‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 64 sur 138 · PARTIE 11, — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE 11, — CULTURE ARABE

chevaux en général, et surtout pour les poulains de l'année.

En voyage, l’Arabe ne donne à manger à son cheval que deux fois par jour, le matin et le soir, et il le fait boire une seule fois, vers midi, plus {ôt ou plus tard, suivant qu'il trouve de l’eau. Les seuls aliments sont alors de l'orge à discrétion et un peu de paille.

Dans les parties du pays qui ont des arrosages, on ajoute à l'orge une petite quantité de féves, surtout pour les juments qui allaitent. On donne aussi quelquefois des caroubes sèches.

Les tribus du désert ou des confins du désert qui eultivent peu de céréales y suppléent en partie par des ligues fraiches ou sèches, des caroubes et des dattes, ainsi que par du lait de brebis. On prétend même qu'on y donne aux chevaux de la viande desséchée et pilée.

Dans ces mêmes contrées, on ne les ferre point. Ailleurs, surtout dans les montagnes, ils sont ferrés, mais, en général, seulement des pieds de devant et à la iurque.

La castration n'est jamais pratiquée dans l'espèce chevaline chez les Arabes, et le résultat des essais tentés à cet égard semble prouver qu’ils ont raison, et que, dans la race barbe, comme dans les races orientales en général, cette mutilation a de mauvais effets.

Le cheval, chez les Arabes, sert principalement, on pourrait dire exclusivement à la selle. Ce ne sont que les plus mauvais et les plus vieux qu'on emploie à porter des fardeaux ou à trainer la charrue.

Je ne dirai rien de la selle arabe qui, comme on le sait, diffère entièrement de la nôtre. Peut-être y auraitil là quelques bonnes choses à prendre ; toutefois, je rappellerai que, pour s’en servir, il faut, comme les indigènes, y être habitué dès l'enfance, et que, même dans ce cas, les seules allures possibles sont le pas et le galop. Du reste, beaucoup de nos Arabes auxiliaires, comprenant les avantages du trot autant pour le cavalier que pour la monture, ont déjà commencé à rallonger les étriers.

Le prix moyen des chevaux variait, avant notre arrivée, entre 400 et 450 fr. ; aujourd'hui il a plus que triplé, et j'ai vu beaucoup de chevaux qui avaient coûté plus de 4,000 fr., et n'avaient de remarquable qu'une taille un peu plus élevée que la taille ordinaire.

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