‹ Colonisation de MadagascarChapitre 6 sur 6 · A S. A. R. LE PRINCE DE J0IN7ILLE · texte numérisé non relu

A S. A. R. LE PRINCE DE J0IN7ILLE

Prince ,

Le roi yqtOf père a donné la paix à la France H h, l'Europe»^ jCielte paix^ il a faUa éù doaloareux sacrifions ^ poor la €Ôi|seir\w ; mais c'est une fraade oeovre^ et la postérité» YopMles choses de haut» liénira la mémoire do roi LoQia«SM||i||it ^«-'--si les princes ses fils savent coo^léier rcsnvre (nànmaenoée par loi. Le génie ardent «et jostemeiit aB^ritieux ^ la France n'accepterait pas et tronblerait tét ou tard uneipaix sans honneur. . .

Par aialMi|ir» ceux que . préoccupe le soin de la gloire, française nfpnt su montrer au pays que des coafofttes vers le Rhit , Texpanâîon sur TEorope continentale.. As* signer nn pareil but à son activité » c'était proclamer ^nne polftique de gnerxe et. livrer de nouveau TEurope ontiènei à des chances de longs déchirements». La France ne désire plus les batailles sanglanoss; elle ne vent pas qu'on essaie d'exciter dans son âme des haines pour la race allem^nde« Le peuple français ne vont même plus réveiller sc^ immitfés contre l'Angleteim , let oe n'est plus au br;ait du caMi^ destructeur» labaebe ii la. main et le sabre aux dents» qu'il veut aborder le vaisseau britani|iqQe« Ce qo'U veut» c'eA que» sur la .mer libre , le Français et tous les peuples na* viguent^ coounercent et colonisent aussi librement qne l'Anglais iHi-rméme. La natioi^ ne veut donc pas se laisser estrabier à des emportemaeits irréfléchis et à des conflits imphideatSk

. Pour oombatnre les .tendances justement condamnabka de l'esprit guerrier, des. hommes d'un patriotisme froid.» dépaysés en quelque sorte parmi nous» n'ont rien tri^uvé

de mieux h conseiller k la France qn'ane polidqne tran«* quille et iiio^e#te» Leurs principe^ , par malhenr^^ ont pénétré quelques natures faibles , et nous a?ons entendu des hommes haut placés, des officiers généraux , et , le croiriez- TOUS 5 Prince f des amiraux de notre flotte, déclarer que la Pbfâcé âxmk fie èond^niÉert à n^é»e qti« la preoMère des ptfiéMBoesdèsteondordve. »

Ufr pateil reuMeenent est «ne bonté ; H blesse' pp»<* fondêtticttt le semteieiit natiottol. Vous , Prinot , que toat: le MMide aiiieel considère coMua le vrai représentant de Teq^t français , vous savei &*il est . vrai que la Fnmœ paisse se résigner janNns à jouer un rftle subafteme dans le monde. C'est à vous qu'il appartient de diriger Te^rit <te la jeènesse française dans lee voies d'une grandeur

BOUVQIKV

L'Ewope est lasae de sefr giMdes- hitles IntérienvieB^ iMle tant >qae les pmsaaneee ne eherdierôot a esLeroerqne ddne 4es linfites proebaitfes teiM ambitions diverses,. i1Bn« wpe ne réalisera jamaw d'mie manlèfre aatisfiiisâote tet éq^lbre dont dlé a ébe^cbé pendant des sièeles les lois an milieti' dès guerres rmnenses.

Beat une èonqaéteque Dfa» â réservée aoKrae^ pri*^ i^li|Me!^> et dans laquelle chaque nation eMUsée pont nmivei^ V^fUA de se» fdi^es ^ves ) e%K b cotealsatioa. Sibs eeice' anme, ceMtm ealtti de a^'entre^déchtraf, leur pei4)ies efanétfentf onironi, eomaM^Dien Pavonlo» lenni' éAnts^pMT atteitfdrtè un bhtiiilj^rieav d^httiMUâlér

Le téfeips est vené de fkiré' întepvento des^vues rsE- 0euses Sans • la ' politique générale des nations 9 le tHOfâ^ est venu oili l'on comprendra qu'une politique (PihtévMai ^lolBléàei éli<6ifS'eondiât t«t on tard k Ja tfilne, et q[»e-la pro^rifê des ttations pénf "se mesiffer aux s^^vices ren« dus % rbonlanité tout entière. La politiqpe iH>lonîsairtep y

c'est k 4a foi9 la politiqiie la plus religieose et )a pIi^B. prpft* table aux états qui Tadoptent* La politique colonifuitriçç fait un peuple graod devant Diea et devant rhumanité, en même temps qu'elle le fait riche et fort parmi les autres peuples : c'est à elle que TAngleterre doit d'être le plus puissant empire qpi ait jamais été dans l'histoire du monde. La politique colonisatrice permet seule de satisfaire et d'équililver l'ambition des puissances européennes et de prévenir de noqveani^ déchirements dans le monde, chré-* tien : on cesser^ de se quereller pour quelques menues pro« vincesj lorsqu'on aura la pensée préoccupée des immenses conquêtes offertes^ sur toute la surface du globej à l'activité de la civilisation» Les trois quarts du domaine terrestre at-

tendent la domination féconde de^ races blanches. Que I9. diplomatie européenne se donne donc la mission de faire la part à chaque état dans l'ceuvre génécale 4^ la civilisatiofi sur la terre I Qu'elle se hflt^» car tontes les gruides Ames souffrent dans l'inaction / et il ne faut pas laisse^ les peuples tomber dans l'epnqi. « Dans, tous. les. ternie et aurtpqt daips 1^ 9 oAtre. a di^BL Guispt, les peuples ont besoin à la fQîsde re* f pqs et d'iictivité., de confiance et d'espér^ii^qe ; upe paj^xin^k quiète et oisive ne leur suffit point (!)• » Les na^iops qiu^ rennui g^gne^ s'il leur rest^ uq peu de sèye> en arrivent tdl ou tarci k sortir de leur état de souffrai^ce par les. réyçK lotions et par la guqire extérieure» La France en vî/endra là^ si l'on ne donne un aliment k sçn fé^ie et à sç« activité*

Et vou^. Prince, qui portez sur votre front Iç. re^et d|Ç ces tristesses où tpmbent, dans notre époque^ tant de beî^ Ames laissées inaçtives^ appartient-il à votre haute pçsitioUf à la noblesse cheraleresque de^ votre san^» à la générpsité de yptre jCœur^ à la jeunç^ a^d^pr^ de votrc^ esprit, dç çQi^iiip^r

(1) Dti aovTf rilttnm de llf Frtçtev

'—nu -

Votre vie dans des expéditions sans but élevé» dans de mesquins travaux d'administration ? Vous laissera-t-on perdre votre temps à des réceptions officielles lorsque vous pouvez fonder des empires sur le globe? Resterez- vous en face des Hdicules débats de nos parlements et de nos batailles de portefeuilles, lorsque vous pouvez vous mettre en face du . fipectacle d^un royaume se développant sous votre main , créé,' en quelque sorte , par votre souffle? Quand vous souffrez ici, n*irez-vous point chercher, sur les terres nouvelles, les grandes jouissances religieuses qui s'attachent au salut des hommes ms^lheureux, le titre de libérateur des peuples ! Prince, nous qui vous aimons, nous voulons que la postérité attache votre nom à des conquêtes chrétiennes ; nous voulons qu'à nos jeunes princes français soit dû le salut da continent africain, attaqué par Tun dans rAlgérie,par llaufre sur son flanc oriental et à Malegache , afin qu'un jour les races noires civilisées , étendant leurs essaims vers le èentre du continent, répètent avec reconnaissance les noms de leurs premiers bienfaiteurs, JoinviHe et d'Aumale!

Princes, choisissez : quelle que soit votre œuvre, vous resterez aimés en France, car vous êtes bons, et vos carac-» tèrés nous sont sympathiques; mais vous passerez sans gloire, laissant peut-être la réputation d'un bon général d'infanterie et d^un bon amiral de manœuvre. En devenant les représentants de la politique colonisatrice, en devenant fondateurs d'empires coloniaux, vous ouvrez pour le pays des sources immenses de prospérité , vous faites reprendre à la France son rang à la tête des nations du monde, et vous préparez à vos noms une gloire impérissable.

Si la France nomme ses jeunes princes avec amour et avec orgueil, en retour ces princes doivent payer son estime et son affection par de grands services et par la gloire. Il ne faut pas que Thistoire poisse dire un jour : t C'est à

l'jSpoqae où nivaient ces prioces d'0rléftn8r8i:btaiu(> si bcillantSj ai distingués par les qualités d» cq^ur et de Tesprit^ que la France est descendue du premier rang des nations, »'

Prince 5 preneai sous votre p&tronage le principe de li^ politique colonisatrice, et donnez à votre vie pour but la^ fondation de Tempire de Malegache et la civilisation des terres orientales d'Afrique, La France demande qii^elqu^ grande idée où puisse se passionner son génie ; que l'im-r pulsion vienne de vous, et l'opinion se prononcera avec ar-^ deur, car le pays vous aime.

Au Roi , votre père , le rôle cTe pacificateur et de régula-^ teqrji le soin d'organiser la stabilité des cJioses;à votre jeunesse la mission de prendre les devants , de montrer le^ chemin ; à vous le soin des entreprises hardies et giorieu^ ses. A vous, Prince, de protéger le renom paternel, de prêter secours à une autorité et à une dynastie que le prolongement d'une paix sans honneur compromet et menace. Le^ Hoi votre père nous a donné la paix : c'est à vous. Prince* de nous donner la gloire.

Un chroniqueur, en 1668, écrivait de iladagascar au, grand ministre Colbert (1) :

« La France peut seule, en l'estime qu'est sa nation sur 9 celte isle , occuper ce que les Portugais , les Hollandois et > les Auglois, n'ont qu'envié, et dont ils ont tous quitté 9 l'entreprise avec des témoignages de regret gravé sur des B pierres trouvées dans les habijiations qu'ils ont tenues. 9 La prudence et la bonne conduite en feront dans la suc- 9 cession des temps ce que nous sçavons qu'est maintenant 9 TAngleterre , ou plutost une nouvelle France entre l'Asie, 9 l'Afrique et les Indes; et le centre des beaux-arts, des

(1) Soochu de Reoefort, qui prit po«eMion de llle au Dom da roi, pour «compaguie des laies orientales, eo 16di.

• isëtéàdeSj de là bravoure et de la galanterie de l*uiii?ers. » Cetteprédlctioii elle peut se réaliser sous vos aiuspices » Prince ! La conquête et la colonisation de Malegache, ce se* j^ait une l>elle aventure ôîli tout homme de noble sang et de noble cœur , où toute là jeunesse française ambitionnerait de vous suivre, ttategache , sur les vastes mers, a la forme â*un vaisseau : c'est sur ce puissant vaisseau que le futur Amiral de France doit fixer Son pavillon , et d'ofa il fera rayonner par tous ses bords, avec le bruit de sa gloire, la civilisation sur TAfrique et sur l'Inde , sur TArabie , Vers laquelle Halegache semble diriger sa proue.

Dans cette Itè fëconde , la fille des Bragance , la rdyale enfant du Brésil, retrouvera le beau soleil de son climat, ses bois d'orangers et de manguiers , une nature parée de fleurs, remplie de parfums et toute luxuriante comme celle de son pays; et quand vous daignerez tons deux visiter les terres voisines de votre ^and empire, les créoles de Ttle Bourbon, et ceux de Maurice , ffle anglaise , vous feront des fêtes de bienvenue qui rappelleront à la royale créole d'Amérique Téclat, Télégance et la liberté joyeuse des fêtes de Rio-Janeiro.

aÊÊÊKmÊmmBaatam'^aaBaasmsma^^mBssÊMxsMagf»

2i^ftMsu

Page 1