PARTIE IT, — CULTURE ARABE
sur l'homme, mème sous le ciel froid de la Hollande, à plus forte raison doit-il en être ainsi en Afrique. Et malheureusement l’incurie des habitants et du précédent gouvernement ont laissé mulüplier à Pinfini ces causes puissantes d'infection. L’embouchure de la plupart des rivières a été obstruée par des sables qui ont fait refluer les eaux dans l'intérieur et ont transformé plusieurs portions de la côte en marécages. Dans les grandes plaines, les matières solides transportées par les eaux, lors des crues, en exhaussant ou obstruant le lit des rivières, les ont forcées à se déverser sur leurs bords, d’où elles ont envahi une étendue plus ou moins considérable de terrain. Comme ces bords sont généralement exhaussés par l'effet des sédiments que les eaux y ont déposés et de la végétation active qui s’y déploie, une partie des eaux qui ont dépassé ces digues naturelles ne peut plus rentrer dans la rivière lorsque l’inondation a cessé. Elles couvrent de vastes espaces le long de presque tous les cours d’eau qui sillonnent les grandes plaines, et l’évaporation seule peut en débarrasser la terre.
Il n’y a pas jusqu’à quelques travaux bien imparfaits, établis par les Arabes dans un but d'irrigation, et qui consistent généralement en barrages élevés en travers de certains cours d’eau, qui n'aient contribué encore à étendre la superficie inondée.
Je mai pas à traiter ici l’importante question des desséchements qui se lie d’une manière si intime à
celle de la colonisation. Cependant, comme je me suis L 9
occupé, à diverses reprises et d'une manière pratique, de cet objet, il me sera permis de dire ici que la plupart des marais que j'ai visités dans l'Agérie m'ont paru d’un desséchement facile, et j'ajouterai mème peu coûteux, s'il est fait par des hommes expérimentés et qui sachent travailler avec économie.
Et quant à quelques marais d'un desséchement sinon impossible, du moins trop difficile et trop eoùteux pour le résultat à obtenir, la plantation de leur pourtour et de toutes les parties hors de l’eau, en essences qui affectionnent les terrains humides, diminuera notablement les effets pernicieux de la stagnalion des eaux, en même temps qu'elle contribuera puissamment à l'exhaussement du sol.
Je reviendrai, du reste, sur ces questions en parlant des plantations et des arrosages. Mais je dois signaler ici un fait qui m'a frappé et qui me parait important. Je n'ai remarqué nulle part, dans les marais de l'Algérie que j'ai visités, cette odeur infecte que j'avais sentie non-seulement dans plusieurs marais du midi de la France et de la Corse, mais encore dans plusieurs localités marécageuses de la Hollande, odeur qui accuse ce que les Italiens appellent l'aria cattiva.
A la vérité, des parties basses de la Mitidja et de quelques autres points, s'élève, après le coucher du soleil et par les temps de ealme, un brouillard puant qui persiste jusque vers sept et huit heures du matin et qui a tous les caractères de l’aria cattiva. Mais,