‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 4 sur 138 · XI\ AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XI\ AVANT-PROPOS

des motifs fondés, à l'abandon, ou au moins à loceupation restreinte. S'il n'en a pas été ainsi, ce n’est pas ma faute.

Rentré en France depuis deux ans; placé, depuis celle époque, tout à fait en dehors de la sphère où pourrait s'exercer l'influence algérienne, je n’en ai pas moins conservé mes convictions tout entières. Les arguments plus ou moins spécieux qu'on aceumule pour et contre l'Algérie ont cessé d’être présents à mon esprit; il n y est plus resté que les grands faits, les points capitaux : d'un côté, les avantages très grands qu'offrent le sol, le climat et la position de l'Algérie à qui saura coloniser ce pays; d'un autre, les difficultés non moins grandes que doit y rencontrer l’établissement des Européens.

Comme tous les ouvrages qui ont paru sur lAloérie, celui-ct a précisément pour objet de faire connaitre non-seulement les ressources du pays, mais encore la manière d'en tirer le meilleur parti possible et les moyens de surmonter les obtacles qui s'y opposent.

Je sais combien celle prétention de la part d'un homme qui n'a passé que trois mois en Algérie doit

paraitre oulreeuidante aux personnes qui habitent ce

AVANT-PROPOS, XV pays depuis longtemps; mais, d'abord, mon livre s'adresse aussi au public français, qu'il est assez utile d'éclairer, attendu qu'il a voix prépondérante au chapitre; ensuite, je ferai remarquer que ce n'est pas un militaire, un administrateur, un ingénieur qui, après une courte visite, vient trancher des questions que les militaires, les administrateurs, les mgénieurs placés sur les Hieux n'avaient pas osé résoudre après un long séjour ; c'est un agriculteur qui, riche de l'expérience acquise par lui dans une contrée rapprochée de l’Alsérie (la Corse), est venu recueillir des faits, réunir des documents, et a cru pouvoir en déduire non-seulement un système de culture approprié à l'Algérie, mais encore les combinaisons qui lui ont paru les plus propres à favoriser la colonisation.

Qu'il me soit permis d'ajouter, en terminant, que des personnes complétement étrangères à l'agriculture ont seules pu émettre l'opinion que l'intelligence des colons était un guide bien plus sûr que la seience pour la direction à donner aux opérations agricoles. Si jamais l'utilité d’un traité rationnel d'agriculture a élé évidente, c’est certainement en Aloérie, où l’on voit chaque année tant de eultivateurs européens

épuiser leurs faibles ressources en tâtonnements coû-

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