ARTIE 11, — CULTURE ARABE
Le savant Schaw disait déjà, il y a près d’un siècle : « On y jouit d'un air fort sain et tempéré qui n'est ni trop chaud ou étouffé en été, ni trop vif ou trop froid en hiver. Pendant douze ans que j'ai demeuré à Alger, je n’ai vu que deux fois le thermomètre à la gelée, et alors toute la campagne fut couverte de neige; je ne Pai vu non plus au grand chaud que lorsque le vent venait du Sahara. Les saisons se succèdent les uncs aux autres d’une manière insensible. »
L'abbé Poiret, dans son voyage en Barbarie, et William Shaller font la même remarque.
Il est à peine nécessaire de dire que ce caractère particulier du climat du littoral algérien ne se retrouve pas au même degré dans le reste du pays. Comme partout, la température moyenne s’abaisse en raison inverse de l'élévation des lieux. Comme partout aussi, certaines expositions, la présence d’abris et l’éloignement de la mer donnent lieu à des extrèmes plus considérables dans la température.
Dans les plaines et les plateaux de l'intérieur, élevés à moins de 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, il paraïtrait que la température moyenne de l’année est la mème que sur la côte; si l'hiver y est un peu plus froid, l'été y est, en revanche, un peu plus chaud. À Constantine qui, à la vérité, est à 659 mètres audessus du niveau de la mer, la température moyenne est déjà notablement plus basse, quoique les chaleurs y soient aussi fortes et mème parfois plus fortes que sur la côte, La comparaison ci-jointe, résultant d’ob-
servalions faites à Constantine et à Alger, en 1858, le fera ressortir d’une manière incontestable.
Température moyenne en degrés centigrades ,
oo SAISONS. ü
À CONSTANTINE. A ALGER, HivOr ee re: 19° 27 199 3 Printemps . . . . 12707 20 41 HN AL | DOS 24 3 Automne: 16%: 49:17 23 95
Malgré la grande chaleur de lété, la température moyenne n'était que de 47° A9 à Constantine, tandis qu'elle était de 22°, dans la même année, à Aloer. J’ajouterai que les transitions y sont plus subites, que les vents y changent plus brusquement, et que leur effet sur la température y est plus immédiat.
Il en est de mème des plateaux de Sétif, Hamza, Mascara et autres.
Les plateaux situés entre 700 et4400 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer jouissent d’un climat à peu près semblable à celui du centre méridional de la France. Médéah, qui est à 4100 mètres d’élévation, voit réussir toutes les cultures de la partie centrale de notre pays. À Millianah, qui est à 900 mètres, mais, à la vérité, parfaitement abrité au nord, les oliviers et mème les orangers viennent en pleine terre. Du reste, la température de ces deux villes est très variable, Les chaleurs y sont aussi fortes, mais moins constantes que sur la côte.