CHAPITRE PREMIER
Système d'occupation.
Pendant longtemps on a agité en France la question du genre d'occupation. La grande masse de la nation, par des motifs plutôt de sentiment que de caleul, s’est prononcée pour l'occupation étendue. Les événements se sont du reste chargés du soin de trancher la question dans ce sens. Mais, avec la mobilité et l'irré-
flexion de l'opinion publique en France, il n’y aurait rien d'étonnant à ce que, au moment même où ce système commencera à porter d'heureux fruits, la majorité ne lui devint aussi hostile qu'elle lui était favorable jusque-là. On me pardonnera donc de dire quelques mots sur ce sujet.
Ÿ 1. Occupation restreinte.
Aucun système ne semblait, au premier abord, plus rationnel, plus avantageux que celui de l'occupation restreinte. Nous nous établissions à Alger, Bône, Oran. Dix mille hommes tout au plus suffisaient pour cette occupation. Ces ports étaient améliorés. On les rendait propres à recevoir des navires de guerre. Nous obtenions ainsi trois stations importantes de l’autre côté de la Méditerranée. Les indigènes, que nous laissions tranquilles possesseurs de leurs terres, de leurs droits, de leur religion et de leurs coutumes, bien loin de nous considérer comme ennemis, voyaient en nous des libérateurs. A l'ombre de la généreuse protection de la France, la nationalité arabe se reconstituait. Les beaux jours de Grenade et de Cordoue allaient reluire par elle sur l'Afrique. Et si, dans le début, le fanatisme l’emportait et parvenait à nous susciter des ennemis, le commerce devait bientôt nous en faire des amis. Les Arabes avaient besoin de nous acheter nos produits comme de nous vendre les leurs. Les avantages qu ils devaient retirer de ce commerce parantis-