrance k compter ses vaisseaux ^ Tamour propre national ^ cette généreuse irréflexion des massée qui racbèt» toujours par de grandes choses les fautes auxquel-<« les elle peut parfois entraîner, tout traTaiUewijpur-^ dtmi à cet heureux revirement des esprits. Que les hommes qui se préoccupent de la grandeur mari^ time de la France viennent en aide à ce mouve* ment, et Irienlôt les safisfiiciions illusoires qat9 pourrait lut jeter une politique fanpuissMte à le comprimer ne feront que le fortifier et le grandir.^ Cest & cette tâche que s^^st en partie ^uée la Société Maritime de Paris. Ainsi qu^elle i^ dit ail^ lentes (f ),les hommes honorables quila composent ont compris « que le grand mouvement d^expansion 9 qui travaiUa rEurope dane lès iO* et 47* si^ » des se renouvelle aujourd^ui^ dans des^ propot«t- » lions moindres sans doute, pwce que le monde

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çaes dans vn tsprlt purameal fcientifiqoe; à ce point qoe qaelqoef qnt des hardis mariof qui les eiécatèreoi se eoDteotèrent de reterer euctemeiit la foiaiea des lem» qtflls dto w w i heut sais y abesdeitCe eottl Mi nêUMs lems deol les flatioos de rXarope se disputent aajowdlivl le protectoral. Ceci est proTldentiel, et ooos retrovToos U ce que nous STons trooTé dans le paMé i à efeaqne génératlen sen tMtre; — Xt eelfr deit remsudta du devoir ens4 liien qneda droit de raccompUr.

(1) Ce fice fiottf vùuUms, maniftste de la Soei^fs JfdHffoie de Paris.

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n terrestre n^est pias illimité « mai^claiis des coodin Mons plus heureuses etplqs chrëtienoeSi parce » qtae le contiaent colonisal^ear est lui-même plus » iotelligeat^et plus civilisé» » Ils eut pensé que les natioiis ne pouvaient dégéuér^er en s'améliorûot, et que nous étions bons aujourd'hui pour faire ce que nos pèr^ endiguèrent an monde. Enfin ils croient que : la France doit se hâter si elle veut encore trouver sa part dans ce qui res^e du globe après ses propres efforts dans le passé» et^e sourd envahissement dont FAngleterre manie incessamment la sape. Us considèrent donc la question de colonisation comme des plus graves et sm^tout des pins actuelles ; comme une de ceb questions q^i se posent Avec ou sans les gouvernemenis, ou plutôt qnè les gptivernements intelligents finissent toujours par résoudre quand une fois Topinion les a sérieusement posées.

En éditant le travail qu^elle publie ai^ourd^htti|la Société Maritime croit travailler fructueusement à la tache qu'elle s'eist imposée. L^qdépéndance ab-r solue qu!elle recodnalt à ceux qui veulent bien collaborer à son œuvre ,Je droit d^individualité qu'houe laisse à Técrivain, nous mettent à Taise pour dire qu'on trouverait difficilement un travail plus con«> sciëncieusemént et plus compétemment fait. L^autenr de la Colonisation de Madagascar est un de ces Français d'ontre-mer qui , au jour de nos désastrès» virent hisser le pavillon de Saint* Georges au sommet verdoyant de leurs mornes.^ nobles bannis

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