‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 36 sur 138 · PARTIE II, — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE II, — CULTURE ARABE

rain, la végétation, ete. Cependant, des faits connus, on peut déjà conclure qu'en général l'Algérie a, comme l'Espagne, un climat à pluies automnales et printanières; que toutefois, dans les montagnes, l'été, sans ètre pluvieux, est moins see que sur la côte.

Ajoutons que même, dans cette dernière zone, les pluies sont moins rares en été que dans beaucoup de nos contrées méridionales de l'Europe.

Le relevé suivant en est la preuve :

ALGER, ORAN, BONE, moyenne de 4 ans. 1841. 1841.

JOURS DE JOURS DE JOURS DE A, | | couvert.| jpluie. |couvert.| pluie. |couvert.| pluie,

Jasviers 8: 8 | Février.

| Jileks 1.

| AOÛ 8 à.

Septembre. . .

Octobre. . .

Novembre. .

Décembre. . . .

D O0 Ot mm ©} Hi Hs ©

Totaux":

On voit qu'à Alger, dans une moyenne de quatre années, il y a eu, en avril, 5 jours de pluie ; en mai,

124 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. 2; en juin, À; en septembre, 2; en octobre, 6; en juillet et août, une fraction.

En 4840, année sèche, il est tombé, en avril, 0",042 d’eau ; en mai, 0",047 ; en juin, 0°,026; en juillet, 0",002; en août, point ; en septembre, 0,058.

Oran, placé sur une plage aride, a un climat plus sec que celui d'Alger. Bône, au contraire, siluée près des montagnes boisées de l'Edough et au débouché de la riche plaine de la Seybouse, jouit d’une somme plus grande d'humidité atmosphérique.

Les quantités totales d’eau tombée ont été, à Alger, moyenne des trois années 4859, 1840 et 4841 inclusivement, de 0,585 ; à Oran, en 4841, de 0",544; à Cherchell, même année, de 0",669 ; à Bône, toujours en 48/1, de 4" ,408.

À Constantine, en 4858, la quantité d’eau a été :

Janvier. . . . .. 18 millim.

Février. . ..%. ."149

Mars: 24 AREA CDR ANT EUC ERTAR Mai.. L . . . . L 2

JUMP PR Pda Juillet. Er AOÛE. dc AE 2e 13 Septembre. . . . 18 Oclohre. 5. 78 Novembre. ... 166 Décembre. . . . 408

Total. . . 1,208 On voit ici la confirmation de ce que je disais plus haut sur le climat des parties montagneuses de l'AI-

PARTIE 11, — CULTURE ARABE. 125 série. Non-seulement la quantité d’eau tombée y est plus considérable que sur la côte, mais encore la répartition en est plus égale dans les diverses saisons de l’année, et c’est presque un climat à pluies d'été. En prenant pour 400 la quantité totale d’eau, on trouve, en effet, qu'il en est tombé 59,5 en hiver, 29,8 au printemps, près de 14 en été, et 49,8 en automne.

On sait qu’à Paris la répartition est la suivante : hiver, 25,4; printemps, 48,5; été, 25,1 ; automne 55,5. Mais, comme la quantité annuelle d’eau qui tombe à Constantine est à peu près double de celle de Paris, il en résulte qu'il tombe dans les deux localités un volume presque égal d’eau pendant l'été.

Du reste, le nombre des jours sereins qui a été, en moyenne, de 240 par année, à Alger, pendant einq ans, à Bône de 456, et à Oran de 255 en 1841, indique assez que ces pluies doivent être fortes, comme le sont d'ordinaire les pluies des contrées méridionales.

Suivant le docteur Schaw, il tombe à Alger, année commune, de 0",750 à 757 d’eau. Il ajoute que, dans les années 4725 et 1724 qui furent des années sèches, il n’en tomba que 0,650; mais qu'en revanche, en 4750, il en tomba 0",850, et qu’en 4752 il en tomba même 4 ",200. On sait qu’à Paris la quantité annuelle de pluie n’est que de 0",550, quoiqu'on y compte 454 jours pluvieux.

Outre la pluie, il existe encore une autre cause d'humidité qui agit puissamment sur la végétation en Algérie; je veux parler des rosées extrémement

abondantes qui, pendant toute la belle saison, dès le coucher du soleil, rafraichissent le sol et les plantes autant que pourrait le faire une petite pluie,

Quoique fort chaud, le climat de l'Algérie est donc plus favorable à la culture que beaucoup d’autres moins méridionaux, plus favorable notamment que celui d’une grande partie de l'Espagne et de la Provence. On n'y voit presque jamais ces sécheresses de enq et six mois consécutifs qui désolent ces contrées et dont l'effet est augmenté encore par les vents desséchants du nord et du nord-ouest qui y soufflent fréquemment pendant l'été.

M. Desfontaines avait déjà fait la même remarque, et 1l mettait le climat de l'Algérie bien au-dessus de celui de la régence de Tunis, notamment en ce qui concerne la quantité et la répartition des pluies. II attribuait avec raison cette différence principalement à lélévation plus grande des montagnes et au nombre plus considérable des cours d’eau, circonstance qui ne peut, en effet, manquer de procurer à l'Algérie une plus grande quantité d'humidité atmosphérique. Mais il est à croire que ce ne sont pas là les seules causes et que la position de l'Algérie, relativement à l'Océan et au Sahara, influe également sur cet effet. Plus rapprochée de l'Océan que Tunis, elle en éprouve plus fortement l'influence, tandis que, séparée du désert par des massifs de hautes montagnes, elle n’en reçoit les vents que très affaiblis. A l'exception des vents d'est, sud-est et sud, tous les autres apportent en Algérie, sinon la

PARTIE II, — CULTURE ARABE. 127 pluie, du moins un air chargé de vapeurs aqueuses, car tous passent ou ont passé sur la mer avant d'y arriver.

C’est à cette circonstance, de même qu'aux nombreux cours d’eau et à la végétation qui couvre tout le sol, qu'il faut probablement attribuer aussi l'abondance des rosées pendant la belle saison.

$ 5. Orages.

Un fait qui distingue également le climat algérien de beaucoup d’autres, et que révèle suffisamment le peu de variations du baromètre, c’est l'absence presque générale d’orages. Point de ces ouragans qui désolent les contrées de la zone torride, point de ces grèles et de ces pluies tropicales qui ravagent en quelques heures d'immenses superficies dans les pays méridionaux de l'Europe. Des vents presque constants et qui purifient l'air, des pluies en général assez abondantes, mais les uns et les autres sans cette force qui les rend dévastateurs, tel est le caractère du climat algérien.

Les plus grandes variations du baromètre observées à Alger ont été de 25 millimètres en 4857, de 56 en 4858, de 45 en 1859, et de 28 en 4841, moyenne, 52.

Cette circonstance, qui touche assez peu l'homme des villes, a une immense importance aux yeux du cultivateur. Il est telle zone en France, surtout dans le midi, où les terres riches et fertiles sont néanmoins à peine cultivées et ont peu de valeur, parce que, sur trois années, 1] y en a au moins une où les récoltes

sont détruites plus ou moins complétement par ces causes.

Ainsi, chaleur modérée, quantité suffisante d'humidité atmosphérique, répartition de cette quantité, sinon la plus favorable possible, du moins meilleure que dans beaucoup d’autres contrées ; enfin, absence d’orages : tels sont les caractères principaux du climat de l’Alpérie.

\ 6. Salubrité.

Il me reste maintenant à examiner brièvement ce climat sous le point de vue de la salubrité.

Sur ce point comme sur d’autres, on a été trop loin dans l'éloge et dans la critique. L'Algérie, sous le rapport de la salubrité et considérée dans son ensemble, ne vaut pas mieux que beaucoup d’autres contrées situées sous une latitude à peu près semblable; mais elle n’est inférieure à aucune, et elle est supérieure à plusieurs localités, situées cependant beaucoup plus au nord.

Les maladies inflammatoires de la tête et des organes digestifs y règnent comme dans {ous les pays chauds, et attaquent principalement les personnes qui font abus des boissons spiritueuses. À part la chaleur et les causes locales d'insalubrité, la différence de température entre le jour et la nuit, différence qui s'établit brusquement au coucher du soleil, serait seule déjà une cause de maladie.

Si les eaux stagnantes produisent de mauvais effets

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